MEM
monsieur, cHt le pauvre malade, c'est moi qui suis Velutti (1). »
(Escudier, France musicale.)
Héloiuaiics.
Les Tyrrhéniens pétrissent leur pain , luttent et fouettent leurs esclaves au son de la flûte.
(Athénée.)
Les Portugais ayant perdu une bataille, on trouva quatorze mille guitares sur la place.
[Méiiagiana.)
Rameau, rendant visite à une belle dame, se lève tout à coup de dessus sa chaise, prend un petit chien qu'elle avait sur ses genoux, et le jette subitement par la. fenêtre d'un troisième étage. La dame épouvantée : « Eh! que faites-vous, monsieur! — Il aboie faux, » dit Rameau en se promenant avec l'indignation d'un homme dont l'oreille avait été déchirée. (Mercier, Tableau de Paris.)
Méloiuaues mourants.
Des Yveteaux, qui a été précepteur de Louis XllI , près de mourir, dit à sa femme : « Ma mie, jouez-moi, je vous prie, sur votre clavecin cette belle allemande, afin que je passe doucement. « (^Dibltotlièque de cour.)
L'empereur Léopold, sentant sa fin approcher, après avoir mis ordre à toutes choses, demanda sa musique, qui avait toujours fait son unique plaisir. 11 l'entendit plusieurs heures, et mourut en l'entendant.
( Saint-Simon, Mémoires.)
Mémoire.
Au milieu des études sérieuses dont on occupait l'enfance de Racine à Port- Royal-des-Champs, le roman grec des Amours de Tliéagène et de Chariclée lui tomba par hasard entre les mains. Il le dévorait , lorscpie le sacristain , Claude
(i) Ce trait a été atlr comiques.
plusieurs acteurs
Lancelot, qui le surprit dans cette lecture, lui arracha le livre et le jeta au feu. Le jeune Racine trouva le moyen d'en avoir un autre exemplaire, qui eut le même sort. Enfin , il s'en procura un troisième ; et pour n'en plus craindre la piivation , il l'apprit par cœur , et le porta ensuite au sacristain, en disant : « Vous pouvez encore brûler celui-ci comme les autres. »
(Mémoires a/iecdot.)
Un jour Voltaire, alors fort jeune, lut à La Motte une tragédie qu'il avait composée. Ce dernier était doué d'ime mémoire prodigieuse. Après avoir écouté la pièce du jeune poëte avec toute l'attention possible : « Voire tragédie est belle, lui dil-il, et j'ose vous répondre du succès. Une seide chose me fait peine, c'est que vous donnez dans le plagiarisme ; je puis vous citer en preuve la seconde scène du quatrième acte. » Voltaire fit de son mieux pour se justifier d'une pareille accusation : » Je n'avance rien, dit LaMolte, c[u'en connaissance de cause, et, pour vous le prouver, je vais réciter cette mémo scène, que je me suis fait un plaisir d'apprendre par cœur, et dont il ne m'est pas échappé un seul vers. « En effet , il la récita tout entière sans hésiter, et d'un ton aussi animé que si lui-même l'eiit faite. Tous ceux qui avaient été iirésents à la lecture de la pièce se regardaient les uns les autres, et ne savaient ce qu'ils devaient penser ; l'auteur surtout était absolument déconcerté. Quand La Motte eut un peu joui de son embarras ; <t Remettez-vous, monsieur, lui dit-il, la scène en question est de vous, sans doute, ainsi que tout le reste ; mais elle m'a paru si belle et si touchante, que je n'ai pu m'caqièchcr de la retenir (1). »
Un soir, on devait donner la Fliite enchantée, de Mozart.- La représentation allait commencer, lorsqu'on s'aperçut que le cahier de la partition n'était pas sur le pupitre du chef d'orchestre ( c'était Weber).
Grande terreur parmi les musiciens.
(i) Voir plus loin, au mot Mystification, l'iiis torietle du président Rose et de Jlolière.