‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 138 sur 180 · TYP · texte numérisé non relu

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tnrae et mon désespoir lorsque je i, connus que c'étaient des perles. » (i) (Sadi, G II lis tan.) Type 8olaa(e§qiie.

M. Poulet était un capitaine d'infanterie, de je ne sais plus quel régiment. M. Poulet était tres-maigre, très'grand, tres-rouge de figure, très-blmc de che^ yeux, comptant cinquante ans d'âge trente de services et vingt ans de gradé de capitaine. Il était, comme Napoléon, le fils de ses œuvres; mais, n'ayant été eleve m a Biienne, ni à l'école m'ilitaiie m probablement ailleurs, il avait un lan' gagetoutparticulier, -si bien qu'un jour voulant préciser l'époque d'un de ses plu beaux faits d'armes, qu'il venait de me raconter, il me dit : „ C'est quand les anstentes recommença avec les Qulnze-Beli.

qiies. ))

Vous ne comprenez peut-être pas tièsmen ... Eh ij,eu! moi, qui m'étais déjà lamiliarise avec l'idiome de M. Poulet je compns tout de suite qu'il voulait mè dire : « C est quand les hostilités recommencèrent avec les Autrichiens. ,,

Il faut vous dire que dans ce temps-là je ne buvais que de l'eau; mais je versais tres-volontiers rasade à M. Poulet et quand son verre était plein, il aurait fallu qu une mouche fût bien adroite pour trouver le temps de s'y noyer. Si, à jeun. M. Poulet était un héros, il devenaitaprès joire extrêmement sentimental, et ne me laissait rien ignorer des égarement'^ de sa jeunesse. A peine avait-il endossé l'uniloime qu il regarda comme un devoir de ne point laisser s'éteindre en lui la dvnastie des Poulet, qu'un boulet de canon roiwait écraser dans l'œuf. \\ y travailla (le concert avec une jeune vivandière, qui disait-il lui repassait toujours quelque '-liose a boue.

M. Poulet devint père, et comme c'était un honnête homme, il fit légitimer devant 1 autel une union commencée à la buvette, et consommée sur le lit de camp Apres son mariage, M">e Po„let continua son commerce ambulant, suivant toujours M. Poulet ii l'armée, où, M. Poulet me l'a avoué, il donna plus d'un atout

(>) C,.n,].arcr avec Ja fable de I.a Fonlaine le Coq et la Pfrlf.

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à la boutique de sa femme. Mais voilà que M. Poulet devint sous-lieutenant. Dès lors il comprit que l'honneur de l'épaulette exigeait qu'il fît le sacrifice du sacré cliien tout pur et du riquiqui. Malheureusement M"'* Poulet, en changeant d'état, ne put changer de manières, et son mari les trouvait trop communes pour oser la produire. Il ne m'a pas caché que son mariage de soldat l'avait plus d'une fois gêné, depuis qu'il était capitaine. Il aurait souhaité que sa femme eût un meilleur ton ; que, par exemple, elle jurât moins souvent ; mais je dois à la vérité de dire que M. Poulet ne l'en aimait pas moins ; je suis du moins autorisé à Iccroire d'après l'éloge qu'il m'en fit un jour, dans un accès de sensibilité conjugale : « Le croiriez-vous.' me disait-il, le croiriez-vous ? Voilà vingt-huit ans qu'elle est ma femme, eh bien! il n'y a rien de plus rare que j'aie été obligé de lever la main. » A cet éloge M. Poulet ajoutait que sa femme était de la première force dans l'art de faire de la soupe au choux et au lard fumé.

{f.e Piémont sous l'empire. Souvenirs d'un inconnu.)

Tyrans.

Denysle Tyran fit mettre à mort Marsyas, un de ses hauts officiers, qui avait rêvé la nuit qu'il lui coupait la gorge. Ce ne pouvait être , disait-il , qu'une pensée conçue le jour et un plan bien arrêté qui lui avaient suggéré cette vision nociume.

Denys ne souffrait pas qu'on lui coupât les cheveux avec des ciseaux : un coiffeur venait les lui brûler autour de la tète avec un charbon. Ni son frère, ni son fils n'entraient dans sa chambre avec leurs vêtements : ils étaient obligés d'ôter chacun leur robe, et d'en mettre une autre, après avoir été visités nus par les gardes.

(Plularque, Fie de Dion.)

Un religieux était respecté dans lagdad pour sa piélé, et le peuple et les grands avaient confiance dans ses prières. Hoschas Joseph, tyran de Bagdad, vint le trouver, et lui dit : « Prie Dieu pour moi. — 0 Dieu, s'écrie le religieux en élevant

les mains au cîel ! ôte de la terre Hosclias Joseph. — Malheureux ! tu me maudis, lui dit le tyran. — Je demande au ciel, répondit le religieux, la plus grande grâce qu'il puisse accorder à ton peuple et à toi. »

(Sadi.)

Aristippe, tyran d'Argos, voulait que sa garde, qui lui était aussi suspecte que ses ennemis, fût en dehors de son palais. Après souper il renvoyait tous ses domesti<[ues, fermait lui-même toutes les portes, cl se renfermait dans une chambre haute qui n'avait pour entrée qu'une trappe, sur laquelle il mettait son lit. Cromwell prenait à peu près les mêmes précautions. (Traité de l'opin.)

On demandait à Thaïes, l'un des sept Sages de la Grèce, ce qu'il avait vu de plus rare en sa vie : <i Un tyran vieux, « répondit-il.

( Diogène de Laërte. )

Sénèque, voyant Néron sur le point d'immoler plusieurs Romains à ses soupçons, fit tous ses efforts pour l'en détourner : « Vous aurez beau multiplier les supplices, lui dit-il, vous ne pourrez venir à bout de tuer votre successeur. »

— Caligula avait sans cesse à la bouche ce mol d'une tragédie : « Qu'on me haïsse, pourvu qu'on me craigne. »

('Suétone.)

Tyrannie [Haine de la).

Harmodius et Aristogiton acquirent chez les Grecs un renom immortel en tuant Hippar(iue, tyran des Athéniens. Un homme qui avait usurpé le pouvoir demandait à Diogène quel était le meilleur airain pour faire des statues : « C'est, répondit-il, celui dont on a fait les statues d'Harmodius et d'Arislogiton. »

(Diogène de Laërte.)

Galon rUlican, étant encore enfant, et sons la verge, allait et venait souvent chez Sylla, le dictateur. H avait toujours son maître quand il y allait, comme avaient

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accoutumé les enfants de bonne pari. Il s'aperçut que dans l'hôtel de Sjlla, en sa présence et par son commandement, on emprisonnait les uns, on condamnait les autres, l'un était banni, l'autre étranglé... Le no!)le enfant dit à son maître : « Que ne me donnez-vous un poignard.-* Je le caclierais sous ma robe : j'entre souvent dans la cliambre de Sjlla avant qu'il soit levé; j'ai le bras assez fort pour eu dépécher la ville. » Voilà vraiment une parole appartenant à Caton!

(E. de la Boétie, Discours sur la servitude volontaire. )

Tyrannie domestique.

Le roi (Louis XIV) voyageait toujours son carrosse plein de femmes : ses maîtresses, après ses bâtardes, ses belltsfiUes, quelquefois Madame, et des dames quand il y avait place. Dans ce carrosse, lors des voyages, il y avait toujours beaucoup de toutes sortes de choses à manger : viandes, pâtisseries, fruits. On n'avait pas sitôt fait un quart de lieue que le roi demandait si on ne voulait pas manger. Lui jamais «e goûtait à rien entre ses repas, non pas même à aucun fruit, mais il s'amusait à voir manger, et manger à crever, îl fallait avoir faim, être gaies, et manger avec appétit et de bonne grâce ; autrement, il ne le trouvait pas bon, et le montrait même aigrement. On faisait la mignonne, on voulait faire la délicate, être du bel air, et cela n'empêchait pas que les mêmes dames ou princesses qui soupaient avec d'autres à sa table le même jour, ne fussent obligées, sous les mêmes peines, d'y faire aussi bonne contenance que si elles n'avaient mangé de la journée. Avec cela, d'aucuns besoins il n'en fallait point parler, outre que pour des femmes ils auraient été très-embarrassants avec les détachements de la maison du roi, et les gardes du corps devant et derrière le carrosse, et les énuyers aux portières, qui faisaient une poussière qui dévorait tout ce qui était dans le carrosse. Le roi, qui aimait l'air, en voulait toutes les glaces baissées, et aurait trouvé fort mauvais que quelque dame eût tiré le rideau contre le soleil, le vent ou le froid. Il ne fallait seulement pas s'en apercevoir, ni d'aunme autie SOI le d'iiicomu\odilé, et il allait toujours exlréniemenl vile, avec des rol;iis

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le plus ordinairement. Se trouver mal était un démérite à n'y plus revenir.

J'ai ouï conter à la duchesse de Chevreuse, que le loi a toujours fort aimée et distinguée, et qu'il a, tant qu'elle l'a pu, voulu avoir toujours dans ses voyages et dans ses particuliers, qu'allant dans son carrosse avec lui, de Versailles à Fontainebleau, il lui prit au bout de deux lieues un de ces besoins pressants auxquels on ne croit pas pouvoir résister. Le voyage était tout de suite, et le roi arrêta en chemin, pour dîner sans sortir de son carrosse. Ces besoins qui redoublaient à tous moments, ne se faisaient pas sentir à propos, comme à cette dinée, où elle eût pu descendre un moment dans la maison vis-à-vis. Mais le repas, si ménagé qu'elle le pût faire, redoui)la l'extrémité de son état. Prête jiar moments à être forcée de l'avouer et de mettre pied à terré, prête aussi très-souvent à perdre connaissance, son courage la soutint jusqu'à Fontainebleau, où elle se trouva à bout. En mettant pied à teire, elle vit le duc de Beauvilliers, arrivé de la veille avec les enfants de France, à la portière du roi. Au lieu de monter à sa suite, elle prit le duc par le bras, et lui dit qu'elle allait mourir si elle ne se soulageait. Ils traversèrent un bout de la cour ovale, et entrèrent dans la chapelle de cette cour, qui heureusement se trouva ouverte, et où on disait des messes tous les matins. La nécessité n'a point de loi; Mme de Chevreuse se soulagea pleinement dans cette chapelle, derrière le duc de Beauvilliers qui en tenait la porte. Je rapporte cette misère pour montrer quelle était la gêne qu'éprouvait journellement ce qui approchait le roi avec le plus de faveur et de privancc, car c'était alors l'apogée de celle de la duchesse de Chevreuse. Ces choses qui semblent des riens, et qui sont des riens en effet, caractérisent trop pour les omettre. Le roi avait quelquefois des besoins, et ne se contraignait pas de mettre pied à terre. Alors les dames ne bougeaient do carrosse.

M""; de Maintenon, qui craignait fort l'air et bien d'autres incommodités, ne put gagner là-dessus aucun privilège. Tout ce qu'elle obtint, sous prétexte de modestie et d'autres raisons, fut de voyager à part; miiis, en quehiue état qu'elle lût, il fallait uuiiclier, et suivre à point nommé, et se Irouvpi' arrivée et rangée avant que le roi

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entrât chez elle. Elle fit bien des voyages à Marly dans un état à ne pas faire marcher une servante. Elle en fit un à Fontainebleau qu'on ne savait pas véritablement si elle ne mourrait pas en chemin. En quelque état qu'elle fût, le roi allait chez elle à son heure ordinaire, et y fai- I sait ce qu'il avait projeté; tout au plus elle était dans son lit, plusieurs fois y suant la fièvre à grosses gouttes. Le roi, qui, comme on l'a dit, aimait l'air, et qui craignait le chaud dans les chambres, s'é-

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tonnait en arrivant de trouver tout fermé, et faisait ouvrir les fenêtres, et n'en rabattait rien, quoiqu'il la vît dans cet état, « t jusqu'à dix heures qu'il s'en allait souper, et sans considération pour la fraîcheur de la nuit. S'il devait y avoir musique, la fièvre, le mal de tête n'empêchait rien ; et cent bougies dans les yeux. Ainsi le roi allait toujours son train, sans lui demander jamais si elle n'en élait point incommodée.

( Saint-Simon, MJiuolrei. )

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Union bien assortie.

^''co'as, sorti de lenfance, était parti des montagnes de la Savoie 'pou \'èr^ ercber fortune à Paris. Une jolie f.gu?é ...ne taille petite, mais fort bien prisf S a.r prévenant tels étaient ses moyens I s établit d'abord, surle paveVen en. tout près de l'hô.el Soubise, àcl"é fie 1 échoppe de la mère Micliaud. ravau deuse, qui voulut bien le prendre sous ïâ

Cette femme avait une fille, aussi ioli^

dans son genre que Nicolas da'ns le s en

mais s. petite qu'on ne l'appelait pas au'

rementqueMMçlaBotte. SI admirait ce

jol. coup e, et les commères du qua lier

pr^r;;:.e"'r^^^"-*''"^'^"^^''"'^^^^^^

poui lautie. Le voisinage et ces nw.nnc accrurent l'intérêt qu'inspirait Ni o' Intelligent, leste, fidèle, 'adroit H r,„

■ 1 or. r. l'eue; on

de 1 avancement . .. eu „t so jockey et le costuma comme tel

fc|leve dans ce nouveau grade son In i^it le fit apercevoir de plus haut '• iî at tra"

Jant 1 attacher a son service, se le fit céder par son valet de chambre; et b e tôt n!

honnes grâces de M^e Ja Hotte; et comme 'lelait déjà dans l'aisance, il aVa t ti^ L n.eieM.cha„ddel'humili'anteï,o;p?

Mais la fortune, qui semblait jusqu'a- I °'\1. avoir conduit parla main lui fit I b'entot éprouver le ressers le pi ." funest i, .V"/«"-' ^;. par une nuit fort sombil 1' '-•^" °?onte derrière pour céder sa placé a nu am. du prince. Le cabriolet passait es-rapidement dans une rue fort étS a roue heurte violemment contré une hoine ; ce contre-coup inattendu fait pe"! f'^/^r;''bre à l'infortuné jockey, m'i

seau. Une au re voiture, qui suivait avec SseT''''''"P^'^*^-'-'«*^0P et le aisse expirant sur la place. Les cm eveillentdes voisins; ils descei den è

ment, le font conduire à l'hôtel-Dieu

Le prince, arrivé chez lui, s'étonne de

l'ord?n ':'''\r''''''y ''a'uter comme

lele orn''^'^'^'«'l"^''evar:ill'a7

ô.he:'^,;i'^:f''„I?^«- descendra.

on s

inquiète : le lendemain

on apprit son accident.

Le malheureux avait les deux jambe, rompues, un œil hors de la téte^ et L

oitnne enfoncée. Ramené chezVe'prie '' y «ut soigne comme on peut le croire

tan plus propre a rien , il fut nommé, poui la forme, premier fiotteur de l'hoteî -ec^une pension viagère au-des'si's'dé

. L'amour de M"-^ h Botte ne put ré s.steracet échec; elle repoussa Ihi" ^neusement le beau jockey Je, é , ma «t IN«-olas était donc déchu dans le cin ,• comme dans les yeux de sa n, ître'ë

'.o.qu'.ll'aimàttoujoursbeauco „ îs

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