FIN
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que la conipagiiie se mit à rire. « Mais , monseigneur, lui dit-on , est-il possible qu'un s:iint friponne au jeu ? — Ah ! répli- (jua l'arclievèque, il disait pour ses raisons, que ce qu'il gagnait était pour les pauvrts (1). ■»
{Galerie de l'ancienne cour.)
Financiers.
Sébastien Zamet , financier très-riclie mais de basse extraction , à la signature du contrat de mariage d'une de ses filles, répondit froidement au notaire qui lui demandait ses titres et qualités : u Qualillez-moi seigneur de dix-sept-cent mille écus. »
(Improvisateur français.)
Mézeray" n'aimait pas les traitants. A l'ouverture de son scellé, on trouva, au fond d'un coffre, un écu d'or frappé an coin de Louis XII. Cet écu était enveloppé de différents morceaux de papier, dont le dernier, écrit et signé de sa main, portait ces paroles : « Il y a plus de trente ans que je garde le présent écu d'or pour louer une fenêtre à la place de Grève, lorsqu'on y pendra un maltôtier. »
On reprochait à l'abbé Terrai qu'une de ses opérations ressemblait fort à prendre l'argent dans les poches. Il répondit : <i Eh ! où voulez-vous donc que j'en pienne .-' »
(J/manacIt littéraire, 1791.)
31. de Talleyrand ayant envoyé clicrcherM'", célèl)refinaiiciei-munitionnaire, ou vint lui dire qu'il était allé prendre les eaux de Barèges. « Je le reconnais l)ieu là ! s'écria le ministre , il faut toujours qu'il prenne quelque chose. »
M. Aguado , eu mourant, laissa une fortune de 40 millions; mais on le croyait plus riche encore. M. Rothschild dit :
" 'liens, ce pauvre Aguado, je le croyais l>lus à son aise. »
Cinq ans après ^Vaterloo, le baron de
(i) V. Tricherie.
Rolhschild fit une chute de cheval qui mit sa vie en danger.
Dupnylren accourut et fit une opération effroyable , après laquelle il crut pouvoir répondre des jours du financier; mais il ajouta qu'uneémotion Ires-violente pourrait le tuer net.
A peine Dupuytren eut-il dit ces mots qu'on lui apporta une lettre; il l'ouvrit en présence du baron et poussa un cri.
« Qu'y a-t-il .' » demanda M. de Rothschild d'une voix faible.
I^e chirurgien, oubliant sa propre recommandation, s'écria :
« Le duc de Berry vient d'être assassiné à l'Opéra ! »
Et il se sauva.
Dupuytren n'était pas encore dans l'antichambre que le malade, la face livide, la tête enveloppée dans des linges ensanglantés , se soulève sur son lit , et avec ce qui lui reste de force, il s'accroche au cordon de la sonnette et le tire violemment.
De toutes parts on accourt :
« Vite ! s'écrie le baron , mes chefs de bureau ! que des courriers partent sni' l'heure! Le duc de Bercy assassiné! Il faut vendre ! il faut vendre ! »
Et, épuisé par ce suprême effort, il retombe lourdement sur l'oreiller.
(A. Wolf, Figaro.)
Financiers {Utilité des).
Un petit intéressé dans les affaires , faisant l'éloge des financiers, disait qu'il n'y avait qu'eux qui soutenaient l'État : <c Cela est vrai, dit une personne , les gens d'affaires soutiennent la France, de même qu'une corde soutient un pendu, en l'étranglant. »
(Carpenteriana.)
Flatteries.
Le s.ige Bias, interrogé quelle était la plus dangereuse et la plus méchante de toutes les bêtes, répondit : « Des sauvages , c'en est le tyran , et des privées c'en est le flatteur. » {Ch.evrœana.)
1 ont le monde sait le proverbe italien : Tu vi'aduli, ma tu mi piace : « Vous me flattez, mais vous me faites plaisir. »
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M;iis tout le monde ne sait pas que c'était le proverbe favori de Jean XXI 11 : " Je n'ignore pas , disait-il , que tout le l)ieii qu'on dit de moi est faux , mais je l'écoute avec plaisir. »
(Pogse.)
Un jour, M. de Malesiierhes, chargé, à la tète d'une cour souveraine, de haranguer un Dauphin au berceau, et qui, loin de pouvoir entendre une parole, ne savait encore que crier et pleurer pour exprimer ses désirs et ses douleurs, lui dit seulement : c Puisse, monseigneur. Votre Altesse royale , pour le honheur de la France et le sien , se montrer toujours aussi insensible et sourde au langage de la flatterie qu'elle l'est aujourd'hui au discours que j'ai l'honneur de prononcer devant elle ! »
(De Ségur, Mémoires.)
Un vieux peintre (1), âgé de 80 ans, qui avait fait le portrait du cardinal parfaitement ressemblant, vint lui apporter ce portrait étant habillé en Diogène , appuyé sur son bâton et sa lanterne à la main , quoiqu'en plein midi ; et lui dit : « 11 y a plus de trois mille ans que je cherchais inutilement un homme qui méritât d'en porter le nom ; enfin je l'ai trouvé, et je prends la liberté d'en présenter le portrait à Votre Eminence. » (Marquis de Lassay , Recueil de différentes choses.)
Je restai quelque temps sur la porte de l'hôtel, et je m'occupai à examiner les passants et à former sur eux les conjectures que leurs différentes allures me suggéraient ; mais un seul objet fixa bientôt toute mon attention et confondit toute espèce de raisonnement que je pouvais faire sur lui.
C'était un grand homme sec, d'un sérieux philosopliique et d'une mine hàlée, qui passait et repassait gravement dans la rue, et n'allait jamais au delà de soixante pas de chaque côté de la porte. Il paraissait avoir à peu près cin(piantedeux ans; il avait une petite canne sous le bras. Son habit, sa veste et sa culotte étaient de drap noir, un peu usé,
mais encore propre. A sa manière d'ôter son chapeau et d'accoster un grand nombre de passants, je jugeai qu'il demandait l'aumône, et je préparai quelque monnaie pour la lui donner quand il s'adresserait à moi. Mais il passa sans me rien demander, et cependaiit ne fit pas six pas sans s'arrêter vis-à-vis d'une petite femme qui venait devant lui. J'avais plus l'air de lui donner qu'elle. A peine eut-il fini, qu'il ôta son chapeau à une autre qui venait par le même chemin. Un monsieur d'un certain âge avançait lentement , il était suivi d'un jeune homme fort bien mis... 11 les laissa passer tous deux sans leur rien demander... Je restai à l'observer une bonne demi-heure, et il fit pendant ce temps une douzaine de tours en avant et en arrière, en suivant constamment la même conduite. Il y avait dans cela deux choses bien singulières, et qui me faisaient faire inutilement beaucoup de réflexions : c'était de savoir d'abord pourquoi il ne contait son affaire qu'aux femmes; et ensuite quelle espèce d'éloquence il employait pour toucher leurs cœurs, on jugeant apparemment qu'elle était inutile pour émouvoir ceux des hommes. Deux autres circonstances me rendaient encore ce mystère plus impénétrable : l'une , qu'il disait tout bas à chaque femme ce qu'il avait à lui dire, et d'une façon qui avait plutôt l'air d'un secret confié que d'une demande; l'autre était qu'il réussissait toujours.
Un secret qui amollissait si prompfement et avec autant d'efficacité le cœur (lu beau sexe était, à mon avis, un secret qui valait la pierre philosophale.
Je le tournai et retournai inutilement toute la nuit dans ma tète. Mon esprit , le lendemain en m éveillant, était aussi épuisé par mes rêves, que celui du roi de Babylone l'avait été par ses songes.
Il y a un passage fort long et fort obscur qui va de l'Opéra-Comique à une rue fort étroite. 11 est fréquenté par ceux qui attendent humblement l'arrivée d'un fiacre, ou qui veulent se retirer tranquillement à pied quand le spectacle est fini. En m'en retournant le long de ce passage, j'aperçus, à cinq ou six pas de la porte, deux dames qui se tenaient par le bras, et qui avaient l'air d'attendre une voiture : comme elles étaient le plus près de la porte, je pensai qu'elles avaient un
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droit de priorité. Je me tapis donc le long du mur, presque à côté d'elles, et m'y tins tranquillement. J'étais eu noir, et à peine pouvait-on distinguer qu'il y eût là quelqu'un.
La ' dame dont j'étais le plus proche était grande, maigre, et d'environ trentesix ans; l'autre, aussi maigre, avait environ quarante ans. Elles n'avaient rien qui dénotât qu'elles fussent femmes ou veuves. Elles semblaient être deux sœurs, vraies vestales, aussi peu accoutumées au doux langage des amants qu'à leurs tendres caresses...
Une voix basse , avec une bonne tournure d'expression, se fit entendre, et leur demanda, pour l'amour de Dieu, une pièce de douze sous entre elles deux.
« Douze sous! dit l'une. — Une pièce de douze sous! » dit l'antre. Et point de réponse.
« Je ne sais, mesdames, dit le pauvre, comment demander moins à des personnes de votre rang. » Et il leur fit une profonde révérence.
« Passez , passez , dirent-elles ; nous n'avons point d'argent. «
Il garda le silence pendant une minute ou deux, et renouvela sa prière.
<c Ne fermez pas vos oreilles , mes belles dames , dit-il , à mes accents. — Mais, mon bonhomme, dit la plus jeune, nous n'avons point de monnaie. — Que Dieu vous bénisse donc, dit-il, et multiplie envers vous ses faveurs ! » L'aînée mit la main dans sa poche... «■ Voyons donc, dit-elle, si je trouverai un sou marqué... ■ — Un sou marqué ! Ah! donnez la pièce de douze sous, dit l'homme ; la nature a été libérale à votre égard, soyez-le envers un malheureux qu'elle semble avoir abandonné.
— Volontiers, dit la plus jeune, si j'en avais.
— Beauté compatissante , dit-il en s'adressant à la plus âgée, il n'y a que votre bonté et votre bienfaisance qui donnent à vos yeux un éclat si doux, si brillant... et c'est ce qui faisait dire tout à l'heure au marquis de Santerre et à son frère , en passant , des choses si agréables de vous deux.
Les deux dames parurent très-affectées ; et toutes deux à la fois , comme par inijiulsion, mirent la main dans leur poche, et en tirèrent chacune une pièce de douze sous. La contestation entre elles et le sup-
pliant finit; il n'y en eut plus qii'ime i entre elles, pour savoir qui donnerait la pièce de douze sous. Pour tinirla dispute, chacune d'elles la donna , et l'homme se retira.
Je coiu'us vite après lui, et je fus tout étonné de voir le même homme que j'avais vu devant l'hôtel de Modène, et qui m'avait jeté l'esprit dans un si grand embarras. Je découvris tout d'un coup sou secret, ou au moins ce qui eji faisait la base : c'était la flatterie.
(Sterne, Voyage, sentimental.)
Un jeune prince ayant achevé ses | études et ses exercices, on demanda à un \ de ses domestiques ce qu'il avait le mieux appris : « C'est, répondit-il. à monter à cheval, parce que ses chevaux ne l'ont point flatté. »
{.Vof/certM recueil de bons mots.)
Flatterie bien placée.
Pendant que l'on m'interrogeait à la préfecture de police, sur mes noms, pré- noms, qualités, comme vous avez pu voir M dans les gazettes du temps , un homme, ^ se trouvant là sans fonctions apparentes, m'aborda familièrement , me demanda confidemment si je n'étais point auteur de certaines brochures ; je m'en défendis fort : « Ah, monsieur, me dit- il , vou; êtes un grand génie , vous êtes inimit ble. » Ce propos, mes amis, me rappeli un fait historique peu connu que je voui veux conter par forme d'épisode , digrei sion, parenthèse, comme il vous plaii-a ce m'est tout un.
Je déjeunais chez mon camarade Duroc, logé en ce temps-là, mais depuis peu notez, dans une vieille maison fort laide,; selon moi , entre cour et jardin , où il occupait le rez-de-chaussée. Nous étions à table, plusieurs, joyeux, en devoir de bien faire, quand tout à coup arrive sans être annoncé, notre camarade Bon* parte, nouveau propriétaire de la vieilli maison habitant le premier étage, venait en voisin, et cette bonhomi nous étonna au point que pas un d convives ne savait ce qu'il faisait. On lève , et chacun demandait : « Qu'y t-il? » Le héros nous fit asseoir. Il u'étai pas de ces camarades à qui l'on peu] dire : « Mets-toi là et mange avec nous »|
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Cela eût été bon avant l'acquisition delà vieille niaisoii. Debout à nous regarder, ne sachant trop que dire , il allait et venait. « Ce sont des artichauts dont vous déjeunez là ? — Oui , 'général . — Vous , Rapp, vous les mangez à l'huile ? — Oui , général. — Et vous , Savary, à la sauce? Moi, je les mange au sel. — Ah ! général , répond celui qui s'appelait alors Savary, vous êtes un grand homme ; vous êtes inimitable. »
(P.-L. Courier, Pamphlet des pamphlets.)
Flatterie compromettante.
L'auteur des Mélanges de littérature orientale raconte qu'un poète persan , qui vivait des éloges qu'il prodiguait aux grands , fut un jour cité devant le cadi par un particulier. Arrivé chez le juge, il entendit former contre lui une demande à laquelle il ne s'attendait guère. On lui demandait cent pièces d'or : '<■ Où peuvent être vos litres ? répondit le poète fort embarrassé. — Dans vos ouvrages , répliqua le demandeur. Vous avez fait pour Ibn Malik, notre grand-vizir, les plus beaux vers du monde, et vos vers doivent me valoir nécessairement cent pièces d'or de lui ou de vous. Voici ce que vous y dites : Ibn Malik surpasse tous les hommes en générosité, et si quelqu'un hii demande un bienfait, je suis caution qu'il ne lui sera pas refusé. Sur la foi de ces vers, j'ai été demander au visir cent pièces d'or, dont j'ai un besoin pressant : il n'a pas accueilli ma demande ; mais je n'en suis point inquiet , puisque vous voulez bien répondre pour lui. )) Le poète, qui vit qu'il allait être condamné, courut chez le visir, et lui dit qu'il lui avait fait un honneur aïKjuel il espérait qu'il ne voudrait pas renoncer. Il lui raconta le fait. « A la bonne heure , lui répondit Ibu Malik, mais ma modestie vous enjoint de ne plus me faire à l'avenir tant d'honneur. »
(Blanchard, Ecole des mœurs,)
Flatterie délicate.
Quand Franklin vint à Paiis, il s'empressa de voir Voltaire dont la gloire occupait depuis si longtemps les deux mondes. Voltaire, quoiqu'il eut perdu l'habitude de parler anglais, essaya de
soutenir la conversation dans cctie langue ; puis bientôt reprenant la sienne : n Je n'ai pu résister, dit-il, au désir de parler un moment la langue de M. Franklin. »
(Condorcet, fie de T'oltaire.)
Flatteries grossières.
Louis XIV aimait les louanges; cependant il ne les recevait pas toujours quand elles était trop fortes. Lorsque l'Académie française, qui lui rendait toujours compte des sujets qu'elle proposait pour ses prix, lui fit voir celui-ci : « Quelle est de toutes les vertus du roi celle qui mérite la préférence? i> Le monarque rougit, et ne voulut pas qu'un tel sujet fût traité.
(Mémoires aiiecdotiques des règnes de Louis XI r et Louis Xf^.)
M. de la Chaise, préfet d'Arras, dit à l'empereur dans une de ses harangues :
« Dieu fit Bonaparte et se re|K)sa. >> Ce qui fit dire au comte Louis de Narboune que Dieu aurait bien fait de se reposer un peu plus tôt.
(Bourrienne, Mémoires.)
Flatteries iii^^éuienses.
Un jour que Louis XIV venait de gagner une bataille, le duc du Maine, à qui son précepteur avait donné congé en mémoire de cet événement , vint dire au roi : a Sire, je deviendrai un ignorant; mon précepteur me donne congé toutes les fois que Votre Majesté remporte une victoire. »
(Improvisateur français.)
Un marchand de bijoux avait acheté trois cent mille livres la fameuse perle appelée la Pélégrine. Piiilippe II, à qui ce marchand fut présenté, lui demanda pourquoi il avait donné tant d'argent pour une perle : « Je songeais, lui répondit-il , qu'il y avait dans le monde un roi d'Espagne qui l'achèterait. » Le monarque, flatté de cette réponse, fit compter au marchand quatre cent mille livres pour cette jierle.
(Blanchard , Ecole des mœurs.)
Le valet de cliambre du cardinal de
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Fleiiiy (c'était Barjac ) usa certaines fois, à l'égard de son éminent maître , d'mi plaisant et galant stratagème. Le cardinal, qui avait alors quatre-vingt-di.v ans , ayant dit , peu de jours auparavant, qu'il était trop âgé , qu'il ne vivait j)lus que par la pitié ou par l'oubli de la Mort , et qu'il ferait sans aucun doute très-prochainement le graud voyage de l'éternité , le malin valet de chambre , qui était l'intendant et le factotum du cardinal , fit prier à dîner chez Son Éminence, pour le jour des Rois, les onze personnes suivantes : le comte de Beaupré, l'abbé d'Enneville, le comte de Gensac, le marquis de Nogaret, la princesse de Montbarey, la marquise de Fia vacourt, le mirquis de la Paye , la comtesse de Combreux, le comte de Saint- Mesiue, la marquise du Coudray et la marcjuise d'Anglure.
Quand il s'agit de tirer le gâteau des rois :
« C'est au plus jeune qu'en revient l'honneur, dit avec tristesse le cardinal de Fleury. Avec mes quatre-vingt-dix ans , je ne puis prétendre qu'aux honneurs du patriarchat. y-
L'intendant de l'Eminence rayonnait.
" Mais , pardonnez, monseigneur, dit sa voisine de droite , la princesse de Montbarey, je suis née le 15 janvier 1651, et j"ai par conséquent deux ans de plus que Votre Éminence.
— Que dites-vous là , princesse .*
— Rien que la puie vérité.
— Moi , dit à son tour l'autre voisin du cardinal, je n'y mets plus de coquettciie , et j'avoue tout simplement mes (|uatre-vingt-onze ans.
— Vous avez dit (|uatre-vingf-onze !
s'écria le cardinal stupéfait.
— Oui, monseigneur : 3 mai 1652 , lépondit la marquise de Flavacourt.
— Je suis votre aine d'un mois, marquise, dit le comte de Beaupré :
3 avril 1652.
— Et moi d'un an , dit le bon abbé d'Enneville: 27 juin 1651.
— Et moi , dit en chevrotant une petite vieillotte toute ridée , il y a soixantedeux ans que je suis veuve de M. le mar- «piis d'Anglure, et, quand j'eus le malheur de le perdre, il y en avait treutequalre que Dieu m'avait mise au monde!
— 62 et .31 font 96 ! lui dit le cardinal ébahi ; quoi ! marquise , vous avpz 96 ans ?
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— Hélas!... » répondit simplement M""" d'Anglure.
Le comte de Gensac avait 94 ans ; le marquis de Nogaret, 95; le marquis de La Faye', 96 ; le coaite de Sainl-Mesme et la comtesse de Combreux, 97.
« Comment ! comment ! s'écria l'Eminence au comble de la stupéfaction ; c'est moi qui dois tirer le gâteau comme étant le ]>lus jeune ! «
Toutes ces voix de vieillards et de vieillottes firent entendre un chœur de rires cassés et stridents.
» Est-ce hasard ou gageure ? « demanda haut l'ancien évèque de Fréjus.
Mais à ce moment il aperçut en face j de lui le faciès rayonnant de son valet dfc chambre. Le cardinal comprit , tira le gâteau comme un petit enfant de 90 ans ((u'il était , et fut si enchanté de ce tour plaisant du flatteur que , quelques semaines après, à la mort de Son Eminence révérendissime , celui-ci se trouva fraîchement couché sur le testament du cardinal pour un legs relativement considérable. (.\. Rosely, Liberté.)
Flatterie perdue.
Hermodorus, le poète, avait fait en l'honneur d'.\ntigonus des vers où il l'appelait fils du Soleil : « Celui qui vide ma chaise percée sait bien qu'il n'en est rien, » dit Antigonus en recevant ce compliment.
( Mosaïque.)
Flatteurs «l*uu mourant.
Le cardinal de Mazarin avait eu des flatteurs pendant sa vie, il en fut entouié même à son dernier moment. Ils criueut qu'il fallait honorer son agonie d'un prodige, et ils lui dirent qu'il paraissait une grande comète qui leur faisait peur. Il eut la force de se moquer d'eux , et leur répondit « que la comète lui faisait trop d'honneur. »
{Mémoires anecdotiqiies des règnes de Louis XI ^ et Louis Xf'.)
Flatteuses grecques.
Du temps de Glous le Carien , il v eut dit'/, nous des femmes nommés colacides, ou flatteuses , au service des dames de la famille royale. Il en restait encore quelques-unes qui étaient passées à l'autre
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