CHALEUR
logique des organes génitaux des juments. Elles y sont toutes plus ou moins sujettes au printemps, mais n'en éprouvent pas toutes le même effet, au moins pas au même degré. Il a néanmoins pour conséquence ée paralyser plus ou moins la jument qui en est atteinte, et de Fempôcher de courir dans ce qu'on est convenu d'appeler sa forme j c'est-à-dire défaire ce qu'elle peut. Aussi, quand un entraîneur a sous sa direction une jument dont il espère beaucoup, est-il perpétuellement en appréhension à ce «sujet, car si elle vient en chaleur au moment de la course, sa chance est très-compromise. II n'y a aucun remède à cette infirmité momentanée. Quand elle est naturelle, il faut attendre qu'elle suive son cours régulier.
Il arrive fréquemment que le régime de Tcntraînement, qui agit toujours dans une mesure quelconque sur le système nerveux de l'animal, exerce une influence plus grande chez les juments plus impressionnables. Il détermine alors une chaleur artificielle, c'est-à-dire qu'au lieu d'ôtre le résultat d'un état naturel commun à tous les individus de l'espèce, elle devient alors la conséquence d'une excitation générale de Téconomie de l'animal.
Les chaleurs se traduisent de plusieurs manières chez les juments. Les unes deviennent en quelque sorte immobiles, s'arrêtent, au lieu de marcher, à la sollicitation des jambes, et sont absolument paralysées. Il est inutile de les faire courir, et autant vaut les laisser à l'écurie. D'autres, au contraire, prennent une irritabilité excessive, ruent, se défendent, secouent leur queue comme un éventail quant on leur demande de marcher, et arrivent parfois à entrer dans une telle fureur utérine, qu'elles deviennent dangereuses pour leurs cavaliers. A l'écurie, elles sont inquiètes, ne mangent pas, frappent à coups de pieds contre les murs, et font entendre un hennissement aigu et particulier quand on les touche. Dans l'un et l'autre cas, la jument n'est pas bonne à grand'chose tant qu'elle reste sous cette influence.
La seule manière de faire cesser cet état serait de faire saillir la jument: ce moyen a été parfois employé pour certaines juments de course, il a presque toujours réussi. L'animal reprend immédiatement son aspect ordinaire, mange, et devient
CHALON-SUR-siÔNBT, I l ::';'- ,* ; ;l^W,
même piUS calme> plus tranquille qu'il ne Test habituellement. C'est un moyen assez usité dans certains pays d'élevage \ quand on a une jument difficultueuse ou méchante, on la fait saillir pour la vendre ; elle se montre d'ordinaire calme, docile et tranquille pendant tout le temps de sa gestation.
Les chaleurs se produisent presque invarrabiement chez toutes les juments au printemps, à un moment quelconque, entre le commencement du mois de mars et la fin de celui de mai. Les juments de course l'éprouvent encore quelque fois dans le courant de l'été, mais à ce moment cette indisposition perd en grande partie l'action énervante, qu'elle exerce au prin» temps.
On est affranchi de cette appréhension pour les juments à l'automne. C'est en grande partie à cette circonstance qu'il faut attribuer la supériorité qu'elles démontrent fréquemment à cette époque de l'année. Rarement une jument est dans la plénitude de ses moyens au printemps; aussi n'est-il pas rare de la voir à l'automne battre des chevaux qu'on leur avait tou* jours crus très-supérieurs.
CHALON-SUR-SAÔNE. L'hippodrome de Gbâlon-sur-Saône a quelques années d'existence seulement , mais il se présentait dans les meilleures conditions possibles d'organisation et de situation, quand les derniers événements sont venus momentanément interrompre le cours de ses succès. Le Comité de Chalonsur-Saône, ayant à sa tête M. Loyseau de Charréconduit, s'est inspiré des doctrines de la Société d'encouragement, et n'avait pas tardé à placer la nouvelle création au nombre des réunions les plus importantes et les plus intéressantes de la saison d'été. L'hippodrome de Chalon-sur-Saône, situé à cinq kilomètres de la ville, dans les vastes prairies bordant la Saône, et est sans contredit le meilleur terrain que nous possédions en France. La qualité du sol est telle que l'on peut y courir presque en toute saison et par tous les temps. Les vastes dimensions du terrain permettraient d'y tracer toutes les pistes que l'on voudrait, des lignes droites d'une étendue de deux mille mètres. C'est un sol tout à fait exceptionnel.
L'événement principal de la réunion de Chalon-sur-Saône
10%:' : ••••"3C:»AtOBÏS-STO-MARNE. — CHAMP.
"est fe* grand prix "de Bourgogne, combiné de telle sorte que, sans exclure les principaux vainqueurs des grands prix du printemps, on leur impose cependant des surcharges qui déterminent leur abstention, ou les mettent sur un pied de parfaite égalité avec les bons chevaux de leur année. Aussi le grand prix de Bourgogne présente-t-il un réel intérêt, car il réunit toujours un certain nombre de chevaux d'une excellente classe^ malheureux au printemps, ou n'ayant pas été engagés dans les grandes courses.
CHÂLONS-SÏÏR-MARNE. Les courses de Ghâlons-sur-Marne n'ont jamais eu une importance très-grande, en raison des luttes au trot ou des courses au galop pour chevaux du pays. L'inérôt de l'hippodrome de Châlons-sur-Marne ne s'étendait guère au delà des limites du département. Lors de la formation du camp de Ghâlons, le directeur de rAdministration des Haras tenta de leur imprimer une impulsion plus grande. Cette tentative échoua, le caractère du programme s'étant attaché à donner à cet hippodrome une physionomie particulière de courses militaires et de steeple-chases. Une des causes principales de Pinsuccès des courses de Ghâlons-sur-Marne résulte des difficultés sans nombre que l'on éprouvait pour s'y rendre. Le chemin de fer de l'Est vous déposait à Mourmelon, où Ton restait sans aucun moyen de transport, avec la perspective de traverser tout le camp à pied. Les chevaux ne trouvaient pas plus aisément à se loger. Un steeple-chase donné par PAdministration des Haras était le prix le plus important de la réunion.
Le terrain de Châlons-sur-Marne est aussi défavorable que possible à une destination de cette nature. Le sol y est sablonneux, profond et, par un temps de pluie, absolument impraticable.
CHAMP. %e mot champ est employé pour désigner l'ensemble des chevaux prenant part à une course, et, dans certaines circonstances, de tous les chevaux engagés. Le mot champ est d'ordinaire opposé à celui de favori (Voy. favori). Daiis une course l'opinion se sépare en deux camps, les uns pariant qu'un cheval gagnera, ce senties partisans du favori, les autres qu'il ne gagnera pas, ceux-ci n^accordent leur; ce fiance à aucun dea
CHANTILLY, i 0^
autres chevaux en particulier, mais à tous rèuuis: Ctit h champ. Quand on dit, en parlant d'une course, h champ était ires-bon^ ou était mauvais , cela équivaut à : Il D'y avait que de boas ou de mauvais chevaux dans la course.
CHANTILLT. Cette vlile peut être considérée comme le ber- I ce au des courses eu Praoce, Avant que J'impor tance prise par
^' ta Société d'encouragement lui ait permis de dûnner à l'bip*
podrome de Longchamps la position prépondérante qu'il occupe aujourd'hui j Chantilly était le centra le plus suivi et le plus attrayant des courses françaises. L'origine des courses de Chantilly remonte ii 1833, On prétend qu'un jour le prince de LabanolT, qui habitait les environs et avait obtenu la permission de chasstir dans la forêt, avait invité plusienrB hommes connus à cette époque par lenr goût prononcé pour le sport et tous les exercices qui s y rattachent, Teutés par Télasticité de la pelouse, ils organisèrent une course en se rendant au rendeiî'Yous. Le vainqueur fut ]VL de Normandie, un des plus remarquables sportsmen pratiquacts que nous ayons jamais eus en France. 11 fut Tun des premiers et le plus ardent propagateur des habitudes anglaises, et a eu depuis de nombreux imitateurs.
Cet essai , assez insignifiant en lui-même, décida du sort de Chantilly, abandonné et presque oublié depuis la mort tragique de M. îe prince de Coudé. On résolut d'y fonder une réunion, de courses fixe et régulière. M, le duc d'Orléans , héritier présomptif du trône de Juillet , prit cette idée nouvelle sous sa protection; elle ne tarda pas à se réaliser au delà même des \ espérances des fondateurs. Chantilly devint le point favoii et
favorisé des réunio.ns de Ja Société d'encouragement (Voy-
JÛCKEY-CLUn),
On y fonda le prix du JocJtey^Ciub, qui ne tarda pas à devenir en Franco réqui valent du Derby d'Epsora^ et le prix de Diane, correspondant aux Oaks (Voyez ces mots), La phase la plus brillante de Chantilly fut celle oti, pour s'y rendre, il n'y avait pas encore d^autre moyen de transport que la voie de terre* Cette difficulté laissait le séjour de Chantilly abordable seulement à une certaine classe- Cette sorte de privilège don-
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