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rorc après sa mort; et pour ee t(iio mon cueiir eût plus de hardiesse de s'adresser en un bon lieu, que ma bouche n'eût de parler, je drmeurai sept ans sans lui oser faire semblant , craifjnant que si elle s'en apercevait je perdrais le moven que j'avais de souvent la fréquenter, dont j'avais plus de peur que de ma mort. Mais un jour, étant dedans un pré, la regardant, me prit un si grand battement de cœur, queje perdis toute couleur et contenance, dont elle s'aperçut très-bien, étendemandant ce que j'avais, je lui dis que c'était nne douleur de cœur insupportable. Et elle, qui pensait que ce fût de maladie d'autre sorte que d'amour , me montra avoir pitié de moi ; qui me fit lui supplier de vouloir mettre la main sur mon cœur, pour voir comme il débattait : ce qu'elle fit plus par charité que par autre amitié ; et quand je lui tins la main dessus mon ro'tir, laqutTe était gantée, il se p.it à débattre et tourmenter si fort, qu'elle sentit que je disais vérité. Et, à l'heure, lui serrai la mniu contre mon estomac, en lui disant : « Hélas, madame, recevez le cœur qui veut rompre mon estomac pour saillir en la main de celle dont j'espère grâce, vie et misé) icorde ; lequel me contraint maintenant de vous déclarer l'amour que tant longtemps ai celée, car lui ni moi ne sommes maîtres de ce puissant dieu. " Quand ell entendit ce propos que je lui tenais, le trouva fort étrange. Elle voulut retirer sa main, je la tins si ferme que le gant demeura en la place de sa cruelle main. Et, pour ce que jamais je n'avais eu ni ai eu depuis phis grande privante d'elle, j'ai attaché ce gant comme l'emplâtre la plus propre que j'" puisse donnera mon cœur, et l'ai orné de toutes les plus riches bagues que j'avais.
Le seigneur de Montmorency, qui eut mieux aimé la main que le gant d'une dame, lui loua fort sa grande honnè'eté, lui disant qu'il était le plus vrai amoureux que jamais il avait vu, et digne de meilleur traitement, puisque de si peu il faisait tant de cas, combien que, vu sa grand amour, s'il eût eu mieux que le gant, peut-être qu'il fût mort de joie. Ce qu'il accorda au seigneur de Montmorency, ne soupçonnant point qu'il le dit par moquerie.
(Marguerite de Navarre, Hcptaméron. )
ISeliqiies sinsrnlicrenient employées.
On a vu la duchesse d'Albe faire prendre à son fils, malade à Paris, en potions et en lavements, des reliques pulvérisées. L'enfant n'en mourut pas moins, au grand étonnement de la mère (Ij.
(De la Place, Pièces intéressantes.
Remèdes.
On demandait à un médecin octog-'naire, qui jouissait encore de la meilleure santé, comment il faisait pour se porter si bien : « Je vis de mes remèdes, répondit-il, et je n'en prends pas (2). »
Remède aux passions.
Une femme galante disait à un ivrogne : « Croiricz-vous, monsieur, que depuis dix ans que je suis veu\e , il ne m'a pas pris la plus petite démangeaison de mariage.' — Croiriez-vous , madame, que depuis que je bois, je n'ai jamais eu soif.' »
(Dict. ^es gens dit monde.)
Remède aux teiifatioiis.
Le chancelier Séguier, dans sa jeunesse, était chez les Chartreux : il y prit l'habit. Comme il était tourmenté de tentations, cpiela solitude n'amortissait pas, le supérieur lui permit , lorsqu'il se sentirait pressé , de tinter la cloche du chœur, afin d'avertir ses confrères de se mettre en prières pour lui obtenir la victoire sur l'esprit immonde. Mais le jeune moine recourut si souvent à cet expédient, que le voisinage fatigué s'en plaignit ; et on fut obligé de lui inteidire cet exercice.
( Mémoires anecd.)
Remède Tioleiit.
lîarllie ayant eu une querelle littéraire
(i) La princesse Palatine rapporte, dans ses Mémoires un exemple plus étonnant encore, mais <Ufficile à citer, même après elle, des usages auxqcitU son mari appliquait les reliques.
(i) Madame de Scvigné, en écrivant à sa fille, à la suite d'un rhumatisme violent dont elle avait été attaquée, lui disait : « Mon visage nVst quasi pas changé. C'est que je n'ai point été saignée, que je n'ai qu'à me guérir de mon mal, et non
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dans une maison avec M. le marquis de Villetle, la disseitalion a dégcuéié en injures, au point que le dernier adéfié l'autreaucombat,et lui adit qu'il irait lechercher le lendemain matin, à sept lieures. Olui-ci, rentré chez lui et livré aux réflexions noires de la nuit et de la solitude, n'a pu tenir à ses craintes. Il est descendu chez un nommé Solier, médecin, homme d'esprit et facétieux, demeurant dans la même maison, rue de Kichelieu, et lui a exposé ses perplexités et demandé ses conseils. « N'est-ce que cela? je vous tirerai de ce mauvais pas : faites seulement tout ce que je vous dirai. Demain matin , quand M. de YiUette montera chez vous , donnez ordre à vos laquais de dire que vous êtes chez moi et de me l'amener. Pendant ce temps , cachez- \ous sous votre lit. »
Le lendemain, on introduit M. de Villette chez M. Solier, sous prétexte d'y venir chercher M. Barthe : « 11 n'y est j)oint ; mais que lui veut monsieur le marquis? «Après les difficultés ordinaires de s'expliquer, il conte les raisons de sa visite : » Vous ne savez donc pas, monsieur le marquis, que M. Barthe est fou? C'est moi qui le traite, et vous allez en voir la preuve. » Le médecin avait fait tenir prêts des croclieteurs. On monte, on ne trouve personne dans le lit; on cherche dans tout l'appartement. Enfin , M. Solier comme par hasard , regarde sous le lit; il y découvre son malade : « Quel acte de démence plus décidé? »
On l'en tire plus mort que vif. Les croclieteurs se mettent à ses trousses, et le fustigent d'importance , par ordre de l'esculape. Barthe, étonné de cette mystification, ne sait s'il doit crier ou se taire. La douleur l'emporte : il fait des hurlements affreux. On apporte ensuite des seaux d'eau, dont on arrose les plaies du pauvre diable. Puis on l'essuie, on le recouche, et son adversaire ne peutdisconvcnir que ce poëte ne soit vraiment fou. 11 s'en va, en plaignant le sort de ce maliieureux. Du reste M. Barthe a trouvé le remède violent, surtout de la part d'un ami. ( Mémoires secirls. )
Remcrcîmettts ingénus.
Vn Gascon était entré dans un cercle de belles filles. Une laide lui présenta une place; sur quoi il lui dit, pensant re-
connaître avantageusement ce service :
« Dieu me damne, mademoiselle, quoique vous ne soyez ni belle ni gracieuse, vous êtes obligeante. »
( Facétieux réveille-matin. )
On a conté qu'un jeune fonctionnaire, pienant place à table entre M""^ de Staël et M'ii" Récamier, dit béatement à la maîtresse de la maison : « Vous me comblez, madame ; c'est me mettre entre l'esprit et la beauté, » Ce qui, en voulant être flatteur pour toutes deux, ne l'était ni pour l'une ni pour l'autre. « C'est la première fois, monsieur, re|>artit finement iM"'« de Staël, qu'on me dit que je suis belle. Il
Iteiiiurds.
Les peuples de la Grèce vont se réunir sur la terre de Corinthe pour le combat des chars et le combat du chant. Ibicus vient de se mettre en route. Apollon lui a donné le génie poétique et l'harmonie des vers; il part de Rhégium avec un bâton de voyaj;e. Déjà ses regards contemplentrAcrocorinthe,et il s'avanceavec joie à travers les mystérieuses forêts de Poséidon. Nul être humain n'apparaît; il ne voit que des cigognes qui s'en vont chercher la chaleur des contrées méridionales et l'accompagnent sur son chemin :
« Salut à vous, dit-il, oiseaux chéris, qui avez traversé la mer en même temps que moi ! Ma destinée ressemble à la vôtre : nous venons de loin, et nous allons chercher une retraite hospitalière. Soyons fidèles à l'hôte qui préserve de l'injure l'étianger. »
Puis il continue sa marche. 11 arrive au milieu de la forêt; tout à coup, des meurtriers s'avancent et l'arrêtent. 11 veut combattre ; mais bientôt sa main retombe fatiguée, car elle est plus habituée à tendre les cordes légères de la lyre que celles de l'arc vigouieux. Il appelle à son secours les hommes et les dieux : ses cris sont inutiles. Aussi loin que sa voix peut s'étendre, il n'existe pas un être humain.
« Hélas! s'écrie-l-iî, faut-il donc que je meure ici de la main de deux misérables, sur ce sol étranger où |iersonne ne me pleureia, où personne ne vimdra me venger. » A ces mots, il tombe couvert de. bli» sure-. An même moment les cigognes