‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 84 sur 180 · REC · texte numérisé non relu

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n'y a po!nt de glace dans la salle du trône , et que je ne voyais de ma mascarade que mes grandes jambes en pantalon noir sortant de dessous ma rolie de chambre turque.

L'empereur s'informa s'il y avait un roi en France, et si l'on y parlait anglais. Il n'avait jamais vu de Français, si j'excepte le général Perron, son gardien jadis quand il était prisonnier des Marattes, et parut faire infiniment d'attention à la burlesque figure qui résultait de mes cinq pieds huit pouces, sans beaucoup d'épaisseur, de mes grands cheveux, de mes lunettes, et de mon ajustement oriental par-dessus mes habits noirs. Après une demi-heure, il leva sa cour, et je me retirai processionuellementavec le résident. Les tambours battirent aux cbam|)s quand je passai devant les troupes avec ma robe de chambre de mousseline brodée.

Il va sans diie que j'ai trouvé Chàh- Mohammed -Âchar-Rhazi- Badchàh un vieillard vénérable, et le plus adorable des princes. Mais la vérité est qu'il a une belle figure, une Ijelle barbe blanche, et l'expression d'un homme qui a été longtemps malheureux. Les Anglais lui ont laissé tous les honneurs du trône et 1.' consolent par luie pension annuelle de quatre millions de francs de la perte du pouvoir, ^'e contez pas cette histoire à mes amis, messieurs de la couleur locale, et vous les verrez trouver, au carnaval de 1833 ou 1834, que mon déguisement oriental est des plus mal imités; alors je leur dirai quel est cet habit soi-disant mal imité. Le résident traduisit Victor Jac- (picmont, voyageur naturaliste, etc., etc., par Mislœur Jdhmont Sdheh haltadour ; ce qui signifie: «M. .laequemont, seigninu-, ^ victorieux à la guerre; » c'est ainsi cpie le grand maître des cérémonies me proclama.

( Victor Jarquemont, Leitrcs.)

Réception inhospitalière.

le ramenai hier Mn'e de Forcalqui-r.

Vis-à-vis M. de Prasiin, l'essieu de derrière rompit; nous versâmes. Mon cocher fut jelé par terre, ainsi que les trois laquais <|ui étaient derrière; personne n'a été blessé, et les chevaux, à qui tout cela ne fit rien, s'en revinrent tout seuls avec l'avaut-lrain à la porte Sainl-.Toseph. Le portier les reçut très- honnêtement et leur tint compagnie jusqu'à ce que mes gens

les vinssent rechercher pour ramener la voiture. Nous ne fûmes pas si heureuses, M""= de ForcaUpiier et moi : le suisse de M. de Prasliu nous refusa l'hospitalité. Monseigneur trouverait mauvais qu'il nous reçut ; monseigneur n'était point rentré. Nous le prîmes sur le haut ton : nous entrâmes malgré lui. Le pauvre homme était tout tremblant. Monseigneur rentra; M"'e de Forcalquier proposa à ce suisse de lui aller dire que nous étions là. « Oh! je n'en ferai rien. — Et pourquoi donc, s'il vous plaît. 3 — Parce que je n'oserais : Monseigneur le trouverait mauvais; je ne dois pas quitter mon poste. »

Un laquais d'une mine superbe passe devant la porte : M^e de Forcalquier lui demanda un verre d'eau. « .Te n'ai ni verre ni eau. — Mais nous en voudrions avoir. — Où voulez-vous que j'en prenne! — Allez dire à M. de Piaslin que nous sommes là. — Je m'en garderai bien. Monseigneur est retiré. » 11 est bon d'avertir les voyageurs de ne pas verser devant l'hôtel de M. de Prasiin.

(M"'"= du Deffand, Lettres.)

Réception officielle.

Les habitants de Saint-Maixent, en Poitou, quand le feu roi y passa, mirent une belle chemise blanche à un pendu qui était à leurs justices, à cause qu'il était sur le chemin du roi. (1)

( Tallemant des Réaux. )

Un jour rain!)assadeur de Prusse, qui avait demandé une audience à Pierre le Grand, le trouva sur un vaisseau, au hani d'un mât, arrangeant des cordages, etl'cni- [)ereur lui dit : Montez!

(Mémoires secrets sur la Russie.)

Nous passâmes hier (8 juin 1761 ) par Tours, où madame la duchesse de Cluiiseul reçut tous les honneurs dus à la gonveinantK de la province...

Il y eut un maire qui vint haranguer madame la duchesse ; M. Sinfrais, pendant la harangue, s'était posté précisément der-

(i) La mpme histoire est racontée par d'Onvillc; seulement d'Ouville la rap|)oite à rciilir • «le Ilcmi IV à Amiens, lorsque cette ville eut tto ,ri.,i.s.,- aux Espagu.ils.

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