‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 118 sur 180 · SPE · texte numérisé non relu

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assez peuplée. Cette dame en faisait enlever chaque année les petites filles les mieux faites et les mieux organisées, aussitôt qu'elles atteignaient l'âge de dix à douze ans. Elle les faisait alors élever dans sa'propre maison, sous l'inspection d une espèce de gouvernante , et leur taisait donner des leçons dans les arts utiles et agréables. On leur enseignait en même temps la danse, la musique, à coudre, à broder, à coiffer, etc.; de manière que cette maison, où il y avait toujours une douzaine de petites filles ainsi élevées, paraissait une pension de jeunes personnes bien conduite. A quinze ans, ces demoiselles étaient vendues, les plus adroites à des dames, pour en faire leurs femmes de chambre, et les plus jolies à des libertins, pour être leurs maîtresses. Comme la propriétaire les vendait jusqu'à cinq cents roubles pièce, cela lui laisait un rapport constant , dont la r moitié au moins était un gain net.

(MJ/wircs secrets sur la Russie.)

Spéculation siugriiliùre.

Deux vagabonds causaient sur le bord d'une rivière; ils péroraient sur la dureté des temps et des difficultés que rencontre V lionne te homme pour gagner sa vie, quand tout à coup l'un d'eux dit à l'autre; « Jette-toi à l'eau , je te repêcherai , et nous partagerons les vingt-cinq francs qui me reviendront comme sauveteur. — Je suis enrhumé; jette-toi le premier... j'ôterai mes habits pendant ce temps-là. — Non ! — Si ! «

Les deux industriels se battent et tombent tous les deux à l'eau. Deux mariniers se dévouent; l'un réussit immédiatement à ramener au rivage le premier vagabond à demi asphyxié. L'autre avait plonge, et attendait son libérateur qui se dirigeait vers lui de tout son courage.

Tous deux reparaissent à une certaine distance du bord.

« Écoute, dit le pseudo-noyé, si tu me repêches vivant, tu toucheras vingt-cinq francs; si j'étais mort, ce ne serait que quinze francs. Promets-moi de me donner les dix francs d'écart et je me laisse sauver. » Le sauveteur consciencieux se refuse à ce marché. « Eh bien ! bonsoir, .. dit le nageur, qui, avec tout son sang-froid traverse l'eau et atteint l'autre riva;;e en

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(Il lut : Il Y a des gens qui u'entendent m 11 aux affaires. «

Mais tout n'était pas fini. Le sauveteur <(\dit maintenant besoin d'être sauvé; le (1 iiiaut rapide l'entraînait.

Le spéculateur se jette à son tour, j sauve le marinier, et lui dit en le ranic- ! nant au livage : « Allons, tiens 'a tète )- hors de l'eau, je suis un bon enfant... et ^ si tu arrives vivant, je te donneiai les ! dix fiancs d'écart ! »

Voilà ce qui peut s'appeler une idée fi.\e. ( International. )

ISpiratiielIe bassesse.

iJaus un ménage, dont le mari portai'

tu: beau nom que ne soutenait pas la for-

, tune, la femme, jeune, jolie, coquette,

i écoutait volonlieis les galants. La maison . n'en était pas plus h l'aise. Le mari dit un jour à la dame : « Je vois fort bien ce qui se passe ; seulement je ne vois pas ce que nous y gagnons en bien-ètie.

^' 'cinie, ou vivez mieux, ou vivons

, Carrière , Introduction aux mémoires de Lauzun.)

Aitabilité vciin\%iér\éï\e {Gage de).

Le comte d'Argenson, homme desprit, mais dépravé , et se jouant de sa propre honte, disait : « ftles ennemis ont beau faire, ils ne mecull)uteront pas : il n'y a ici peisonne plus valet que moi. >•

(Chamfort.)

INtatue.

. Les députés d'une ville annonçaient à Vespasien qu'elle avait résolu de lui dresser une statue d'un prix considérable. 11 leur répondit en leur tendant la main : « Voici son piédestal, mett(z-la ici. « (Suétone. )

Statue colossale.

Je travaillais activement à terminer la statue colossale de Mars. J'avais construit «xprès une solide armature en bois, que je revêtis avec soin d'un enduit de plâtre,

DlCr. D'ANtCDOrtS. — 1. II.

de l'épaisseur d'un huitième de brasse.

Je voulais ensuite mouler la figuie eti plusieurs moiceaux, que l'on aurait assemblés à queue d'aronde, suivant les règles de l'art, ce qui m'était très facile. Il faut que je rappoite un fait qui domiera luie idée de la dimension de ce colosse ; il y a vraiment de quoi rire.

J'avti; expressément défendu à tous les gens qui étaient à mon service d'amencid(s femmes dansmon château, <lje veillais strictement à ce que cet ordre fût obser\é. Mon élève Ascanio s'était amouraché d'une jeune lille extrêmement belle, qui n'éta t pas moins épiisedelui, car un soir elle s'enfuit de chez sa mère pour venir le trouver. Elle ne voulut plus le quitter, mais il ne savait où la cacher; enfin , comme il ne manquait pas d'esprit , il imagina de l'iutroduiie dans mon colosse, et de lui arianger un lit dans lu lête même de la sta!ue. Elle y resta longtemps. Ascanio l'en faisait seulement c|uel(|uefois sortir pendant la nuit.

Cette tète était fort pi es d'être achevée; par vanité je la laissais découver! e. Je sorte ipie presque tout Paris la voyait. Les voisins commencèrent par monter sur les loits ; puis la curiosité se propagea et amena une foule de gens. Le bruit courait que depuis mie époque immémoriale mon château était hanté par un revenant ; pour ma part, je n'ai jamais rien aperçu qui m'a t fourni lieu de croire (|ue cela fût vrai. Le peuple de Paiis l'appelait universellement Lemmonio Boreo.

La jeune lilie, qui était cachée dans la tète de la statue, n'ayant pu empêcher qu'on ne vît |)arfois ses mouvements à travers les ouvertures des yeuv, plu>ieurs de cis imhéiiles prétendireit que le re-

venant s'était logé da

e corps

colosse, et qu'il faisait mouvoir les jeux, et de plus la bouche, comme si elle eût voulu parler. Quantité de ces niais s'enfuirent épouvantés. Quelques liu.s matois \ouluieut vérifier le fait. Forrésde rteouiiaitie que les yeux de cette figure lemuaient, ils affii nièrent à leur tour qu'il y avait un esprit dans la statue ; mais ils étaient bin de se douter qu'un corp-.

lavissant se trouvait avec cet esprit.

(Benvenuto Cellini, Mémoires. ) Sttatue miraculeuse.

Un honnête savetier, bourgeois de Toi;- 2J

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