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de son atclici' sa toile i epréscntant le Martyre de saint liartliélemy. Les passants, saisis par l'imprévu de ce spectacle, s'attroupèrent, et, après quekpies moments de stupeur, poussèrent des cris d'admiration et d'épouvante. Ils se montraient l'un à l'autre le couteau que serre entre ses dents l'un des exécuteurs et le derme sanglant du supplicié. Lesclameuis de la foule arrivèrent jusqu'au vice-roi de Naples, don Pedro Giron, duc d'Ossuna, t[ui, voyant l'émeute du balcon de son palais et apprenant la cause de ce tumulte, envoya des sbires avec ordre de lui amener le peintre. Le duc voulut acheter le tableau, et nomma son compatriote peintre de la cour.
{Ici.)
Van-Dyck était élève de Rubens. Un jour que ce dernier était sorti pour jjrendie l'air, Van-Dyck et ses camarades s'approchent de deux tableaux que Rubens venait d'ébaucher. En se poussant mutuellement pour voir de plus près, l'un d'eux tombe sur les ébauches, et les eflace. Comment faire pour éviter les reproches du maître, à son retour? « 11 faut, dit l'un deux, que le plus habile d'entre nous tâche de réparer ce malheur: je donne ma voix à Van-Dyck. » Ses camarades applaudissent. Van-Dyck se met à l'œuvre, et imite le mieux qu'il peut le faire de Kubens. Au bout de trois heures, celui-ci revient, porte les yeux sur ce qu'il croit ses ébauches, et dit à ses élèves avec satisfaction : « Ce n'est pas là ce que j'ai fait de plus mauvais dans ma vie. »
[Jùregé de la rie des peintres.)
Van-Dyck alla exprès à Harlem, pour y voir Hais, qu'il eut beaucoup de peine à trouver chez lui, parce que Hais était presque toujours au cabaret. Enfin, ne pouvant le joindre, il prit le parti de lui faire dire que quelqu'un l'attendait pour se faire peindre. Dès que Hais fut arrivé dans sa maison, lieu du rendezvous, Van-Dyck lui dit qu'il était étranger, qu'il vo'.ilait son portrait, mais qu'il n'avait que deux heures à lui donner. Hais prit la première toile venue, et, après avoir peint pendant quelque temps, il pria Van -Dyck de se lever pourvoir ce qu'il avait fait. Le modèle parut fort content
de la copie, parla de choses indifférentes, et dit ensuite, sans affectation, que la peinture lui paraissait assez aisée, et qu'il avait envie d'essayer à l'instant ce qu'il serait capable de faire. Il prit alors une autre toile, et pria Hais de .se mettre à la j)lace qu'il venait de quitter. Hais voulut l)ieu laisser satisfaire l'étranger; mais quelle fut sa surprise, lorsque Van-Dyck l'eut prié de se lever à son tour et de voir l'ouvrage qu'il venait d'achever!
<i Vous êtes Van-Dyck », s'écria-t-il eu l'embrassant.
H s'éleva du temps du Giorgion une fameuse dispute à Venise entre les artistes, au sujet de la prééminence de la peinture et de la sculpture : le Giorgion entreprit de prouver que l'art du peintre pouvait montrer un objet dans toutes ses faces, aussi bien que le sculpteur. Pour cet effet, il représenta un homme tout nu, vu par derrière, et placé au bord d'une fontaine, qui, par réflexion, offrait le devant de la ligure, tandis qu'une cuirasse luisante découvrait l'un des côtés, et qu'un miroir réfléchissait l'autre. Ce tableau ingénieux méiita les suffrages de tous les artistes, mais ne termina point la dispute.
(Panckoucke.
La facilité de Goya était e.vtraordinaire. A l'époque de l'invasion française en Esjiagne, il se trouvait au Prado, entouré d'oisifs, qui semblaient attendre de lui quelque tour d'esprit. Il y avait de la boue sur la place ; Goya y plonge son mouchoir et en frappe une muraille voisine ; il recommence et va ainsi, pendant quelfjues minutes, de la muraille an ruisseau. La foule s'était amassée. Bientôt elle s'agite étonnée, émerveillée : elle avait sous les yeux un épisode admirablement rendu de la journée du 2 mai (soulèvement du peuple de Madrid contre les Français), |)eut-étre cette même scène que Goya fixa plus tard sur la toile.
(^Annuaire des artistes.)
Peintres {Facéties de).
Un amateur avait commandé à Lantara pour sa galerie un tai)leau dans lequel devait se trouver une église. Notre
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paysagiste, ne sachant pas dessiner les ligures, s'ttiit bien gardé d'en meltie. L'amateur, auquel il présenta son tal)leau après l'avoir terminé, fut émerveillé de la vérité du site, de la fraîcheur du coloris et de la simplicité de la touche, mais n'y voyant pas de figuies : « Monsieur Lanlava, dit-il, vous avez oublié les figures dans votre tableau. — Monsieur, répondit le peintre en montrant l'église, elles sont à la messe. — Eh bien, j'achèterai le tableau quand elles en sortiront, i- (Ch. Blanc, Hist. des peintres.)
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Le duc de Berry allait souvent visiter Carie Vernet dans son atelier, et il y passait des heures entières, s'amusant de sa conversation, riche d'anecdotes et de souvenirs. Il lui avait commandé un tableau de genre, dont le sujet donné était une chasse, dans laquelle le cerf ramena les chasseurs des hauteurs du Butar jusque dans la rue de Sèvres, où l'on sonna l'hallali dans la cour d'une laiterie. Le duc de Berry était impatient d'avoir son tableau, et il allait souvent stimuler le peintre. Pendant un voyage de Fontainebleau, Vernet s'était occupé de quelques autres travaux, en l'absence du prince, qui, à son retour, s'enipicssa de rendre visite à l'artiste. Dès que Vernet l'entendit monter quatre à quatre les marches de l'escalier, il remit bien vite le tableau sur le chevalet. Le duc de Berry fut fort élonné de le voir occupé à peindre une cheminée de la ferme, qu'il avait vue presque finie tn partant. Im- |)atienté, il dit en riant : x Mais, mon ciier Carie, voilà huit jours que vous êtes à la même cheminée ! « Vernet lui répondit sans se déconcerter : « C'est vrai, monseigneur; c'est qu'elle fumait, et j'ai été obligé de la raccommoder. »
(Âlissan de Chazet, Mémoires.)
Peintre iiig^cnieux.
« Monsieur le peintre, je désirerais avoir le portrait de ma femme fort ressemblant, — C'est chose facile. — Pas tant que vous croyez. Ma femme est muette de naissance. — La peinture a tr:nvé moyen d'indiquer cette infirmité; c'est même un des cas où elle prouve sa sipériorité sur la photograjihie. — Vous m étonnez! comment, voire portrait fera
comprendre que ma femme ne parle pas.'
— Parfailement. » — Un mois après le peintre achevait le portrait de la muette.
— Sur la bouche il avait dessiné une toile d'araignée.
Pèlerîiiag^es {Utilité des)
Le baron de la Houze, ayant rendu quelques services au pape Ganganelli, ce i)ape lui demanda s'il pouvait faire quelque chose qui lui fût agréable. Le baron de la Houze, rusé gascon, le pria de lui faire donner un corps saint. Le pape fut trèssurpris de cette demande de la part d'un Français. Il lui t"it donner ce qu'il demandait. Le baron, qui avait une petite terre dans les Pyrénées, d'un revenu très-mince, sans débouché pour les denrées, y fit porter son saint, le fit accréditer. Les chalands accoururent, les miracles arrivèrent, nu village d'auprès se peupla, les denrées augmentèrent de prix, et les revenus du baron Iriplerent.
(Chamfoit.)
Pères de famille
Un ami surprit Agésila?, roi de Sparte, allant à cheval sur un bâton avec ses enfants. 11 sourit, et se tournant vers celui qui l'avait vu eu cette posture : « Attendez, lui dit-il, pour en parler, que vous soyez père vous-même. »
(Plutarqiie, Vie d'Jgicsilas.)
On raconte le même trait de Henri IV.
Il marchait à quatre pattes, portant sur son dos son fils Louis XIII, encore enfant. Un ambassadeur espagnol entre tout à coup dans l'appartement, et le sur|)rend dans cette posture. Henii IV, sans se déranger, lui dit : <i Monsieur l'ambassadeur, avez-vous des enfants? — Oui, sire. — En ce cas je peux achever le tour de la la chambre (1). »
(Panckoucke.)
Un jour que Racine revenait de Versailles pour dîner avec sa famille, un écuyer de M. le Duc vint l'avertir que ce
(i) M. Ingres a fait «le cette anecdote un de ses tableaux de genre. La petite toile de Konington sur le même sujet s'est vendue 83,ooo francs à la vente des collections de San-Donato,
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prince l'attpndail à l'hôtel Je Coudé ^ : '■ Je n'aurai pas l'Iionneur d"y aller, réi)ondit-il. 11 y a plus de huit jours que je n'ai vu ma femme et mes entants; ils se font une fête de manger avec moi une treslielle carpe : je ne puis me dispenser de dîner avec eux. « L'ccujer lui représenta (jue M. le Duc serait mortifié de ce refus, parce qu'il avait chez lui une très-brillante compagnie. Racine fit alors apporter la carpe, qui était effectivement superbe : « Jugez vous-même, lui dit-il, si je puis me dispenser de dîner avec mes j)auvres enfants, qui ont voulu me régaler aujourd'hui, et qui n'auraient plus de plaisir s'ils mangeaient ce plat sans moi. Je vous prie de faire valoir cette raison auprès de Son Altesse Sérénissime. »
(Mémoires anecdotes.)
Père et fils.
Le prince de Ligne racontait quelipiefois des détails fort amusants sur son enfance et sa jeunesse, des anecdotes sui' son père, le plus hautain et le plus bizarre des hommes, et qui haïssait cordialement son fils. Quand celui-ci fut, à seize ans, nommé colonel du régiment de Ligne, il écrivit à son père la lettre suivante : « Monseigneur,
« J'ai l'honneur d'informer Votre Altesse, que je viens d'être nommé colonel de son régiment. Je suis avec un profond respect, etc. »
La réponse ne se fil pas attendre; la voici :
« Monsieur,
« Après le malheur de vous avoir pour fils, rien ne pouvait m'être plus sensible (pie le malheur de vous avoir pour colonel.
« Recevez, etc. »
(Collection Barrière, Introduct. aux Mémoires de Ségur.)
Père insouciant.
La Fontaine eut un fils, qu'il garda fort peu de temps auprès de lui. 11 le mit à l'âge de quatorze ans entre les mains de M. de Harlay, qui fut depuis premier Président, et lui recommanda son éducation et sa fortune. Se trouvant un jour dans une maison où était ce jeune homme, qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, il ne le reconnut point, et témoigna cepen-
dant à la compagnie qu'il lui trouvait de l'esprit et de l'amabilité. Quand ou lui eut dit que c'était son fils, il répondit fioidement : « Ah! j'en suis Lien aise ! » [Blé moires aneccl.)
Perfidie.;
M. Necker s'était retiré du ministère, outré d'une perfidie de M. de Maurepas. Voyant son crédit baisser à la cour, et craignant que cela ne nuisît à ses opérations en finances, il écrivit au roi pour le supplier de lui accorder une grâce qui pût manifester aux yeux du public qu'il n'avait pas perdu la confiance de son souverain. 11 terminait sa lettre en désignant cinq choses différentes, telle charge, ou telle marque d'honneur, ou telle décoration, et il la remit à M. de Maurepas. Les ou furent changés en et : le roi fut mécontent de l'ambition de M. Necker et de la confiance avec laquelle il osait la manifester (1).
(M'"*^ Cam])an, Mémoires.)
Perquisition fwroce.
Mahomet 11 (2) avait cultivé lui-même une planche de melons, que le soleil semblait avoir distingués en les mûrissant longtemps avant les autres. Le sultan les fit recommander au jardinier. Celui-ci y avait l'œil chaque jour, ce qui n'empêcha pas un page, qui aimait passionnément le melon, d'en cueillir quatre de ceux-ci, et de les manger. Le jardinier s'étant aperçu du larcin, conjectura que les pages, qui seuls avaient l'entrée du jai'din, pouvaient seuls aussi en être les auteurs. Il courut en informer le sultan, en lui observant qu'il n'y avait que fort peu de temps que le vol était fait. Mahomet, irrité de cette audace, ni amener à l'instant tous les pages devant lui, et ordonna au coupable de se nommer.
Personne ne se déclarant, l'impitoyable despote commanda d'ouvrir successivement le ventre de tons les pages, jusqu'à
(r) Ce tr.iit rappelle la discussion du Mariage de Figaro (lit, se. i5) ; « 11 y a et. — Il y a ou. «
(■>.) L'espion (urc désigne le sultan Amurat comme le liéros de cette tiistoire. On a attribué un trait analogue à Méliémet-Ali, qui aurait fait ouvrir le ventre d'un soldat pour vérifier s'il avait, malgré ses dénégations, bu le lait qu'une pauvre femme l'accusait de lui avoir pris.
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ce qu'on eût découvert le coupable. Ou trouva les melons à demi digérés dans le ventre du quatorzième.
{Improvisateur français.)
Perroquets.
La duchesse de *" donna l'autre jour une scène assez plaisante, ou du moins en fournit l'occasion. M"ela duchesse de lîourgogne entendit vanter les gentillesses du perroquet de cette dame, et souhaita de le \oir. On dépécha promptemeut un page pour l'aller chercher. 11 pleuvait, et il y avait loin à aller; tout cela rendit la commission fort désagréableau page. 11 fallut pourtant obéir. On couvrit la cage du |>erroquet, pour le garantir des injures de l'air, et le page, qui y était exposé, ne fit que jurer pendant tout le chemin. Le perroquet ne perdit pas un mot de ce beau discours, qu'il prit' pour une leçon, d'autant mieuxqu'il était couvert, et qu'on avait accoutumé de le couvrir pour lui faire apprendre ses rôles ; ainsi, comme il était fort docile, il ne manqua pas de les répéter, et dès qu'on l'eut posé dans la chambre de M"=e la duchesse de Bourgogne, et que tout le monde eut entouré la table sur laquelle il était, il s'écria. quand on eut oté le tapis qui était sur sa
cage : « Jarni des g qui sont cause
que je suis tout mouillé ! » et redit toutes les autres impertinences que le page s'était donné la liberté de dire en chemin , ])armi lesquelles il y avait quantité d'ordures. M"ie la duchesse te Bourgogne en fut scandalisée, et, se tournant vers ladu; chesse de *'* : « Est-ce ainsi, madame* lui dit-elle, que vous instruisez votre peiroquet? "L'autre protesta, toute déconcaftéc, que c'était une nouvelle leçon qu'on lui avait donnée; et on sut en'sn-*° (rue c'était le page qui avait été son précepteur. (Mme Dunoyer, Lettres). (1)
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L'abbé Terray avait sur son escalier un gros perroquet qui criait sans cesse : n Au voleur ! — Ah ! dit un plaignant, cet animal, on le voit bien, a l'habitude d'annoncer son maître. »
(Baronne d'Oberkirch, Mémoires.)
(i) Cet'; histoii
Une petite fille voulait caresser un perroquet. <i IS'y touchez pas , ma petite amie, lui dit quelqu'un, il vous pinceiait. — Pourquoi donc? — Paice qu'il ne vous connaît pas. — Eh bien ! dites-lui que je me nomme Aurélie. »
(Larcher, Diction/iaire d'anecdotes.)
Georges Cuvier possédait un perroquet doué d'une intelligence vraiment remarquable, et qui tenait avec les visiteurs de son illustre maître des conversations presque suivies. Installé sur un haut perchoir dans l'antichambre du grand naturaliste, à l'arrivée d'une personne il grattait gravement avec sa patte gauche sa grosse tète verte à favoris rouges, et demandait d'une voix nettement accentuée : Que veux -tu à mon maître !>
Suivant la' réponse qu'on lui faisait presque toujours pour abréger l'attente, il reprenait : Ne bavarde pas ! Georges n'a pas le temps! oahïeu : Va-t'en, -va-t'en, voleur de temps! Mais c'était à dîner qu'il déployait son intelligence : placé à côté de son maître, il lui prodiguait toutes sortes de tendresses, l'appelait des noms les plus affectueux, et tendait à chaque instant son gros bec pour obtenir quelque bon morceau.
Au dessert, on lui servait un peu de vin dans un verre, qu'il saisissait avec l'une de ses pattes et qu'il vidait à petites gorgées et en véritable amateur. D'ordinaire ce régal le mettait en gaieté, et, j'en ai bien peur, lui frappait quelque peu sur le cerveau, car il riait aux éclats, bavardait à tue-téte et souvent imitait de la façon la plus comique l'accent étranger des savants allemands ou anglais que Cuvier admettait à sa table. Celui-ci s'amusait beaucoup des fredaines de l'oiseau, qui ne laissait point i)arfois de déconcerter beaucoup ceux auxquels il s'adressait, et qui ne comprenaient guère qu'un homme de génie pût s'amuser de pareilles billevesées. J'ai vu, entre autres, M. de Humboldt sortir de tal)le presque scandalisé, et renfonçant plus que jamais sou menton solennel dans les plis de sa haute et immense cravate.
(S. H. Berthoud.)
Un lori que j'ai vu souvent en 1S39 appartenait à l'espèce connue sous le nom
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de perroquet tricolore et provenait des Moluques. 11 était magnifique de plumage et d'iuie grande vivacité, quoiqu'il ne fût pas de la première jeunesse. En effet, le capitaine Carraux, de la marine marchande, l'avait rapporté en 1759 de l'île de Tcrnate et donné à sa sœur Joséphine, Tnariée récemment à un avocat d'Arras.
Il lui avait fait ce cadeau le jour du baptême d'un enfant qui ne devint que trop célèl)re plus tard sous le nom de Maxiniilien Robespierre.
L'un des plus beaux de son espèce, la tète noire, rouge sur les flancs, bleu sous le ventre, ses ailes vertes avaient de splendides reflets violets, et il possédait une grande intelligence, développée d'ailleurs constamment par le petit Maximilien . Dès sou bas âge, il avait pris en affection l'enfant, et s'en était fait un compagnon inséparable. Le bambin ne marchait pas encore, que l'oiseau, fort peu bienveillant pour les autres personnes de la maison , se tenait constamment perché sur le berceau de son petit ami , promenait affectueusement son gros bec d'un beau jaune d'or sur les lèvres du baby et se laissait complaisamment manier par lui.
Devenu plusàgé et forcé de commencer ses études, Maximilien dut se séparer de Jacquot, car on avait donné ce nom vulgaire au beau perroquet ; mais chaque fois que les vacances ramenaient le jeune garçon du collège Louis-le-Grand à Arras, l'amitié de celui-ci et de Jacquot se renouait de plus belle. Plus tard, après avoir été lauréat de l'Académie de Metz, président de l'Académie d'Arras et appelé au Tiers-État, il amena avec lui à Paris Jacquot, qui dès lors ne le quitta plus jusqu'au 8 thermidor, jour où Robespierre sortit, pour n'y plus rentrer, de la maison du menuisier Duplay.
Lorsque je vis ce perroquet, il habitait Fontenay-aux-Roses et appartenait à M'"* Le Bas, veuve du conventionnel qui se brûla la ceivelle à l'hôtel de ville dans la nuit du 9 thermidor, et mère de M. Le Bas, savant helléniste, mort, il y a quelques années, membre de l'Institut.
Chatpie fois qu'on prononçait devant Jac(piot le nom de Robespierre, il criait d'une voix glapissante : Chapeau bas!
chapeau bas! Five la République! hérissait toutes ses plumes et battait des ailes connue un énergumène. Après quoi, il eutonuait la Marsei llaise, dont il gras-
seyait tous les couplets avec uu accent nazillard des plus bouffons.
Après la mort de son mari et de Robespierre, M""» Le Bas avait o!)tenu de la famille Duplay le perroquet Jacquot, et ne consentit jamais à s'en séparer. Elle aimait à me raconter que, pendant une visite domiciliaire faite chez elle, peu de temps après le 9 thermidor, chaque fois que les agents de la police prononçaient le nom de Robespierre, l'oiseau se mettait à crier chapeau bas ! et que le magistrat qui présidait à la perquisition, impatienté de ce cri , répété à chaque minute, finit par ordonner de tordre le cou au bavard révolutionnaire.
M""^ Lcbas, dont pourtant la vie ou du moins la liberté s'agitait en ce moment, s'élança sur l'oiseau, le saisit et le lança au dehors par la fenêtre. Le pauvre animal s'envola de son mieux, erra pendant toute la journée et toute la nuit sur les toits, et le lendemain matin revint se |)ercher sur la fenêtre de sa nouvelle maîtresse, en frappant à coups de bec contre les vitres. (^^0
Perruques.
Le czar Pierre, dans son second voyage de Hollande, en 1716, passa par Dantzick; il s'y trouva un dimanche, placé dans l'église, à côté du bourgmestre : le service était long; on était eu hiver. Le prince était chauve, et avait froid à la tète; il imagina de prendre, sur la tète de son voisin, la grande perruque qui la cjpuvrait, et de la mettre sur la sienne. Le service fini, il rendit au bourgmestre sa perruque, et le salua très-poliment.
[Aiiccd. orig. de Pierre le Grand.)
Nous nous présentâmes chez Gottsched, et nous fîmes annoncer. Le domestique nous dit que son maître allait venir, et nous introduisit dans une grande chambre. Peut-être ne comprîmes-nous pas un signe qu'il nous fit. Nous crûmes qu'il nous indiquait une chambre voisine , où nous entrâmes pour y être témoins d'une scène bizarre ; car au moment même parut Gottsched, à la porte qui nous faisait face. Sa corpulence était gigantesque. Il avait une robe de chambre à fond damassé, doublée de taffetas rouge. Sa tête monstrueuse et chauve, était découvcilc