‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 62 sur 180 · PAN · texte numérisé non relu

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1721. Quelques mesures que prît Dubois pour cacher ses machines àRonie,Torcy vit tant de choses par le secret de la poste, qu'il crut devoir avertir M. le duc d'Orléans de ses menées. Il lui dit donc, avec sa mesure accoutumée, que, si cet ajjhé y travaillait pour son chapeau de l'aveu de Sou Altesse royale , il n'avait rien à dire; mais que, dans rinccrtilude , il avait cru de son devoir de l'avertir de ce qu'il en voyait. M. le duc d'Orléans se mit à rire. « Cardinal! répondit-il, ce petit faquin ! vous vous moquez de moi; il n'oserait y avoir jamais songé. î) Et sur ce que Torcy insista et montra les preuves, le régent se mit en colère, et dit que, si ce petit impudent se mettait cette folie dans la tète, il le ferait mettre dans un cul de hasse-fosse. Ce même propos fut répété à Torcy deux ou trois fois, c'est-à-dire toutes celles que Torcy lui rendait un nouveau compte de ce qu'il trouvait dans les lettres étrangères sur la continuation de l'intrigue pour ce chapeau. Enfin, la dernière fois, qui lut proche du temps que ce chapeau fut obtenu, Torcy reçu* -îa même réponse avec la même colère; mais, le lendemain précis de cette réponse, Torcy étant allé au Palais-Royal, M. le duc d'Orléans l'appela, le tira dans un coin et lui dit : « A propos, monsieur, il faut écrire de ma part à Rome pour le chapeau de M. de Cambrai; voyez à cela, il n'y a pas de temps à perdre. » Torcy demeiira sans parole comme une statue, et le régent le quitta des qu'il lui eut donné cet ordre, avec le même sang-froid que s'il ne se fût pas emjjorté là-dessus avec Torcy, la veille, et qu'il eut toujours été question entre lui et Torcy de favoriser l'abbé Dubois à Rome (1).

(Saint-Simon, Mémoires. )

[}) \ oir Prélaturs enlevée d'assaut.

«ICT. I>'A>iECDOTi:S. — J .

On connaît l'histoire de cet homme (pii commença par louer avec transport une actrice qu'il venait d'entendre; il aperçut un sourire sur les lèvres des assistants, il modifia son éloge; l'opiniâtre sourire ne cessa point , et la crainte de la moquerie Gnit par lui faire dire : « Ma foi ! la pauvre diablesse a fait ce qu'elle a pu. »

(Mme de Staèl,/)e l' Allemagne.)

« Vous aviez autrefois des principes démocratiques, disait- on à Alfieri; pourquoi les avez-vous abjurés? — J'avais vu les grands, répondit-il, je n'avais pas encore vu les i)etits.

{rie cr Al fie ri.)

J'avais mené un soir la célèbre M'"** Lebrun, peintre, à l'hôtel de Télusson, où nous causions gaiement en petit comité, lorsque la porte s'ouvrit à deux nattants pour une femme de la i)lus riche taille et de la beauté la plus éclatante, qui entra sans se faire annoncer : « 0 Dieu! fil notre artiste émerveillée, quelle belle personne! Savez-vous son nom? — La duchesse de Bassano. — Fi! l'horreur! »

La femme artiste était bourbonuienne; la grande dame bonapartiste; vous comprenez (1).

(Charles Brifaut, Passe-temps d'iui celas.)

Paiitalouiiade.

M. de Santeuil étant à la table de M. le prince, madame la duchesse lui donna un soufQet parce qu'il n'avait pas encore fait de vers à sa louange; quoique ce ne fût qu'en riant, Santeuil eu parut fâché. Un moment après, madame la duchesse s'étant fait apporter un verre plein d'eau, elle lui flaqua au travers du visage, pour laver, disait-elle, l'affront qu'elle lui avait fait. Santeuil, qui jusqu'alors n'avait de honte osé ouvrir la bouche, dit alors qu'il était bien juste que la pluie vînt après le tonnerre (2).

{Du/is mots (le M. de Saiiteuil.\

(i) Voir Elourderie réparée, (2) C'est à peu près le mot de Socrule. (Voir l'utiaice conjugale.)

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