‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 85 sur 180 · REC · texte numérisé non relu

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1 ièie , lie sorte que sou cheval donnait des coups de tète dans le dos de l'orateur, ce qui coupait les phrases eu deux, parce que l'orateur se retournait ; après il reprenait le 111 de son discours : nouveaux coups de têle du cheval, et moi de pâmer de rire. A deux lieues d'ici nous avons eu une autre scène : un ecclésiasiiqne a fait arrêter le carrosse, et prononcé un discours pompeux adressé à M. Poissonnier, en l'appelant mon prince. M. Poissonnier a répondu qu'il était plus; que tous les princes dépendaient de lui, et qu'il était médecin. « Comment! vous n'êtes pas M. le prince de Talmont ? a dit le prêtre. — Il est mort depuis deux ans, a réjioudu madame la duchesse. — Mais qui est donc dans ce carrosse? — C'est madame la duchesse de Choiseul. « Aussitôt il a commencé par la louer sur l'éducation qu'elle donnait à son iils. « Je n'en ai point, monsieur. — Ah! vous n'en avez point, j'en suis fâché. Eh bien, si j'avais su que ce fût vous, je vous aurais préparé une harangue exprès; ce sera pour une autre fois. M Ensuite il a tiré sa révérence. Le bon Dieu le conduise!

(L'abhé de Voisenon, Lettre à Favart.)

On présentait tous les ambassadeurs au roi Christian de Danemark , et l'étiquette exigeait qu'il leur dit : •<■ Comment se porte le roi votre maître ? » M. Grouvelle arriva à Copenhague, comme ministre de la république. 11 parut chez le roi avec le grand costume, le manteau de ■\elours, le chapeau à plumes, et i'écharpe tricolore. Le roi, suivant l'usage, fit sa question ordinaire aux autres membres du corps diplomatique ; ensuite , an ivant brusquement à M. Grouvelle: « Comment se porte le roi votre maître? Ah, non! je me trompe, la république, votre maîtresse? » Et il lui tourna le dos sans attendre sa réponse.

(M"* Ducrest, Mémoires sur Joséphine. )

Recette contre l'enrouement.

Sous le règne de Frédéric II on comptait parmi les pensionnaires du théâtre royal prussien une giande artiste, quipartngeait son temps entre les attaques de iieifs et les rhumes. Pour im oui, pour un

non, la cantatrice faisait manquer le spectacle, et un soir (pie le grand roi était dans sa loge, le régisseur vint dire ceci :

« Messieurs et mesdames , la direction a la douleur de vous annoncer que notre prima donna est enrouée et que la représentation annoncée ne peut avoir lieu... «

A ces mots, le grand Frédéric s'adresse à son aide de camp, lui donne un ordre, puis, se penchant vers l'orchestre, il fait signe aux musiciens de rester à leur place...

Queva-t-il se passer?... Un quart d'heure s'écoule ; le public est dans une attente cruelle. Tout à coup le rideau se lève ; le régisseur revient :

« Messieurs et mesdames, dit-il, j'ai la joie de vous annoncer que notre prima donna, subitement remise de son rhume, va avoir l'honneur de paraître devant vous. »

Et , en effet , la cantatrice entra.

Elle était très-pâle, mais jamais elle ne chanta mieux ; le roi l'avait guérie en un instant, et je donne même la recette pour l'usage de nos théâtres lyriques.

La cantatrice , dont le nom m'échappe, était tranquillement au coin du feu, pas plus enrouée (pie vous et moi , et se réjouissait du mauvais tour qu'elle venait de jouer à son directeur, quand soudain la porte s'ouvrit avec fracas , et un ofiicier, suivi de quatre dragons, se présenta.

« Mademoiselle, dit-il , le roi mon maître me charge de vous demander des nouvelles de votre chère sauté. — Je suis tiès-enrouée... — Sa Majesté le sait , et je suis chargé par elle de vous conduire à l'infirmerie de l'hôpital militaire , oii vous serez guérie en peu de jours. »

L'actrice pâlit :

Il C'est une plaisanterie! murmurat-elle. — Un officier du roi ne plaisante jamais. » Sur un signe du lieutenant, les (piatre dragons s'avancent, saisissent l'artiste, la portent dans une voiture qui attend à la porte ; les soldats montent à cheval, et : h A l'hôpital ! » dit l'officier au cocher...

Le carrosse roule.

« Attendez, dit la cantatrice , au bout de quelques instants, je crois que je vais mieux... — Le roi désire, mademoiselle, que vous vous portiez tout à fait bien, et que vous chantiez votre rôle ce soir même.

— J'essayerai, murmura la prisonnière.

— Au théâtre! ■» dit le liculciiant au cocher.

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La caiitatiice s'habille à la hâte , |mis au moment d'entrer eu scène, elle dit à son geôlier :

.c Monsieur, puisque le roi 1 exige, je vais chanter, Diiu sait comment. — Vous chanterez comme une grande artiste. 3e chanterai comme une artiste enrouée. — Je ne le crois pas. — Et pourquoi.' — Parce que je vais placer un dragon derrière chaque coulisse , et au moindre couac les soldats vous arrêteront et vous conduiront là-bas. »

Du rhume il n'en fut plus question : la prima donna avait retrouvé tonte sa voix. ( Evénement.)

Recherche «les causes.

Démocrite ayant mangé un concombre qui sentait le miel, commença sou lain a chercher en son esprit d'où lui venait celte dauceur innsiiée, et pour s'en éclaircir, s'allait lever de table pour voir l'assiette du lieu où le concombre avait été cueilli. Sa chaminicie ajant entendu la cause de ce remuement, lui dit, eu riaiH, qu'il ne se peinât plus pour cela, car c'était qu'elle l'avait mis en un vaisseau où il y avait du miel. 11 se dépita de ce qu'elle lui' avait ôté l'occasion de cette recherche, et dérobé matière à sa curiosité ; « Va, lui dit-il, tu m'as fait déplaisir; je ne cesserai pourtant d'en chercher la cause, comme si elle était naturelle ; « et voionti rs n'eût failli de trouver quelque raison vraie à un effet tau-, ou snpposé: tant est grande cette passion ralii use qui nous amuse à la poursuite des choses de l'acquêt desquelles nous sommes désespérés !

(Montaigne.)

Recherche siiperBue.

Un officier français , ayant reçu une balle dans la cuisse, fut transporté chez lui, où les premiers médecins turent appelés. Pendant huit jours ils ne fuent qne sonder et chercher. L'olficier, qui souffrait beaucoup, leur demanda ce qu'ils cherchaient : « Nous cherchons la balle qui vous a blessé. — Mille bombes ! s'écria l'ofiicier; il fallait donc me dwe cela plus tôt : je l'ai dans ma poclie. »

(Potiei-iana.)

Réciprocité.

Masson, régent dans le co'.iige de la UICT. i>'\.stc.DjnvS. — i'- 11.

HliC

Trinité, après avoir fait prier un de ses confrères de lui prêter un certain livre, eut pour réponse « que ses livres ne sortaient point de sa chambre, mais que, s'il voulait se donner la peine d'y venir, il pourrait lire tant qu'il voudrait. » Quelques jours après, le même pé lant fit pri( r Masson de lui prêter son soufQct, et Masson lui fit dire « qne sou soufflet i e sortait point de sa chambre, mais que s'il voulait y ve lir , il ne tiendrait qu'à lui d'y souffler tant qu'il vou Irait. »

(Clien-œana.)

Rpclamatious légitimes.

Malherbe étant allé, avec du Moustitr el Racan. aux Chartreux pourvoir un certain père Chazerey, on ne vouât leut peimetire de lui parler qu'i's n'eussent lit chacun un pnler; après, le P ■■• vi'if, et s'excusa de ne pouvoir les entretenir. « Faites-moi doue rendre mon p'^-r, " dit Malherbe.

(Tallemant des P.éaux.)

M. de Canillac disait un jour à Law, en présence d i Régent : Monsieur Law, vous m'avez volé mon système. Pour avoir de l'argent , je fais mou billet, et je ne paie pus. Vous faites de mêm '. Je réclame l'invention; elle m'appartient.

{.■ilmanacli littéraire, 1791.)

Recommaudatiou coiigruentc.

La comtesse d'Es^mont, ayant trouvé un liomme du premier mérite à mettre a la lêtede l'éducatioudeM. de Chinon, son neveu, n'osa pas le présenter en so"'jotn- Quoique assez légère , elle était pour M. <ie Fionsac, son frère, un personnage trop grave. Elle pria le poète Bernard de passer chez elle. Il y alla ; elle le mit au fait. Bernard 'ui dit : « Madame, l'auteur de ['Jrl d'aimer n'est pas un personnag.- bien im]>osaut; mais je le suis encore un peu trop pour cette occasion : je pourrais vous <iire que M"» Sophie Arnould serait un passe-port beaucoup mcillt-ur auprès de monsieur votre liè.e... — Eh bien, dit madame d'EgmoMt en riant, ar.angez le souper chez mademoiselle Arnould. » Le souper s'arrangea. Bernard y proposa

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