‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 24 sur 180 · MAU · texte numérisé non relu

MAU

Le comte de Tissard de Rouvres , officier aux gardes -françaises, étaitun jeune liomme aimable, paraissant livré à toute la gaîté, à toute la dissipation de son âge, mais cachant sous ces apparences de légèreté une présence d'esprit qui lui a été fort utile dans des occasions importantes, et des qualités solides qui lui assuraient l'estime et l'altacliement de ceux qui le connaissaient plus particulièrement.

Étant dans une petite ville de province, il eut le malheur d'exciter, quoique bien involontairement , la jalousie d'un mari dont la femme, avec d'excellentes mœurs, était cependant très-vive et fort imprudente. Piqué de ce que l'accès de cette maison lui était intordit par l'ombrageux époux, et sachant que la jeune femme, (pii rassemblait tous les soirs sa société, aimait autant à veiller que son mari à dormir, il lui prit fantaisie de s'introduire, après souper, au milieu de ce cercle, à la faveur d'une échelle qu'il dressa contre un balcon dont la fenêtre était ouverte. Parvenu aux derniers échelons, il se trouve en face du mari, qui le reconnaît et s'écrie : « Eh bien ! monsieur, que faites-vous là? — Monsieur, répondit-il, fort embarrassé.... je me promène. »

Cette même femme , qui , sans être attachée plus intimement à M. de Tissard qu'à tout autre, trouvait sa société agréable, et la désirait peut-être d'autant plus qu'on la lui défendait davantage , eut rétourderie de l'engager à souper avec quelques personnes, un jour que son mari était absent , et n'avait annoncé son retour que pour le lendemain.

Mais ses affaires ayant été terminées plus tôt qu'il ne le comptait, il arriva ce même soir à neuf heures, au moment où l'on venait de se mettre à table. En entendant sa voix, il fallut songer à cacher M. de Tissard, qu'il aurait trouvé fort mauvais de rencontrer chez lui , et que la disposition des appartements ne permettait pas de faire évader. L'un des convives le pousse promptement dans une grande boîte à pendule, que sa taille, quoique très-mince, remplissait entièrement, et* on ferme la porte sur lui. Le mari entre, accueille fort bien la société , annonce qu'il a grand appétit, et qu'il {)rendra volontiers part au souper. Il demande quelle heure il est, et si la pendule va bien? « Oui, oui, » dit la femme en frappant deux petits coups sur la boite qui se

trouvait auprès d'elle. M. de Tissard saisit le sens de cet avertissement, et, d'une voix sourde et égale faisant tec... toc... tec. toc..., il imita le bruit du balancier pendant près d'une mortelle heure que l'ennuyeux époux resta à table, et ne fut délivré que lorsque la société se retira dans le salon.

llari berné.

Un des bals de Marly (1700) donna lieu à une ridicule scène. On manquait assez de danseurs et de danseuses, et cela fit aller M'"" de Luxembourg à Marly, mais avec grand'peine, parce qu'elle vivait de façon qu'aucune femme ne voulait la voir. M. de Luxembourg était peut-être le seul en France qui ignorât la conduite de sa femme, qui vivait aussi avec lui avec tant d'égards, de soins et d'apparente amitié, qu'il n'avait pas la moindredélianced'elle. Par même raison de faute de gens pour danser, le roi fit danser ceux qui en avaient passé l'âge, entre autres M. de Luxembourg. Il fallait être masqué. Il était fort bien avec M. le Prince, qui était l'homme du monde qui avait le plus de goût pour les fêtes, les mascarades et les galanteries : il s'adressa donc à lui pour le masquer. M. le Prince, malin plus qu'aucun singe, et qui n'eut jamais d'amitié pour personne, y consentit pour s'en divertir et en donner une farce à toute la cour ; il lui donna à souper, puis le masqua à sa fantaisie. J'étais, moi surtout et plusieurs de nous, demeuré tout à fait brouillé avec M. de Luxembourg. Je venais d'arriver, et j'étais déjà assis, lorsque je vis par derrière force mousseline plissée , légère , . longue et voltigeante, surmontée d'un bois de cerf au naturel sur une coiffure bizarre, si haut qu'il s'embarrassa dans un lustre. Nous voilà tous, bien étonnés d'un mascarades! étrange, ànous demanderavec empressement : << Qui est-ce « ? et à dire qu'il fallait que ce masque-là fût bien sûr de sou front pour l'oser parer ainsi, lorsque le masque se tourne et nous montre M. de Luxembourg. L'éclat de rire subit fut scandaleux. Le hasard fit qu'un moment après il vint s'asseoir entre M. le comte de Toulouse et moi, qui aussitôt lui demanda où il avait été prendre celte mascarade. Le bon seigneur n'y entendit jamais finesse, et la vérité est aussi qu'il était foit éloigné d'être fin en rien. Il

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prit bénignement les rires, qui ne se pouvaient contenir, comme excités par la bizarrerie de sa mascarade, et raconta fort simplement que c'était M. le Prince à qui il s'était adressé, chez qui il avait soupe, et qui l'avait ajusté ainsi; puis, se tournant à droite et à gauche, se taisait admirer et se pavanait d'être masqué par M. le Prince. Un moment après, les dames arrivèrent, et le roi aussitôt après elles. Les rires recommencèrent de plus belle , et M. de Luxembourg à se présenter de plus belle aussi à la compagnie avec une confiance qui ravissait. Sa femme , toute connue qu'elle fut , et qui ne savait rien de cette mascarade, en perdit contenance, et tout le monde à les regarder tous deux et toujours à mourir de rire.

(Saint-Simon, Mémoires.)

llari dis^^racienx.

M. de Ventadour était disgracieux et libertin. Au moment où il allait épouser M"e d'Houdancourt, ou dit mille belles choses là-dessus. Cette petite d'Houdancourt est bien jolie. L'abbé de La Victoire lui disait l'autre jour : « Mademoiselle, il n'y a pas d'apparence que vous refusiez à d'autres ce que vous accorderez à M. de Ventadour. ■»

( M™* de Sévigné, Lettres. )

SSaris et femmes.

Quoique M. le marquis de Liche eût «ne femme belle et bien faite, cependant il ne l'aimait pas. Il avait toujours, à la mode d'Espagne, sou amancebada (sa courtisane), à qui il faisait tous les jours quelques présents. Un jour, la marquise ayant été avertie qu'il faisait venir pour elle une étoffe magnifique, elle la fit ( nlever sitôt qu'elle fut arrivée, et s'en fit faire un habit. Quelques jours après, elle Je fil voir à son mari, et lui en demanda son sentiment : « Voilà une belle étoffe, dit le marquis , mais elle est mal employée. — Tout le monde eu dit autant de moi (1), » repartit froidement la marquise.

{Mcnagiana. )

Un prédicateur prêchant à Pérouse, dit à ses auditeurs sur la Gn de son ser-

(i) Dans la correspondance de la princesse Palatine (17 févr. 1719) ce mot et la réponse sont attribués au duc et à la dr.chcsse d'Ossnne.

mon : « Mes frères, toutes vos femmes m'ont protesté à confesse qu'elles avaient été fidèles à leurs maris. Et vous, de votre côté , vous avez confessé que vous aviez tous séduit les femmes d'autrui. Dites-moi donc, je vous prie, qui des femmes ou des maris a dit la vérité. »

( l'ogge. )

Un jour que M. de Serrant se batt.ait avec sa femme , Bautru , père du mari, qu'on vint quérir pour mettre le holà , les regarda faire, et dit le texte : « Ce que Dieu a joint, que l'homme ne le sépare point; » puis s'en alla.

(Tallemant des Réaux.)

Une personne, en étant allé voir une autre, un valet lui dit : « Monsieur est empêché; il bat Madame. »

La duchesse de Marlborough pressait son mari de prendre médecine. Le glorieux général faisait la grimace.

<( Ah! s'écria la duchesse avec cette chaleur qui lui était habituelle, que je sois pendue si cela ne vous fait pas du bien ! — .\lloiis, mylord, dit froidement le docteur Carth, avalez : d'une façon ou de l'autre, vous y gagnerez!... «

Je viens tout à l'heure de rencontrer un de mes amis, beau et bien fait. 11 est marié à une femme jeune et belle , qu'il aime, et de qui il n'est point aimé. Comme je lui ai dit qu'il était malheureux : << Elli> est plus malheureuse que moi, m'a-t-il répondu ; j'ai le plaisir d'avoir toujours devant mes yeux une femme que j'aime, et elle a la douleur de voir continuellement un homme qu'elle n'aime point. »

( Saint-Evremoniana.)

Mnri indiscret {Fantaisie dé).

Le roi Candaules, grandement épris de l'amour de sa femme, estima qu'elle était plus belle que toute autre. Étant en cette opinion et ayant un archer de sa garde nommé Gygès, qui lui était sur tous agréable et atîquel il commettait les principaux de ses affaires, commença à lui haut louer la beauté de sa femme, et i)eu de temps après il parla à lui en celte manière : « Gygès, il m'est avis que tu n'ajoutes

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pas foi à ce qu'autrefois je t'ai dit de la beauté de ma femme, et pour autant que je sais que les oreilles des hommes sont plus lentes à croire que les yeux, je veux que tu la voies nue. » Gygès s'écria, disant : « Sire, que dites-vous? la parole n'est pas saine. De ma partie, ne fais doute que la reine ma maîtresse ne soit la plus belle femme du monde, mais je vous supplie , ne me commandez chose qui ne soit licite. 1)

Le roi lui dit : « Gygès, je te prie, assure-toi, et ne me crains, commesinion propos était pour l'essayer; ne crains aussi ma femme , comme si de la part d'elle te pouvait revenir aucun dommage. Car je dresserai si bien la partie qu'elle ne pourra savoir que tu l'aies vue à nu , et voici queje ferai. Tu entreras, dans la chambre où nous couchons , elle et moi , et te cacheras derrière la porte qui sera ouverte : quand je me retirerai, il n'y aura faute qu'elle ne se rende incontinent céans. A l'enlrée de la chambre est un banc sur lequel elle posera chacun habillement qu'elle dévêtira. Lors tu la pourras voir à ton aise ; mais quand elle se viendra mettre dans le lit, et que tu lui seras à dos, donne-loi bien garde qu'elle ne le voie sortir. « Gygès, connaissant qu'il ne pouvait fuir au commandement du roi, dit qu'il était prêt d'obéir.

Le soir venu qu'il sembla à Candaules heure de se retirer, il mena Gygès en sa chambre, et fut incontinent suivi de la reine. Gygès la voit arriver, et regarde comme elle dévêt ses habillements; puis quand elle lui a le dos tourné pour se mettre dans le lit, il sort et se dérobe. Toutefois il est aperçu de la reine, laquelle, apprenant de son mari la chose telle qu'elle était, ne sonna mot de la honte qu'elle recevait, et ne fit semblant de l'avoir entendue, mais bien proposa en son esprit de se venger. Elle donc, sans donner à connaître sa marission {doideiir) pour ce soir, se tint coie; mais sitôt que le lendemain fut venu, après avoir rendu ses plus fidèles serviteurs prêts à exécuter son vouloir, elle manda Gygès, lequel estimant qu'elle n'était avertie de ce que fait avait été , soudain s'achemina vers elle. Arrivé, la reine lui entame tel propos, (i Gygès, tu as de présent deux chemins à tenir, desquels tu peux élire celui que bon te semble, car ou il faut que t4i fasses mourir mon mari le roi Candaules,

et queje sois tienne avec le royaume de Lydie, ou bien faut que tu meures présentement •»...

Gygès se trouva fort étonné de telle harangue, et supplia très-humblemen qu'il ne fût contraint faire telle élection; toutefois, voyant qu'il ne pouvait persuader, et que nécessairement il (allait tuer ou être tué, il choisit pour soi qu'il resterait vivant, et dit ainsi à la reine : «Madame, puis qu'outre mon vouloir vous me contraignez tuer le roi mon maître, dites s'il vous plaît , par quel expédient nous pourrons exécuter telle entreprise. « Elle répond : » Tu te jetteras sur le roi, du lieu même où il a fait que tu m'aies vue à nu , et regarderas qu'il soit endormi. « La délibéraiion ainsi prise el venue la nuit, Gygès, sans faire le rétif, suit la reine pas à pas, jusque en la chambre, laquelle lui met en main une dague', et le fait cacher derrière la porte. L'em bûche ainsi dressée, quand Candaules fut en son repos, Gygès se jeta sur lui et le fit trépasser, dont il eut tout moyen prendre possession de la reine et du royaume.

(Hérodote, Histoire, traduite par P.

Salyat.)

Mari infidèle {Ruse de).

\ M. de Mayenne, pour attraper sa femme, qui s'inquiétait fort de ce qu'il sortait la nuit, faisait mettre son valet, avec sa robe de chambre, auprès d'une table avec bien des papiers, comme s'il eût travaillé à quelque grande affaire; ce valet de loin lui faisait signe de la main qu'elle se retirât, et elle se retirait par respect.

(Tdllemant des Réaux.)

Maris peu g^êiiauts.

La duc de Richelieu étant entré un jour chez la duchesse, sa première épouse, sans être annoncé, y trouva en tèle à tète son écuyer, qu'il savait être son suppléant auprès de Madame. Il causa quelque temps avec la duchesse d'affaires importantes, sans souffrir que l'écuyer sortît; puis, quand il eut fini, il dit au galant subalterne: « Je sais que Madame aime beaucoup la solitude; vous m'obligerez, tant que cela ne la gênera pas, de venir la par. tager avec elle. »

(^Fie privée de Richelieu.)

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Quelque inepte que fût le I)Oii homme Geoffiiii, on lui permettait de se mettre au bout delà table, mais à condition qu'il ne se mêlerait jamais de la conversation. Un étranger fort assidu aux diners de madame Geoffrin, ne le voyant plus paraître, s'avisa de lui en demander des nouvelles. « Et qu'avez-vous fait , madame, de ce pauvre bonhomme que je voyais toujours ici, et qui ne disait jamais rien.'' — C'était mon mari; il est mort. »

(Grimm, Correspondance),

Maris trompés.

Un bourgeois de Paris, qui faisait l'homme d'importance , s'imagina que Molière l'avait pris pour l'original de son Cocu imaginaire. Il en marqua son ressentiment à uu ami : « Comment, lui ditil, un comédien aura l'audace de mettre impunément sur le théâtre un homme comme moi 1 — De quoi vous plaignez-vous? repartit l'ami : votre femme vous dira comme moi qu'il vous a peint du bon coté, en ne faisant de vous qu'un c... imaginaire.

( Espr. de Bloliùrc. )

Un professeur en droit, à Poitiers, s'étant avisé d'épouser une femme d'une réputation très-équivoque dans l'Université, entreprit, le lendemain de son mariage , d'expliquer à ses disciples une question de jurisprudence déjà fort rebattue dans les écoles : « J'entame, leur dit-il, messieurs, j'entame un sujet qui n'est pas neuf, et qui souvent a été approfondi par nos docteurs. » A cet exorde, les jeunes légistes, dont l'imagination se portait plus loin que celle du professeur, firent retentir la salle d'un grand éclat de lire.

[Journ. des Déb., an 11.)

Le comte de Guiche, qui était fort brutal avec tous les hommes, s'appliqua extrêmement à plaire à Madame. Il était plein de vanité; il voulut se faire aimer d'elle, et cela arriva. Sa tante, M'H'^ de Saiiit- Chaumond, qui était gouvernante des enfants de Madame, le seconda fidèlement.

Une fois. Madame vint chez M^^de Saint- Cliaumond sous prétexte de voir ses enfants, mais, au fait, pour s'entretenir avec le

comte de Guiche. Elle avait un valet de chambre nommé Launois ; on le plaça sur l'escalier, pour avertir au cas que Monsieur survînt. Tout d'un coup Launois accourt, et dit : « Voilà Monsieur qui descend le degré. » Us furent tous épouvantés. Le comte de Guiche ne pouvait se sauver dans l'antichambre : les gens de Monsieur y étaient déjà. Launois dit : «. Je ne vois qu'un moyen, et je vais y avoir recours. » Il dit au comte : « Tenez-vous ici derrière la porte; d il court au-devant de Monsieur, et le frappe si fort de la tête au milieu de la figure, que lesang coulait en abondance du nez de Monsieur; il s'écria : « Monsieur, je vous demande grâce et pardon ; je ne vous croyais pas si près : je voulais vite courir pour ouvrir la porte. « Madame et M™e de Saint-Chaumond vinrent tout épouvantées avec des assiettes qu'elles tinrent si longtemps sous le nez de Monsieur, en l'entourant, que le comte de Guiche eut le temps de s'élancer au dehors et de gagner l'escalier avant que Monsieur ne pût l'apercevoir ; il crut que c'était Launois qui se sauvait de peur, et de sa vie il n'a su la vérité (1).

(Duchesse d'Orléans, Correspondance^

llarîag^e.

Quelqu'un adressait à Socrate cette demande : « Dois-je me marier ou non ? — Quoi que tu fasses, répondit-il, tu t'en repentiras. »

(Diogène de Lacrtc. )

" Dis-nous , Diogène, quand il faut se marier ? — Dans la jeunesse, c'est trop tôt; dans la vieillesse, c'est trop lard. "

[Id.)

(i) M. 0. Biuiict fait observer, danssa traduction, que pareille ruse, dont les récits sont fort nombreux, se trouve dans VHilopadésa, 6« fable du premier livre ; dans la Disciplina clericalis (p. 48, édit. Sthmidt) ; dans les tabliaiix de Legrand d"Aussy, 1829,1. IV, p. 188; dans les Gesla liomanorum, ch. cxxi et cxxiii ; dans Vlieplaméron, nouv. VI -, dans les Cent Nouvelles nouvelles (seizième) ; dans les Nouvelles de Bandello, part.^I, nov. 75 ; de Malespini, par. I, nov. 44 ; de Sabadino, nov. 4 ; dans les Nuits de Straparole, fjyO, t. 1, p. 400, cinquième nuit, quatrième conte ; dans les Gantes de d'Ouville, t. II, p. p.i5, rtr. Voir I.oiseicur des Loni:f!Kimps, /«-* Oh'S indiennes, ^.-jO.

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M. de L. disait : « J'ai rcrii tous rues sdcremeuts, excepté le mariage, que je n'ai pas reçu en original, mais dont j'ai tiré bien des copies. »

{Ménaglana. )

Le maréchal de Gassion ne voulut jamais s'engager dans les liens du mariage. Il répondait à ceux qui lui proposaient de se marier, « qu'il n'estimait pas assez la vie pour en faire part à quelqu'un ».

Le pvince de Ligue disait qu'on aurait dû appliquer au mariage la police relative aux maisons qu'on loue par un bail pour trois, six et neuf ans, avec pouvoir d'acheter la maison si elle vous convient.

Cliarlet se maria en 1824 et fut heureux dans le choix qu'il fit. Sa femme , pleine de cœur et fière à |bon droit de la valeur personnelle de son mari, fut pour Charletune compagne aimable et dévouée, et pour ses deux fils une excellente et digne mère. Charlet racontait ainsi, en déguisant mal ses vrais sentiments, sa première entrevue avec sa femme : « Elle raccommodait des bas, disait-il; je fus vivement ému. C'est la Providence qui m'a conduit ici, et voilà la femme qu'il me faut, moi qui ai toujours des bas troués... ))

( De Lacombe, Charlet. )

On disait à une jeune mariée que saint Paul voulait que les femmes obéissent à leurs maris. <■ Oh bien, dit-elle, je ne suis pas de l'avis de saint Paul. — Mais faites donc attention, madame, que c'est le Saint- Esprit qui parle par sa bouche. — Soit ! En ce cas, c'est de l'avis du Saint-Esprit que je ne suis pas. »

( Contemporaines, )

Un jeune homme se présente avec sa future chez un ministre méthodiste, et lui demande de les marier. Le ministre se met en tenue, ouvre son livre et commence à réciter les prières des morts. Le jeune homme l'arrête, et lui fait observer qu'il s'agit d'un mariage et non d'un enterrement. Le révérend cherche alorsle chapitre demandé, puis il ajoute : « Puis(iue

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