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M. de R. venait de lire dans une société trois ou quatre épigrammes sur autant de personnes dont aucune n'était vivante. Onse tourna vers M. de..., comme pour lui demander s'il n'en avait pas f|uelques-uues dont il pût régaler l'assemblée. « Moi ! dit-il naïvement : tout mon monde vit, je ne puis vous rien dire. » ( Chamfort. )
Siatire {Rcle
nue (tans
la)
M"'* de Lamoignon, qui était fort dévote, témoignait un jour à Boileau qu'elle désapprouvait qu'il écrivît des satires, parce qu'elles blessent la charité : « Mais, mademoiselle, lui dit le |)oëte, ne me permettriez-vous pas d'en l'aire une contre le Grand Turc, ce prince infidèle, cet ennemi de notre religion ? — Contre le Grand Turc? C'est un souverain ,et il ne faut jamais manquer de respect aux personnes de ce rang. — Mais contre le diable ; vous me le permettrez bien ? — Non, dit mademoiselle de Lamoignon, après un moment de réflexion, il ne faut jamais médire de personne. »
(^Improvisateur français .)
Satirique absous.
Boileau, se trouvant aux fêtes de Pâques dans la terre d'un ami, alla à confesse au curé, qui ne le connaissait pas, et qui était un homme fort simple. Avant d'entendre sa confession, il lui demanda quelles étaient ses occupations ordinaires. <i De faire des vers, répondit Boileau. — Tant pis, dit le curé. Et quels vers.' — Des satires, ajoute le pénitent. — Encore pis, répond le confesseur. Et contre qui.' — Contre les mauvais poëtes , contre les vices du temps, contre les ouvrages pernicieux, contre les romans , contre les opéra.... - — Ah ! s'écriale curé, il n'y a ]>as de mal, et je n'ai plus rien à vous dirCi »
( Mémoires sur Jean Racine. )
{Satirique couvaiucu.
Avant d'envoyer la Grange-Chancel , l'nuteur des Pliilippiques, aux îles Sainte- Marguerite, le régent lui demanda s'il pensait de lui tout le mal qu'il en avait
dit? « Oui, dit la Giange. — A la bonne heure, reprit le régent, car autrement je t'aurais fait pendre. »
( Recueil d'Épit.)
Satirique enragée.
La passion d'Archiloque pour la satire allait si loin que, lorsqu'il était las de décrier ses ennemis , ou même ses amis, il se décriait lui-même. C'est ainsi qu'il divulgua, dans une épigramme, sa lâcheté dans les combats , et ailleurs la bassesse de son extraction, eu s'avouant le fils d'un esclave de son père.
( Nouvelle Biographie générale. )
Satisfaction ajouruée>
Quand M^i^ du Fargis était erco-e M"'' de Silly, il lui vint un caprice d'être aimée du comte de Cramail; et elle disait à ceux qui la voulaient cajoler : « Attendez à une autre fois ; à cette heure je n'ai que le comte de Cramail en tête. » (Tallemant des Beaux.)
Satisfaction uaïve.
Un jésuite , qui passait de France en Amérique, fut fort recommandé au capitaine du vaisseau où il s'embarqua. Le capitaine, qui vit venirdu gros temps, lui dit : « Mon père, vous n'avez pas le pied marin, le roulis du vaisseau serait dangereux pourvous : mettez-vousà fonddecale. Tandis que vous entendrez les matelots jurer et tempêter, ce sera signe qu'il y aura encore bonne espérance ; mais si vous les entendez une fois s'embrasser et se réconcilier, alors recommandez-vous à Dieu. »
Le jésuite envoyait de temps en temps son compagnon à l'écoutille voir ce qui se passait : « Hélas ! mon père, lui disait-il, tout est perdu, les matelots jurent comme des possédés! leurs blasphèmes seuls sont capables de faire abîmer le vaisseau. — Dieu soit loué ! répondit le père : allez, allez, tout va bien. »
( Ménagiana. )
Saumons (Les deux).
En 1806, un grand personnage, -- M. de Talleyrand peut-être, — avait à offrir un dîner d'apparat.