‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 129 sur 180 · TEN · texte numérisé non relu

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se reliraient aussilôt, comme s'ils eussent [ compris que c'était un être iuoifeiisif et

f. sans conséquence. Lui, sans faire aucune t attention aux chiens, entrait dans la J • maison ou dans le jardin, et bien qu'a- - vant sa folie il n'eût jamais eu aucune relation avec nous, il s'arrélait auprès de la première personne qu'il rencontrait, lui disait une ou deux paroles, et restait là plus ou moins longtemps sans qu'il fût nécessaire de s'occuper de lui. Quelquefois il entrait chez ma graud'mère sans fra j)per, sans songer à se faire annoncer, lui demandait très-poliment de ses nouvelles, répondait à ses questions qu'il se portait fort hieii, prenait un siège sans y être invité, et demeurait impassible pendant que ma graud'mère continuait à écrire ou à me donner ma leçon. Si c'était la leçon de musique, il se levait, se plaçait debout den ière le clavecin, et y restait immobile jusqu'à la fin.

Lorsque sa présence devenait gênante, on lui disait : « Eh bien, monsieur Deinai, désirez-vous quelque chose? — Rien de nouveau, répondait-il : je cherche la tendresse. — Est-ce que vous ne l'avez pas trouvée encore, depuis le temps que vous la cherchez? — Non, disait-il, et pourtant j'ai cherché partout. Je ne sais où elle peut être. — Est-ce que vous l'avez cherchée dans le jardin? — Non, pas encore, » disait-il; et, frappé d'une idée subite, il allait au jardin, se promenait dans toutes les allées, dans tous les coins, s'asseyait sur l'herbe à côté de nous [)our regarder nos jeux d'un air grave, montait chez Deschartres, entrait chez ma mère, et même dans les chambres inhabitées, parcourait toute la maison, ne demandait rien à persoinie, et se contentait de répondre à qui l'interrogeait qu'il cherchait la tendresse. Les domestiques, pour s'en débariasser, lui disaient : « Ça ne se trouve pas ici. Allez du côté de La Châtre. Bien sûr, vous la rencontrerez par là.'' » Quelquefois il avait l'air de comprendre qu'on le traitait comme nn eiii'ant. Il soupiiait, et s'en allait. D'autres fois il avait l'air de croire à ce qu'on lui disait, et regagnait la ville à pas précipités.

Je crois avoir entendu dire qu'il était devenu fou par chagrin d'amour, mais qu'il le serait devenu pour une cause quelconque, parce qu'il y avait d'autres fous dans sa famille. Quoi qu'il en soit, je ne me rappelle pas ce pauvre chercheur

de tendresse sans attendrissement. Nous l'aimions, nous autres enfants, sans autre motif que la comi)assion, car il ne nous disait presque rien, et faisait si peu d'attention à nous, malgré qu'il nous regardât jouer ensemble des heuies entières, qu'il ne nous reconnaissait pas les uns d'avec les autres. Nous avions pour son infortune un respect d'instinct, car nous ne l'avons jamais raillé ni évité. 11 ne répondait guère aux questions, et semblait se trouver content quand on ne le repoussait ni ne le fuyait. Peut-être eût-il été très-curable par un traitement soutenu de douceur, de distractions et d'amitié; mais probablement les soins moraux et intellectuels lui manquaient, car il venait toujours seul et s'en allait de même. Il a fini par se suicider. Du moins ou l'a trouvé noyé dans un puits, où sans doute l'infortuné cherchait la tendresse, cet introuvable objet de ses douloureuses aspirations.

( George Sand, flist. de ma vie. )

Tendresse (Retour de).

Marcus Lépidus mourut d'amour pour sa femme Apuleia, après l'a.oir répudiée.

(Pline l'ancien, Histoire naturelle. )

Tentations l Remède aux).

J'ai connu une très-jolie femme à Toulouse, qu'on appellait la présidente Urouillet, qui avait les plus plaisantes maximes du monde sur l'amour. Elle se vantait lui jour d'avoir un remède assuré contre toutes sortes de tentations Tout le monde avait de l'empressement pour savoir ce remède, si nécessaire à tant de gens. On faisait des paris sur l'infaillibilité du remède, et après bien des raisonnements pour et contre, et s'être fait longtemps prier, madame Drouillet prononça de cette manière : « Le remède le plus" sûr pour faire cesser la tentation, c'est d'y succomber. »

(M'"<' Dunoyer, Lettres.)

Terre-neuve.

Deux étrangers se promenaient sur le )ord de l'eau; l'un d'eux était acconi-

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