‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 77 sur 180 · PUI · texte numérisé non relu

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faisait tant que de devenir amoureux, c'était toujours de trois femmes à la fois. (Callieriiie 11, Mcniulres.)

Dans les écoles on prononçait jadis le yw comme le /i : ainsi on disait /iiau lien de (jtiis ; fiis/iis au lieu de quisqiàs ; kankan au lieu de (juanqiiam. Ramus, nommé professeur d'éloquence au collège royal, avertit ses disciples de la délectuosité de cette ])ronoiiciation , et leur dit qu'il fallait donner aux lettres leur son propre ; plusieurs professeurs appiouvèient et suivirent ce sentiment, et l'on n'entendit plus dans les écoles ni kankan ni kiskis. Mais les docteurs de Sorhonne , piqués qu'on eut fait cette réforme sims les consulter, s'assemblèrent poui examiner le q et le k. Le q leur déplut, ils se décidèrent en faveur du /•, et quiconque prononçait qiianquant encourait la censure de la Sorbonne.

Un jeune ecclésiastique peu docile osa prononcer dans une thèse publique quanquant ; les partisans de kankan en avertirent la Sorbonne, qui , pour punir ce rebelle, déclara vacant un bénéfice considérable qu'il possédait. 11 se pourvut au parlement, la cause fut appelée ; les docteurs s'y trouvèrent pour y soutenir le kankan. Ramus, à la tête des professeurs du ColKgeroyal,s'y rendit, et il fallut toute son éloquence pour prouver le ridicule de ce procès,

( Panckoucke. )

Qnali-aiiis.

Un jeune médecin étant allé à Ferney n'y put voir M. de Voltaire , qui était malade. Après y avoir dîné avec W"^ Denis, il laissa sur la table ce quatrain, qui lui fit bientôt ouvrir la porte de la cham- ]nv du maître.

Je ciojais en ce lieu voir le dieu du génie , L'enlcndie, l'admirer, et m'instruire en tout point ; Pluiî» il Cil comme Dieu dans son Eucharistie Ou l'adore, on le mange, et l'on ne le voit point.

(Intpiofis. franc.)

La dncliesse du Maine avait attiré !e marquis de Saint-Anlaireà sa cour, et lui faisait l'honneur de l'appeler son Apollon. Un jour que la princesse proposa un jeu où chacun est obligé de dire son secret en particulier, le marquis de Saint-Aulaire, alors âgé de quatre-vingt-di\ ans, adressa cet impromptu à la duchesse i

La divinité qui s'amuse

A me demander mon secret.

Si j'émis Apollon ne serait point ma muse ; Elle serait Thétis, et le jour finirait.

Il e.NÎstait encore chez les Français un usage antique et galant, dont les reines de France avaient désiré la conservation, A la mort du roi, les Français payaient à la nouvelle reine un droit connu sous le nom de ceinture de la reine. Marie-Antoinette apprend que ce droit pèse sur les classes les plus infortunées ; elle supplie le roi de s'opposer à sa perception. Cet acte généreux plaît à Louis XVI ; et l'universalité de la nation applaudit au désintéressement, à la bienfaisance de la jeune reine, La poésie devait conserver le souvenir de ce sacrifice. Le comte de Coutourelle se fit l'organe du peuple reconnaissant; il adressa à la reine le quatrain que nous citons :

Vous renoncez, charmante souveraine.

Aux plusheaux revenus.

A quoi vous servirait la ceinture de reine? Vous avez celle de Vénus.

( Weber, Mémoires.)

Pour complaire à Marie-Antoinette, on lui disait souvent qu'elle aurait un fils. Après la naissance de M;idame royale , la reine adressait à une femme poète, M"'e de B- , qui s'était plu à lui prophétiser un si doux événement, des plaintes aimables sur la fausseté de sa prédiction. Elle re-

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