BRAN TOME III
Reliques.
Après une union paisible et heureuse avec Maiguerita Chavigny, sa femme, Brossette eut le malheur de la perdre. Il ne crut pouvoir mieux témoigner combien la défunte lui était chère, qu'en portant toujours sur lui une partie d'elle-même.. Pour cela, il fit tirer de son cerveau la glande pinéale, la fit encadrer dans le chaton d'une bague d'or, et la porta à son doigt le reste de sa vie. Il ordonna même, par son testament, que cette bague fût enterrée avec lui.
( Panckoucke. )
Gailhava portait toujours sur lui une dent de Molière, qu'il avait fait enchâsser en guise de relique. Les mauvais plaisants disaient que c'était une dent de .Molière contre lui.
Relique «l'ninour.
Le roi Louis onzième envoya en Angleterre le seigneur de Montmorency , pour son ambassadeur, lequel y fui tant bien venu que le roi et tous les princes l'estimaient et aimaient fort. Un jour, étant en un banquet que le roi lui fil, fut assis auprès de lui un mylord de grande maison, qui avait sur son saie {mnnieau) attaché un petit gant comme pour femme, .à crochets d'or ; et dessus les jointures des doigta y avait force diamants, rubis, émeraudes ei perles, tant que ce gant était estimé à un grand argent. Le seigneur de Montmorency le regarda si souvent que le mylord s'aperçut qu'il avait vouloir de lui demander la raison pourquoi il était si bien en ordre. Et pour ce qu'il estimait le conte ètie bien fort à sa louange, il commença à dire : « Je vois bien (pie vous trouvez étrange de ce que si goigiasement {licitement) ]"d\ accoutré un pauvre g nit; ce que j'ai encore plus d'envie de vous dire.
« Il faut que vous entendiez que j'ai aimé toute ma vie, aime et aimerai ei - •