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Mclaiichton , et laissez clis|niler les docteurs. » (Ephémérhlas.)
Foi naïve.
La maréchale de Noailles, actuellement vivante (1180), est une mystique comme madame Guyon , à l'esprit près.
Sa tête s'était montée au point d'écrire à la Vierge. Sa lettre fut mise dans le tronc de l'église Saint-Roch ; et la réponse à cette lettre fut faite par un prêtre de cette paroisse. Ce manège dura longtemps : le prêtre fut découvert et inquiété, mais on assoupit cette affaire.
( Chamfort. )
Folies d'aiiioiir.
Genlis (sous le règne de François Jer), passant la rivière en bateau, vis-à-vis du Louvre, avec sa maîtresse, comme ils furent au milieu , cette impérieuse jette son mouchoir, qui valait beaucoup, et aussitôt le prie de l'aller chercher : il s'en excuse, et remontre qu'il ue sait pas nager; elle se moque de son excuse, dit que c'est qu'il ne l'aime pas, et qu'enfin s'il l'aimait, il le ferait. Là-dessus, il s'élance dans l'eau , et disparaît si bien que, sans le prompt secours des bateliers qui le repêchèrent , c'était fait de lui.
( Amours des rois de France. )
Un gentilhomme d'Auvergne , appelé d'Argouges , était amoureux d'une demoiselle de Cornon. Un jour qu'ils se promenaient sur les bords de l'Allier, et qu'il lui pariait de sa passion : « Voire, lui dit-elle , vous ne m'aimez pas tant que vous dites. — Vous pouvez l'éprouver, dit-il. — Bien répondit-elle, si cela est , jetez-vous tout à cette heure dans la rivière. » Elle croyait qu'il n'en ferait rien. Il s'y jeta tout botté et tout éperonné , l'épée au côté et la casaque sur le dos. 11 fut secouru; sans cela il se noyait. Elle se rendit, et l'épousa.
Bussy étant un jour allé voir les bêtes des Tuileries avec des dames , il y en eut une assez imprudente pour l'oljliger à lui aller requéiir son gant , qu'elle avait laissé tomber dans la loge d'un lion. Il y fut
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l'épée à la main, reprit le gant sans que le lion branlât , et , en le rendant à la dame, il lui en donna un petit coup sur la joue; et lui dit : « Tenez, et une autre fois n'engagez point des gens de cœur mal à propos (1). »
(Tallemant des Réaux.)
La reine (Anne d'Autriche) et sa confidente (M™" de Chevreuse) avaient en ce temps (vers 1633), l'esprit touiné à la joie pour le moins autant qu'à l'intrigue. Un jour qu'elles causaient ensemble et qu'elles ne pensaient qu'à rire aux dépens de l'amoureux cardinal de Richelieu : « Il est passionnément épris. Madame,' dit la confidente, et je ne sache rien qu'il ne fil pour plaire à Votre Majesté. Voulez-vous que je vous l'envoie un soir, dans votre chambre, vêtu en baladin ; qi:e je l'oblige à danser ainsi une sarabande.' Le voulez- vous .' il y viendra. — Quelle folie! » dit la princesse. Elle était jeune, elle était femme, elle était vive et gaie; l'idée d'un pareil spectacle lui parut divertissante. Elle prit au mot sa confidente , qui fut , du même pas, trouver le cardinal. Ce grand ministre, quoiqu'il eût dans la tête tontes les affaires de l'Europe, ne laissait pas en même temps de livrer son cœur à l'amour. Il accepta ce singulier rendezvous : il se croyait déjà maître de sa conquête , mais il en arriva autrement.
Roccan, qui jouait admirablement bien du violon , fut appelé ; on lui recommanda le secret. De tels secrets se gardent-ils? c'est donc de lui qu'on a tout su. Richelieu était vêtu d'un pantalon de velours vert ; il avait à ses jarretières des sonnettes d'argent ; il tenait en mains des castagnettes, et dansa la sarabande que joua Boccan. Les spectatrices et le violon étaient cachés, avec Vautier et Beringhen , derrière un paravent, d'où l'on voyait les gestes du danseur. On riait à gorge déployée ; et qui pouvait s'en empêcher, puisque, après cinquante ans, j'en ris encore moi-même.^
(Brienne, Mémoires.)
(i) Brantôme conle une liistoire jiarcille (|ii'll attribue au niarijuis de Lorges ; Scliiller en a l'ail le sujet d'une baHade, intitulée le Caiil.
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Un gentilhomme gascon , nommé Salignac , devint , comme la reine Marj^iierite était encore jeune, éperdument amoureux d'elle; mais elle. ne l'aimait point. L n jour, comme il lui reprochait son ingratitude : <i Or çà , lui dit-elle, que feliez-vous pour me témoigner votre amour ? — Il n'y arien que je ne fisse, réponditil. — Prendriez-vous bien du poison? — Oui, pourvu que vous me permettiez d'expirer à vos pieds. — Je le veux, » reprit-elle. On prend jour; elle lui fait préparer une médecine fort laxative. 11 l'avale; et elle l'enferme dans un cabinet, après lui avoir juré de venir avant que le poison opérât. Elle le laissa là deux bonnes heures , et la médecine opéra si bien que, quand on vint lui ouvrir, personne ne pouvait durer autour de lui . Je crois que ce gentilhomme a été depuis ambassadeur en Tuiquie. ( Tallemant des Réaux. )
Folie d'un «;ranil homme.
Le cardinal de Richelieu, malgré tout son talent, a eu de grands accès de folie. 11 se figurait quelquefois qu'il était un cheval : il sautait alors autour d'un billard en hennissant et faisant beaucoup de bruit pendant une heure , et en lançant des ruades à ses domestiques ; ses gens le mettaient au lit, le couvraient bien pour le faire suer, et quand il s'éveillait, il n'avait aucua souvenir de ce qui s'était passé.
(La duchesse d'Orléans, Correspondance. )
Polies d'un tyran.
Les six mois du règne de Pierre III ne furent qu'un long festin. Des femmes charmantes s'échauffaient de bière anglaise et de fumée de tabac, sans que l'empereur leur permît de retourner chez elles un seul instant du jour : tombant de fatigues et de veilles, elles s'endormaient, couchées sur des sophas, au milieu de ces bruyantes orgies. Les comédiennes et les danseuses, toutes étrangères, furent souvent admises dans ces festins publics ; et sur la plainte (pie les dames de la cour eu firent porter à l'empereur par sa maîtresse, il répondit « que parmi les femmes il n'y a point de rang. >■ On \ oyait à sa cour un bizarre mélange de justice et de mauvaises nnrurs , de grandeur et d'ineptie. Deux de ses plus chers favoris
ayant vendu leur protection auprès de lui, il les battit violemment de sa main, reprit pour lui-même l'argent f[uils avaient reçu , et continua de les traiter avec la même faveur. Un étranger étant venu lui dénoncer quelques propos séditieux, il répondit qu'il détestait les délateurs, et le fit punir. Aux veilles de la cour succédaient les violents exercii es dont il excédait ses soldats. Sa manie militaire n'avait plus de mesure : il voi lait que d'avance un bruit perpétuel c'e canons lui représentât la guerre. Il oidonna un jour qu'on lui fît entendre un seul coup de cent grosses pièces de canon à la fois ; et il fallut pour retenir cette fantaisie lui représenter qu'il allait faire écrouler la ville. Souvent il se levait de table pour se précipiter à genoux , un verre en main, devant le portrait du roi de Prusse. Il s'écriait : » Mon frère , nous conquerrons l'univers ensemble. » Il avait pris l'envoyé de ce prince dans une singulière faveur. 11 voulait que cet envoyé , avant le départ pour la guerre, eût toutes les jeunes femmes de la cour. 11 l'enfermait avec elles, se mettait, l'épée nue , en faction à la porte; et, dans un pareil moment , le grand chancelier de l'empire étant arrivé pour un travail , il lui dit : " Allez rendre compte au prince Georges; vous voyez bien que je suis soldat. ■<> [Révolution de Russie en 1702.)
Folie périodique.
Un Turc racontait autrefois au Grand- Seigneur, que tous les Français devenaient fous à certain jour de l'année (mardi gras) et qu'un peu de certaine poudre appliquée sur le front (le mercredi des cendres) les faisait rentrer dans leur bon sens.
{Carpenteriana.)
Folie simulée.
Les Athéniens et les Mégariens s'étaient disputé la possession de Salamine. Les Athéniens, battus à plusieurs reprises, avaient fini par rendre un décret portant peine de mort contre quiconque proposerait (le combattre encore pour cette ile. Mais Solou , feignant d'être devenu fou , se présenta en désordre sur la place publi(pie, une couronne sur la tète , et précédé d'un héraut , auquel il fit lire une pièce de vers dont le sujet était Salamine. Ces vers excitèrent un
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tel enthousiasme que les Atliénieus reprirent les armes contre les Mégariens, et remportèrent la victoire.
( Diogèue de Laërte. )
Fonctionnaires.
L'abbé Delaville voulait engager à entrer dans la carrière politique M. de..., homme modeste et honnête , qui doutait de sa capacité : >< Eh ! monsieur, lui dit l'abbé, ouvrez VAlmanach roial.' »
( Chamfort. )
M. d'Argenson , une heure après avoir été renvoyé du ministère, écrivait à M. Jeannelle, intendant des postes : <' Mon cher Jeannelle, si vous vous souvenez encore de moi, je vous prie...» etc., etc.
Ponction naires bizarres.
Il fut un temps où l'on voyait |)eu de princes et de cardinaux en Italie qui n'eussent à leurs gages quelques fous ou quelques nouveaux convertis. Le dernier grand-duc de la maison de Médicis en avait plusieurs. Un Anglais qui passait à Florence , ayant demandé à deux persounes de sa nation ce qu'elles y faisaient, l'un lui dit : « Je suis payé pour être le fou de Monseigneur. — Quant à moi (dit l'autre), j'ai deux, cents écus pour faire le catholique de son Altesse ». (De La Place, Pièces intéressantes.)
Fondateur de relia-ion.
En ITO", l'un des cinq directeurs qui gouvernaient alors la France, La Réveillière-Lépaux , venait de lire à la classe des sciences morales et politiques de l'Institut, dont il était membre , un mémoire sur la théophilanthropie et les formes qu'il convenait de donner à ce nouveau culte :
>■ Je n'ai qu'une observation à vous faire, lui dit M. de Talleyrand. Jésus-Christ ,' pour fonder sa religion, a été crucifié et est ressuscité : vous devriez tâcher d'en faire autant. »
(Guizot, .y éditât, sur l'état actuel tic la religion chrétienne.)
Force contre la tyrannie.
Monsieur le duc d'Orléans , forcé de
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mettre sur une province de nouvelles impositions, et fatigué des remontrances d'un député des États de cette province, lui répondit avec vivacité : » Et quelles sont vos forces pour vous opposer à mes volontés ? Que pouvez-vous faire.' » Le député lui répondit : « Obéir, et haïr ». ( Bibliothèque des salons. )
Force physique.
M. de B"" était d'une telle force, qu'eu serrant la jambe d'un cheval, il lui en cassait les os. Étant, un jour, entré dans la boutique d'un forgeron , il commanda un fer de grande résistance. Le forgeron se mit à l'ouvrage ; mais, tandis qu'il avait le dos tourné , M. de B"" prit l'enclume et la cacha sous son manteau. L'ouvrier fut fort étonné, lorsqu'il voulut battre son fer, de ne trouver sur quoi le poser; mais il le fut bien davantage lorsqu'il vit M. de B'" tirer l'enclume de dessous son manteau , et la remettre en place sans difficulté.
Un Gascon, qu'il avait piqué dans la conversation, lui proposa un cartel.
« Volontiers , lui dit M. de B. ; touchez là. » Le Gascon lui ayant donné la main, il la lui pressa de telle force, qu'il lui brisa les os et le mit dans l'impossibilité de se battre.
On raconte un trait à peu près semblable du maréchal de Saxe, qui était, comme on sait , d'une force extraordinaire. Voulant en faire voir les preuves à quelques jeunes seigneurs, il entra chez un forgeron , sous le prétexte de faire ferrer son cheval ; et comme il vit plusieurs fers qui étaient préparés : <c N'eu as-tu pas de meilleurs que ceux-ci, mon ami.' » dit-il à Touvrier. Et comme celui-ci lui représentait qu'ils étaient excellents, le maréchal en prit cinq ou six qu'il rompit successivement. Le forgeron admire et ne dit mot. Enfin , le maréchal de Saxe feignit d'en trouver un plus solide , qui fut mis au pied de son cheval. L'opération faite, il jette un écu de six francs sur l'enclume. « Pardon, monsieur, lui dit le forgeron; mais je vous ai donné un bon fer, il faut me donner un bon écu de six franc-;. » Et en disant cela , il rompt l'écu eu deux, et en fait ainsi de cinq ou six que le
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comte lui prrsontn. " Paihloii , tu ns raison , lui dit le comte , je n'ai que de mauvais écus ; mais voici un louis d'or qui, j'espère, sera bon. » Les jeunes seigneurs rirent beaucoup de l'aventure , et le comte convint lui-même qu'il avait rencontré son maître.
(^ Paris, Versailles et les vravinces au XV H I'^ siècle. )
M. de Landsmath était d'une force prodigieuse, et avait souvent lutté de vigueur du poignet avec le maréclial de Saxe. Un jour que le roi chassait dans la foièt de Saint-Germain, Landsmath, courant à cheval devant lui , veut faire ranger un tombereau rempli de la vase d'un étang qu'on venait de curer : le charretier résiste , et répond même avec impertinence. Landsmath, sans descendre de cheval , le saisit par le devant de son vêtement , le soulève et le jette dans son tombereau.
( M™e Campan , Mémoires. )
Formalisme.
Un Allemand , venu exprès à Rome pour voir le cardinal Bellarmin , se transporta chez lui accompagné d'un notaire, et resta en place jusqu'à ce qu'il l'eût vu sortir de sa chambre. 11 en fil dresser un acte, faisant foi du bonheur qu'il avait eu de le voir.
( Journal eiicycl . )
Formalisme d'un tyran.
Un ancien usage des Romains défendait de faire mourir les filles qui n'étaient pas nubiles. Tii)ère trouva l'expédient de les faire violer par le bourreau avant de les envoyer au supplice : tyran subtil et cruel , il détruisait les mojurs pour conserver les coutumes.
(Montesquieu, Esprit des lois.)
Formalisme lé^al.
En Angleterre, la lettre de la loi tue. Un marchand épicier ayant été poursuivi en justice pour avoir mêlé des feuilles de plantes étrangères avec son tabac , gagna son procès en prouvant qu'il n'y avait pas du tout de tabac dans ce qu'il veii.Iuit.
Un grand scandale eut lieu en 1(171.
Un membre de la chambre des communes, sir John Coveiitiy, ayant projiosé l'établissement d'un impôt sur les tliéà- I les, un autre membre s'y opposa, et dit que les théàtresavaient été foit utiles à Sa Majesté. Coventry demanda ironiquement si ce n'étaient pas les actrices qui avaient rendu des services à la cause royale; on rit, car tout le monde connaissait fort bien les intrigues galanti s de Charles avec Nell Gwyn, miss Davis et autres artistes dramatiques. Le duc de Monmouth, irrité de ce propos, voulut venger son père : il chargea sir Thomas Sunds et trois autres affidés de châtier Coventry. Il fut une nuit arraché de sa voilure, et on lui coupa le nez. L'affaire fit grand bruit, et le parlement s'aperçut uii peu lard que les coupables devaient rester impunis, puisqu'aucune loi ne défendait de couper le nez du prochain ; un acte fut passé pour châtier ceux {pii, à l'avenir, commettraient pareil forfait.
( Burnet, Histoire de son temps.)
Puisque nous sommes à Newgate, passons par la porte à côté. Devant la eoiude rOld Bailey , on juge John Smith, qui a dévalisé la boutique d'un bijoutier de High-street, Isliugton, Il paraît que le voleur a pratiqué dans le mur une ouverture assez large pour lui permettre de passer la partie supérieure du corps, et qu'en étendant le bras il a vidé toute une vitrine.
L'avocat a eu la singulière idée de défendre son client eu se basant sur le fait que la loi punissait les gens pour s'introduire dans une maison, mais non pas pour y passer la moitié du corps seulement !
Le jury, après quelques minutes de délibération, est rentré, déclarant, avec le plus grand sérieux, que le buste de John Smith était coupable {guilty), mais que l'autre moitié était net guilty.
Alors le juge, avec le même flegme britannique, a condamné la moitié coupable à un an de travaux forcés, laissant à Smith le choix de couper la partie iiinoeente ou de la conduire en prison avec lui (1).
{International.)
(I) On cite biaucnup d'autres rtimplcs eu-
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Fortune (Erreurs de la).
On montrait à madame Geoffrin la supeihe maison du fermier généi'al l>oiiret. <i Avez-vous riea vu de plus magnifique, de meilleur goût? — Je n'y trouverais rien à redire, si Bouret en était le frotteur. »
(Grimm, Correspondance.)
Fortune (Origine d'une).
Mon grand-père, qui avait suivi lentes les guerres de son temps, et toujours passionné royaliste , s'était retiré dqns ses terres, où sou peu d'aisance l'engagea de suivie la mode du temps, et démettre ses deux aînés pages de Louis XIII.
Le roi était passionné pour la chasse, qui était sans meute et sans cette ajjoudance de chiens, de piqueurs, de relais, de commodités , que le roi son fils y a apportés , et surtout sans routes dans les forêts. Mon père , qui remarqua l'impatience du roi à relayei', imagina de lui tourner le cheval qu'il lui présentait, la tète à la croupe de celui qu'il quittait. Par ce moyen, le roi, qui était dispos, sautait de l'un sur l'autre sans mettre pied à terre, et cela était fait en un moment. Cela lui plut, il demanda toujours ce même page à son relais ; il s'en informa, et peu à peu il le prit en affection. Baradas, premier écuyer, s'étaut rendu insupportable au roi par ses hauteurs et ses humeurs arrogantes avec lui, il le chassa, et donna sa charge à mon père. Il eut après celle de premier gentilhomme de la
lieux, pt plus ou moins aullicntiques, de la li'- Salité formaliste clt-s Anglais ; par exemple le suivant. Dans une certaine ville, il avait été enjoint aux habitants, par ordonnance de police, de ne pas sortir sans lanterne j^assé telle lieure, sous peine d'amende. Le soir même, un habitant est surpris se promenant par les rues avec une lanterne, mais dépourvue de toute espèce de luminaire. On l'arrête; il se récrie; il prouve qu'il a obéi à la lettre de l'ordonnance. i>uisqu'il a une lanterne, et qu'on n'a rien demandé de i>lus. I.e juge auquel le cas est soumis lui donne raison, et le renvoie absous. L'ordonnance est révisée, et pour obvier à de nouvelles méprises , on l>rend soin d'y spécifier que la lanterne doit être garnie d'une cliandelle. Notre liomme obtempère .1 l'injonction; il met une chandelle dans sa lanterne mais sans l'allumer. Nouvelle arrestation, nouveau jugement, suivi d'un acquittement nouveau. Cette fois, l'ordonnance régla que la chandelle devait être allumée, et il n'y eut ])lus moyen de s'y méprendre. .S7 non eicro...
chambre du roi, à la mort de Blainville. Mon père devint tout à fait favori sans autre proteclion que la bonté seule du roi, cl ne compta jamais avec aucun ministre, pas même avec le cardinal de Richelieu, et c'était un de ses mérites auprès de Louis XIll.
(Saint-Simon, Mémoires.)
Villars avait acquis ses richesses par des contributions dans le pays ennemi.
Des courtisans du duc d'Orléans, régent du royaume, devenus riches par ce bouleversement de l'État appelé système (le système de Law), semblaient se glorifier do leurs richesses : « Pour moi, leur dit Villars, je n'ai jamais rien gagné que sur les ennemis. >>
(Mémoires atiecdotiques des règnes de Louis XIV et Louis XV.)
Fortune (Recette pour faire).
Madame de Montmorin disait à son fils : « Vous entrez dans le monde ; je n'ai qu'un conseil à vous donner : c'est d'être amoureux de toutes les femmes. »
(Cliamfort.)
Fortune facilement faite.
Allantàlafoiie Saiut-Gcrmain, Henri III trouva un jemie garçon endormi. Un assez bon prieuré vaquait, plusieurs persoiuies étaient après à qui l'aurait : « ,Te veux le donner, dit-il, à ce garçon , afin qu'il puisse se vanter que le bien lui est venu en dormant. » Ce jeune garçon s'appelait Benoise ; il le prit en affection et le fit secrétaire du cabinet. Ce Benoise avait soin de lui tenir toujotu-s des plumes bien taillées, car le roi écrivait assez souvent. Un jour, pour essayer si une plume était bonne , Benoise avait écrit au haut d'une feuille ces mots : « Trésorier de mon épargne»... Le roi avant, trouvé cela, y ajouta : « Payez présentement à Benoise, mon secrélaire, la somme] de trois mille écus , «et signa. Benoise] trouva cette ordonnance et en fut payé. (Tallemant desRi'aiix.)
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Gaspard Barlieus , oratein-, poète etj médecin, affaiblit tellement sa raison à'
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force de veilles , de composition et de lecture, qu'à la fiu il s'imigina qu'il était de beurre. 11 appréhendait toujours de s'approcher du feu , par la crainte qu'il avait de s'y voir fondre. Un jour (pi'il faisait très-chaud, il se précipita dans un puits, où il mourut.
[Encijclopédlana.)
Le cardinal de Noailles allait souvent visiter les pauvres, les prisonniers et les malades de Bicétre. Dans une de ses visites, il demanda à voir le quartier des personnes détenues pour cause de folie.
Un homme d'environ quarante ans se présente à Son Éminence, et la supplie de lui procurer sou élargissement : « Je mérite , monseigneur, lui dit-il , que vous vous intéressiez en ma faveur. Je jouissais d'une fortune honnête , et mes parents, pour avoir mon bien, m'ont accusé de folie, et ont eu assez de crédit pour me faire enfermer dans cette maison. Je conjure Votre Eminence de me questionner sur toutes sortes de sujets ; elle reconnaîtra par elle-même l'injustice de ma détention. » En effet, le cardinal, après une demi- heure d'entretien, le trouva de très-bon sens, et ne douta pas que le prisonnier ne fût la victime de l'avidité de ses parents. « Je plains votre sort, lui dit-il, et je vous promets de travailler à vous procurer incessamment votre liberté. Je leviendrai la semaine prochaine, et j'espère apporter avec moi l'ordre de votre délivrance. — J'ai encore une grâce à vous demander, monseigneur, lui dit le prisonnier; ne venez pas un samedi, parce que je reçois ce jour-là la visite des âmes du Purgatoire. — Vous faites bien de m'en avertir », lui dit le prélat en se retirant.
( Mcmolres anecdotlques des règnes de Louis XI V et Louis XV.)
Un homme , par curiosité , allant un jour à Paris voir les fous des Petites-Maisons, s'arrêta à un qui était enfermé et à qui on ne parlait que par une fenêtre grillée. Comme chacun sait, les fous ont (piel(|uefois de fort bons intervalles. Il lui demanda pourquoi il était retenu là dedans : « Parce que , dit-il , mes parents veulent avoir mon bien , et pour y parvenir font accroire que je suis fou et
que j'ai perdu l'esprit. » Il dit cela de sorte et avec un jugement si rassis, que cet homme se mit à blâmer l'avarice de ses parents, qui le voulaient priver de son bien avec une telle imposture ; et le mettant sur d'autres discours, à quoi il répondait fort pertinemment, l'assura qu'il le voulait servir là dedans, et en avertir la Justice, afin de le faire sortir. Comme il fut à dix ou douze pas, ce fou l'apiuUe et lui dit : « Monsieur, que je vous dise, s'il vous plaît, encore un mot à l'oreille. » Le pauvre sot s'approche fort près de la grille, et le fou, lui prenant le nez avec les dents, le serre si fort qu'il en arrache la pièce, lui disant : « Va, mon ami, apprends à ne te fier jamais à un lou. »
(D'Ouville, Contes.)
Un homme de condition, ayant curiosité de voir les fous des Petites-Maisons, y mène sa femme et ses enfants. Celui qui les avait en garde commanda à un de là-dedans de les faire tous voir à cet honnête homme. En allant, il lui dit : « Il y a, monsieur, de toutes sortes de fous céans; il y en a de gais et de mélancoliques, qui ne font mal à personne, toute leur folie consistant en certain caprice ou imagination qu'ils ont d'être autres qu'ils ne sont pas; mais hors cela, ils ont le raisonnement aussi bon que s'ils n'étaient atteints d'aucun point de folie, et tels sont ceux que vous voyez, qui ne sont ni enfermés ni liés, parce ([u'ils ne sont point méchants. D'autres sont seulement enfermés, parce qu'ils sont fâcheux et querelleurs, qui, lorsque leur folie les prend, battent et outragent ceux qui se rencontrent devant eux. Il y en a de furieux, qui non-seulement battent les autres, mais sont tellement hors d'eux que s'ils avaient les bras libres, ils attenteraient contre leur personne propre. C'est pourquoi on les enchaîne par les mains, par les pieds, et par le milieu du corps, ne leur laissant aucun membre, hors la langue , duquel ils se puissent aider. Je vous les veux, dit-il, montrer tous, et vous dire le genre de folie d'un chacun. Voyez-vous ce grand vieillard, lui dit-il: il est si fou, qu'il croit être Dieu le père, et ce n'est pas le moyen de les faire rentrer en leur bon sens de les aller contrarier. Au contraire , il leur faut accoi'der tout ce (ju'ils veulent , autrement
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on les ferait encore devenir plus fous qu'ils ne sont. Cet autre ( en le montrant), que vous voyez qui fait des Ijénédictions, il croit être le Pape. Metlez-vous à genoux, je vous prie. >> .\insi il les lui montra tous, discourant fort pertinemment de la manie de chacun d'eux. Comme il le reconduisait vers la porte, lui demandant s'il n'avait pas grand'pitié de ces pauvres écervelés , il fut étonné qu'il lui dit: « Mais celui de tous qui me donne le plus d'étonnement et de compassion tout ensemble, est ce pauvre fou qui croit être sair.t Jean ; car encore pour les autres il pourrait y avoir quelque raison d'en douter, mais je suis saint Pierre, moi, et je suis bien assuré que je ne lui ai jamais ouvert la porte. » A ce mot rhonnète homme , regardant sa femme entre les deux yeux, et elle lui, ils sortirent de là, le plus promptement qu'il leur fut possible, étonnés de ce qu'ils avaient si longuement discouru avec un fou sans le connaître pour tel, et crurent que s'ils y fussent demeurés un peu davantage, fussent devenus fous eux-mêmes (1).
(D'Ouville,Co«/(.j.)
Le docteur Gall étant allé visiter l'hôpital des fous à Bicêtre, lit à un fou qui le conduisait la question suivante : «. Pourquoi vous a-t-on mis ici, mon ami ? car il me semble que vous n'êtes rien moins que fou et je ne trouve pas non plus sur votre crâne l'organe de la folie. » Le fou répondit : « Monsieur le docteur, ne sovez point étonné de ne pas trouver sur cette tète que vous me voyez les signes de la folie car il faut vous dire que c'est une tète que l'on ma mise en place de celle que j'ai perdue pendant la résolution. »
(Jolyaiia.)
Fou (Bon sens d'un).
François I"" ayant résolu de marcher à la têle de ses troupes dans la malheureuse campagne de 1525, où il fut fait prisonnier à Pavie, on agita la question relative aux moyens de s'ouvrir un passage pour pénétrer en Italie. On crut en
(«) On reconnaîtra encore ce conte pour .nvoir été trirs-souvi-nt rajeuni et renouvelé. Que de fois ne r,n.t-on pas repris pour l'appliquer aux maisons (le Bicétrc ou du docteur Blanche :
avoir découvert plusieurs; il ne s'agissait que de se déterminer sur le choix. Triboulet, le fou en titre du monarque, se tiouvait présent à cet entrelien ; il termina la séance ainsi : « Vous croyez, messieurs, avoir dit des merveilles, et pas un de vous n'a touché le point essentiel. — Quel est-il donc .' — Le voici. Vous êtes bien d'accord sur les moyens d'entrer en Italie, mais personne n'a parlé des moyens d'en sortir. »
fous de cours.
Triboulet assistait, à la Sainte-Chapelle, aux vêpres du roi. Durant cet oflice,à un moment déterminé par le rituel, il se fait un grand silence, qui est tout à coup interrompu par le prêtre, lequel dit, (le sa plus belle voix : Deus in adjuloriuni, etc.; et les chants recommencent. On en était là, quand Triboulet, s'élançant de son siège , traverse le chœur et se précipite sur le prêtre qu'il accable de coups. On crie au scandale. Triboulet, s'adressant alors à l'assemblée : ■< Messieurs, dit-il, et mesdames, je n'ai fait que justice. C'est bien de ce maraud qu'est venue toute la noise; car, avant qu'il eiit lâché ces deux mots latins, tout le monde était tranquille. « Tels étaient les tûuis de Triboulet.
Quand on apprit que Charles-Quint, se rendant dans les Pays-Bas, demandait le passage à travers la France , Triboulet accueillit cette nouvelle comme un plaisant propos. <c Si, dit-il, Charles-Quint osait venir en France, je lui donnerais mon bonnet. » Le roi, qui l'entendit, s'empressa d'ajouter : « Et si pourtant je le laissais passer ? — Alors, sire, répliqua Triboulet, je reprendrais mou bonnet pour vous en faire présent. »
( B. Hauiéau, François /<■'" et sa cour.)
Brusquet était un plaisant bouffon, et qui était fin, nullement fou. Il était Provençal , premièrement avocat et habile homme. 11 vint à la cour pour une affaire qu'il eut au conseil, à la poursuite de laquelle il demeura trois mois avant que de pouvoir rien faire. Enfin, il s'avisa, lui qui était plaisant, de tenter toutes sortes de voies, et de voir si par sa bouffonnerie il pourrait avoir son expédition. Il bouf-
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fonna si bien qu'il ne demeura guère sans obtenir ce qu'il désirait. Lui. voyant qu'il avait pbis fait en un jour par sa bouffonnerie que durant toute sa vie eu avocassant, il quitta son métier et se fit bouffon, ce qui lui valut mieux. 11 escroqua fort subtilement une chaîne d'oi-, que le roi avait donnée à un bouffon de l'empereur, qui vint avec lui de la cour d'Espagne ; car, comme ils furent près de passer par le pont au Change, il lui dit : » Ecoutez, il faut que nous laissions nos chaînes en la maison d'un de nos amis, parce que nous allons passer par une rue ])leine de matois qui nous pourraient faire quelque déplaisir. » Ce pauvre bouffon le crut, et mit cette chaîne entre la main de Brusquet, qui après a\oir passé le lieu qu'il craignait , lui rendit une chaîne de cuivre toute semblable à la sienne , et quand ce bouffon s'en retourna en Espagne, Brusquet écrivit par lui à l'empereur qu'il avait envoyé en France un bouffon le plus sot du monde et qu'il s'était laissé déniaiser d'une chaîne d'or que lui avait donnée le roi.
Brusquet escroqua aussi fort subtilement du comte de Bénévent , Espagnol qui vint en France, une fort belle coupe d'or, qui avait im couvercle merveilleusement bien enrichi de pierreries. Ce comte étant un jour à table, à qui on donnait à boire en cette coupe, Brusquet la loua fort et en admira l'ouvrage , et pria le comte de la lui prêter pour en faire une semblable. Le comte, qui était magnifique, ne la lui put refuser, mais on oublia à lui donner le couvercle qui valait mieux que la coupe. Brusquet ayant eu la coupe, dit au comte : « Monseigneur, nous sommes en un climat beaucoup plus froid que le vôtre; si la coupe que vous m'avez donnée n'a son couvercle pour la couvrii-, il est à craindre qu'elle ne s'en trouve mal. 11 serait donc fort à propos de commander (|u'on le lui remette dessus. » Le comte, qui voulait montrer sa libéralité, lui fit aussi bailler le couvercle.
( Perroiitana.)
M. de Marigny, étant un jour au dîner du roi, où était aussi l'Augèly, dit à M. B. : « De tous nous autres fous qui avons suivi M. le Prince (le parti du prince de Coudé), il n'y a que l'Angély qui ait fait fortune.,. »
Un jour, au dîner du roi, l'Angély dit à M. le comte de Nogent ; » Couvronsnous , cela est sans conséquence pour nous... » Un jour que l'Angély était dans une compagnie où il y avait déjà queUpie i temps qu'il faisait le fou, M. de Bautru I vint à entrer. Sitôt que l'Angély l'eut I aperçu, il lui dit : « Vous venez bien à ! propos, monsieur, pour me seconder ; je \ nie lassais d'être seul (1), »
I (Meiiagiaiia.)
I Fougue de Jeune lioiume.
1 Le roi (François l*"^) aimait M. d'Or- I léans, parce qu'il était actif, disait-il, et I telle humeur active lui plaisait fort eu ; ses enfants, et aux gentilshommes fran- I çais aussi , ne les estimant point s'ils I étaient songeurs et sourdauds et endor- I mis; car le naturel du vrai Français, di- 1 sait-il, porte qu'il soit prompt , gaillard, j actif et toujours en cervelle.
I Si le tança-t-il fort de sa grande I promptitude, et pour être trop éveillé, 1 lorsqu'à Amboise, que le roi était couché j et tout le monde retiré, ne voulant point I encore dormir et voulant passer sou j temps: » Allons, dit-il, battre le pavé sur j les ponts et nous battre contre ces la(|uais I qui ne font que ribler et battre tout le j monde. » Il avait ses gens selon son hui meur, et surtout le seigneur de Castelnau, de Gascogne oudeBéarn, brave et vail- ; lant gentilhomme, et qui ne demandait j (pi'à frapper, tant était fol et bizarre. ! Étant donc sur les ponts , y trouvèrent ces laquais qui tenaient tout le pont eu subjection. Soudain M. d'Orléans , avec toute sa troupe, les chargea de cul et de tête. Eux, qui étaient tous grands latpiais de ce temps-là, et même ceux du roi , et qui portaient tous les aimes, commencèient à se mettre en défense; tellement que, sans le connaître , un allait tuer JI. d'Orléans , qui était des plus avancés, sans le seigneur de Castelnau, qui s'avança et se mit au-devant, et reçut le coup que son maître allait recevoir, et tomba mort par terre. Ce fut aux laquais à se retirei-, oyant nommer M. d'Orléans, et à M. d'Orléans à les chaiger, non sans en blesser beaucoup ;
(i) li.Tulru et son frrre cadet, le comte dr Nogeiit, utaicnt deux seigneurs qui aimaient à faire les l)ouffons.
FOU