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le charretier qui les connaissait, que mon |)reniier cheval est [irocuveur et que les jiulies sont ses clients. >.
( BibUothciiuc (le société. )
Un procureur voulait se justifier auprès (le M. de Harlay de quelques tours de son métier. Le premier président, sans vouloir l'écouter, lui dit en présence de plusieurs personnes qui se trouvaient-là :
« Maître un tel, vous êtes un fiipon. — Monseigneur a toujours le mot pour rire, » répondit le procurein-, sanssedéconcertei-. ( Mémoir, aiiecd.)
Uu procureur, plaidant pour une partie qui voulait avoir plus d'un piivé dans une grande maison qu'il avait loué :
<i Quelle incommodité, monsieur, disaitil, de n'avoir qu'un privé pour tout potage. — Procureur, allez diner chez votre partie; » repartit le juge.
(Puuckoucke.)
L'n procureur mettait à chaque ligne de ses écritures deux mois tout au plus et une virgule : dans une ligne fort longue, eulre autres, il n'y avait (pie ces mots : :< Il y a »... Les juges indignés trouvèrent encore de la place pour mettre : <i Di\ écus d'amende pour le procureur. »
(Id.)
Quand M. de Harlay l'ut élevé à la dignité de premier président du parlement, ie coi'ps des procureurs vint lui demander sa protei'liou ; « Ma protection, leur dilil, les frii)ons ne l'auront pas, les gens de bien n'en ont pas besoin. »
Prodig^alité calculée.
On leprochait un jour au coadjuteur (Paul de Gondi) qu'il faisait trop de dépense; ce qui n'était que trop vrai, car il la faisait excessive. Il répondit tout étourdiment : « J'ai bien suppnié ; Césai', à mon âge, devait six fois plus que moi. " (-es paroles, très-imprudeutes en toussens, furent rapportées au cardinal Mazarin, qui s'en moqua, et il avait raison ; mais il les remarqua, et il n'avait pas tort.
{Mem.aneul.)
Prodig^alité sans excuse.
On demandait à Diderot quel homme était M. d'Ëpinay. « C'est uu homme .
dit-il, qui a mangé deux millions sans dire vMi bon mot et sans faire une bonne action. >)
(Chamfort.)
Prodigues.
Diogène voyant un prodigue qui n'avait que des olives pour son souper : .1 Si lu avais, dit-il, toujours dîné de la sorte, tu ne souperais pas si mal. >.
( Diogène de Lacrle .)
Un prodigue se plaignait à Socrate qu'il n'avait point d'argent : « Emprunte/.-en de vous-même, lui répondit ce philosophe, eu retranchant de votre dépense. « ( Ecole des mœurs, )
Le iils d'Ésopus, détachant de l'oreilK'. de Métella vnie perle précieuse, la fit dissoudre dans du vinaigre, afin d'avaler d'un seul trait un million de sesterces (1). (Horace, Satires.)
Cléopâtre gagea contre Antoine de consommer seule dans un souper dix millions de sesterces, qui font près de deux millions de nos livres. Elle commença par avaler une perle d'un million, qu'elle avait fait dissoudre dans le vinaigre. Elle allai! en faire autant de la seconde, lorsque Plancus, juge du pari, saisit la perle, et prononça qu'Antoine avait perdu. Après que cette reine fut tomhée au pouvoir du vainqueur, on scia cette seconde perle, dont on fit deux pendants d'oreilles à la Véinis du Panthéon. Ainsi la moitié d'un souper de cette courtisane fit la parure d'une déesse.
( Pliae. )
Quand César Borgia vint en Fiance, pour porter à Louis Xll le bref d'A-
(i) 11 voiil.iit avoir la gloire d'essayer, le premier, le gnùt dos perles ; il le trouva merveilleux, et pour ne pas le connaître seul, il en ti srrvir une à chacun des convives ijui elail j la table, (l'ilnej.
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lexandreVI qui l'autorisait à rompre son mariage, il y étala le faste le plus insolent. Il ne ferrait ses clievaux qu'avec des fers d'or, et les faisait attacher avec un seul clou, pour les perdre (I).
(Viennet.)
Vous ne sauriez nomhrer les millions que Bouret a g;igués et mangés. Le roi ayant trouvé un lieu dans la loi et de Senart propre pour uu rendez- vous de cliasse, le courtisan délié achète le terrain, y fait bâtir lui pavillon admirable, coium sous le nom de Pavillon du roi, et saci ifie sa lorlime pour avoir l'honneur d'y recevoir S. M. et de l'y voir manger une pèche. Pa: un destin bizarre, digne d'un pareil homme, lorsqu'il jouissait du bonheur de posséder son maître à sa maison de campagne, sescréanciei's saisissaient ses meubles à Paris.
(L'Ol'seiraleur anglais.)
L'abbé de Choisy avait vendu sa belle terre de Balleroi, près Caen. Passant quelque temps après devant ce château, ii s'écria d'un ton piqué : " Ah, comme je te mangerais bien encore ! »
(Cricriana.)
ment de sa disgrâce, il avait chez lui jusqu'à trois cents paires de bottes.
(Tallemant des Réaux.)
Le peintre Branwer avait demandé à «Ii amateur cent ducats d'un de ses tableaux. Aussitôt qu'il se vit possesseur d'un tel trésor, il le répandit sur son lit, et, transporté de joie d'avoir tant d'argent, il se roula dessus.
Dix jours passés dans la débauche, avec des gens de la lie du peuple, lui firent bientôt trouver la fui de ses richesses. 11 revint ensuite joyeux et content, chez le marchand de tableaux où il logeait, qui lui demanda ce qu'il avait fait de son argent : « Je m'en suis heureusement débarrassé, répondit-il, afin d'être plus libre. «
Le favori de Louis 'XllI, Cinq-Mars, était d'une prodigalité extrême. Au mo-
( i) Voy. Dtctioim. Je la coiircrsal., art. lîorgia.
Buckingham, pendant son ambassade en France, se présenta à l'audience d'Anne d'Autriche paré d'un habit en broderie de perles, si mal attachées, qu'à chaque mouvement qu'exigeaient les ré\érences ordinaires, l'appartement s'en trouvait parsemé. Ce spectacle, d'une magnificence nouvelle, fit naître une esjièce de désordre et de muimure, pour ramasser, lorsqu'il se retira, tout ce que l'on pouvait croire que cet ambassadeur ne voulait pas perdre. On lui rapportait ses perles de toutes parts, el les mains des dames qui les lui présentaient avec empressement ne pouvaient cependant s'empêcherde les garder, parla manière noble, gracieuse, et persuasive, dont il imposait à chacune, pour l'amour de lui, la nécessité de les accepter.
i^Improv, franc.)
La vieille comtesse de Rochambeau m'a conté du prince de Conti un joli trait de galanterie et de magnificence. M'"e de Blot, dans sa jeunesse, dit un jour, en présence de ce prince, qu'elle voulait avoir le portrait en miniature de son serin dans une bague. M. le prince de Conti offrit de faire faire le portrait et la bague, ce que M"'* de Blot accepta, à condition que la bague serait montée de la manière la plus simple, et qu'elle n'aurait aucun entourage. En effet, la bague n'eut qu'un petit cercle d'or, mais, au lieu de cristal pour recouvrir là peinture, on employa un gros diamant que l'on rendit aussi mince qu'une glace. M^e de Blot s'aperçut (le celte magnificence : elle fit démonter la bague et renvoya le diamant; alors M. le prince de Conti fit broyer et réduire en poudre ce diamant, et s'en servit pour sécher l'encre du billet qu'il écrivit à ce sujet à M"'^ de Blot.
(M'"" de Genlis, Mémoires.)
Produit du fice.
La courtisane Phryné consacrait à l'autel de Del|)hes une Vénus d'or. « Mettez-v cette inscription, dit Diogène : faite aux / "^is de l'incontineuce publique. » (Diogène de Laërte.)
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Au cercle de la reine, je ne sais quel lionime, qui faisait foit le prude, fil à Mallieri)e lui giand éloge de M»"^ la marquise de Giiercheville, qui était alors jirésentf, comme dame (riioiiueur de la reine mère; et après lui avoir conté toute sa vie, et comme elle avait résisté aux pouisuitrs amoureuses du feu roi, Henri le Grand, il conclut sou panégyrique par ces mots, en la lui montrant : « Voilà, monsieur, ce qu'a fait la vertu. » Malherbe, sans hésiter, lui montra la connétable de Lesdiguieres, qui était assise auprès de la reine, et lui dit : "■ Voilà, monsieur, ce qu'a fait le vice. »
(Tallemaut des Réaiix.)
Professeur de buri-icadcs.
Le 27 juillet 1830, on se battait dans les rues; les classes vaquaient, mais un professeur zélé, l'illustre helléniste Planche, se rend cependant à sou poste. Au moment où il sortait du lycée, un groupe d'insurgés, armés de pioches, se mettaient en devoir d'élever une barricade...
Le professeur, par hasard, lisait Polybe et le tenait ouvert, précisément à un eu- (hoit oii l'on traitait de l'art de fortifier les places. Prenant en pitié l'inexpérience des travailleurs, il lit et traduit, du haut des marches où il est placé, un excellent passage qui se trouve de circonstance...
Et voilà la barricade construite solidement. Le meilleur de l'iiistoiie est que le proviseur, ayant vu l'illustre Planche lire Polybe au peu|)le de Paris, le fit enfermer dans une salle du lycée, où il resta jusqu'au 30 juillet.
(V. Chauvin, Hist. des lycées.)
Professeurs de sig^nes.
Un ambassadeur d'Espagne en Angleterre, savant tres-érudit, mais homme à systèmes et, de plus, peu parleur de sou naturel, prétendait que les signes pourraient avantageusement remplacer la parole, et il allait jusqu'à soutenir que dans toute université il devrait y avoir un professeur de signes.
— « Justement il y en a un, et même très-célèbre, à Kdimbourg, lui dit le roi .'acques, qui voulait se donner la satisFaclion de rire uu peu aux dépens de l'amliiAsadeur.
— A Edimbourg, dites-vous.' J'irai le voir, i> répond l'ambassadeur.
11 jiart, en effet, dès le lendemain. L" roi Jacques, voulant pousser jusqu'au bout la mystific;ition, écrit sur-le-cliainp au\ membres de l'université d'Édiuibouig, 1 1 voici ce que l'on combine.
Il y avait dans la ville un nommé Glasknll, boucher de son métier, assez laid, borgne même, mais très-facétieux. Les membres de l'université vont le trouver et lui proposent, contre gratification, de jouer le rôle de professeur de signes. GlaskuU y consent; il jure sur l'honneur, tant que la comédie durera, et quoi qu'il arrive, de garder le silence et de ne parler que par gestes.
Dès que l'ambassadeur est arrivé, on le comluit à l'université. GlaskuU s'affuble d'une robe de professeur, d'une é|)aisse perruque, et s'installe dans une chaire; puis on introduit l'ambassadeur. On le prie de s'entretenir comme il le pouria avec le soi-disant professeur de signes, < t les professeurs se retirent dan.- une salle voisine, où ils attendent avec i.npatience le résultat de l'entrevue. L'ambassadeur s'approche de Giaskull, et lève un doigt de la main. Giaskull, à ce geste, en lève deux. — L'ambassadeur lui montre alors trois doigts. Giaskull ferme le poing et l'avance d'un air menaçant. — L'ambassadeur tire une orange de sa poche, et la met sous le nez de Giaskull. Giaskull, à son tour, sort de sa poche un gros morceau de pain d'avoine qu'il étale avec complaisance. Sur ce, l'Espagnol, qui palaît très-satisfait, fait une profonde révérence et se retire.
Aussitôt les professeui-s, curieux de savoir comment s'est tiié d'affaire leur confrère borgne, de questionner en toute hâte l'ambassadeur.
— « Ah ! c'est uu homme admirable, répond l'Excellence. Il vaut tons les trésors de rinde, et son intelligence est vraiment merviilleuse. Écoutez plutôt, b'aboid, je lui ai montré un doigt, vonlaut lui dire par là qu'il n'y a qu'iuj Dieu. Il m'en montre deux, ce qui signifie évidemment qu'il y a le Pèie et le Fils. A cela je réponds en levant trois doigts, pour lui indiquer le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Mais lui aussitôt de fermer le poing, pour faire comprendre que les trois ne font qu'un scnl Dieu. Je sors ensuite une orange, comme symbole de l.i
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Providence, qui nous prodigue non-seulement tout ce qui est nécessaire à notre subsistance, mais encore les douceurs de toutes sortes qui eml)ellissent et agrémentent notre vie. Savez-vous ce que fait cet lionime prodigieux? Il m'étale un morceau de pain, pour me rappeler que c'est là le bien essentiel , nécessaire , préférable à toutes les exigences du luxe et de la vanité. »
Après cette explication, l'ambassadeur se relira enchanté, euthonsiasmé, ne tarissant pas d'éloges sur le comi>te du grand professeur de signes. Les professeurs ap- [lellent alors Glaskull et lui demandent comment il avait interprété les gestes de l'Espagnol :
« Votre ambassadeur est un insolent .
répond le boucher d'un air courroucé; il s'est joué de moi d'une façon intolérable. Figurez-vous que d'abord il me montre un doigt, sans doute pour me reprocher de n'avoir qu'un œil. Je m'empresse de lui montrer mes deux doigis, pour lui montrer que mon seul œil vaut bien les deux siens. Je le vois alors lever trois doigts ; c'est sans daite pour me dire que nous n'avons tout de même que trois yeux à nous deux. Irrité de cette impertinence, je m'avance vers lui le poing fermé... et, sans le respect que je vous dois, je lui en aurais volontieis appliqué en pleine figure. Croyez-vous que cela l'intimide.' Pas le moins du monde. Il tire tranquillement luie orange de sa poclie et me la promène devant les yeux, comme pour me dire :
« Ce n'est pas votre pauvre pays glacé qui pourra jamais rien j)roduiredc pareil.
« Mais moi, à mon toiu, jelui montre un bon et gros gâteau d'Ecosse, pour lui prouver que je me soucie peu de ses friandises.
Comme il riait d'un air béat, j'allais le lui jeter à la face, lorsqu'il a eu l'heureuse idée de s'en aller en me faisant une grande révérence, ce que j'ai pris encore pour une dernière moquerie... »
Profits et pertes.
Arnold surprenait souvent l'habitant des campagnes du Berry dans une admiration fossile pour le souvenir de Bona- |)arte, et s'il demandait : .■ Comnioiit |)ouvez-vous regretter riiomniequi, aussitôt qu'ds arrivaient à l'àgc de vous aider à la
charrue, vous enlevait vos enfants po»n' la conscription.' — Il en prenait un, c'est vrai; mais j'en vendions deux, monsieur. »
(H. de Latouche, Léo.)
Profits honteux.
Ce fut le comte de Grammont luimême qui vendit quinze cents livres le manuscrit des Me moires oh il est si clairement traité de fripon. Fontenelle, censeur de l'ouvrage, refusait de l'approuver, par égard pour le comte. Celui-ci s'en jilaignit au chancelier, à qui Fontenelle dit les raisons de son refus. Le comte, ne voulant pas perdre les quinze cents livres, força Fontenelle d'approuver le livre d'Hamiiton.
(Chamfort.)
Prolog;ues d'opéra,
Louis XIV, pour encourager Quinault, lui accorda ime pension de deux mille livres. Ce poète reconnaissant chanta pompeusement les louanges du loi dans les prologues de ses opéras. Après la bataille d'Hochstedt , un prince d'Allemagne dit malignement à un prisonnier français :
« Monsieur, fait-oa encore des prologues en France? »
( Galerie de l'aiieienne. cour. )
Le prince d'Orange, n'étant encore que stathoudei-, se trouva à la représentation d'un opéra dont le prologue était à sa louange. Après avoir entendu le début de rautpur : u Qu'on me chasse ce coquin, Jil-il; me irend-il uourle roi de Frai\ce? » (Id.)
Promesse de luariaj^e.
Bonapaite n'était encore que général de l'armée d'Italie, que déjà il avait pourvu ses frères Lucien et Josepli d'emplois lucratifs. Une petite ville de Provence était la résidence de Lucien. La qualité de frère du général de l'armée d'Italie, son assiduité aux séances de la Société populaire, et la facilité avec laquelle il maniait la parole, lui valurent une réputation )iarmi \C9, gens de l'endroit. U prenait ses rejias chez un nommé Boyer, aubergiste, leipiel avait une jolie fdie, et lesmeiileures dispositions en faveur de son nouvel hôte.
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Certaines facililés pour le payement de la pension furent très-agréables à M. Lucien, et M"* Boyer ne parut pas moins à sa convenance. Ses soins et ses assiduités ne tardèrent pas à écarter tous les concurrents, et le père Boyer dut s'en(|uérir des intentions de l'amant assidu de sa fille. M. Lucien déclara qu'il n'avait que des vues honnêtes. Le père Boyer, ainsi que la demoiselle, furent très-satisfaits de l'explication. Cependant plusieurs mois s'écoulèrent, non sans de nouveaux pourparlers , mais sans amener les choses à leur fin.
Les amours de M. Lucien ne lui faisaient pas négliger la tribune de la Société populaire. 11 advint donc qu'un soir il fit ini discours plus brillant que de coutume sur les avantages de la vertu, la pureté des moeurs, le bonheur des unions assorties et l'égalité des conditions. L'orateur avait atteint son but; l'auditoire était éleclrisé, ravi des belles choses qui venaient d'être dites. Quelqu'un demande la parole. La parole est accordée, et le nouvel orateur qui se présente n'est autre c|ue le père Boyer. u Citoyen, dit-il en s'adressant à Lucien, tu as parlé comme nu ange; mais , pour achever de nous prouver la vérité de ce que tu dis, montre que tu en es convaincu toi-même : commence donc par devenir mon gendre, cartu viens d'avancer que tous les bommes sont égaux, et ma fille a reçu tes sermens «
L'à-propos de cette apostrophe la rendaitsingulièrement pressante. Lucien confirma publiquement la promesse qu'il avait faite au père Boyer, et jura solennellement de la remplir : ce qui, effectivement, eut lieu peu de temps après.
{C/ironiq. indiscr. du XIX' siècle.)
IProiuesses (euues.
Pnysieux, arrivant de Suisse par congé, après le retour de Fontainebleau cette année (1704), fut fort bien traité du roi dansl'audienre qu'il en eut. Comme le roi lui témoignait de l'amitié et de la satisfaction de sa gestion en Suisse, il lui demanda s'il était bien vrai qu'il fût content de lui, si ce n'était point discours, et s'il y pouvait compter. Sur ce que le roi l'en assura, il prit un air gaillard et assiné, et lui répondit que pour lui il n'était pas de mt-nie, et qu'il u'étuit pas coulent de
Sa Majesté. «■ Et pourquoi donc, Pu\sieux? lui dit le roi. — Pourquoi , sire.^ parce qu'étant le plus 'lonnête homme de votre royaume, vous ne laissez pas pourtant de me manquer de parole depuis plus de cinquante ans. — Comment, Puysieux, reprit le roi, et comment celai' — Comment cela, sire.' dit Puysieux, vous ave/, bonne mémoire, et vous ne l'aurez pas oublié. Votre Majesté ne se souvient-elle pas qu'ayant l'honneur de joner avec vous à colin-maillard, chez ma grand'mère, vou^ me mîtes votre cordon bleu sur le dos pour vous mieux cacher au colin-niaillard, et que lorsque après le jeu je vous le rendis, vous me promîtes de m'en donner un quand vous seriez le maître.' Il y a pourtant longtemps que vous l'êtes, et bien assurément , et toutefois ce cordon bleu est encore à venir. » Le roi s'en souvint parfaitement, se mit à rire, et lui dit qu'il avait raison; qu'il lui voulait tenir parole et qu'il tit ndrait un chapitre exprès avant le premier jour de l'an pour le recevoir ce jour-là. En effet, le jour même il en indiqua un pour le chapUre, et dit que c'était pour Puysieux. Ce fait n'est pas important, mais il est plaisant. 11 est tout à fait singulier avec un prince aussi sérieux et aussi imposant que Louis XIV, et ce sont de ces petites anecdotes de cour qui ont leur curiosité.
(Saint-Simon, Mémoires.)
Charles XII, roi de Suède, avait un jour, étant ivre, manqué au respect qu'il devait à la reine sa mère. Elle se retira dans sou appartement, pénétrée de douleur, et y resta enfermée tout le lendemain. Comme elle ne paraissait pas, le roi en demanda la cause; on la lui dit. Il fit remplir un verre, et alla trouvcicette princesse : « Madame, lui dit-il, j'ai appris qu'hier, dans le vin, je m'étais oublié à votie égard ; je viens vous en demander pi .(Ion , et afin que je ne tombe plus dans l'ivresse , je l)ois ce verre à votre santé ; ce se a le dernier de ma vie. >. Il tint pai'ole, et depuis ce jour il ne but jamais de vin.
{Journal de Verdun,)
Prompte réponse.
Un jour l'empereur (Napoléon 1"^) s'étant brusquement approché d'un cu!o-