‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 43 sur 180 · MO H · texte numérisé non relu

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que je ne vous en laiiseiai pas manquer. — Non, ce u'est point cela du tout. C'est quelque chose où ma présence est absolument nécessaire. »

Tout en parlant, M. de Saint-André marchait loujours du côté de la porte. Il se trouva dans l'antichambre, où le beaupère l'avait suivi. « Maintenant que nous sommes seuls, continua M. de Saint-André, et que ces dames ne peuvent nous entendre », je vous dirai que ce matin, fort peu de temps après être arrivé, il m'est survenu unaccident. J'ai été attaqué d'une colique dont je suis mort. J'ai donné parole pour être enterré à six heures : voiis sentez que je ne puis me dispenser du rendez-vous ; et que n'étant point connu dans ce pays, où je débute, si je manquais d'exactitude ce serait me donner un vernis de légèreté qui pourrait me faire du tort. »

Ou se représentera facilement l'étonnement avec lequel le beau-père écoutait M. de Saint-André. L'idée parut tellement extravagante, qu'il rentra dans la chambre eu riant si fort qu'il eut beaucoup de peine à apprendre à sa femme et à sa petite fille ce qui lui paraissait si plaisant. Tout en s'entretenant de cette plaisanterie, six heures sonnèrent, même sept; ou commença à s'étonner de ne point voir revenir le jeune homme. A sept heures et dvmie passées, le beau-père s'impatientant , envoya à l'hôtel savoir ce qu'il était devenu. Ledomesliquechargéde la commission l'ayant demandé sous son véritable nom, les gens de l'hôtel lui dirent qu'il était arrivé à neuf heures du matin, qu'il était mort sur les onze, et qu'on l'avait enterré à six du soir. 11 serait difficile de rendre la surprise où cette réponse jeta le beau-père, sa femme et leur fille. L'histoire finit là, et n'apprend point si cette famille fit d'autres perquisitions et à quoi elles aboutirent (l). (Baron de Bezi-nval , Mémoires.)

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