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perfidie. « Ingrat, lui dit-elle, ingrat que -vous êtes! vous me traitez ainsi, quand je me donne une peine de chien pour engager ce jeune homme, qui doit être un jour immensément riche, à épouser votre fille... » Une explication si essentielle apaisa tout : on consentit à ne plus troubler la négociation, et le mariage fut déclaré, en effet, quelques mois après.
( Grimm, Correspondance.)
Agioteur moaraut.
Unmississipien (1; était aux prises avec la mort, il avait la tète remplie d'acfions , de primes, de marché ferme , du premier timbre , du second timbre. Son confesseur l'exhortait à bien mourir, et lui représentait qu'il devait bientôt rendre compte de ses actions. Ce mof d'actions le frappa. « Je vous prie , dit-il , à son confesseur, de m'apprendre sur quel pied elles sont. Seraient-elles baissées? »
(^Bibliothèque de la cour. )
Aîné et cadets.
L'armée d'Henri IV et celle du duc de Jovcuse étaient prêtes à en venir aux mains : avant le commencement de l'action, le roi de N'avarre, se tournant vers les princes de Condé et de Soissons , leur dit, ax'ec cette confiance qui précède la victoire : « Souvenez-vous que vous êtes du sang des Bourbons ; et, vive Dieu ! je vous ferai voir que je suis votre aîné. — Et nous , lui répondirent-ils, nous vous montrerons que vous avez de bons cadets. » (Henriciana.)
Allég^orîc audacieuse.
Pendant que Giotto travaillait dans une salle où il laissa son portrait parmi ceiu de plusieurs hommes fameux, le roi Ro- ])ert le pria, par je ne sais quel caprice, de peindre le royaume de Naples. Giotto, dit-on , représenta un âne couveit d'un btit, surmonté d'une couronne et d'un sceptre. A ses pieds se trouvait un autre bât tout neuf, également chargé des insignes royaux. L'àne le flairait, et semblait désirer qu'on le mit à la place de
(i) C'est-à-(liro un parvenu , enrichi par le srslème de La», fondé sur l'c\ploitati«n du vaste territoire arrosé par le Missitsipi.
celui qu'il avait sur le dos. Le roi ayant demandé ce que signifiait cette allégorie, Giotto répondit que l'âne était l'image fidèle du royaume de ^'aples, qui chaque jour désirait passer sous un nouveau maître.
(Vasari, Fie des peintres.)
Allusion.
Le cardinal de Richelieu, pour presser la publication du Dictionnaire de l'Académie, ayant rétabli une pension de 2,000 livres qu'avait autrefois Vaugelas et qu'on avait supprimée, celui-ci alla remercier le Cardinal , qui lui dit : « Eh bien, Monsieur, vous n'oublierez pas du moins dans le Dictionnaire lemotdc r>effsion. — Non, Monseigneur, répliqua Vaugelas, lui faisant une révérence fort profonde, et moins encore celui de reconnaissance. »
(Pellisson, Hist. de l'Académie.)
Le citoyen de Genève , passant par Amiens, fut voir M. Gresset. L'académicien le questionna beaucotqi , et mit tout en œuvre pour engager la conversation. Rousseau , qui ne voulait s'entretenir que de choses indifférentes, comme c'était sa coutume , lui dit : « Monsieur Gresset, vous avez fait parler un perroquet, mais vous ne ferez jamais parler an ours ». Le philosophe faisait allusion au mot du poète qui avait dit peu auparavant en parlant de lui : « C'est dommage qu'un pareil philosophe soit un peu ours. » {Journal de Paris, n87.)j
Lorsque le duc Jean d'Anjou s'approcha de Naples, à la tète d'une grande armée, pour s'emparer de cette ville, il fit mettre sur ses drapeaux le passage de l'Évangile de saint Jean : «■ Fuit homo missus à Dec cul nomen eratJoannes. » Alphonse d'Aragon, qui défendait la ville , lui répondit par cet autre passage de l'Écriture, pris du même endroit, et qu'il plaça également sur ses drapeaux : « Venit et non receperunt eum. »
On a appliqué au coi ps des médecins ce passage de l'Écriture sainte ; « Non mortui laudabunt te. Les morts ne chanteront pas vos louanges, a