‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 122 sur 156 · FRÈ · texte numérisé non relu

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d'état de recounaitie les soins qu'on prend de lui , il trace d'une main tremblante quelques marques symboliques sur une tablette qu'il ordonne d'exposer sur le grand chemin. Longtemps après , le hasard amène dans ces lieux écartés un disciple de Pythagore. Instruit pai les caractères énigmatiques offerts à ses yeux , de l'infortune du premier voyageur, il s'arrête, rembourse avec usure les frais de l'aubergiste et continue sa route.

( Barthélémy, Voyage d' Anacharsh.)

Frayeur.

L'abbé de Beaumont, depuis archevêque de Paris et alors jeune coitclaviste du cardinal de Gesvres, faisait quelquefois, en compagnie du caudataire de ce même cardinal , des excursions d'archéologue ou des pèlerinages dans la campagne de Bome. Et voilà qu'une fois ils furent obligés de rester à coucher dans une auberge à cause d'un violent orage. Le caudataire alla se coucher sans vouloir souper, ce qui n'aurait pas accommodé le conclaviste, et quand il eut fini sa réfection, on lui donne une petite lampe, en lui disant d'aller se coucher avec son camarade (on n'avait pas d'autre lit à lui doiiner) : « La petite porte à droite, au fond du grand corridor à gauche, au rez-de-chaussée; vous monterez deux marches. » Il était impossible de s'y tromper, et le voilà qui s'établit à côté de son compagnon.

Il faut vous dire que cette chambre avait autrefois servi de cuisine , et qu'on entretenait dans l'àtre un feu de résines et branches de genièvre , afin d'y faire sécher et fimier des quartiers de porc. Cinq à six minutes après s'être mis au lit , l'abbé de Beaumont voit ouvrir la porte et entrer une jolie fille avec un grand garçon, qui vont s'agenouiller modestement aux deux angles de la cheminée et (|ui se mettent à réciter les litanies des saints. Le garçon s'était insensiblement rapproché de la jeune fille en marchant sur ses genoux, et ([uand il fut tout auprès d'elle, il entreprit de l'embrasser, ce qui la fit bondir jusqu'à l'autre bout de la chambre, en s'écriant : " Sarrazin que vous êtes! en présence d'un moit!.. » L'abbé de Beaumont s'aperçut lors qu'il

avait une jambe toute froide à colé de la sienne , et fit un mouvement pour se retourner et pour envisager la figure in- ] connue d'un horiible défunt!... Pensez 1 comme il sortit de ce lit brusquement, \ et jugez de la frayeur de cette pauvre fille. ■ '

[Souvenirs- de la marquise de '■ C ré qui.) \

Frayeur superstitieuse.

Fouquet de la Varenne , connu par les services d"uu certain genre qu'il rendait à Henri IV, s'anà\sait souvent à tirer au , vol. Un jour, il aj^rçut sur un arbre une | pie qu'il voulait faire partir pour la tirer, lorsque la pie se mit à crier inaq...

Croyant que c'était le diable qui lui re- ]irochait son ancien métier, il tomba en faiblesse, la fièvre le saisit, et il mourut au bout de trois jours , sans qu'on pût lui persuader que cette pie était un oiseau domestique échappé de chez quelque voisin, où elle avait appris ce mot. i

(Tallemant des Réaux.)

Frères.

Voltaire avait un frère aîné aussi entiché des disputes théologiques , que le poète l'était de celles du Parnasse ; et c'est à ce sujet que le père de ces deux enfants si disparates disait , avec amertume : « J'ai pour fils deux fous , l'un en prose , et l'autre en vers. «

{Galerie de i ancien ne cour.)

Un littérateur, dont je tairai le nom , était tombé dans l'extrême indigence. H avait un frère théologal et riche. Je demandai à l'indigent pourquoi son frère ne le secourait pas. « C'est , me réponditil , que j'ai de grands torts envers lui. » J'obtins de celui-ci la permission d'aller voir M. le théologal. J'y vais. On m'annonce ; j'entre. Je dis au théologal que je vais lui parler de son frère. Il me prend brusquement par la main , me fait asseoir et m'observe qu'il est d'un homme sensé de connaître celui dont il se charge de plaider la cause; puis m'apostrophant avec force : « Comiaissezvous mon frère? — Je le crois. — Ètes-vous instruit de ses procédés à mon égard? — Je le crois. — Vous le croyez? Vous savez donc...? » Et voilà mon théo-

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