LAI
le cardinal lui répondit assez malignement : « Au lieu de préface, je vous conseille de faire mettre votre portrait au commencement du livre. «
(Panckoucke).
Le feu roi (Louis XIV) me conta une histoire au sujet de la reine de Suède Christine ; elle ne mettait jamais de coiffe de nuit, mais elle s'entourait la tète avec une serviette. Une fois qu'elle ne pouvait dormir, elle fit faire de la musique auprès de son lit. Comme le concert était de son goût, elle avança soudain la tête hors de ses rideaux et s'écria : « Mort -diable! qu'ils chantent bien I •» Les castrats et les Italiens, qui ne sont pas des plus braves, furent tellement épouvantés à l'aspect de cette étrange figure, qu'il? demeurèrent muets, et il fallut que la musique cessât. (La duchesse d'Orléans, Correspondance.)
La petite vérole avait tellement défigui é Pellisson, que M"" de Sévigné disait de lui qu'il abusait de la permission que les hommes ont d'être laids. Une dame le prit un jour par la main, et le conduisit chez un peintre, en disant à celui-ci : '< Tout comme cela, trait pour trait », et sortit brusquement. Le peintre le fixa, et le pria de se tenir en place. Pellisson demanda l'explication de l'aventure.
« Monsieur, répondit le peintre, j'ai entrepris de représenter pour cette dame la Tentation de Jésus-Christ dans le désert; nous contestons depnis une heure sur la forme (]u'il faut donner au diable ; elle vous fait l'honneur de vous prendre pour modèle. »
{Mèmoîres-anecd.)
II ne peut y avoir dans le monde entier de mains plus vilainesque les miennes. Le roi (Louis XIV) me l'a souvent reproché, et m'a fait rire de bon cœur. Comme je n'ai jamais de ma vie pu me vanter d'avoir quelque chose de joli, j'ai pris le parti de rire moi-même de ma laideur, et cela m'a réussi.
(La duchesse d'Oiléans, Correspondance.)
Roquelaure n'était pas beau. Il ren.