‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 128 sur 180 · TEN · texte numérisé non relu

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troupes de cet empereur avaient été battues à plate couture. Quand cet officier fut arrivé sur les terres de l'Kmpire, le gouverneur de la première place lui notifia cjne, quoi qu'il vînt annoncer une défaite, il fallait qu'il allât et arrivât à Vienne en criant dans tous les endi oits où il passerait : « Victoire! Victoire! « et qu'il se fit accompagner de vingt ou trente courriers sonnant du cor. Il se soumit à cet usage ridicule, et arriva effectivement à Vienne, en criant : u Mctoire! »

' Je fus, dit cet officier en son baraguoin, conduit à l'empereur ; je lui dis tout haut : « Sacrée Majesté, victoire ; " et à l'oreille de l'empereur : « Bataille perdue, Sacrée Majesté» ! L'cmpereury me fittoirtdesuite passer dans son cabinet , et comme moi il lui faisait le détail du malheur à lui, il médit : « Et ma cavalerie ! — F..., Sacrée Majesté! — Quoi! mon infanterie? — À f... le camp, Sacrée Majesté ». Aussitôt l'empereur fit ouvrir les portes, et dit tout haut en présence de toute sa cour : <c Qu'on fasse chanter le Te Deum. « (Collé, Journal, )

Témoin {Suppression de).

Quinzejonrs avant l'attentat de Damiens contre Louis XV, un négociant provençal, jiassant dans une petite ville à six lieues de Lyon, et étant à l'auberge, entendit dire dans une chambre qui n'était séparée de la sienne que par une cloison , qu'un nommé Damiens devait assassiner le roi.

Ce négociant venait à Paris; il alla se présenter chez M. Berryer, ne le trouva point, lui écrivit ce qu'il avait entcmUi, retourna voir M. Berryer, et lui dit qui il était. Il repartit pour sa province rconiine il était en route, arriva l'attentat de Damions. M. Berryer, qui comprit que ce négociant conterait son histoire, et que celte négligence le perdrait, lui, Berryer, envoie un exempt de police et des gardes sur la route de Lyon; on saisit l'homme, on le bâillonne, on l'amène à Paris, on le met à la Bastille, où il est resté pendant di\-luiit ans. M. de Maleslierbes, qui en délivra plusieurs prisonniers en 1775 , coula celte histoire dans le premier moment de son imliguaiion.

(( hamfort).

Témoi|fiiagre d'affection.'

Les Catalans ayant appris que saint Romiiald voulait quitter leur pays, en furent très-aifligés; ils délibérèrent sur les moyens de l'en empêcher, et le seul qu'ils imaginèrent comme le plus sûr fut de le tuer, afin de profiter du moins de ses reliques et des guérisons et autres miracles (|u'ellcs opéreraient après sa mort. La dévotion que les Catalans avaient pour lui ne plut pas du tout à saint RomuaUI ; il usa de stratagème, et leur échappa.

( Sainl-Foix, Essais ).

Ténacité.

Diogène était venu à Athènes pour étudier; il alla trouver le philosophe Antisthène. Celui-ci le repoussa, en prétextant qu'il ne voulait plusde nouveaux disciples. Mais Diogène triomidia de ses refus par sa persévérance. Un jourqu'Antisthène, un bâton à la main, le menaçait pour le chasser, il tendit la tète en disant : « Frappe, tu ne trouveras pas un bâton assez dur pour m'éloigner de toi, tant que tu parleras. » .\ dater de ce moment il fut admis dans l'école du maître.

( Diogène de Laerte. )

Teudresse {Le cherc'ieur de).

Il y avait à La Châtre un fou qui venait souvent demander à notre prére[)teiir Deschartres de lui jouer un petit air, et celuici n'avait garde de le lui refuser, car c'était un auditeur très-attentif, le seul probablement qu'il ait jamaischarmé. Ce fou s'appelait M. Dcmai. Il était jeune encore, babillé très-proprement et d'une figure agréable, sauf une grande barbe noire, c|u'on était convenu de trouver liès-effrayante, à cette épotpie oii l'on se rasait entièrement la figure et où les militaires seuls portaient la moustache. Il était doux et poli; sa folie était une mélancolie profonde, une sorte de préorcupalion solennelle. Jamais un sourire : le calme d'un désespoir ou d'un ennui sans bornes. Il ariiviil seul à toute heure du jour, et nous remarquions a\cr siirpiise que |p<. ciiiens, (]iii élaienl fort mecliauts, aboyaient de loin après lui,* approchaient «vet méliance pour flairer ses habits, t-t

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