‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 123 sur 156 · FRÈ · texte numérisé non relu

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logal qui me débite, avec nue rapidité et une véliémeiice surpreuautes , une suite d'actious plus atroces, plus révoltantt^s les unes que les autres. Ma tèle s'embarrasse , je me sens accablé ; je perds le courage de défendre uu aussi abominal>!e niousti'e que celui qu'on me dépeignait. Heureusement mon théologal , un peu prolixe dans sa philippiqne, me laissa le temps de me remettre ; peu à peu l'homme sensible se retira, et fit place à l'homme éloquent, car j'oserais dire ([ue je le fus dans l'occasion. « Monsieur dis-je froidement au théologal , votre frère a fait pis, et je vous loue de me celer le plus criant de ses forfaits. — Je ne cèle rieu. — Vous auru'z pu ajouter à tout ce que vous m'avez dit (ju'une nuit, comme vous sortiez de chez vous pour aller à matines, il vous avait saisi à la gorge, et que, tirant un couteau qu'il tenait caché sous son habit , il avait été sur le point de vous l'enfoncer dans le sein. — Il en est bien capable, mais si je ne l'en ai pas accusé , c'est que cela n'est pas. » El moi , me levant subitement, et attachant sur mon théologal un regard ferme et sévère , je m'écriai d'une voix tonnante , avec toute la véhémence et l'emphase de l'indignation :

« Et quand cela serait vrai , est-ce ([u'il ne faudrait pas encore donner du pain à votre frère ? » Le théologal écrasé , terrassé, confondu, reste muet , se promène, revient à moi , et m'accorde une pension annuelle pour son frère.

(Diderot, Paradoxe sur le comédie n.)

Frileux.

Un hiver, Malherbe avait une telle cpiantilé de bas presque tous noirs , ([ue pour n'en pas mettre plus à une jambe tpi'à l'autre , à mesure qu'il mettait un bas il mettait un jeton dans une écuelle. Racan lui conseilla de mettre une lettre de soie de couleur à chacun de ses bas et de les chausser par ordre alphabcti([ue. Il le fit, et le lendemain il dit à Racan : " J'en ai dans l'L (1), » pour dire tpril avait autant de paires de bas qu'il v avait de lettres jusqu'à celle-là. Chez M'"* des

(i] I.c trait t'I le mut ont ctc aussi pritùs à \ Mciera)-. 1

I Loges, il montra un jom- quatorze che- I mises, chemisettes ou doublines.

j (Tallemant des Réaux.)

Méry était l'homme le plus frileux de la création. On le voyait se promener sur les boulevards, par les beaux jours de printemps, recouvert d'un manteau sous lequel il grelottait. Un jour, il fait venir son médecin , en lui annonçant qu'il est gravement indisposé : c'était à répofli'e des premiers froids. Celui-ci accourt, et trouve Méry près du feu , couché sur ini canapé et entouré de trois ou quatre couvertures de laine : » Qu'avez-vous donc ? lui demande-t-il. — Ce (pie j'ai, répond le poète , j'ai l'hiver. »

Friponnerie «le Talet.

Charles II, qui ne cherchait qu'à faire plaisir au chevalier de Grammont, lui demanda s'il voulait être de la mascarade (1) :

« Monsieur le chevalier, lui dit-il, de quelle manière vous metirez-vous pour le bal.^ Je vous laisse le choix des nations. — Si cela est, reprit le ciievalier de Grammont, je m'habillerai à la française pour me déguiser; car l'on me fait déjà l'honneur de me prendre pour un Anglais dans votre ville de Londres...

Quant à mon habillement, je ferai partir Termes (2) demain malin ; et si je ne vous fais voir à son retour l'habit le plus galant que vous ayez encore vu, tenez-moi pour la nation la plus déshonorée de votre mascarade ».

Termes partit avec des instructions réitérées sur le sujet de son voyage. Le jour du bal venu, la cour, plus brillante que jamais, étala toute sa magnificence dans celle mascarade. Ceux qui la devaient conqioser étaient assemblés, à la réserve du chevalier de Grammont. On s'étonna qu'il arrivât des derniers dans celle occasion, lui dont l'emjjressi ment était si remarquable dans les plus fi'ivoles ; mais on s'étonna bien plus d'' les voir enfin palaitreen habit de ville, ([ui a>ail déjà paru. La chose était uionslrueuse pour la conjoncture et nouvelle pour lui. Vainement

(i) t..i reine .Tvail imaginé une mascaïade calante, où ceux ejuVlle iHiiiniia pour danser devaient re|>ré.senter diffrreiilrs nations.

(j) Le valet du cliovalier,

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