‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 37 sur 180 · MES · texte numérisé non relu

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fils. Elle voulut, le 9 thermidor, se convaiucre par ses yeux que ce monstre était mort ; et lorsque sa tète tomba, elle cria de toutes ses forces : Bi^ !

(Alissan de Chazet, Mémoires.)

Mère résignée.

Quand on annonça à M'I^ de La Vallière, devenue sœur Louise de la Miséricorde, la mort du duc de Vermaudois qu'elle avait eu du roi, elle dit : « Je <lois pleurer sa naissance encore plus que sa mort. »

(Voltaire, Siècle de Louis XIV. )

llères Spartiates.

Un jeune soldat spartiite disait à sa mère, en lui montrant sou épée : « Elle est bien courte ! — Eli bien, répondit-elle, tu feras un pas de plus. »

Une autre , apprenant qu'un de ses fils était mort glorieusement dans le combat : « Je m'en étonne pas, dit-elle, c'était mon enfant. » Apprenant ensuite que l'autre avait fui lâchement : « Il n'était donc pas mon fils ! i)s'écria-t-elle vivement.

Une autre , ayant appris que son fils s'était sauvé du combat, lui écrivit : « 11 se répand un bruit injurieux à ton lionneur; fais-le taire, ou meurs. »

Une autre, entendant sou fils raconter la"raort glorieuse de son frère , qui avait été tué en combattant vaillamment :

« Malheureux, lui dit-elle, pourquoi donc ne l'as-tu pas accompagné? »

Une autre avait cinq fils à l'armée, et attendait des nouvelles de la bataille.

Elle en demande en tremblant à un îlote qui revenait du camp : « Vos cinq fils ont été tués, lui dit-il. — Vil esclave , reprit-elle, est-ce là ce que je te demande.' - Nous avons gagné la victoire , réplique l'ilote. « La mère court au temple , et vend grâces aux Dieux.

Une autre , voyant au siège d'une ville son fils aîné, qu'elle avait placé dans un poste , tomber mort à ses pieds : « Qu'on appelle son frère pour le remplacer ! » s'écria-t-elle aussitôt.

( Anecdotes militaires. )

Hérite des femmes.

Un haut personnage présenta Charlet à M"'C"«, qui pensant que l'esprit de l'ar-

tiste pouvait divertir sa société, l'engagea à venir passer huit jours chez elle à la campagne.

« Je me levais de bonne heure et je chassais, raconte Charlet lui-même. Au déjeuner, je mangeais de bon appétit, et après une petite promenade solitaire, j'allais me coucher. Je me relevais tard, et me promenais de nouveau pour pouvoir faire honneur au diner. Je dévorais à ce repas, et comme il se prolongeait, je me levais de table pour aller immédiatement me coucher. Enfin, je ne desserrais les dents que pour manger. Un soir pourtant , on avait réuni plus de monde que de coutume, et de très-belles dames ourdirent une petite conspiration contre moi. Au moment où je cherchais à m'esquiver, on m'appelle : u Monsieur Charlet , monsieur Charlet , venez donc nous mettre d'accord...; « et une petite duchesse, de sa voix la plus flùtée : « Dites-nous, monsieur Charlet , la vertu que vous préférez dans une femme. — Moi, madame... je jrge d'une femme par la qualité de son bo ùUon. » Et faisant oin demi-tour sur la jambe gauche, je me donnai un air Louis XV... ce qui n'empêcha pas un grand mouvement, chez toutes les dames , qui témoignait assez de leur scandale!... «

« Quelle est la femme que vous préférez.' demandait 31°'* de Staël à Napoléon. — Celle qui a le plus d'enfants, » répondit-il en tournant le dos.

Hérite d'une femme laitlo.

La femme de Courbé alla un jour chez Gombaud le poète ; il n'y a pas d'araiguée au monde qui ne soit plus jolie qu'elle; il lui en conta, et après il disait : « Je vous assure , elle écoute bien. » ( Tallemant des Réaux. )

Mésalliance.

Un comte du Lude, gouverneur de Gaston de France, frère du roi Louis XIII, qui était ruiné , avait épousé une fille de race marchande. « Pouvais -je mieux faire.' disait'il. Poursuivi nuit et jour par mes créanciers , je me suis sauvé dans une boutique, pour n'être point traîné à l'hôpital. «

( Baron de Pollnitz , Lettres.

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