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On lit dans ie Journal des Débats du 18 octobre 1806 : « Le préfet du Finistère vient de prendre, sur l'avis du conseil général, un arrêté pour retrancher le latin de la classe des animaux malfaisants et nuisibles »
Espérons qu'encouragé par cet exemple, M. le ministre de l'instruction publique va retrancher le lapin du programme des études universitaires.
{Evcncmcnt.)
« La France vient de perdre un homme de rien, " — pour : un homme de bien. (Journal des Débats, — le lendemain de la mort de Laffitte.)
« Le conseil des monstres s'est rassemblé, " — pour : le conseil des ministres. (Moniteur.)
« Le vieux continue, » — pour : le niieiu- continue. [Même journal, — pendant la dei'nicre' maladie du prince Jérôme.)
« Les Français eurent beaucoup à souffrir des .fièvres des marais Pontins. » — >'ouvi?(S , Histoire de Napoléon.
Celte phrase avait d'abord été déchiffrée comme il suit, par un compositeur :
« Les Français eurent Leauco\ip à souffrir des fèves de marais de Pantin. »
Sans être aussi nombreuses que les coquilles de noix ou les cotpiilles de mer, les coquilles d'imprimerie abondent et plusieurs sont fort curieuses. Que ditesvous de celle-ci que j'ai trouvée dans un magnifique volume illustré, colé 30 fr.? « Le Vésuve lançait des raves » pour « lares. »
M. Guizot avait dit dans un discours : <> Accordez-moi nu peu d'attention, je suis au bout de mes forces. » Le lendemain, un journal (était-ce erreur ou malice?) lui faisait dire : u Je suis au bout de mes farces. "
Ms"" Dnpauloup, dans l'oraison funèbre du général Lamoricière, avait parlé de Vétai des consciences. La (razette du Midi imprima : l'étui des consciences.
Le Charivari a relevé dans le Journal de Cunstantinople une plaisante coquille ;
I' On le voit, disait ce journal, r asthme de M. de Lesseps va bien, v Asthme pour isthme.
Tout récemment un journal engageait les actionnaires de je ne sais plus quelle entreprise à se rendre au pié^'^c de la société. L'étourdi voulait dire au siège.
La reine des coquilles doit être celle dont parle l'Illustration : M. X. avait écrit deux volumes sur le traitement des aliénés. Le second volume se terminait par une citation du docteur Pinel. M. X., ayant remarqué à l'épreuve que cette citation manquait de guillemets, écrivit au bas de la dernière page : // faut guillemette.r tous les alinéas. Quelle ne fut pas sa stupéfaction en lisant, quelques jours après, en belles italiques, cette phrase qui terminait SOI) ouvrage : // faut guillotiner tous les aliénés. Il bondit, pâlit, et fut presque fou pendant vingt-quatre heures.
(J. Grange.)
— Voici, au courant de la plume, des coquilles relevées dans ks faits divers, annonces, feuilletons, premiers-Paris des journaux, pendant une seule semaine.
— Var dérision (décision) en date du... .M. X... a été nommé, etc.
— M. Z. est risib.'e (visible) tous les jours, de deux à quatre heures.
— M.*" continue à orner son nom de la particule, malgié la loi sur les pitres (titres).
— M. Y. assistait à la fête et portait ses décorations en sauteur (sautoir).
— On annonce la mort de M. X..., qui a braillé (brillé) pendant vingt-cinq ans dans le barreau.
— Ce régiment compte un assez grand ntmbre d'enragés (engagés) volontaires.
— La santé de M™e X..., qui avait donné des incpiiétudes à ses amis, s'est beaucoup améliorée. Elle commence à se laver (lever).
— Le célèbre professeur X... est mort subitement pendant qu'il mangeait (rangeait) sa bibliothèque. C'était un homme de rien (^1 ie ), connu par sa rapacité (capacité).
— A la vue de l'assassin, la jeune fille s'épanouit (s'évanouit).
— Un arrêté de maire :
A partir du 17 de ce mois, les habitants seront tenus d'écheuiller les pompiers (pommiers).
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Les comptes rendus des journaux belges émaillent volontiers de coquilles les discours des Chambres.
Un orateur commence :
« Messieurs les dépités (députés). »
Un autre s'écrie :
« Ah! ça, Toroits! (voyons). «
Il s'agit d'une réception. Le plus grave des journaux dira d'un immortel :
« M. X... a gardé pendant toute la cérémonie un visage impossible (impassible). ..
Un autre : « Les fonds ont été -volés (votés) par la Chambre. »
Je trouve dans une édition, d'ailleurs très-correcte, des OEwres de Gilbert, un nouvel exemple de ces fautes typographiques qui désespèrent les éditeurs et gâtent le meilleur ouvrage.
Au beau milieu de ses adieux pathétiques à la vie et à la nature, le poète, — je veux dire l'imprimeur, — s'écrie :
Au baquet Je la vie infortuné convive, {Figaro, 1857.)
Dans une belle édition du livre d'Heures de M. Affre, depuis archevêque de Paris, que publiait l'éditeur Hetzel, et dans la partie du texte relative à l'ordinaire de la messe, les compositeurs avaient imprimé au lieu de ces mots : « Ici le prêtre ôte sa calotte, » ceux-ci : « Ici le prêtre ôte sa cwlotte. » L'édition fut tirée avec cette faute. L'éditeur, heureusement ou malheureusement, au moment où on allait la brocher, la découvrit. Il fallut refaire un carton et détruire la page saugrenue.
{Souvenirs d'un libraire.)
Dans un article de Jules Janin, qui allait passer à Y Indépendance belge, l'auteur, parlant de Baden, avait dit de M. Bénazet, le fermier des jeux, qu'il était de fait le roi des eaux de Baden. — Un correcteur belge, trop instruit, corrigea et fit dire à Janin que M. Bénazet était le grand-duc des eaux de Baden. La moitié de l'édition fut tirée avec cette balourdise.
{Correspondance parisienne.)
Le journal de Caen, le Haro, rendant compte du banquet offert en 1842 à M. Guizot par les électeurs de Lisieux, disait :
« Une foule immense emplissait l'amphithéàlre. L'illustre homme d'État prend place au milieu des gredlns, et est aussitôt accueilli par les plus -vils applaudissements. »
On écrivait de Carpentras à un journal :
H Notre ville est dans la désolation : les pauvres ont pendu leur meilleur ami, M. Anastase de W. »
{L' Intermédiaire des chercheurs.)
Une bien jolie coquille est celle que les habitants de Bourg-en-Bresse découvTirent un matin dans leur Moniteur local.
C'était en 1846 ou 1847, le préfet de l'Ain entrait en convalescence après une longue maladie et la feuille départementale s'empressa d'annoncer en ces termes la bonne nouvelle :
(1 Nous sommes heureux d'apprendre à nos lecteurs que M. le préfet va beaucoup mieux. L'appétit est revenu , et avec beaucoup de foins notre digne administrateur aura bien vile repris ses forces. »
Faux Christ.
Un homme du Berri, étant entré dans une forêt pour y couper du bois dont il avait besoin pour quelque ouvrage, y fut entouré d'un essaim de mouches et en demeura fou pendant deux ans , ce qui douna à comprendre que ces mouches avaient été envovées par la méchanceté du diable. Ensuite, ayant traversé les villes voisines, il alla dans la province d'Arles, où, s'étant vêtu de peaux, il priait comme s'il eût été un religieux. Pour mieux se jouer de lui, l'ennemi du genre humain lui donna la faculté divinatrice. .\près cela, grandissant en scélératesse, il sortit de sa retraite, et quitta la province dont j'ai parlé, entra sur le territoire du pays de Gévaudan, en se donnant pour un grand homme, et ne craignant pas de se dire le Christ, après avoir pris avec lui, comme sa sœur, une femme qu'il faisait appeler Maria. La multitude populaire affluait à lui, pour lui présenter des malades qu'il guérissait en les touchant. Ceux qui venaient le trouver lui apportaient de l'or,
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de l'argent et des vêtements ; de son côté, pour les mieux réduire, il distribuait tout cela aux pauvres en se prosternant sur le sol et en se répandant en prières avec la femme dont nous avons parlé ; puis, se relevant, il oidonnait de nouveau aux assistants de l'adorer. 11 jirédisait l'avenir, et annonçait aux uns des maladies, aux autres des malheurs, à un petit noniln-e le salut à venir. Il séduisitainsi une immense multitude de peuple, et non-seulement des hommes grossiers, mais encore des prêtres de l'Eglise. Il était suivi de trois mille ■gens du peuple. Cependant il se mit à dcpouiller et à piller ceux qu'il trouva sur son chemin ; mais il distribuait leurs dépouilles à ceux qui n'avaient rien. 11 faisait des menaces de mort aux évêt[ues et aux citoyens qui dédaignaient de l'adorer. Il entra sur le territoire de la cité du Vêlai, se rendit au lieu qu'on appelle .Vnicium (le Puy), et ûl halte avec toute son armée dans les basiliques voisines, disposant ses troupes comme s'il eût porté la guerre à Aurelius, alors évc'que de cette ville; puis il envoya devant lui, pour annoncer sa venue, des messagers qui étaient des hommes tout nus, sautant et faisant des tours. L'évêque, profondément étonné, lui dépêcha des personnes capables, pour s'enquérir de ce que voulaient dire les choses qu'il faisait. L'un de ces derniers, qui était le chef, s'étant incliné comme pour lui embrasser les genoux, et lui faire faire place sur la voie publique, donna l'ordre qu'on le saisît et (pi'on le dépouillât, et immédiatement, tirant son épée, il le tailla en pièces; et ainsi tomba ce Christ, qui mérite plutôt le nom d' Antéchrist, et il mourut; et tous ceux qui étaient avec lui se dispersèrent. Quant à sa Maria, livrée aux supplices, elle dévoila toutes les impostures et toivs les prestiges dont il s'était servi.
(Grég. de Tours, Histoire cccléùastitjne des Francs.)
Faux ^iais.
Du vivant du grand Henri , un jeune seigneur des plus illustres maisons de France, étant arrivé de bonne heure au Louvre , poiu' se trouver au lever de Sa Majesté, vit dans la grande salle des gardes un vieux soldat qui s'amusait à re garder les tapisseries. Il s'imagina que c'était (pielque vieux Gaulois à la bonne
foi ; il l'accoste , et lui demande quelle histoire il voyait là. L'autre, contrefaisant le simple, lui dit les plus excellentes impertinences qui se pouvaient imaginer, dont ce jeune seigneur pâmait de rire.
Pensant avoir trouvé nue occasion signalée de donner du passe-temps au roi , il court à son lever, et lui raconte l'aventure qui lui était arrivée de la rencontre du plus excellent badin qui fût jamais, lui récita quelques-unes de ses visions, qui agréèrent fort au roi. 11 fut ([uestion de faire entrer ce beau niais, pour ouïr les merveilles de ses sottises. Ou l'amène ; le roi , qui le connaissait dès son enfance, pensa le nommer d'abord, si l'autre ne lui eût fait signe de dissimuler.
Alors ce jeune seigneur se met à lui faire les mêmes propositions qu'il eût faites à un insensé ; l'autre contrefaisant si naïvement l'ignorant, l'idiot et le simple qu'on ne vit jamais un si plaisant fou. Apres un long passe-temps, le rideau de la comédie se lira et il se trouva que ce vieux croqueux était un Béarnais , l'un des pbis vaillants dragons que le roi eut autour de soi , lorsqu'il était encore roi de Navarre , et l'un des plus fins espions qui fût en Europe, qui, pour le service de Sa Majesté, avait visité les plus importantes places de la chrétienté, et en avait rapporté fidèlement les plans et les défauts. Aussi était-il pensionnaire du roi à nu haut appointcment. Ce fut au jeune seigneur à boire le calice tout entier que luimême s'était mêlé (1).
(Le Boi/ffon de la cour.)
Le duc de Lauzun était extraordinaire en tout par nature, et se plaisait encore à l'affecter, jusque dans le plus intérieur de son domestique et de ses valets. Il contrefaisait le sourd et l'axeugle pour mieux voir et entendre sans qu'on s'en défiât, et se divertissait à se moquer des sots , même des plus élevés, en leur tenant des langages qui n'avaient aucun sens. Ses manières étaient toutes mesurées , réservées , doucereuses , même respectueuses ; et de ce ton bas et emmiellé il sortait des traits perçants et accablants par leur
(i) Tallem.niit des Ré.-mx, (t. III , p. 333, in o) rnciintc la même lii^torictto : il l'attribue au vieux Sii;(ingnc ; le jeune j>fr>ifli'ur est Itassompierre.
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