‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 99 sur 339 · DANGU. — DARU · texte numérisé non relu

DANGU. — DARU

DANGU (Haras de). Le h^ras de bangu appartient à M. le comte de Lagrange. Il est situé sur les (xmfins du département de TËure. lia été créé par M. le comte de Lagrange, vers 1857. C'est un établissement modèle, où rien n*a été éparf^né pour le rendre propre à la destination qui lui était attribuée. Les enclos sont d'une grande dimension et ne mesurent pas moins de douze à quinze bectares. Ils sont séparés entre eux par deux talus et un fossé plein d'eau. On ne saurait trouver nulle part un établissement plus complet. Le baras de Dangu compte en moyenne au moins quarante poulinières. Monarque aété le premier étalon qui ait fait la monte au baras de Dangu. L'un et l'autre n'ont pas tardé àdevenir célèbres par la naissance de Gladiateur. Mais en dehors de cette brillante exception, Dangu est sans contredit le baras le plus considérable de France, et celui d'où il est sorti le plus grand nombre de bons cheyaux. On a pu craindre au moment où M. le comte de Lagrange s'est défait de son écurie de course^ qu'il renonçât également à l'élevage. Fort beureusement le baras de Dangu n'a pas changé de destination, et Tun des pis» grands centres de l'élevage de pur-sang en France est resté intact, bien que ses produits ne courent plus sous les couleurs de l'éleveur, auquel les courses doivent en grande partie l'immense développement qu'elles ont pris en France depuis quelques années.

DÂRK HORSE. La traduction littérale de cette expression est un cheval sombre. On désigne ainsi un cheval inconnu qui n'a pas encore couru et dont cependant on parle beaucoup. Pour rendre la pensée plus exactement, le mot Dark horse voudrait plutôt dire cheval mystérieux.

DARU (M. le vicomte Paul)estune des notabilités les plus marquantes du turf français, et eu môme temps une individualité typique de la société parisienne. M. le vicomte Daru, appartient à une génération d'hommes qui commence à s'éclaircir et à laquelle le turf français est redevable de sa création. L'initiative d'une grande partie des mesures auxquelles on doit le développement des courses en France lui appartient de droit. Son caractère, une affabilité peu commune et un remarquable esprit de conciliation lui ont valu, depuis longtemps, une

grande popularité dans le^ monde des courses, où il est d^ordinaire pris ponr arbitre des difficultés assez fréquentes qui s'élèvent entre les parieurs au salon des courâes. Sa décision est toujours acceptée sans aucun murmure.

M. le vicomte Daru a eu une écurie de course d'uno certaine importance. Il était propriétaire d'Astrolabe avant qu'elle fût destinée aux steeple-chases. Le meilleur cheval qu'ait possédé M. le vicomte Daru est sans contredit Cosmopolite, mais, malheureusement, ce n'est qu'après être sorti de chez lui que sa qualité se révéla dans toute son étendue. Cosmopolite fut castré et réformé dans l'écurie de M. le vicomte P. Daru, à la suite d'un accident qui semblait devoir compromettre à jamais sa carrière de course. Vendu pour un prix très-modique en vente publique, il tomba après deux ou trois pérégrinations dans les mains de M. le baron Nivière qui lui fit courir avec succès deux ou trois steeple-chases insignifiants à la Marche. Lors de Tassociation de MM. le comte de Lagrange et le baron Nivière, Cosmopolite passa en Angleterre sous la direction de Tom Jennings qui tenta de le remettre en condition et parvint à lui faire gagner plusieurs courses assez importantes.

M. le vicomte Paul Daru a cessé de faire courir, mais il est resté président du Comité de la Société d'encouragement, et l'un des hommes dont le nom restera attaché à l'institution des courses, comme ayant le plus contribué à leur fondation et à leur développement.

DEAD-HEAT signifie littéralement : ^/)reut;6 morte.Il s'applique au résultat d'une course déclarée nulle , parce que deux ou plusieurs des chevaux sont arrivés tellement près les uns des autres , qu'il a été impossible au juge d'établir une distinction entre eux. Ces chevaux recourent ensemble après la dernière course inscrite au programme de la journée. Les autres concurrents sont considérés comme perdants, et prennent leur place respective comme si la course avait été terminée la première fois.

Si, après que deux ou plusieurs chevaux ont couru une épreuve nulle, c'est-à-dire ont fait dead-heat , leurs propriétaires conviennent de partager le prix, ils partagent aussi l'argent

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attribué au second, et, s il y a lieu, au troisième; ces chevaux sont alors considérés comme gagnants, et passibles des sur* charges imposées aux gagnants de ce prix. Mais dans les courses pour lesquelles les surcharges sont établies d'après Timportance des sommes gagnées, ils sont considérés comme ayant gagné seulement le montant de leur part.

Dans le cas d^un dead-heat, les paris suivent, comme du reste toujours, à de très-rares exceptions près, le sort du prix lui-même, c'est-à-dire que la somme totale des mises est réunie en masse et partagée entre les deux parieurs, dans la proportion où le prix a été partagé entre les propriétaires des deux chevaux.

Les dead-heat sont assez fréquents, surtout dans les courses' où le champ est nombreux, c'est à-dire où il y a beaucoup de chevaux. Ces épreuves nulles proviennent rarement d'une parfaite égalité entre les deux adversaires, mais beaucoup plus souvent des circonstances, assez nombreuses^ qui permettent à un cheval d'une qualité médiocre de se trouver, à Tarrivée, assez près du vainqueur pour causer une surprise. La meilleure preuve, c'est que quand les deux chevaux (et c'est le cas le plus fréquent) recourent la seconde manche, l'un deux gagne presque toujours très-facilement.

Les deux dead-htat les plus célèbres qui aient eu lieu en France sont ceux de Lion et de Diamant, dans le prix du Jockey-Club, en 1856, à Chantilly. Le résultat était tellement inexact et provenait si bien de circonstances étrangères au mérite des deux concurrents, qu'à la seconde épreuve, Diamant était battu à la moitié de la distance et Lion gagnait au petit galop.

Le second dead-heat célèbre dans une des courses les plus importantes, est celui de Fervacques et de Patricien, en 1867, dans le grand prix de Paris. Le résultat semblerait contredire ici notre observation relativement à l'inexactitude ordinaire du dead-heat , car le même fait a failli se reproduire à la seconde manche. Fervacques a gagné d'une tête très-difficilement. Toute règle comporte nécessairement une exception, mais ce n'est pas ici le ca^, car Patricien était au moins aussi supérieur à Fervacques que Lion à Diamant.

Seulement Patricien, qui avait été mis dans une condition très* sévère pour le prix du Jockey-Club, ne se trouvait pas tout à fait bien le jour du grand prix de Paris. Pendant le reste de leur carrière, Patricien aurait pu donner dix livres à Férvaoques, et le battre comme il aurait voulu.

Une dérogation à la règle générale avait été introduite pour les dead -beat par le règlement de la Société des steeple-chases de France.

Le règlement des steeple-chases interdisait aux propriétaires^ dans le cas d*ùn dead-beat, le droit de recourir une seconde épreuve, et les forçait à partager le prix. Tous deux devaient porter la surcharge imposée au gagnant, dans le cas où le prix comporterait cette condition. Cette exception, à part qu'elle était quelque peu autoritaire» en ce sens, qu'elle restreint le droit du propriétaire, était en outre contraire au principe même des courses. 11 est expressément dit dans le règlement qu'une course ne peut avoir qu'un seul gagnant, et cela se comprend de soi; autrement ce ne serait pas une course. Ici, au contraire, il y en a deux, ou à vrai dire il n'y en a pas ; cette disposition donne donc lieu à un trouble et une confusion dont il est impossible de sortir.

Une semblable exception ne saurait d'ailleurs se justifier. On mettait en avant, pour la soutenir, qu'un steple-chase offrant de sérieux dangers en raison des obstacles, il eût été imprudent de faire recourir deux chevaux dans la même journée, la fatigue qu'ils doivent ressentir d'une première épreuve rendant la chance d'un accident beaucoup plus imminente. Pour être logique, le règlement des steeple-chases aurait dû interdire de faire courir le môme cheval deux fois dans la même journée, dans deux courses différentes, le fait s'est produit à diverses reprises, sans qu'il ait présenté autrement d'inconvénients. D'ailleurs, ceci est l'affaire des propriétaires et des jockeys, qui n'ont aucun intérêt à risquer les uns leur vie, les autres leurs chevaux. D'ailleurs, pour des raisons, beaucoup trop longues à discuter ici, et qui n'entrent pas dans le cadre de ce livre, ce n'est pas la distance d'un steeple-chase qui augmente le danger d'une chute, seulement 1 e train dont la course est menéf . La Société des steeple chase .

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