‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 69 sur 180 · POU · texte numérisé non relu

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lies reproches; il répcmlit : « J'ai Laï';, mais Lais ne m'a pas. »

(Sotion, de la Succession des philosophes, cité par Diogène de Laërte.)

B*oste militaire.

M. de Si'gtir occupait depuis trois heures un poste périlleux; un de ses camarades, aide de camp du général, chargé de porter un ordre, l'ayant aperçu en passant, lui dit, pour lui prouver son intérêt : « Je te plains, mon pauvre ami, car tu ne dois pas t'amnser beaucoup. — Que veux-tu ! lui répondit le vicomte ; on est ici comme au bal de l'Opéra : on s'y ennuie, mais on y reste. »

(Alissan de Chazet, Mémoires.)

Postiches l^Memhres).

Le maréchal de Rantzau, comme l'on Fait, avait perdu à la guerre un œil, un bras et une jambe. Il voyageait un jour sans être connu, et aniva le soir à une auberge où ses gens commandaient son souper. Peu de moments après, unejeune et jolie dame descendit dans la même hôtellerie et, ne se souciant pas de souper seule dans sa chambre, ni d'aller manger à table d'hôte, elle demanda à la maîtresse s'il n'y avait pas quelqu'un dans son auberge, qui fût homme de bonne compagnie, avec qui elle pût prendre le repas. L'hôtesse lui répondit qu'il n'y avait qu'un vieux militaire qui paraissait «n honnête homme, et qui soupait dans sa chambre. La dame la pria d'aller lui demander la permission de souper avec, lui. Le maréchal y consentit, et la première fut conduite dans son appartement.

Les préliminaires se passèrent en grands compliments de part et d'autre ; le maléchal ajouta que Madame trouverait peut être extraordinaire qu'il mît une condition à la faveur d'avoir une convive aussi aimable, lorsqu'il devrait, pour l'obtenir, se soumettre à celles qu'elle voudrait lui imposer, mais que son âge était son excuse, et que cette condition était qu'elle voudrait bien lui permettre de se mettre à son aise et de prendre sa robe de chambre et son bonnet de nuit, alléguant qu'il ne pouvait souper sans cette toilette. La dame y consentit, et le maréchal, ayant ôtéson habit, appela son valet de chambre, et lui remit son œil de verre, (ju'il sortit de sa loge, au grand étonne-

mentde la spectatrice. Le valetdo chambre revint, le maréchal lui présenta son bras, que le premier tira et qui resta à la main; et puis même cérémonie pour la jambe, qui fut enlevée de la même manière.

La dame ne savait que penser, lorsque M. de Rantzau appela son valet et porta la main à sa tète. Pour le coup, ellecrutqu'ilallaitla remettre à cedomestic[ue, comme les autres membres. Elle se sauva en jetant des cris effroyables, et disant qu'on l'avait mise avec le diable; on eut beau lui apprendre que c'était M. le maréchal de Rantzau , rien ne put la calmer ni la ramener cette soirée, et je crois que la peur lui ôta l'appétit. Le lendemain elle reçut cependant la visite du maréchal; elle avait eu le temps de se

I émettre, et elle fut la première à rire de cette scène, en convenant qu'elle avait eu une belle frayeur.

{Omniana.)

Post-scriptum perfide.

Le général de Vivonne, 'crivant de Mosiine à Louis XIY, finissait sa lettre par ces mots : « Nous avons besoin de dix mille hommes pour soutenir l'affaire. »

II la donna à cacheter à du Terron, intoiulant de l'armée, qui, après ces mots, ajouta : « et d'un général ».

(L'abijé de Ghoisy, Mémoires.)

Poupée.

La vision que M. d'Aumont eut pour la maréchale d'Estrée est plaisante. C'était et c'est encore une petite femme sèche et qui a le nez fort grand, mais extrêmement propre. Elle était en sa jeunesse toute faite comme une poupée : « Ne croyez-vous pas, disait-il sérieusement (car il ne riait jamais), qu'on la pend tous les soirs, toute habillée, parle nez à un clou à un crochet dans une armoire.-' » (Tallemant des Réaux.)

Une petite fille à laquelle on s'était vu obligé de couper la jambe, avait subi toute roi)ération sans proférer une seule plainte, en serrant étroitement sa poupée dans ses bras. » Je m'en vais, à présent, co\iper la jambe à votre poupée, » lui dit le chirurgien en riant, quand il eut achevé l'amputation ; la pauvre enfant,

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