‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 148 sur 180 · SI · texte numérisé non relu

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tenir de dire : « Plaudez, plaudez-moi liardimeiit ce larron d'ânes. « Cequ'oyant ce pauvre homme, qui était en tel état, et ne demandait pas mieux que de rencontrer son vendeur, l'ayant reconnu à la parole : « Voilà, dit-il, celui qui me l'a vendu. « Sur letjuel propos il fut empoigné, et, toutes les susdites choses avérées par sa confession, fut exécuté par justice comme il le méritait.

(Henri Estienne, Apologie pour Hérodote.)

Voleurs galants.

La marquise de Richelieu était iille de la duchesse de Nevers , la fameuse Manciui. Elle était belle, dit-on, avait heauconp d'esprit, sans frein, sans préjugés, sans principes, et elle tenait de sa mère le goût des voyages ; elle allait passer son carnaval à Venise, comme j'irais passer trois jours à Saint-Cloud : il lui était arrivéaussi cent aventures plus singulières les unes que les autres, dans ses voyages. Elle disait un jour à l'abbé de Grécourt : «Tous les romans qui paraissent sont bien dénués d'événements piquants; si j'écrivais ma vie, \ous veniez bien d'autres aventures. Par exemple, en allant un jour à tel endroit, je fus arrêtée d&ns un bois, loin de tout secours , par un voleur. Mes gens prirent la fuite; quand il m'eut bien volée, le galant s'avisa de me trouver belle, et, eu conséquence, il en fallut passer par ce qu'il voulut; il demandait d'une façon si pressante et si tendre, avec un pistolet à la main, qu'il n'y avait pas moyen de le refuser. Eh bien, l'abbé, croiriez-vous bien qu'il y eut un moment où je ne pus m'empècher de m'écrier :

" Ah ! charmant voleur ! ah ! voleur charmant! »

(Collé, Journal.)

La femme de l'intendant d'Alençon , jouant avec moi au reversis, me dit ; « Vous voyez cette grande femme dont le teint est un peu couperosé, et de qui M. l'intendant fait semblant d'étie amoureux, car dans le fond il n'aime que lui : vous la voyez bien! — Oui, madame. — ^ Eh bien, monsieur, c'est la fdie d'un roué. — C'est très-commun. — Point du toul, d'un homme roué..., roué sur l'échafaud, vous dis-je. — L'horreur! —

Je vous dirai cela après souper, car je crois qu'elle nous écoute. 11 nous reste quchpies tours à faire ; tâchez de ne pas me forcer trop de qui no l as , ou vous ne saurez pas mon histoire. »

Etfectivement , quand le monde fut res tiré, elle m'apprit que la mère de cette dame avait été une assez belle femme dans sou temps , pour la province ; qu'elle avait passé pour être d'une sagesse exem, plaire ; que son mari , qui faisait je ne sais pas quoi , était souvent absent , et que, pendant un été fort chaud, étant à la campagne, couchée au premier étage, s u un jardin, elle avait dormi les fenêtre ouvertes. Ce jardin était bordé par un pièce d'eau dont le rivage était la grand route. Un voleur ayant franchi tous ce obstacles, arriva au pied de son mur d'où, ayant jeté une échelle de corde, il se trouva au[)rès de son lit. Elle y reposait dans une toilette qui n'est faite que pour les yeux d'un mari , et encore d'un mari qu'on aime assez pour le bien traiter.

Ce voleur l'était dans toutes les règles, mais il se trouva plus tendre qu'ils ne le sont ordinairement. Après avoir forcé doucement un secrélaire, une commode, . . que sais-je, moi? et pris ce qui lui convenait, il voulut tuer la dame, qui, s'étant éveillée, était déjà plus qu'à demi morte. Mais, en la regardant mieux, la compassion et un amour de voleur le gagnèrent. Il se déshabilla à cause de la chaleur, passa la nuit avec elle , n'en sortit qu'mi peu avant l'aurore, lui rendit tout ce qu'il avait pris, et laissa, de plus, une jolie petite fille dont elle accoucha neuf mois après : c'était cette dame qui soupait avec nous.

Sa maman ne dit rien à son tendre époux, quand il revint : il y a des torts, même involontaires, dont une femme bien apprise ne parle jamais. Mais elle fit tout son possible pour en faire un mari tendre et galant. Lui, qui en avait perdu l'habitude, la laissa dans son embarras, et n'eut pas l'esprit de venir conjugalement à son secours. En conséquence, sachant queslur tout pour d'autres laits et gestes, son voom avait été rompu vif dans la ville de Drefrout, elle ne vit d'autre parti à prendre que de se retirer dans un couvent, pour y accoucher décemment de la fille du vor leur : elle écrivit préalablement une letleu bien pathéliipie àmonsieurson mari, et se

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voua à Dieu, sous la sauvegarde de bonnes grilles que ne forcent que les voleurs par qui l'on veut bien se laisser prendre quelque chose. Elle mourut quelque quinze ans après, et comme elle avait de la fortune, et que sa fille en était l'héritière, un M. de P-, qui avait une manière de charge, l'épousa.

(Tilly, Mémoires.)

Voleur sans mains.

Sous le ministère de M. Voisin, il y eut aux Invalides un soldat qui avait les poignets coupés, et qui volait les bardes de ses camarades. 11 fit longtemps ce métier sans être découvert. 11 s'était fait faire des etuis de cuir fort , dans lesquels étaient ses deux moignons. Le bout extérieur de ces étuis était fait d'un morceau de bois, dans kquel étaient différentes ouvertures propres à recevoir les tiges de différents instruments, tels que rossignols, crochets, poinçons, etc. Il ouvrait ainsi les chambres et "les armoires. Enfin il fut pris en flagrant délit. Il fut condamne a mort par le conseil de guerreson jugement, à cause de la rareté du fait' tut commué par Louis XIV lui-même en une prison perpétuelle, et il est mort à iiicetre.

{Nuits parisiennes.)

Voleur -volé.

Un voleur, ayant crooheté la nuit la porte d'un pauvre homme qui n'avait pas pour cinq sous vaillants de meubles entra doucement dans sa chambre, et tâtonnait avec la main , pour tâcher de rencontrer quelque chose pour dérober Le maître, qui élait couché, et qui ne dormait pas sachant son dessein, lui dit • " Va, va, tâte tant que tu voudras • je ne pense pas que tu puisses trouver de nuit ce que je ne saurais trouver de jour. ., (D'Ouville, Contes.)

Joseph Souza, le poêle portugais, était partaitement endormi; si goLr'nante cntie chez lui, et le réveille en sursaut.

.. Monsieur ! Qu'y a-t-il? \]n voeu ! - Un voleur! chez moi ! on l'aura ma renseigne. C'est impossible! — Le voila. H a déjà escaladé le premier étage ilgirnipe a votre balcon. «

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Le pocfese lève tranquillement, ouvre sa fenêtre et se trouve face à face avec le voleur. — Mon ami, vous vous trompez, ce n est pas ici ; le banquier, c'est mon voLsin a côté; là, vous trouverez de quoi vous satisfaire. » ^

(A. Marc, Y Illustration.)

Voracité.

Un homme qui mangeait autant que six, se présenta un jour à Henri IV, diuis 1 espérance qu'il en obtiendrait de quoi entretenir un si beau talent. Le roi, qui avait entendu parler de cette homme, lui demanda s il était vrai qu'il mangeât autant que six : «Oui, sire, réjwndit-il.

— Lt tu travailles à proportion? ajouta le roi. — Sire, répliqua-t-il, je travaille autant qu un autre de ma force et de mon âge. — Ventre-saint-gris, dit ce prince, si j'avais beaucoup d'hommes comme toi dans mon royaume, je les ferais pendre : de tels coquins l'auraient bientôt affamé.

( Blanchard, École des mœurs. )

L homme le plus vorace dont l'histoire fasse mention, c'est l'empereur Maximin successeur d'Alexandre Sévère. Sa voracité allait jusqu'à manger, dans un repas ordinaire, 40 livres de viande, et boire une amphore de vin ; c'est-à-dire, selon les uns, 28 de nos pintes, et 36 selon les autres.

( Encyclopédie méthodique.)

Voyages (Jrt des).

Dans huit jours je vais commencer ce voyage de six cents lieues au nord-ouest Une charrette de bambou, traînée par des bœufs, portera mou bagage. Un boeuf de transport sera chargé de la plus petite tente de l'Inde. Ton serviteur, voue aux chevaux blancs, chevauchera sur une vieille rosse de cette couleur qui ne lui coûte que mille francs, (un bon cheval en coûte trois mille, trois mille cinq cents), à la tête de six domestiques l'un portant un fusil, l'autre une outre'avec de l'eau, l'autre la cuisine de l'office, 1 autre le déjeûner du cheval, etc., sans compter les gens des bœufs.

Un capitaine d'infanterie anglaise en aurait vingt -cinq au lieu de six, savoir,

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en sus de moi : un pour la pipe, un pour la chaise percée, dont jamais Anglais dans l'Inde ne se sépare , sept ou huit pour planter satente, laquelle seraittres-grande, très-lourde, très-confortable, trois ou quatre pour la cuisine, l)lanchisscur balayeur, etc.; plus un relais continuel de douze hommes pour porter un palanquin, dans lequel il s'étendrait , lorsqu il serait las d'aller à cheval. Ton pauvre Victor va faire quelqu,e chose de neut avec la misérable simplicité de son appareil ambulant. Il voyage d'ailleurs avec des lettres du gouverneur gênerai de l'Inde, et c'est une petite satislact:on , en son lieu parfois tiès-utile, que n ont pas beaucoup de colonels à cinquantedeux mille francs et de civils a soixante mille, qui faisaient la foule là ou il était et où il sera encore distingué. Je dis sera, car précisément en même temps que moi, lord et lady William Bentink, une grande partie de leur maison, et une partie des hauts officiers du gouvernement, vont se mettre en route, ii peu près par la même voie, pour aller sur l'extrême frontière nord-ouest, près de quatre-vingts lieues nord de Deltir, passer l'été dans un climat analogue à celui de la Suisse, avec les mêmes fruits, et visiter chemin taisant leur empire. Lord William a precisèment mille fois plus de monde que moi, ayant six mille serviteurs de toutes espèces ; escorté en outre par un régiment d'infanterie, un de cavalerie et la compagnie des gardes du corps. Je le verrai au mois d'avril dans la maison de bois qu'il vient de faire bâtir à six cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Moi j irai vivre un peu plus haut , à dix mille pieds au delà de tout établissement européen , mais dans des contrées très-pacifiques.

Tu vas te demander sans doute comment un bomme qui est assez ami avec le Grand Mogol, comme c'est mon cas, est réduit à voyager à la tète de six m'Midiants, sur une rosse fieffée, sans palanquin ni chaise percée ? Le voici : c est que le Grand Mogol actuel a apporte des mesures d'économie tres-rigoureuses.

Parlons dangers, j'ai obtenu des états statistiques de l'armée qui m'appreniieul qu'il meurt annuellement l officier sur ,31 1/2 dans l'armée de Madras, et 1 sur 28 dans l'armée du Bengale. C'est peu de chose, comme tu vois. Il est vrai qu ils ne mènent pas la vie dure que je vais mener,

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qu'ils ne vont pas au soleil , etc. ; mais par contre ils boivent une ou deux bouteilles de bière et une de vin par jour, sans parler du grog; et moi je ne boirai que de l'eau mêlée avec quelque peu d eaude-vie européenne, pu native, etc. Je possède la seringue la mieux entretenue de l'Inde ; c'est une chose que je cache : ma réputation de moralité souffrirait.

C'est faute d'un lavement que les Anglais crèvent pour la plupart du temps. J ai de plus ample provision de quinine contre les fièvres intermittentes, et ce qu il tant contre le choléra-morbus, qui est rare , très-rare, là où je vais. Les tigres disent rarement quelque chose aux gens qui ne leur parlent pas. Les ours pareiUement.

L'animal le plus redoutable est 1 éléphant, mais il est excessivement rare la par ou ie passerai. , , , .

Après tout, je suis tres-resolu a ne jamais parler à ces gens que dans le tuyau de l'oreille, et à ne tirer qu a bout portant A cheval, j'aurai toujours deux pistolets de calibre sous la main ; et mon saïsse, ou palefrenier qui suit en courant à pied pendant six cents lieues a raison de six, sept ou huit lieue> paf jour, et mon grass cutter ou coupeu. d herbe» pour nourrir la rosse, me suivent comme des ombres, l'un avec ma caralnne, 1 autre avec mon fusil ; tout cela fait, cinq balles qui pèsent ensemble un quarteron. Il a bien paru par là quelques voleurs ou brigands, mais ils ont la bêtise de ne voler que leurs frères, que les natifs, qu ils tuent sans remords pour quelques roupies, et je n'ai pu découvrir un seul cas d'Européen tué par eux.

Les gens ici sont affreusement lâches.

les Anglais peu endurants

dû

prendre à cet égard leur vilaine manière. Le service domestique est tellement divisé, chaque serviteur ne sert qu'a si peu de chose, que dans l'objet spécial de sou service on exige de lui une exactitude pres^ que militaire, par des moyens de severite également militaires, et cela est bien naturel vraiment.

J'ai un homme qui n a pas d autre emploi que de m'apporter de l'eau ; il me le faut en voyage, parce que, bien qu il V ait deux hommes attaches a ma cavalerie ( consistant en la rosse susdite ) , elle mourrait de soif sans le porteur d eau ; l'homme qui coupe l'herbe pour la nourrir celui qui l'étrille et la selle, ne

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peuvent puiser de l'eau à une mare Je ne donne à mon abreuvant, qui m'abreuve aussi moi-même, que dix francs par mois , cela est vrai ; mais quand je trouve en défaut cet homme qui n'a presque rien à faire an monde, tu sens quel coup de pied je suis porté à lui allonger; et c'est ainsi des autres.

Croirais-tu que je n'ai que deux assiettes, et qu'il me faut en voyage un homme pour les laver ! Aussi, si elles ne sont point propres, gare !

Par un artifice inusité, j'ai cumulé sur une seule tète les attributions de cuisinier avec celles du serviteur à table. A lable! comme si j'allais avoir une table ' Les sous-lientenants anglais en voyage , dans leur tente en ont une, et des chaises ; mais moi, je mangeiai sur mes genoux ou debout.

(Victor Jacqnemont, f.cl/rcs. }

Voyagre improvisé.

Un jour qu'on parlait de je ne sais quelle antiquaille, M. de Longneville dit a Ru- (pieville, un de ses gentilshommes :

«^ Cela est autrement beau à voira Rome • c est une honte que vous ne l'ayez point ^ti' -'Un fut quatre mois sans entendre parler de Rnqueville. Enfin il revint « He! d'où venez- vous? — Je reviens de Rome, d.t-il. - Et y avez-vous été longtemps ? — J y ai dîné, et, après avoir vu ce que vous m'aviez dit, je suis revenu à cheval. » I

(Tallenianl des Réaux.)

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