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mémoire qu'il n'avait jamais su retenir aucune prière par cœur, et cpie cependant il ne perdait pas le nom d un seul de ses débiteurs , ni du lieu même ou ils étaient, mais qu'il n'avait jamais su apprendre sou Pater. « Or bien, mon ami, lui dit son confesseur, promettez-moi de prêter de l'argent à tous ceux qui viendront de ma part, et je vous reponds des sommes que vous leur prêterez, et je ierai ei) sorte que vous saurez votre Poter (ce qu'il lui promit de faire), et retenez bien, dit-il, les noms de ceux à qui vous prêterez, et le pays d'où ils seront. »
Il s'en retourne chez lui, et le confesseur envoie plusieurs personnes demander de l'argent à emprunter à ce marchand, qu'il avertit de ce qu'ils auraient a faire. Au bout de quelque temps ce marchand retourna à confesse ; le confesseur lui demanda s'il avait prêté de l'argent à ceux qui lui en étaient venus demander de sa [.art : il répond que oui ; il lui demanda s'il avait retenu leurs noms et leur pays. Avant répondu que oui , il lui dit qu'il les lui nommât. « J'ai, premièrement, dil-il, prêté tant à un qui se nomme Pater noster, qui est de la Ville de Qui es m ccelis;] en ai baillé à un autre qui s'appelle Sanclificetur qui est de A'omen tuum ; a un autre, qui s'appelle Jcheniat, qui est de Re'^mim tuum », et ainsi, dit-il, jusques a la fin du Pater noster; et ainsi le confesseur lui dit qu'il lui avait tenu parole (]u'il savait bien son Pater noster, qu il lui apprit de la façon.
J'ai connu une jeune fille qui apprenait autant de chansons qu'on lui en eut su nommer, parce qu'elle aimait extrêmement à chanter, et jamais ne put apprendre sou Pater par cœur, qu on ne e lui eût mis en musique et (pi'elle ne le chantât comme une chanson. De même lui enseigna-t-on son Ave, son Credo, et son Cunfiteor.
(D'Ouville, Contes.)
Mémoire ( /)e/a((< de).
Clisophus, parasite de Philippe, recevant un jour des reproches de ce qu'il demandait sans cesse, répondit : « Prince, c est nue ie n'ai pas de mémoire. »
' •" ^ (Athénée.)
Peu de temps après Texécution de Mes-
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saline, l'eniperrur Claude, son mari, demanda, en se mettant a tal)lp, « pourquoi l'impératrice ne venait pas (1). «
( Suétone. )
La marquise de Prie, causant avec M""= du Deffand, se plaignait très-amèrement de M. d'Alincourt. « Je ne vous conseille pas , dit M'^e du Deffand, de donner trop d'éclat à vos plaintes. — Pourquoi donc.^ — C'est que le public interprète fort mal les plaintes entre gens qui sesoutaimés.— Comment! est-ce que vous croyez, comme les autres, que j'aie été bien avec M. d'Alincourt ? — Mais sans doute, » répond Mme du Deffand. Et voilà M™*' de Prie à se récrier contre cette calomnie , à donner mille raisons pour s'en justifier. M""= du Deffand écoutait très-froidement cette apologie. « Vous
tait1
n'êtes pas convaincue r
Non .
Et sur
quoi donc jugez-vous que M. d'Alincourt a été mon amant ? — C'est lue vous me l'avez dit. — Vraiment !... Jo l'avais oublié, )> répond tranquillement M™^ de Prie. (Suard.)
Monsieur le duc de la Val'" était un grand seigneur fort riche. 11 dit un jour au souper du roi : « Sa Majesté me fait la grâce de me traiter avec bonté, je serais inconsolable d'être dans sa disgrâce ; mais si cela m'arrivait , je m'occuperais, pour me distraire, du soin de très-belles terres que j'ai dans telle et telle province. » Et là-dessus il désigna deux ou trois châteaux superbes. Un mois peut-être après, au <;ujct de la disgrâce d'un ministre, il dit devant le roi : « J'espère que Votre Majesté me conservera ses bontés ; mais si j'avais le malheur de les perdre, je serais plus à plaindre qu'un antre, car je n ai pas d'asile ou reposer ma tête. ..Tous ceux qui avaient entendu la description des beaux châteaux se regardaient eu riant • et le roi dit à madame*", quictail a table à côté de lui : « On a bien raison de dire qu'il faut qu'un menteur ait une bonne mémoire. »
( Mme du Hausset, 31emoires. )
Mendiants.
Uu voyageur fut accosté un maiin,
' i) Voir Distracions.