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l'air d'un canari? — Ridicule , ma chère amie! dis donc l'avissante. Ta toilette est du meilleur goût ; elle va admirablement à ton visage , à tes beaux cheveux noirs, à tes yeux étincelants ; le jaune est favorable aux brunes. Parais ainsi, jamais tu n'auias été plus jolie. — C'est pour m'engagera jouer que tu me parles delà sorte. — Sur mon honneur, je réponds du succès de ta toilette. Elle est neuve : elle a de l'originalité. Ce n'est pas d'un canari que tu auras l'air, mais d'une topaze ; n'es-tu pas le diamant de la Comédie Française? »
M"^ Mars , décidée par l'opinion de Talma, entre sur la scène, non sans inquiétude. Un murmure flatteur accueille sa présence, toutes les lorgnettes des dames se dirigent sur elle; de nombreux applaudissements retentissent, et l'on entend circuler paitout ces mots : u Quelle délicieuse toilette! »
Le lendemain, tout Paris parlait de la robe jaune deM'"" Mars. Huit jours à peine écoulés, pas un salon qui n'en offrît de pareilles. Les couturières ne pouvaientsuffire.
Lorsque M"^ Mars , quelques années après, retourna à Lyon, le fabricant dont elle avait fait effectivement la fortune lui donna une fête spleiidide à la jolie maison de campagne quil avait achetée sur les bords de la Saône, du produit de son velours épingle , dont le débit avait été prodigieux.
(Audibert, Indiscré lions.)
Modestie.
A son retour de Sicile, Platon passa par Olympie pour voir les jeux ; il se trouva logé avec des étrangers de considération, auxquels il cela son nom. 11 retourna avec eux à Athènes, et les reçut chez lui. Ils le prièrent de les conduire chez Platon : «Vous le voyez, » réponditil en se montrant.
( Fojage d'Anténor. )
Gassendi se conduisit de même en pareille circonstance. U avait fait le voyagede Paris à Grenoble avec un homme d'esprit, sans se nommer. Lorsqu'ils fuient arrivés, cet homme le quitta pour aller dans la ville. 11 rencontra un de ses amis, qui lui dit qu'il allait visiter le célèbre Gassendi, arrivé depuis peu. Le Parisien
s'écria qu'il serait ravi de connaître un si grand homme, et qu'il voulait le suivie. U fut bien étonné de trouver Gassendi dans son compagnon de voyage.
Le maréchal de Lesdiguière» n'était , après la victoire la plus signalée, ni moins affable, ni moins modeste qu'auparavant ; ce qui fit que le brave Labuisse, admirai, t une modération si rare , lui dit après la bataille qu'il gagna près d'Avalon sur le duc de Savoie : » Quel homme ètes-vous, monsieur? vous venez de faire une des plus belles actions, et vous n'avez pas un antre visage qu'hier! — Mon ami, répondit Lesdiguières, il faut louer Dieu de tout, et continuer à bien faire. »
( Hist. de Lesdiguières. )
lloflestie de courtisan.
Un jour que Louis XIV se promenait dans les jardins de Versailles entre Mai sard et Le Nôtre : « Il faut en convenii, leur dit-il en regardant la façade du ch;'teau et la disposition du parterre, on ne saurait mieux réussir que vous avez fait l'un et l'autre. Tout cela estadmirable. » Mansard, naturellement lier, et ébloui de sa faveur, goûtait toute la douceur d'une pareille approbation, lorsque Le Nôtre répondit : « Il y a , Sire , quelque chose de plus rare encore. — Quelque chose de plus rare? dit le roi surpris. — Oui, Sire ; et c'est de voir le plus grand roi du monde s'entretenir, avec tant de bonté, avec son maçon et son jardinier. »
( Mémoires anecdotiques. )
Slonomauie du yoI.
Lavater parle d'un médecin qui ne sortait pas de chez ses malades sans leur avoir dérobé quelque chose. Le larcin fait, il n'y pensait plus. Le soir, sa femme visitait ses poches et en tirait des clefs , des ciseaux, des dés à coudre, couteaux, cuillers , boucles, étuis, qu'elle rendait aux propriétaires.
A Vienne un employé du gouvernement avait la spécialité de voler des ustensiles de ménage ; il ne les vendait point, ne s'en servait pas et en avait rempli deux chambres louées à cet effet.
Marc rapporte avoir connu un médecin instruit dont la manie était de voler des