‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 67 sur 180 · PIII · texte numérisé non relu

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que c'était une image naïve des disputes des philosoplies.

{Remède contre l'ennui.)

Philosophes cyniques.

Aristippe disait de Lais : « Je la possédais sans cpi'elle me possédât. » Ou lui dit uu jour que cette courtisane, avec. qui il vivait, ne l'aimait pas. « .Te ne pense pas, répondit-il, que les poissons m'aimeut ; cependant j'en mange avec beaucoup de plaisir. » Un ami vint l'avertir en secret qu'elle lui faisait de fréquentes infidélités. « Si je la paye, ditil , ce n'est pas pour que d'autres n'en jouissent pas , c'est pour en jouir moimême. » Diogène lui reprochant de vivre avec une fille publique , il répondit : « Trouvez-vous absurde que j'habite une maison qui a logé plusieurs locataires? »

Il n'est pas plus ardent pour l'amitié, qui, selon lui, est un mot insignifiant. « Les fous et les sots , dit-il, la recherchent par des vues d'intérêt ; et les sages se contentent d'eux-mêmes sans se soucier des autres. « 11 traite aussi légèrement l'amour de la patrie. « C'est u

conséquence, une

absurdité, selon lui, de

risquer son repos et sa vie pour un amas d'ignorants et d'insensés. « Je suis étranger paitout , >> dit-il souvent, et Socraie disait : « Je suis citoyen de l'univers. « ( Foyage d'Jnténor.)

Hypparchia, séduite par l'éloquence et les sophismes de Cratès, prit la résolution de l'épouser, le préférant aux plus brillants partis d'Athènes. Ses parents lui représentèrent l'indignité, la bassesse de son choix. Elle répondit qu'elle ne pouvait trouver un mari plus beau, ni plus riche , et qu'elle se poignarderait si on le lui refusait. Les parents , désespérés, recoururent à Cratès lui-même, qui promit de faire ses efforts pour la dissuader et la dégoûter de lui. Il se présenta nu devant elle. « Voilà, lui dit-il, eu étalant sa bosse et sa laide figure, le magot que vous convoitez. » Lui montrant ensuite son bâton et sa besace : « Voici toutes mes richesses. Songez-y bien , si vous voulez devenir ma femme , il faut vous résoudre à partager ma misère , et à mener la vie de la secte cynique. » Hypparchia, pour toute réponse, l'embrassa.

en l'appelant son époux. Le mariage se fit, et fut consommé publiquement sous le Portique. Elle se revêtit de haillons; et depuis elle s'abandonne au plus dégoûtant cynisme.

Cependant Cratès a du mérite et de la jihilosophie. Pour se li\rer entièrement à l'étude, les uns disent qu'il a jeté son argent dans la mer, en s't criant : Je suis lihi-e (1) ! d'autres, qu'il a déposé chez uu banquier, avec ordre de le remettre à ses enfants , s'ils sont ignorants et sans esprit , et de le donner au public s'ils étaient philosophes , parce qu'alors ils n'auraient plus besoin de fortune. On lui demandait un jour à quoi servait la philosophie : « A se contenter de légumes , et à vivre exempt de soins et d'inquiétudes. •» U est singulier en tout. Il s'habille fort chaudement l'été, et légèrement l'hiver. Sa malpropreté est repoussante.

Il porte des peaux de mouton non préparées; ce qui, ajoutant à sa laideur, en fait une espèce de monstre.

{Id.)

Simus, intendant de Denys, mais pei soiuiage décrié, avait une maison magnifique, avec de riches parvis , qu'il faisait voir un jour au philosophe Aristippe.

Celui-ci tire de sa poitrine un gros crachat et l'envoie au visage du richard.

Simus se met en colère. << Que veux-tu? dit Aristippe, c'est la seule place où l'on doive cracher ici ; les autres sont trop belles. 1)

(Diogène de Laèrte.)

Philosophe g^asfronoine.

Un duc de Duras, voyant un joiu" Descartes qui faisait bonne chère, lui dit eu raillant : « Kh quoi ! les philosophes usent-ils de ces friandises? — Pourquoi pas? répondit Descartes. Vous imaginezvous que la nature n'ait produit les bonnes choses que pour les ignorants? »

(Panckoucke.)

Philosophie {Utililé de la ).

Ou demandait au sage Antisthène ce qu'il avait retiré de la philosophie :

(i) Voir I\l('piis des richesses.

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