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Voilure était fier et vaillant. 11 se battit quatre fois en duel, comme nn vrai spadassin : ce n'était donc pas un homme à s'effrayer d'une menace. Un jour, cependant, un gentilhomme lève sa cannesur lui : s'il eût levé l'épée, peut-être l'épistolier eùt-il répondu en tirant la sienne ; mais, devant le bâton, il reconnut l'arme habituellement employée contre les gens de lettres du temps; et rappelé, par cet avis expressif, aux sentiments essentiels de sa profession, il répondit en courbant la tèlo, comme eût pu faire Montmaur on Rangouze : « Monseigneur, la partie n'est pas égale : vous êtes grand, et je suis petit, vous êtes brave, et je suis poltron ; vous voulez me tuer, eh bien, je me tiens pour mort. » Cette pantalonnade le sauva du péril.
(V. Fournel, Du rôle des coups de bdtoit.)
Le poète Roy, par son orgueil et l'à- ]>reté de son caractère, s'attira plus d'une fâcheuse aubaine. Un soir, vers 1730, il fut rencontré, dans un endroit propice, par Monlcrif, auteur d'une Histoire des chats, contre laquelle il avait dirigé une sanglante épigramme. C'était peu de temps après avoir été battu à plates coutures par un cocher; aussi le malheureux poète, le corps moulu de sa dernière aventure et en flairant une nouvelle, tàcha-t-il de s'esquiver doucement. Ce fut en vain. Une minute après, Montcrif le pressait en un coin et le fustigeait de la belle manière, tandis que sa victime, faisant contre fortune bon cœur, essayait d'adoucir son exécuteur par un bon mot : « Patte de velours, Minon; je t'en prie, fais-moi patte de velours. "
Voltaire écrivit à M^e de Maurepas :
« Si jamais monsieur Turgot cesse d'être ministre, je me ferai moine de désespoir. » Lorsqu'il fut, en effet, disgracié, et remplacé par M. de Clugny, M"'e de Maurepas somma Voltaiiede tenir sa parole. « Rien n'est plus juste, madame, répondit-il; je me ferai moine de Clugny. » {Id).
Pantoufle {Effet d'une).
Une pantoufle étalée sur la boutique d'un cordonnier rendit Thévenard , célèbre acteur de l'Opéra, éperdùment amoureux, à l'âge de soixante ans, d'inie
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demoiselle qu'il n'avait jamais vue, qu'il découvrit et dont il fit sa femme.
[A nuée Hllcr.)
Pape belliqueux.
Le pape Jules II ayant ordonné à Michel-Ange de jeter en fonte sa statue, l'artiste lui dit : >< Vonlez-vons, saintpère, que je vous fasse tenir un livre à la main.^ — Non, dit Jules, mettez une épée;je sais mieux m'en servir. »
Paradis (Désir du).
Louis XVI m'apprit la mort de Madame Louise. « Ma tante Louise, me dit-il, votre ancienne maîtresse, vient de mourir à Saint-Denis; j'en reçois à l'instant la nouvelle. Sa piété, sa résignation ont été admirables; cependant le délire de ma bonne tante lui avait rappelé qu'elle était princesse, car ses dernières paroles ont été : Ju paradis, -vite, 'vite, au grand galop! » Sans doute qu'elle croyait encore donner des ordres à son écuyer.
( Madame Campan , Mémoires. )
Paradoxe {Amour du).
Un jésuite, confrère du Père Hardouin (1) et son ami , lui représentait un jonrque le public était fort choqué de tons ses paradoxes ; le Père Hardouin lui répondit brusquement : « Croyez-vous donc que je me serai levé toute ma vie à quatre heures du matin, pour ne dire ((ue ce que d'autres avaient dit avant moi? »
{Galerie de l'ancienne cour.)
Parasites.
Le poëte Philoxène, s'étant un jour embarqué pour Éphèse, ne fut pas plutôt arrivé qu'il se rendit à la poissonnerie. Comme il n'y trouvait rien, il en demanda la raison : « Tout, lui dit-on, a été enlevé pour une noce. » Sur-le-champ, il se baigne, va trouver le nouveau marié sans être prié ; et après le souper, il chanta l'épithalame qui commence ainsi :
Hymen! le jilus iKillant des dieux, clc.
Tout le monde fut enchanté, car il était excellent poëte dithyrambique. L'époux
(i) I.c même qui, dans une discussion amictle» disait .1 son conlradicleur : « Il n'y a que Dieu et moi qui sachions la force de rol>jeclion que VOUS venez de me faire, n
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lui dit : « Philoxène, vieiidrez-vous demain? — Oui, si l'ou ne vend' pas de poisson au marclié. » (Âthéuée.)
Phanias raconte que Philoxène de Cythère, poëte fort friand de bons morceaux, soiipant un jour chez Denys, tyran de Sicile, et ayant vu servir un gros barl)eau devant le piince, mais un fort petit devant lui, prit ce petit dans sa main et l'approcha de son oreille. Denys lui demanda pourquoi il faisait cela. « C'est, dit-il, qu'occupé de ma Galatée, je le questionne sur ce que je voudrais savoir à l'égard de Nérée ; mais il ne répond pas âmes demandes: on l'a sans doute pris tro[) jeune; ainsi il ne m'entend pas. Je suis persuadé que ce vieux, qu'où a servi devant vous, sait parfaitement ce que je voudrais connaître. » Denys rit de la plaisanterie, et lui Gt porter son poisson.