‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 79 sur 180 · QUE · texte numérisé non relu

QUE

loir que tous les couniers fussent lui parler. Une fois, le comte de Clermout de Lodève, giaml seigneur du Rouergue, courait la poste sur la route de Languedoc. 11 fallut aller chez M. d'Alincourt à Lyon , car les maîtres de la poste ne donnent point de chevaux autrement, et ou les cliàtierait s'ils y avaient mancpié. Le comte n'était point connu du gouverneur, qui, faisant le grand seigneur, lui demanda ce qu'on disait à Paris : « Ou y disait vêpres, monsieur, quand je suis iiarli. «

Le roi Frédéric II avait coulimie, toutes les fois qu'un nouveau soldat paraissait au nombre de ses gardes, tous tirés de la fleur de ses régiments, de lui fane ces trois questions : «Quel âge avez-vous ? — Depuis combien de temps ètes-vousà mon service? — Recevez-vous exactement votre paye et votre habillement? « Un jeune Français, que sa figure et sa taille avaient fait adopter, mais qui ne savait pas l'allemand, fut prévenu par son capitaine d'apprendre, par mémoire, la réponse à ces trois questions. H paraît devant le roi, qui, commençant par la seconde question, lui demande :'» Combien y a-t-il que vous êtes à mon service ?—Vhigt et un ans, sire. — Comment vingt et nu ans! Et quel âge avez-vous? — Sire, un an, sous le bon plaisir de Votre Majesté. — Vous ou moi avons perdu l'esprit.— L'un et l'antre, sire , très-exactement. — Voilà la première fois que je fuis traité de fou à la léte de l'armée. » Le jeune Français, qui avait épuisé tout ce nu'il savait d'allemand, gardait le silence le plus profond, quanl le roi s'avisa de le questionner de nouveau. 11 fut obligé d'avouer qu'il n'entendait pas la langue allemande.

{Publiante)

Questiouneur importun.

Voltaire disait à un grand ([uesiiouneur, au moment qu'il entrait chez lui : « Monsieur, j'ai l'honneur de vous prévenir que je ne sais pas un mot de tout ce que vous allez me demander. »

(Marquis de Lucht-t, Mémoires sur Voltaire.)

QUI

Quêtes.

L'abbé de La Victoiie tenait fort à son „.geut. Voici la preuve ingénieuse de son avarice : les daines de Saint-Germain, chargées d'une quête, montaient sou escalier, quand il se mit à crier : « Qu'on ne laisse entrer pcrsouue, à cause de la petite vérole! »

(Taltemant des Réaux. )

On avait chargé le petit père André d'annoncer une quête pour former la dot d'une demoiselle qui désirait de se faire religieuse; il dit avant de commencer son sermon : -< Messieurs, on recommandi; à vos charités une demoiselle qui n'a pas assez de bien pour f.iire vœu de pauvreté. » [Bihliotlicquc lie société.)

On accuse M'"'= de Chalais d'avoir trouvé pour su!)sister jusqu'ici, une fort plaisante invention; c'est de faire semblant, deux ou trois fois l'année, de q-èter pour quelque pauvre personne de qualité, mais qui ne voulait (las être nommée; on lui donnait beaucoup, et elle imployait si> quêtes à fournir à sa dépense.

(Tallemanl des Réaux. )

Quipruquos.

Une fois qu'on attendait M. de Bellegarde à Nanci, où il duvait aller de la pari du roi, un conseiller d'État du duc da Lorraine revenait d'un petit voyage, a neuf heures du soir. Il se présenta aux portes pourvoir si on lui ouvrirait. Il dit : ". C'est M. le Grand. « On crut que c'élait M. de Bellegarde (l). Voilà les tambours, les trompettes, grande quantité de flambeaux, des gens qui venaient demander : •< Où est M. le Grand? — Le voilà ([ui vient, « disaient les valets. Le duc l'envoya prier de venir au palais. Il y va, bien étonné de tant d'bonneurs, au lieu qu'on avait coutume de n'ouvrir à pei sonne à celte heure-là. Le duc lui dit : .< On est M. le Grand? — Monseigneur, c'est moi ; je suis Le Grand. — Vous êtes nu grand sot, » lui dit le duc; et il le

(,) 11 avaitlucliarçe de Grtt«i/-Écuyer

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