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SSEiiiïtti'c spirituel.
Un officiel' de geiiclarmerie demandait iiii régiment à M. d'Argenson , ministre de la guerre; il répondit avec beaucoup do politesse que le roi avait décidé qu'il n'accorderait point de régiment aux officiers de gendarmerie, parce qu'ils ohtcnaicut, en restant dans leur corps, les mêmes grades que parunrégiment; qu'ils devenaient brigadiers , maréchaux de camp , lieutenants généraux,- etc.
Quelques mois après , l'ofiR-ier revint encore à M. d'Aigenson, et lui fit la même demande; il en eut la même réponse; et ce ministreluidonnanttoujours les mêmes mnlifs de refus , il dit d'impatience à ce dernier : « 11 est singulier, monsieur, que le roi n'accorde plus aux autres officiers ce qu'il a donné à monsieur votre fils ; il est sorti de la gendarmerie pour un régijiient que vous lui avez fait avoir. — Mon fils n'est pas une perte pour la gendarmerie ; mais c'en est une irréparable pour le corps que celle d'un excellent officier comme vous, » et il lui tourna le dos. Quelle présence d'esprit il y a dans cette réponse! {CoWé, Journal.)
On parlait du miracle de saint Denis, qui , après avoir été décapité à Paris, se promena de là à Saint-Denis , comme tout le monde sait, en portant sa tête sous sou bras. M"'' Du Deffand disait : « Eh bien , il n'y a que le premier pas qui coûte. » ( Grimm, Correspondance. )
miracles {^Défense de faire des).
Pour arrêter le scandale et la foule du peuple au tombeau du diacre Paris, il fut rendu une ordonnance du roi, le 27 janvier 1732, qui ordonna que la porte du petit cimetière de Saint-Médard fut et demeurât fermée, fit inhibition de l'ouvrir autrement que pour cause d'inhumation, et défendit à toutes personnes , de quelqueétat et condition qu'elles fussent, de s'assemjjler dans les rues et maisons adjacentes, à peine de désobéissance, et même de [)unition exemplaire. Le lendemain de la clôture du cimetière, on lut, affichée sur la porte, cette pasquinade jansénienne :
De par le Roi , iléfeiise ;i Dieu De faire miracle en ce lieu.
( Galerie de l'ancienne cour. )
Un zélé convulsionnaiie voulait faire sentir à l'abbé Terrassou tout le jjiquant de l'épigramme placardée sur la porte du cinietière Saint-Médard. Celui-ci lui répondit : « Ce que je trouve de plus plaisant, c'est que Dieu ait obéi. »
Miracle royal.
Au sacre du roi ( Louis XV ) à Pioims , nn homme d'Avesnes qui avait des écrouelles horribles alla se faire toucher du roi. Il guérit absolument. J'entendis dire cela ; je fis faire une procédure et information de son état précédent et subséquent, le tout bien légalisé. Ccli fait, j'envoyai les preuves de ce miracîe à M. de la Vrillière, secrétaire d'État d? la province. .le crus obtenir de grandes louanges de mon zèle pour les prérogatives royales. Je reçus une lettre sèclieoù l'on me répondait que a personne ne doutait de ce don qu'avaient nos rois, n Mais je sus fort bien que tout avait été lu au loi, qui, quoique tout enfant, aime entendre dire qu'il avait opéré ce miracle.
( Marquis d'Argenson, 3Ienwir(s.)
llisantliropes.
Heraclite, comme on sait, pleurait sivs cesse sur la folie humaine. Les Éphésiens s'étoiiuant de le voir jouer aux osselets avec des enfants devant le temple de Diane, il leur répondit : « J'aime mieux jouer aux osselets avec des enfants, quede m'occuper avec les hommes des affaires de l'État. » ( Diogène de Laërte.)
On raillait le maréchal d'Huxelles sur son célibat obstiné. Il répondit en vrri misanthrope : «Je n'ai point encore trou \é de femmedont je voulusse être le mari, ni d'homme dont je voulusse être le père. »
« Pourquoi recherchez- vous donc t?nt l'isolement? demandait un jonr une trèsaimable femme à M. de S... — Madame, répondit notre Timon , c'est que je suis plus accoutumé à mes défauts qu'à ceux des autres. »
Un jour, RémonddeSaint-Mard, connu par (|uelques ouvrages médiocres, et qui étai d'ailleurs fort riche et fort avare,
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fit mie longue et terrible sortie contre le genre liumain. Le piiilosophe Diderot , qui était présent, l'arrêta au milieu de sou discours, et lui dit : « Où prenezvous donc tout le mal que vous dites des hommes? — En moi, » répondit Rémond.
Voilà du moins de la franchise.
(Grimm, Correspondance.)
Sliise cil scène théâtrale.
Un jour nous passâmes la nuit à Weimar. Nous ne pensions point à dormir ; mais, errant au clair de lune, nous vînmes nous arrêter devant le clocher d'un village situé près de là. Le bruit du balancier de l'horloge nous rendit tout à coup silencieux et rêveurs. Pendant assez longtemps, personne ne fit entendre une seule parole. Enfin quelqu'un chercha un rapprochement entre notre position et l'instant où Hamlet attend l'ombre de sou père. Nous entendions notre souffle ; le frisson de la mort nous avait glacés. Le bruit du rouage de l'horloge retentit dans l'antique tour, la cloche sonna et nous quittâmes la place l'un après l'autre.
La scène nocturne devant le clocher, près deWeimar, avait laissé en nous une profonde impression. Nous pensâmes s'il ne serait pas possible d'introduire sur le théâtre, au moment où Hamlet attend le fantôme dans le cimetière , le balancier qui nonsavait tantémus. Nousfimespart de notre idée au machiniste. Nenouscompritil pas parfaitement, quoique cependant ce fut un homme intelligent , ou plutôt quelque esprit malin vint-il à la fin prendre part à la chose.-' c'est ce quejene saurais me rappeler exactement.
Bientôt on donna //aw/ef. L'acteur qui remplissait ce rôle s'arrête, glacé d'épouvante, à l'approchede l'Esprit. Eckhof, qui le représentait, entre en scène. Hamlet frissonne devant les secrets de l'éternité. L'Esprit commence à parler... quand tout à coup un bruit désagréable et monotone se fait entendre près de là ; et le pul)lic de rire.
Hamlet se retourne et se fâche. L'Esprit regarde derrière soi de l'autre côté , et peste de toutes ses forces.
Le machiniste , qui ignore ce qui se pusse , continue , d'un mouvement unifirme, à frapper deux petites planches, avec une baguette de fer, qui devait figuier le balancier de l'horloje dans le cimetière danois.
Le rire et la iiimcur redoublent parmi les spectateurs. L'emportement d'Hamlet et (le l'Esprit s'accroît de plus en plus. Les acteurs étales garçons de théâtre abordent brusquement le machiniste, et lui demandent ce que signifie cet affreux tapage. H leur répond en souriant : « C'est quelque chose de très-nouveau, — le mouvement du balancier I «
Cependant, quand on l'eut instruit des dispositions hostiles des premiers personnages tragiques, du rire bruyant de l'auditoire, il prévit sur-le-champ ce qui l'attendait à la fin de l'acte. Il commença donc à se défendre ; mais, comme dans le feu delà discussion, il n'avait pas quitté la baguette de fer, et que, sans s'en apercevoir, il frappait toujours plus vite sur l'une et sur l'autre planche, le scandale fui bientôt à son eiomble.
Le rire ayant aussi gagné ceux qui étaient venus lui adresser des reproches, il nous cita enfin comme ses autorités; et dans ce mot il entra tellement en fureur qu'il tambourina encore plus vite.
Les rires devinrent plus forts , l'Esprit quitta la scène, et celui qui devait, sous le théâtre, représenter le vieux chercheur detrésors, jura d'une manière si terrestre, que le balancier, celui qui le mettait eu mouvement, et ceux qui en avaient donné l'idée , prirent simultanément la fuite.
A la fin de l'acte, Hamlet se mit en colère contre l'Esprit, qui avait toussé, oe qui était aussi répréhensible (|ue le sbalancier du régisseur. Eckhof, qui avait joué ce rôle, lui répondit qu'un Ésdrit qui peut parler peut bien aussi tousser. (Iffland, Mémoires.)
Misère des .gfciis de lettres.
— Le Tasse se trouva réduit à un tel état de dénûment qu'il emprunta un [letit écu pour vivre une semaine. H alla tout couvert de haillons depuis Ferrare jusipi'à Sorrente, pour y visiter sa sœur. Ce poêle fait allusion à sa pauvreté dans tm joli sonnet qu'il adresse à sa chatte en la priant de lui prêter l'éclat de ses yeux, n'ayant point de chandelle pour écrire ses vers.
— Le Caraoëns avait pour tout revenu une pension de vingt écus, que lui faisait le roi Sébastien , à la cour duquel il était oiiligé de paraître tous les jours. Le soir, il envoyait un esclave mendier déporte eu porte.
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