‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 115 sur 156 · FIE · texte numérisé non relu

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de guerre avaient été exécutés exprès par les ordres du ministre de la gueire. Ou ne tiit pas si un liymne guerrier a été chanté aux accompagnements de la lyre en l'honneur de ce ministre; mais on assure que les divers exercices de la fête ont vivement amusé les lycéens et les philologues.

Fiançailles royales.

La princesse Louise, fille de François l"""", née le 4 août 15 là, avait été', dés le berceau, promise an roi dEspagne; mais elle mourut eu 1518. Charlotte, née le 23 octobre 1516, ne vécut pas au delà de Tannée 1524.

La Rochebeaucourt, qui remplissait alors en Espagne les fonctions d'ambassadeur, rapporte de la manière la plus grave le plaisant entielien que Charles- Quint eut avec M. de Chievres, son gouverneui', lorscpi'il apprit la mort de sa fiancée, la |)rlncesse Louise : n Coitiment, monsieur de Chièvics, csl-ce ma femme?

J'en suis terriblement couiroucé! Voilà une grande infortune. » Mais, après quelques instants de silence , il releva la tète et dit : « N'est-ce pas écrit dans nos traitésqu'à défaut de Madame Louise, je dois éjiouser Madame Charlotte? — Oui, Sire, lui répondit ^I. de Cliièvres. — Et di; comljieu d'années est-elle plus jeune que Madame sa sœur? — D'un an. — - C'est donc , reprit Charles à peu près consolé, c'est donc un an perdu; mais pour cela je ne laisserai pas de ré|)ouser, afin de toujours entretenir les meilleures relations avec le roi mon bon père. »

( B. Hauréau, François P'^ et sa cour.)

Fiancé taciturne.

Louis XV, à seize ans, était aussi peu galant qu'il l'était beaucoup à cinquante. Il pleura quand on lui annonça son mariage avec l'infante d'Espagne, jeune et jolie; et il ne se consola que quand on ! 1 assiu'a qu'il ne coucherait de longtemps avec elle. Quand elle arriva en France, le roi alla au devant d'elle au Bourg-la- Reine. Il l'embrassa , sans lui dire wn mot. II revint à Paris pour la recevoir au Louvre. Il resta encore muet, ce qui fit dire à la jeune princesse que ce roi était l"MM, mais qu'il ne parlait pas plus que l'oupée.

(Soulavie, T le privée tlit maréchal dr IHclir/icu,)

Fi<lélîté au lunllieur.

On demandait dernièrement à un célèbre gastronome, qui était attaché à un grand seigneur de l'ancienne cour, s'il voyait toujours Monseigneur. « Si je le vois, répondit vivement notre homnn-, pouvez-vous le demander? Ah! moi, je n'abandonne pas mes amis dans la digràce. Avant le 31 mars, je n'y dînais qu'une fois par semaine, maintenant j'y dine tous les jours. »

(Le Xaiii Jaune.)

Fierté.

Dans le temps qu'Aristippe vivait à la cour de Ptolémée, fils de Lagus, ce prince le nomma son ambassadeur près de Lvsymaque. Comme Aristippe parlait fort librement, Lysimaque lui dit : «■ N'est-il pas vrai que tu as été chassé d'Athènes? — Oui , répondit-il , on t'a renseigné exactement : Athènes n'a pu me garder, semblable à Séniélé qui fut trop faible pour porter un dieu. ><

( Diogène de Lnërle.j

Le père de Voltaire se proposa de lui acquérir une chaige de conseiller an pailement , ou quelqu'autre office honolable; mais la réponse constante du fils fut : « Je ne veux point d'une considération qui s'achète; je saurai m'en faire une qui ne coûte rien. »

( Panckoucke.)

Une jeune personne , sur une promesse de mariage, se laissa séduire par son penchant et par les larmes et les transports de son amant. Cet amant devint tout à coup très-riche et ne voulut plus tenir sa promesse ; les parents de celte jeune personne le poursuivirent , malgré elle , en justice, et le firent condamner à l'épouser, ou à lui donner cent mille francs : " Je refuse l'un et l'autre , ditelle, quand on vint lui arinoncer cet arrêt ; je ne vc\ix ni vendre ma pudeur, ni être la fennne d'un mallionnéte homme. « File se fit religieuse.

(Saiat-Foix, £««« sur Paris.)

Fièvre.

Sully s'étant présenté à la [)orle du cabini't tiu roi, ([iii lui avait donné [>«•

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rôle qu'ils passeraient eiiseiuhle la matinée à travailler, le roi lui fit dire de s'en retourner, et de revenir l'aprèsdînée ; qu'il avait la fièvre, et n'était pas en état de se lever. Sully se défia de ce qui pouvait être , attendit dans l'antichambre, et vit passer, quelques heures après, une jeune personne mise galamment, et habillée en vert, qui sortait de la chambre de S. M. Le roi parut ensuite lui-même et affeêta d'être incommodé. « Sire, luidit Sully, je pensais que votre fièvre était passée. Au moins l'ai-jevue descendre l'escalier "habillée de vert (1). ..

( Dreux du Radier, Récréation.!: Jiistoriqites.)

Pîgurant*

C'était à une répétition.

Un acteur de troisième catégorie, — autant dire un figurant, — avait à annoncer une visite. Et d'une voix caverneuse il s'écriait en gonflant ses joues :

« Madame la comtesse de Yalbreuse !... »

Cette façon de débiter cette chose était si grotesque que le diiecteur crut devoir intervenir :

« Voyons, mon ami, pourquoi prenezvous ce ton boursouflé. Dites simplement et natiirellement : « Madame la comtesse de Valbreuse ! «

— Comment, monsieur?... Mais il faut donc que je parle comme si je ne jouais pas la comédie?... »

( P. Véron, Monde illustre.)

Fille achetée.

Un peu après que je fus sorti du collège , le valet de chambre de mon gouverneur, qui était mon tercero (complaisant) , trouva chez une misérable épinglière une nièce de quatorze ans , qui était d'une beauté surprenante. Il l'acheta pour moi 150 pistoles, après me l'avoir fait voir; il lui loua une petite maison à Issy, il mit sa sœur auprès d'elle, et j'y allai le lendemain qu'elle y fut logée. Je

(i) Le conte est imaginé sur un aulre l)iin jilus ancien, mis en épigramme pav Hilaire Courtois (Cortesius), porte normanil, dont les poésies latines parurent a Paris en i553, in-S", sous le titre de f^nlniui/la. La même liistoire a reparu l>liis d'une fois depuis. Ainsi on la relrouve dans les Tableaux de lu bonne comj.rignie (17S7, t. l, p. 27), etc.

la frotivai dans un abattement extrême et je n'en fus point surpris, parce que je l'attribuai à la pudeur. J'y trouvai quelque chose de plus le lendemain , qui fut une raison encore plus stirprcnante et plus extraordinaire que sa beauté, et c'était beaucoup dire. Elle mé parla sagement, saintement, et sans emportement :

toutefois, elle ne pleura qu'autant qu'elle ne put pas s'en empêcher; elle craignait sa tante à un point qui me fit pitié. J'admirai son esprit , et après j'admirai sa vertu. Je la pressai autant qu'il le fallait po ir l'éprouver. J'eus honte pour moimême. J'attendis la nuit pour la mettre dans mon carrosse, je la menai à ma tante de Maignelais, qui la mit dans une religion, oii elle mourut huit ou di.x ans après eu réputation de sainteté.

( De Retz, Mémoires.)

Filous.

Un Vénitien, ayant aperçu un Françai qui venait de serrer sa bourse en sot sein, et, cela fait, entrait dans une gouJ dole pour passer le trajet (comme c'esl la couttime à Venise) , entra après lui , mais en entrant se jeta si lourdement ei fit tellement pencher la gondole du rôta oii était ledit Français, qu'il le Ut tond)eB à l'eau. Alors lui aussi s'y jetant vilement j le retira, mais ce ne fut pas sans lui tirel tout d'un coup cette bourse du sein!

Ce qu'il fit toutefois si dextrement , que lui ne s'en aperçut [)oint sinon qu'alors qu'il n'y avait pins de remède. Ai s'en alla l'Italien emportant la bourse j outre plusieurs remercimenis que lu avait faits le feu maître d'icelle.

( H. Estienne , Âpolo^. pour Hérodote.:

M. de la Roche, gentilhomme ordinaire du roi, et jouet habituel de la cour, à cause de sa grande loquacité , de sa naïveté et de la familiarité origiiiale qu'il affectait même auprès du souverain , essuva une aventtn'c piquante, et qui ne lit qu'apprêter davantage à rire à ses dépens. Allant de Paris à Versailles pour son service, il se trouve dans une voittn-epublique à deux places, à coté d'un homme bien mis, (pii en chemin lui propose du tabac. ■< Je n'en prends jamais, répondit-il ; j'ai cependant une assez belle boîte, comme vous vous le voyez: c'est t:n présent du feu roi. <> En disant cela, il montre une superbe tabatière, oii

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