‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 71 sur 180 · PUE · texte numérisé non relu

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PRÉ

autres enfants les plus liantes destinés, lui disait-il souvent :

<c Quant à toi , mou pauvre Casimir, lu continueras mon commerce de faïence. «

Préfet de police.

M. Gabriel Delessert n'oubliait jamais qu'il était préfet de police et que ses fonctions, qu'il remplissait toujours exactement, étaient comme le tonneau des Danaïdes, toujours à remplir. Qu'il allât à la promenade, dîner en ville, en soirée on au théâtre, non-seulement il faisait connaître à son secrétaire de service où il se rendait, mais encore il lui indiquait, à dix minutes près, l'heure et les endroits où l'on devait le trouver, soit à cheval, soit en voiture. On l'a rencontré souvent se promenant, le dimanche, au bois de Boulogne, avec ses enfants ou des amis, et, en les voyant passer aussi librement dans ce lieu de plaisir, on ne se doutait assurément pas que, comme un forçat qui traîne sa chaîne, M. Gabriel Delessert avait aussi la sienne à porter, et qu'il n'aurait pas pu s'arrêter, nouveau Juif errant, dans le chemin qu'il s'était tracé, puisque tous les points de repère indiqués avant de sortir de son hôtel devaient concorder avec toutes les fractions du temps qu'il passait hors de son cabinet. Aussi M. Gabriel Delessert était tellement ponctuel dans son itinéraire que tout agent on tout garde municipal allant à sa rencontre était certain de ne pas l'attendre plus de cinq minutes aux stations. Il poussait encore la prévoyance jusqu'à toujours avoir, dans le coffre de sa voiture, son costume de préfet, de telle sorte qu'infoimé, dans Paris ou à Passy, d'un sinistre, d'un accident grave ou d'un commencement d'émeute, il pouvait se porter directement en uniforme à l'endioit du danger, y arriver presque toujours le premier, et faire voir ainsi aux habitants du dé|iarlcmeiit de la Seine que le préfet de police, qui doit savoir tout, n'ignorait rien, et qu'il savait aussi bien affronter le péril que montrer l'exemple du devoir.

(Tripier-Lefranc.)

Préfet et expéditionuaîrc.

Lorsque M. de Chabrol était préfet de Paris, il y avait dans son personnel un pauvre diable nommé Pillot, appointé à

1,200 fr. par an. Légèrement vêtu, il allait par les corridors de l'hôtel de ville, triste, honteux, rasant les murs. On avait vu quelquefois ses yeux rouler de grosses larmes ; évidemment cet homme n'était pas seul à souffrir : il eût été plus résigné. 11 venait tard au bureau, mais il ne partait que le dernier, refusant d'accompagner ses collègues ou d'être reconduit par eux. Cette impolitesse les choqua peut-être , les gens de bureau étant, comme les marins à boid, plus prompts à la dispute à cause du rap|)rochement forcé et des chocs involontaires. On remarqua, dans les premiers mois du rude hiver de 18... qu'il emportait toujours un volumineux paquet sous son bras. Il fut dénoncé à M. de Chabrol comme volant les chantiers de l'administration. Le préfet le fit appeler. Pillot se présenta, plus piteux que de coutume, recroquevillé dans son paletot de lasting et pâle comme le papier qu'il griffonnait! « Vous vous êtes rendu coupable de détournements au préjudice des bureaux, monsieur », lui dit le préfet avec sévérité. Pillot ne répondit pas, et le préfet répéta sa question si haut qu'il ne put faire autrement que d'entendre : « Monsieur le préfet, balbutia-t-il, j'ai une femme, ma mère, cinq enfants qui meurent de froid. — Quel traitement avezvous.3 — Cent francs par mois. — Avezvous de la fortune.^ » Pillot fit une grimace si éloquente que le préfet n'insista pas. Il se mit à son bureau, et écrivit cpielques lignes. « Prenez ceci, monsieur, dit-il durement à son commis, et passez chez le chef du matériel. Je vous défends à l'avenir de toucher à une seule bûche de l'administration. » Pillot sortit à reculons du cabinet de son chef; arrivé dans le couloir, il jeta les yeux sur le papier qu'il venait de recevoir et lut ceci : — (c Bon pour quatre stères de bois à faire porter au domicile de M. Pillot, employé à la préfecture de la Seine. »

(G. Maillard, Figaro.)

Préjugés {Forêt des.)

Des gens de lettres, assemblés chez M"> de F*" (de Forgevilîe), discouraient de plusieurs objets, et prononçaient souvent le nom de philosophie. M de F"* les interrompit pour demander quel bien avaient fait à riuimanité les philosophes du siècle, qu'elle entendait tant vanter.

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