‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 8 sur 180 · LAN · texte numérisé non relu

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contre un jour \m Auvergnat fort laid, qui avait des affaires à Versailles. 11 le présente lui-même à Louis XIV, en lui disant qu'il avait les plus grandes obligations à ce gentilhomme. Le roi accorde la grâce qu'on lui demande, et s'informe du duc quelles sont les obligations qu'il a à cet homme. « Ah! sire, reprend Roquelaure, les plus grandes;,' car sans ce magot-là je serais l'homme le plus laid de votre royaume (1). »

M. deLauzun, très-iié avec M. Gililjon, l'a mené chez madame du Deffant. Cette dernière, qui est aveugle, a l'habitude de tâter les visages des personnages célèbres qu'on lui présente, afin, dit-elle, de se former une idée de leurs traits. Elle n'a pas manqué de montrer à M. Gibbon cette espèce de curiosité flatteuse, et M. Gibbon s'est empressé de la satisfaire en lui tendant aussitôt son visage avec toute la bonhomie possible : voilà madame du Deffant promenant doucement ses mains sur ce large visage; la voilà cherchant vainement quelque trait, et ne rencontrant

que ces deux joues si surprenantes

Durant cet examen on voyait se peindre successivement sur le visage de madame du Deffant l'étonnement, l'incertitude, tt enfin tout à coup la plus violente indignation; alors, retirant brusquement ses mains : ■' Voilà, s'écria-t-elle, une infâme plaisanterie!... »

(M""" deGeiilis, Soin-en'irs de Felicic.)

On demandait à madame Cramer, de refour de Genève à Paris, après quelcfues années : « Que fait madame Tronrhin ( personne très-laide)? — Madame Tronchin fait peur, » répondit-elle.

(Chamfort.)

Deaubourg, qui était extrêmement laid, représentait le rôle de Mitliridate dans la pièce de Racine. Au moment où mademoiselle Lecouvreur, qui jouait celui de Monime, lui disait :

t Ah ! seigneur, vous cliangez de visage, > (Acte III, scène 5) :

On cria du parterre : « Laissez-le faire (1). »

{Anecdotes dranintiniies.)

Le comte de Mirabeau, très-laid do figure, mais plein d'esprit, ayant été mis en cause pour un prétendu rapt de séduction, fut lui-même son avocat. « Messieurs, dit-il, je suis accusé de séduction ; pour toute réponse et pour toute défense, je demande que mon portrait soit mis au greffe. » Le commissaire n'entendait pas : « Bête, dit le juge, regarde donc la figure de monsieur! »

(Chamfort.)

Ii»ng'!iSrc c»>rômoiiîeux.

M. le Duc (2) s'ennuie beaucoup à Uirccht : les femmes y sont horribles.

Voici un petit conte sur ce sujet. Il se familiarisait avec une jeune femn^e de ce pays-là, pourse désennuyerappare.nment ; et comme les familiarités étaient sans doute un peu grandes, elle lui dit : » Pour Dieu, monseigneur. Votre Altesse a la bonté d'être trop insolente. »

(M""' de La Fayette, Lettre à ,V"' de Sévigné. )

I>iangfa^e saiis faril.

Dans une conversation qu'il eut avec l'ambassadi nr anglais, M. d'Haussez, ministre de la marine, irrité du ton tranchant que prenait lord Stuart, laissa échapper ces mots : << Si vous désirez une réponse di|)lomalique, M. le président du conseil vous la fera. Pour moi, je vous dirai, sauf le langage officiel, que nous nous

f de vous. »

( Louis Blanc, Histoire de dis ans. )

I^ang^ues ( Usage des).

Charles-Quint disait que s'il voulait parlera Dieu, il parlerait espagnol; à des hommes, il parlerait français ; à des femmes, il parlerait italien ; à son cheval, il parlerait allemand.

( nd)Hotliè(jue de la cour.)

( I ) Dans sa Galerie du Theatre-Françoli, l.emar.nricT rapporte cette anecdote a l'acteur Dumirail. (7~ Kil'! du Tirand Condé.

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