‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 45 sur 180 · MOY · texte numérisé non relu

MOY

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Arvors, l'aiileur des Deux maîtresses, gisait, dévoré de la maladie qui le mil au lomheau, quand un auteur, aujourd'hui en pleine floraison, et qui gagne trente mille francs chaque année, vint le voir pour lui redemander un manuscrit commencé.-En sortant, cet homme de lettres si productif dit au moribond : » Je ne sais si je retrouverai votre escalier, car il fait bien sombre dans votre colidor. »

Arvers, indigné, s'élance de son lit fiévreux, et crie en ouvrant sa porte : « On dit corridor.'. . « puis, va se recoucher avec autant d'émotion qu'en aurait eu Dinnarsais en pareille circonstance. L'infoiluné Arvers ne se releva plus; cette faute de français l'avait tué.

(A. de Rochefort, Mémoires d'un l'uudevillistc,)

Ou demandait à Henri Murger, pendant sa dernière maladie, comment il se trouvait : « Ah I mon ami, répondit-il, faisant des mots jusqu'au bout, je suis si faible qu'une mouche pourrait sans danger m'envoyer ses témoins. »

llou ran t ( Mathématicien) .

Le mathématicien Bossul était à l'agonie quand son ami Manpertuis vint le voir : « 11 est perdu, lui dit-on, il ne parle plus. — Attendez, dit Manpertuis, je vais bien le faire parler. » Et s'approchant du moribond, il lui cria à l'oreille : — « Bossut, le carré de 12.' — 144, » répondit le mathématicien, en se ranimant; et après cet effort suprême, il mourut

Sloycii d'accoinnioileineiif .

eux malades se trouvaient à Paris dans le même hotei. L'un, janséniste, demandait au curé la communion : ne pouvant l'obtenir, il menaçait de s'adresser au magistrat. L'autre, calviniste, refusait la communion, et rejionssait le curé, qui le menaçait des galères, s'il en revenait, ou de le faire traîner sur la claye, s'il en mourait. Le maître de l'hôtel, alarmé de ces scènes fâcheuses, changea secrètement les deux malades de lit, sans que le curé put s'en douter, et tout le trouble fut appaisé.

{Espr. des jauni. 17 89.)

Iloyeii «l'inquisition.

Furent prises pour le roi (Louis XI), en la ville de Paris, toutes les pies, geais et chouettes étant en cages ou autrement, et étant privées, pour toutes les porter devers le roi ; et était écrit et enregistré le lieu où avaient été pris lesdits oiseaux, et aussi tout ce (pi'ils savaient dire,

comme : Larron, paillard, fils de p ,

etc.

(Jean de Troyes, Livre des faits ad^ i";nus au temps de Louis XI,^

Moyens de persuasion.

Un jour que j'étais concentré dans mes réflexions, on m'annonce un étranger qui voulait me parler. Je vois un homme de près de six pieds, gros et gras à proportion, ayant une canne à la main, et un chapeau rond à l'anglaise.

11 entre à pas comptés dans mon cabinet ; je me lève; il fait une gesticulation pittoresque, pour me dire de ne pas me gêner; il s'avance, je le fais asseoir; voici notre conversation : « Monsieur, dit-il, je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous; mais vous devez connaître mon père et mon oncle à Venise. Je suis votre très-humble serviteur, Darbes. — Comment, monsieur Darbes, le fils du directeur de la poste de Frioul, cet enfant qu'on croyait perdu, qu'on a tant cherché, qu'on a tant regretté.' — Oui, monsieur. — Quel est votre état, monsieur? »

Il se lève, il frappe de sa main la rotondité de son ventre, et d'un ton mêlé de fierté et de plaisanterie : « Monsieur, dit-il, je suis comédien, le Pantalon de la troupe qui est actuellement à Livournn ; je ne cuis pas le dernier de mes camides, et le public ne se refuse pas de courir en foule aux pièces de mon emploi. Medebac, notre directeur, a fait cent lieues pour me déterrer. « Je veux lui faire mon compliment; il se range dans une posture comique qui me fait rire et m'empêche de continuer : « Ce n'est pas par gloriole, reprend-il, que je vous ai étalé les avantages dont je jouis dans mon état; mais je suis comédien, je m'annonce à im auteur, j'ai besoin de lui... — Vous avez besoin de moi.' — Oui, monsieur, je viens vous demander une comédie; j'ai promis à mes camarades une comédie de Goldoni ; je veux tenir parole à mci

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