‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 110 sur 156 · FET · texte numérisé non relu

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s'extasiait, de s'écrier : « Ali ! mon cher Pi Ilot, que tu es laid! »

(Esprit de Sophie Ariioiild.)

Femmes.

Voltaire, étant chez M™*" du Cliàtelet , jouait avec un enfant qu'il tenait sur ses genoux. Il se mit à jaser avec lui et à lui donner des instructions. « Mon petit ami , lui disait-il , pour réussir avec les hommes, il faut avoir les femmes ponr soi ; pour avoir les femmes pour soi , il faut les connaître. Vous saurez donc que toutes les femmes sont faussses et cat... — Comment! toutes les femmes!

s'écria madame du Chàlelet en colère ; que dites-vous donc là? — Madame, reprit Voltaire, il ne faut pas tromper l'eni'ance. » (Encrclopédiana.)

Le Guide a représenté la Tentation du premier homme ; et comme il est dit dans la Genèse, que le serpent qui séduisit Exe lui parla beaucoup, le Guide a donné au serpent une tète de femme.

Un prédicateur, prêchant sur l'évangile de la Samaritaine, dit : « Ne soyez pas surpris si cet évangile est si long; c'est une femme qui y parle. "

[Bil'liotlièque de société'.)

Un antre prêchant devant des religieuses le jour de Pâques , dit que Jésus- Ghrist ressuscité apparut d'abord aux femmes afin que la nouvelle de la résurrection fût plus tôt répandue. Id.)

Femmes (Domination des).

Il y avait un curé à Sainte-Opportune qui disait au prône qu'il donnerait des pois pour le carême à ceux qui n'obéissaient point à leurs femmes. Quand il avait questionné les maris, pas un n'emportait de ses pois. Un crocheleur y alla, bien résolu d'en avoir. Le curé l'interroge sur la taverne, etc. Il ne le pouvait attraper. « Prenez donc des pois, » dit-il. Comme le crochetcnr remplissait son sac : « Vous deviez, ajouta-t-il, en prendre un plus grand. — Je le voulais, dit le crocheteur, mais notre femme n'a pas voulu. — Ah ! je vous tiens, dit le curé, vous n'avez que faire de sac ; laissez mes pois. »

(Tallemant des Réanx .)

Femmes (Règne des).

M"|« la duchesse de Bourgogne, entendant un soir le roi et M'"*" de Maintenon parler avec affection de la cour d'Angleterre dans les commencements qu'on espéra la paix pour la reine Anne : n Ma tante, se mit-elle à dire, il faut convenir qu'en Angleterre les reines gouvernent mieux que les rois, et savez-vous bien pourquoi , ma tante.' » et toujours courant et gambadant , « c'est que sous les rois ce sont les femmes qui gouvernent, et ce sont les hommes sous les reines. » (Saint-Simon, Mémoires.)

Femmes (Respect pour les).

Jean le Maingre, dit Boucicaut, maréchal de France, et lieutenant pour le roi Charles VI à Gênes, se promenant un jour à cheval par la ville , rencoiâra deux courtisanes vêtues à la mode du pays, qui lui firent la révérence, et lui pareillement à elles. Hugui nin de Coligiiy, qui était devant lui, s'arrêta, lui dit : » Monseigneur, savez-vous qui sont ces deux dames qui vous ont salué.' — Je ne sais, « dit le maréchal. « Hugnenin lui répliqua: « Ce sont des filles de joie. — Je ne les connais pas, répondit-il; mais j'aime mieux avoir fait la révérence à des filles de joie que d'avoir manqué à saluer une femme de bien. »

(Enc \ clopédian a . )

CVst la même anecdote que raconte ainsi le Bouffon de la cour:

Un grand d'Espagne ayant salué une femme perdue, qui lui avait fait la révérence , comme on lui dit que Sou Excellence faisait tort à sa dignité : « C'est assez, dit-il, que ce soit une femme (1). "

Bassompierre a toujours été fortcivil et fort galant. Un de ses laquais ayant vu une dame traverser la cour du Louvre, sans que personne lui portât la robe, alla la prendre en disant : « Encore ne serat-il pas dit qn'im laquais de M. le maréchal de Bassompierre laisse une dame

(i) Louis XIV, à la chasse ou en vo\agc, ne passait jamais devant une femme sans ôlcr .'on I chapeau.

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comme cela. >> C'était la feue comtesse de la Suze. Elle le dit au maréchal, qui sur l'heure le fit valet de chambre.

(Tallemant des Réaux.)

Pemmes (Rivalité dé).

M"6 Le Couvreur ne jouit pas longtemps des lauriers qu'elle avait cueillis sur la scène; on prétend que ses jours furent abrégés par le poison. Parmi le nombre des adorateurs que ses talents lui avaient attirés , le chevalier de Saxe était le seigneur en faveur. Elle lui sacrifia presque tous ses rivaux; je dis presque tous, parce qu'elle s'était réservé seulement deux ou

trois amis de cœur, entre autres M. de

Le jeune chevalier, qui en avait conçu de la jalousie, un soir, après avoir reçu de sa chère actrice les protestations de la plus exacte fidélité, se retira l'air satisfait; mais soupçonnant que son rival ne tarderait pas à s'introduire sitôt qu'on le croirait parti, il s'arracha un cheveu, qu'il attacha avec de la cire sur la porte et au pilier. Il revint une heure après, et trouva le cheveu rompu. Il frappe, on lui ouvre; il fait des recherches, et trouve l'amant caché. Cette aventure, qui aurait dû les brouiller, ne servit qu'à le lui attacher davantage. Je ne sais de quelle- l.icon i hab le comédienne se tira d'afiaire; mais elle trouva !g moyen de se justifier. Le chevalier convint que c'était lui qui avait tort. M. de renonça de bonne foi à sa passion , et continua d'avoir ses entrées dans la maison en qualité d'ami. L'attachement de Ml'"^ Le Couvreur augmenta si fort pour le chevalier, qu'il n'eut plus lieu de la soupçonner; et lorsqu'il partit pour se faire recevoir duc de Courlaude, elle vendit une partie de ses diamants, et engagea le reste dont elle fit une somme considérable, qu'elle força le chevalier d'accepter. Lorsqu'il fut de retour, il satisfit à la reconnaissance, mais non pas à la fidélité. Il donna dos rivales à sa généreuse actrice. Madame la duchesse de B., suivant la chronique scandaleuse, exigeait qu'on lui sacrifiât la Le Couvreur. Un jour que l'on jouait Plicdre, cette duchesse de H. était aux premières logos; la Le Couvreur l'aperçut, et ne p'.it modérer sa jalousie. Dans la scène troisième du troisième acte, Phèdre dit ces vers àOEuone :

Il iv ne suis point de ces femmes hardies, Qui, goûtant dans le crime une constante paix. Oui su se faire un front qui ne rougit jamais. "

Au lieu d'adresser ces vers à sa confidente, la Le Couvreur, qui jouait le rôle de Phèdre, les jirononça en se tournant du côté de la duchesse, qu'elle parut apostropher avec indignation. Le public, qui était au fait, applaudit beaucoup. La duchesse frémit de rage, et, dès ce moment, résolut la perte de sa rivale. Peu de temps après , un petit abbé fit un présent de confitures et autres douceurs qui fit passer à la pauvre Phèdre le goût des vanités de ce monde (1).

(Favart, Mémoires.)

Femmes {Âme des).

Un Espagnol a dit que les bêtes n'ont point d'àme; un Français l'a dit aussi; mais un Italien, plus outré, s'est avisé de soutenir que les femmes n'ont point d'àme, et ne sont pas de l'espèce des hommes : ce que l'auteur tâche de prouver par plusieurs passages de l'Ecriture sainte, qu'il ajuste à sa fantaisie. Tant que ce livre ne parut qu'en latin , l'inquisition ne dit rien ; mais dès qu'il fut traduit eu italien, e le le censura, et le défendit. Les dames d'Italie prirent ce système bien diversement; les unes étaient fâchées de n'avoir point dame, et de se voir si fort ravalées au-dessous des hommes, qui les traiteraient dorénavant comme des guenons ; les autres, assez indifférentes, ne se regardant plus que comme des machines, se promettaient de faire si bien jouer leurs ressorts, qu'elles feraient enrager les hommes.

(Yigneul-Marville.)

Femmes acariâtres.

Milton, devenu aveugle, se maria en troisièmes noces à une femme très-belle , mais d'un caractère violent et d'ime humeur aigre et difficile. Lord Buckingham ayant dit un jour à son mari, en plaisantant, qu'elle était une rose : <i Je n'eu puis juger par les couleurs, répondit tristement Milton , mais j'en juge par les épines. >■

(Pauckducke.)

(i) Cette rivalité de la comédienne et de la duchesse de Bouillon, etl'empoisonnement de cellelà par celle-ci, qui n'est rien moins que prouvé, fiirmi-nl le sujet du drame de M. Lcgouvé, intitulé Jtirifnne Lecouvrenr, qui était un des triomphes de Mlle Rachel.

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Un jour, je ne sais quelle femme attendit le chancelier de Sillt ry-Brulart à sa porte et lui chanta pouilles. Il appela un homme qui était avec elle, et lui demanda s'il la connaissait. «■ Oui, Monsieur, lui répondit cet tiomme, c'est ma femme. — Et combien y a-t-il que vous êtes avec elle ? — Il y a dix ans, Monsieur. — Vous devez, reprit-il , vous être bien ennuyé, car il n'y a qu'une demi-heure que j'y suis, et j'en suis déjà bien las. » (Tallemant des Réaux.)

Femmes cruelles.

Pendant le supplice de Damiens, qui a duré deux heures entières, aucune des femmes qui y étaient présentes ( et il y en avait un grand nombre, et des plus jolies de Paris) ne se sont retirées des fenêtres , tandis que la plupart des hommes n'ont pu soutenir ce spectacle, sont rentrés dans les chambres et que beaucoup se sont évanouis ; c'est une remarque qui a été faite généralement. Il passe aussi pour constant que la jeune madame Préandeau, la nièce de Bouret, qui avait loué des croisées, avait dit en voyant la y)eine que l'on avait à écarteler ce misérable : « Ah! Jésus, les pauvres chevaux, que je les plains ! » Je n'ai point entendu ce propos, mais tout Paris le donne à cette petite madame Préandeau, qui est une des plus belles, mais des plus sottes créatures que Dieu fit.

(Collé, Journal.)

Femme forte.

Jeanne d'Albret ayant voulu suivre son mari aux guerres de Picardie , le roi son père lui dit qu'il voulait que si elle devenait grosse, elle revint enfanter en fa maison. Cette princesse se trouvant enceinte, et dans son neuvième mois, partit de Compiègne , traversa toute la France jusqu'aux Pyrénées, et arriva, en quinze jours, à Pau dans le Béarn : « Et afin que tu ne me fasses pas une pleureuse, ou une rechignée , lui dit son père, je veux qu'en accouchant tu chantes une chanson béarnaise , et quand tu enfanteras, j'v veux être » Entre minuit et

une heure, le 13 décembre 1553, les douleurs de l'enlantement prirent à la princesse; son père, averti, descend.

L'entendant venir, Jeanne chante la

chanson béarnaise qui commence par :

Xolre-Danie du bout du pont, aidez-moi en cette heure... Etant déliviée, le roi mit une chaîne d'or au cou de sa fille , lui donna une boile d'or où était son testament , et lui dit : n Voilà qui est à vous, ma fille, mais ceci est à moi, » prenant l'enfant dans sa grande robe , sans attendre qu'il fût bonnement accommodé, et l'emporta dans sa chambre. Cet enfant était Henri IV.

(Saint-Foix, Essais liist.)

Femmes g^alantes.

Un officier passant par Lyon , où l'on jouait Alcibiade , indigné, au quatrième acte, de la manière cruelle dont l'actrice qui jouait Palmélo traitait un héros si passionné et si intéressant , se leva de sa place , et par un enthousiasme de bonté d'àme , dit tout haut à l'acteur rebuté : « Eh ! que diable ! donne-lui quatre louis , comme j'ai fait tantôt, et tu en viendras à bout, sur ma parole. »

[Comediana.)

Une dame se plaignait amèrement dans une compagnie, de ce qu'on l'accusait d'avoir eu six enfants d'un homme de condition qu'elle nomma. "■ Que craignezvous , madame, lui dit quelqu'un qui la connaissait bien, les gens bien nés ne savent-ils pas qu'il ne faut jamais croire que la moitié de ce que l'on dit (1) ? «

(^Dictionnaire d^ anecdotes.)

Madame Brisard, célèbre par ses galanteries , étant à Plombières , plusieurs femmes de la cour ne voulaient point la voir. La duchesse de Gisors était du nombre; et, comme elle était dévote, les amis de madame Bi isard comi)rirent que, si madame de Gisors la recevait, les autres n'en feraient aucune difficvillé. Ils entreprirent cette négociation et réussirent. Comme madame Brisard était aimable , elle plut bientôt à la dévote, et elles en \inr«it à l'intimité. Un jour, madame de Gisors lui fit entendre que, tout en concevant très-bien qu'on eût une faiblesse, elle r.e comprenait pas qu'une

(i) Celle réponse est une Je celles qu'nn a lirèlcci le plus souvent à tieî personnages très-

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femme vînt a multiplier à un certain point lenomI)re de ses amants. « Hélas! lui dit madame Brisard, c'est qu'à chaque fois j'ai cru que celui-là serait le dernier. »

(Chamfort.)

L'inlidéiité de Ml'c Hus a piqué l'amour-propre de M. P.crtiu , qui s'est ofiVit par désespoir et par vengeance à Mlle Arnould ; et comme le déjnt est toujours généreux , ledit M. Berlin a proposé des avantages si considérables à cette princesse lyrique, qu'elle l'a trouvé iieaucoup plus aimable que son cher M. de Lauraguais, à qui elle a écrit sur-lechamp une lettre très-polie, dont voici la substance à peu près :

« Monsieur, mon cher ami , « Vous avez fait ime fort belle tiagédie , qui est si belle que je n'y comprends rien , non plus qu'à votre procédé. Vous êtes parti pour Genève, afin de recevoir une couronne des lauriers du Parnasse de la main de M. de A'oltaire ; mais vous m'avez laissée seule et abandonnée à moi-même : j'use de ma liberté, de cette liberté si précieuse aux philosophes , pour me passer de vous. i\e le trouvez pas mauvais ; je suis lasse de vivi e avec un fou qui a disséqué son cocher et qui a voulu être mon accoucheur, dans l'intention sans doute de me disséquer aussi moi-même. Permettez donc que je me mette à l'abri de votre bistouri encyclopédique.

« J'ai l'honneur d'être, etc. >> A la lecture de cette lettre, M. de Lauraguais s'écria en frappant sur l'épaule de son valet de chambre : k Fabiaa , soutiens-moi, ce coup defoudre est grand (1).» Il ordonne des chevaux de poste; il part ilans le dessein d'immoler la perfide, mais elle avait eu la prudence de se mettre sous la protection du ministre. Une maison richement meublée est déjà préparée par M. Bertin pour sa nouvelle sultane. L'est imaide épouse de M. de Lauraguais envoie chercher la demoiselle Arnould, et lui dit : « Je vous meis en possession d'une terre, et je vous assure deux mille écus de rente, mais aux conditions que je vais vous prescrire : c'est que vous ne verrez plus mon mari, c'est que vous n'aurez point d'autre amant, et que vous quitterez l'O-

(i) Vers (le Poheucle.

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péra. Vous avez, ajouta-t-elJe, des enfants de M. de Lauraguais ; je vous fais un état honnête , afin qu'il ne soit pas dit que ces pauvres enfants-là soient fils de p..... » Faites vos réflexions! Après y avoir pensé un moment (car cela mérite qu'une fille d'Opéra y pense), M'ie Arnould, pénétrée de tant de bontés, se jette aax genoux de sa bienfaitrice, et consent.

(Favart, Mémoires.)

Femme snpérienre.

Comme l'impératrice (Catherine II) pas- ■ sait en revue assez rapidement les systèmes des législateurs de la Grèce, "de l'Asie, de Rome et de lArabie, je lui dis qu'elle paraissait avoir perdu tout à fait le droit de dire du mal des savants, selon son habitude :

'< Ah ! dit-elle, vous me louez en gros; mais je parie que, dans les détails, vous trouvez en moi bien des sujets de critique. Je fais à tous moments des fautes de langue et d'orthographe. M. de Ségur conviendra que j'ai parfois la tète bien dure, puisqu'il n'a pu parvenir à me faire composer seulement six vers, et en vérité je crois, malgré ses éloges, que, si j'étais particulière en France, ses charmantes dames de Paris ne me trouveraient pas assez aimable pour m'inviter à souper.

~ ^""Sf- j je vous prie , Madame, n'écriai-je alors, que je représente ici • près de vous la France, et que je ne dois pas souffrir qu'on la calomnie ainsi. >. Comme l'impératrice était en train , continuant sur ce ton, elle nous dit : '<■ Allons ! que croyez-vous que j'aurais été dans le monde si j'y fusse née homme et particulier? »

M. Fitz-Herbert répondit qu'elle aurait été un profond législateur; Cobenizel , un grand ministre ou \m ambassadein-; moi , je l'assurai qu'elle serait devenue un général très-renommé.

'c Ah ! pour le coup , reprit-elle , vous vous trompez, car je connais ma tête:

elle est ardente. J'aurais tout risqué pour chercher la gloire, et, n'étant que sous lieutenant , dès la première campagne je me serais fait casser la tête. »

Un autre jour, no\is parlions de toutes les conjectures qu'on allait faire en Europe sur son voyage. A cet égard nous étions tous du même avis, et nous pré-

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tendions que partout on allait se fîçurer qu elle et l'empereur voulaient conquérir a Turquie la Perse, peut-être même 1 Inde et le Japon ; enfin qu'en ce moment le cabinet voyageur de Catherine occupaît et niquiétait tous les autres.

'< Ce cabinet de Pétersbourg, dit-elle qui flotte aujourd'hui sur le Dnieper, parait donc bien grand, puisqu'il donne aux autres tant d'occupation?

— Oui, Madame, dit alors le prince de Ligne , et je n'en connais cependant pas un plus petit, car il n'a que quelques pouces de dimension : il s'étend depuis une tempe à l'autre, et depuis la racine du nez jusqu'à celle des cheveux. »

(Ségur, Mémoires.)

Femmes {les) et la politique.

Bonaparte n'aimait pas qu'une femme se mélàt de balancer les intérêts des États. A l'époque où il n'était encore que général, il se trouva dans un cercle, où M"'e Je Staël venait, dans une espèce de dissertation aussi spirituelle que bien raisonnée, de juger les différents partis qui avaient successivement gouverné la France. Tout le monde joignait son avis au sien et applaudissait à son esprit : Bonaparte seul se taisait , elle s'en aperçut. « Eli bien ' général , est-ce que vous n'êtes pas de mon avis? —Madame, je n'ai pas écouté parce que je n'aime pas que les femmes se mêlent de politique. — Vous avez raison gênerai, répondit l'aimable raisonneuse; mais dans un pays où ou leur coupe là tèle, il est naturel qu'elles aient envie de savoir pourquoi. » (Staslliana.)

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