‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 5 sur 180 · JUR · texte numérisé non relu

JUR

(lisait un jour : « Ou appelle les pajies Votre Sainteté, les rois Voire Majesté, les princes Votre Gracieuseté; pour vous, Madame, on devrait vous appeler Yotie Solidité. ))

(Esj>r. (les Jour., 17.S7.)

•f ii^S^ement sommaire.

Du Périer et Santeul parièrent un jour à qui ferait la meilleure pièce de vers latins, sur lui sujet donné. Ils allèrent d'abord trouver Ménage, aucpiel ils proposèient de remettre l'argent qui devait être le prix du vainqueur, et le jugement des deux pièces. Ménage, s'excusant sur son incapacité, les renvoya au père Rapin. Les deux rivaux se rendent aussitôt chez leur nouvel arbitre, qui venait de sortir pour aller dire sa messe. Ils le font demander à la porte de l'église, pour une affaire d'importance. Rapin arrive. Ils lui font part du sujet de leur visite, lui remettent l'argent et les deux ]iicces de vers ; Rapin déclare l'une et l'autre |)ièce également mauvaises, et lentiant dans l'église jette l'argent dans le tronc des pauvres (1).

[Improvisât, franc.)

•fuifs.

Eu Espagne, lui juif voulait vendre à Alphonse, roi d'Aragon, une image de saint Jean, pour la somme de cinq cents ducats : « Tu n'y songes pas, lui dit Alphonse ; tu es bien plus intéressé que tes ancêtres : ils n'ont vendu que trente deniers la personne du fils de Dieu, le l'oi des .Tuifs, et toi, tu veux vendre cin([ cents ducats l'image seule de son serviteur. »

[Anecdotes des Beaux-Arts.)

•f umeaux*

Les comtes de Ligneville et d'Autricourt, fières jumeaux , avaient une ressemblance extraordinaire. Quelquefois ils s'habillaient l'un comme l'antre, et leurs domestiques s'y méprenaient ; le son de 'leur voix était absolument de même.

Étant tous deux capitaines de cavalerie, l'iMi se plaçait à la tète de l'escadron de l'autre, sans que les officiers ni les soldats se doutasiont de cet échange. Un

(i) Voir Critique sommaire.

jour M. de Ligneville fit appeler un barbier; après s'être fait raser un côté de la figure, il passe dans une chambre voisine; M. d'Autricourt y était; il met la robe de chambre de son frère, s'attache la serviette au con, et vient s'asseoira la place de M. de Ligneville. Le barbier se met en devoir de raser l'autre côté. Quelle tst sa surprise de voir qu'en un instant la barbe est revenue. Sa frayeur est telle qu'il s'évanouit. Tandis qu'on le faisait revenir à lui, M. d'Autricoiu't sortit, et M. de Ligneville, à demi lasé, reprit sa place : nouvelle surprise du barbier. H cioyait avoir rêvé. Il ne fut convaincu de la vérité qu'en voyant les deux.frèies ensemble. Ils furent toujours malades en même temps; si l'un recevait une blessure, l'autre en ressentait la douleur.

Souvent ils faisaient les mêmes songes.

Le jour que le comte d'Autricourt fut attaqué en France de la fièvre continue dont il mourut , le comte de Ligneville ressentit en Bavière les accès de la même fièvre.

(Journal pour tous.)

•Iiiremciits nécessaires.

Un président scrupuleux avait ordonné à son cocher de ne plus jurer. Les chevaux cependant étant une fois entrés dans un bourbier, ne faisaient nul effort pour en sortir, parce qu'accoutumés aux jurements du cocher, ils ne lui entendaient plus parier le même langage. « Ma foi , monsieur, dit le cocher, si je ne jure, nous coucherons ici. » Le maître, cédant à la nécessité, lui permit de jurer. Ce que le cocher ayant fait, les chevaux dans le moment tirèrent le carrosse hors du bourbier.

(3Ienag-lana,)

•Iiireiirs incorrig^ibles*

Louis XIV, qui aimait Dufresny et l'avait comblé de bienfaits, sans pouvoir l'enrichir, parce qu'il ne cessait de jouer et de perdre, lui défendit, sous peine d'avoir la langue percée d'un fer rouge, de blasphémer au jeu comme il en avait l'habitude. Dufresny promit au monarque irrité, d'être plus circonspect à l'avcnii-. Cependant, après les plus fortes résolulions, il retourne jouer ; il perd, et la tentation le reprend de se soulagerj

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