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l'exéculeiir ne se trouva point. Le juge, bien empêché, à cause que la sentence lui avait été prononcée, ne pouvant remettre l'affaire au lendemain , s'avisa de faire sonner les cloches de la paroisse , pour faire assembler tous les habitants du village, où se trouvèrent plus de deux cents paysans, <pii ne savaient le pourquoi. Le juge parut, assisté de ses officiers , où, à haute voix, fit entendre qu'il y avaitdans la prison lui homme condamné à mort, mais que l'exécuteur ne se trouvait point; et s'il y avait quelqu'un en la com])agnie qui voulut faire l'exécution, on lui donnerait un écu et la dépouille du patient. Il arriva qu'un bon compagnon, passant par là, qui n'était point du village, s'offrit à faire cette exécution, ce qu'il fit, après avoir reçu ce qui lui avait été promis.
Quelque tet^s après, ce paysan, passant par le même village, s'avisa de sonner les cloches, afin de faire venir l}eaucoup de monde à la place publique , lequel assemblé en grand nombre, dit tout haut : u Messieurs, il y a quelque temps que je passais par ici ; on me donna un écu pour pendre un homme : s'il y a quelqu'un en la compagnie qui désire se faire pendre, je le pendrai pour trente sols, et je rendrai la dépouille. >>
{ Le Bouffon de la cour. )
Offre inconsidérée.
M. de Vaudreuil se plaignait à C.de son peu de confiance en ses amis. » Vous n'êtes point riche , lui disait-il , et vous oubliez notre amitié. — Je vous promets , répondit C..., de vous emprunter vingtcinq louis quand vous aurez payé vos dettes. «
(Chamfort.)
Opinions politiques.
« Quelles sont vos opinions politiques?
demandait-on à Méry. — Mon Dieu ! rédondit-il, cela dépend de l'homme avec lequel je cause. »
{Figaro.)
Optimiste.
Un prédicateur prouvait en chaire que tout ce que Dieu a fait est bienfait: «Voilà, disait en lui-même un bossu qui l'écoutait attentivement, une chose bien difficile à
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croire. « Il attend le prédicateur à la porte de l'église et lui dit: « Monsieur, vous avez prêché que Dieu avait bien fait toutes choses; voyez comme je suis bâti. — Mon ami, lui répondit le prédicateur en le regardant , il ne vous manque rien : vous êtes bien fait pour un bossu. »
( Panckoucke.
Optique.
Alcamène et Phidias furent chargés de faire chacun une statue de Minerve, afin que l'on pût choisir lapins belle des deux pour la placer au regard du public , sur une colonne fort haute, et en un lieu trèsapparent. La Minerve d'Alcamène , vue de près, parut admirable; elle eut tons les suffrages. Celle de Phidias, au contraire, fut trouvée hideuse. Une grande bouche ouverte ; des narines qui semblaient se ictiier; je ne sais quoi derude et de grossier dans le visage; on se moqua de Phidias et de sa statue : «■ Placez ces statues, dit l'artiste, à l'endroit où elles doivent être l'une et l'autre. » Alors la Minerve d'Alcamène ne parutplus rien, au lieu que celle de Phidias frappait par un air de grandenr et de majesté , qu'on ne pouvait se lasser d'admirer. On rendit à Phidias l'admiration que son rival avait surprise, et le pauvre Alcamène se retira honteux et confus, non qn'Alcamène ne fût un sculpteur très-habile, mais il ignorait les règles de l'optique.
{Mém. deCAcad.des Bell.leit.)
Le chapitre de l'église collégiale de Courtrai avait chargé le peintre Van-Dick de faire un tableau pour le grand autel de leur église. Van-Dick le fit à Anvers, où il était , et quand le tableau fut fini, il partit lui-même pour le placer. A son arrivée, les chanoines accoururent pour le voir. Le peintre les pria d'attendre qu'il fût en place, parce qu'il ne serait possible d'en juger que lorsqu'il serait mis dans son vrai point de vue. On ne se rendit pointa toutes ces raisons : le tableau fut déroulé, et Van-Dick ne fut pas peu surpris de voir le chapitre entier regarder lui et son ouvrage avec mépris. On le traitade misérable barbouilleur. Onluidit que le Christ avait l'air d'un portefaix ; que les autres figures ressemblaient à des mas(|ues, et tous ensemble lui tournèrent
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le dos. Un des spectateurs lui conseilla d'em|iorter sa toile , en lui observant qu'elle pourrait servir à faire des paraveuts. Van-Dick ne se rebuta point. 11 plaça son tableau, et le lendemain il alla, de porte en porte, prier ces messieurs de revenir. On ne daigna pas seulement lécouter, et il n'eut d'iux que de nouvelles injures. Quelques connaisseurs , passant par Cour trai, \ireiit ce tableau avec admiration, et le publièrent par toute la ville. Bientôt on vint en foule pour le considérer ; les chanoines ne pouvant refuser une espèce de réparation , convoquèrent un chapitre extiaoïdinaire , dans lequel il fut arrêté que le tableau serait trouvé beau, et pour constater le mérite de l'auteur, on ajouta qu'il fallait lui commander deux autres tableaux pour différents autels. Van Dick leur répondit qu'il avait pris la résolution de ne peindre désormais que pour des hommes , et non pour des ânes.
( Improvisateur français. )
Opulence.
Les comédiens, dit-on, prièrent un jour LucuUus de leur prêter cent manteaux à la grecque. « Oùtrouver toutcela .' dit-il. Je verrai cependant, et donnerai ce que j'aurai. Ji Bientôt il écrit qu'il en a cinq mi lie, qu'on peut en venir prendre une partie , ou le tout, si l'on veut.
(Horace, Épi'lres.)