‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 119 sur 180 · STO · texte numérisé non relu

STO

louse, avait une extrême dévotion a Notre- Dame de la Dorade, et ne manquait pas de venir tous hs jours lui adresser de ferventes prières devant, sa statue, qui est sur le grand aulel de l'église paroissiale appelée ta Dorade. Trente ans au moins s'écoulèrent sans que le savet iei' eût manqué un seul matin à ses exercices de piété; et comme la fortune n'accorde pas toujours ses faveurs au méiite et à la vertu, il arriva que ce brave homme tomba dans une misère aifreuse? que faiie? Que devenir. L'infortuné savetier eut recours à la Vierge : il alla, comme à son ordinaire, se prosterner devant sa statue, et lui conta patliétiquement sa triste situation et ses pressants besoins. Alors, dit un grave historien, l'image s'anima, et se baissant elle prit une des pauloufles d'argent qu'elle avait aux pieds et la jeta au malheureux qu'elle voulait secourir, qui, tout joyeux, courut la porter à un orfèvre. Mais ses peines n'étaient point encore finies. On reconnut la panloulle, et on arrêta, comme un voleur, l'honnête savetier. En vain il protesta de son innocence ; en vain il raconta comment la chose s'était passée : tous ses discours furent traités de fables, d'impostures; on le chargea de fers, on le traîna dans un cachot, et il fut condamné à mourir d'une mort ignomi nieuse. Ne pouvant faire entendre le cri de sou innocence, il supplia ses juges de permettre qu'en allant au supplice il pût du moins faire sa prière devant l'église de la Dorade, les portes étant ouvertes; cette faible grâce lui fut accordée, non sans peine. L'infortuné savetier s'étani mis à genoux, aux yeux d'un nombre infini despeclateius, s'écria dans sou idiome gascon, avec une naïveté qu'on ne saurait vendre en français : « Bonne sainte Vierge, vous savez ipie je vous ai toujouis priée; vous savez qu'il y a quelques jours vous m'avez donné votre pantoufle, et voilà (pi'ou va me pendre! » — A ces mots, la statue se ranima de nouveau, et lui jeta son antre p ntoufle. 11 fut alors im|)0ssil)le de douter de l'innocence du prétendu criminel, et la ville lui fit une pension considérable.

l An ;cilulcs des Deaiu-Ài ts. )

IStérilité «l'imag^iiiatioii.

M. de la Motte n'a gueic mis d'inven-

tion dans sa tragédie A'Iiùs de Castro. On trouva après sa mort une note marginal» de la main de cet auteur, à un livre dans lequel était le roman d'Jgnès de Castro, et où est le dessein presque entier d'Inùs; ou y trouva, dis-je, celte note : -< 11 faudra que j'invente ce sujet-là. v

( Collé, Journal.)

Stoïcisme.

Aristippe était allé annoncer à Anaxagore la mort de son fils. « Lorsque je lui ai donné cette nouvelle, dit Aristippe, il m'a répondu froidement : « Je savais bieu que je l'avais engendré mortel. »

( Foyage d'Anténor . )

Py.rhoii le sceptique pratiquait la philosophie des Stoïciens. Dans un voyage qu'il fit sur mer, son vaisseau, battu par la tempête, fut sur le point de faire naufrage. Comme il vit tous les gens de l'équipage saisis de frayeur, il les pria, d'un air tranquille, de regarder an pourcea i qui, dans uu coin du navire, mangeait à son ordinaire . « Voilà, leur dit-il, quelle doit être l'impassibilité du sage. »

( Diogène de Laerte.)

Épictète était malade, depuis son enfance, d'une jambe qu'on n'avait jamais pu guérir. Un jour que son maître, Epaphrodite, s'amusait à lui tordre la jambe, il lui dit que, s'il continuait de jouer ainsi il la lui casserait. Épaphrodite ne tint pas compte de celte observation, et la jambe fut cassée en effet. Épictète se contenta de dire fi oidement : « Je vous l'avais bien dit que vous me casseriez la jambe. »

(II. Tampucci, Introd. aux Mat unes d'Ep.ctite.)

Celse le philosophe opposait ce trait dei modération (l)aux chrétiens, en disant : « Votre Christ a-t-il rien fait de plus beatt

tOCcl.

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