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l'n article du Moniteur eut, dit-on, sous l'Empire, uu résultat tout opposé à celui qu'en attendait l'Empereur. L'article, destiné à faire ressortir les avantas;es de l'alliance de la Russie avec la Fr.ince , conteiiait cette phrase : <t Ces deux souverains, dont l'union ne peut être qu'invincible. » A l'impression, les trois dernières lettres du mot union, mal fixées, glissèrent, et il resta celte phrase si mal sonnante aux oreilles du czar : « Ces deux souveraius, dont l'un ne peut être qu'invincible. » (Bci'ue p-ançaisc.)
Les éditions des Mémoires de Saint-Simon antérieures à celles de 51. Cliéruel, sont remplies de fautes ; en voici quelques exemples : n Chamillart se fit adoier de ses ennemis, » C'est de ses commis qu'il faiblit dire. La différence est forte. — On chercherait en vain un sens à cetie phrase : « Il n'y eut personne qui ne le louât extrêmement mais saus louanges ; M. Marrau fit mieux que pas un. » Mettez uu j)oiiit après extrêmement, et ce galimatias prend le sens le plus simple. — Quel non-sens littéraire et quel contre-sens historique dans ces mots : « Le roi, tout content qu'il était toujours, riait aussi. " Lue seule lettre à changer : tout contenu...
— Léopaidi s'étaitoccMpéàrecueilIir les fragments des Pères de 1 Église dout lesanivres sont perdues. Une notice latine envoyée sur ces papiers, après sa mort, à un recueil allemaïul, le Musée du Rhin, parlait de Fragmenta SS. 1 atrum; l'imprimeur de Boun mit Fragmenta bb Patrum.
Ce chiffre fut répété, et un Manuel de littérature grecque affirma que Léopardi avait rénni les fragments des œuvres perdues de cinquante-cinq Pères de l'Eglise.
— Voltaire mentionne dans une de ses lettres la raésaveiilnre d'un avocat qui s'était écrié : i< Le roi n'a pas été insensible à la justice de cette cause. » On imprima : sensible. Celte omission de deux lettres valut à l'homme de loi quelciues mois de séjour à la Bastille.
— M. F. Didot s'aperçut un jour, au moment où l'on allait lirer une feuille d'une belle édition de Racine, qu'une erreur qui tournait au grotescpie s'était introduite dans un vers fort connu iVfpliigénie. Un compositeur ignorant ou distrait avait imprimé :
Vousallcz à \'liot<l, it moi j'y cours, MaU.inic.
On eut tout juste le temps de réparer cette bésiie.
(G. Bruiiel, Dictionn. de biiliologie.)
On s'est amusé à reiueillir un grand nombre de coquilles grotesques, journellement commises surtout dans l'impression des gazettes : Une société nombreuse réunie dans un chapeau (lisez château). — L'empereur du Mexique s'est pendu {pour rendu) à Cuernacava. — Des chats (chants) harmonieux. (Suivant Alph. Karr, le libraire Renduel a fait annoncer dans la Presse : les Chats du crépuscule, par V. Hugo.) — • Un pouvoir inique (unique). — On vient d'empoisonner ( d empoissonner ) l'étang de... — Les organistes anglais [orangistes^.
Quelquefois, ce n'est pas à une distraction, mais, au contraire, à une correction inintelligente, qu'on doit une de ces lourdes fautes qui seraient rangées plus justement parmi les bévues. Nous nous bornerons à en citer un exemple qui nous est personnel : Nous avions écrit, dans un article sur la condition sociale des écrivaius du temps passé : « Ménage était domestique du cardinal de Retz, comme Chapelain du duc de Longueviile, comme Sarraziu de la princesse de Conti. " Le compositi ur imprima : comme chapel<:in, avec un petit c, et le correcteur, venaut ajirès lui, crut éclaircir la phrase, préciser le sens et améliorer le style, en substituant de sa pi'opre autorité au mot comme, les mots : en qu-rlité de. D'où il résulta ce chefd'œuvre. « Ménage était domestique du canlinal de Retz, en qualité de chapelain du duc de Longueviile. »
1199. — Despaze, poète de Bordeaux, connu par des satires pleines de vigueur et d'àcielé, avait eu l'intention de criti- (pier le peintre Dabos : son imprimeur se trompa, et mit un u au lieu d'un a; de sorte qu'un autre artiste, nommé Dubos, vint lui demander rai-on. Il lui répondit que rien n'était plus ju>te, et reçut une balle dans la cuisse, qui le retint six mois dans son lit. Ce ne fut qu'ajucs le comijat qu'il explicpia à son adveisa.re cette faute d'impression. Il aurait pu d'un mot éviter uu duel ; il ne voulut pas le dire, de peur d'être soupçonné de lâcheté.
; Alissau de Chazet, .Mémoires.)