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(lu nit'illcui' goût du monde. Le chevalier deGranimont, en s'approchant de lui pour examiuer de près son habit, se mit à louer la hioderie de son justaucorps. Le marié liiit cet examen à grand honneur, et lui dit (pi'il avait acheté ce justaucorps cent rin([uaule louis, du temps qu'il faisait l'amour à madame sa femme. « Vous ne l'avez donc pas fait faire ici? lui dit le chevalier de Grammont. — Bon ! lui répondit l'autre : je l'ai d'un marchand de Londres, qui l'avait commandé pour un milord d'Angleterre. » Le chevalier de Grammont, qui setitait le dénouement de l'aventure, lui demanda s'il reconnaîtrait bien le marchand. .( Si je le reconnaîtrais? Ne fus-je pas obligé de boire avec lui toute la nuit à Calais pour eu avoir bon marché? » Termes s'était absenté dès que ce justaucorps avait paru, sans pourtant s'imaginer que ce maudit marié dût en entretenir son maître.
L'envie de rire et l'envie de faire pendre le seigneur Termes partagèrent quelque temps lessentiments du chevalier de Grammont ; mais l'habitude de se laisser voler par ses domestiques, jointe à la vigilance du coupable, à qui sou maître ne pouvait reprocher d'avoir dormi dans son service, le portèrent à la clémence; et cédant au\ im|)ortunités du campagnard, pour confondre son fidèle écuyer, il se mit à table lui trente-septième.
Quelques moments après, il dit aux gens de la maison de faire monter un gentil homme nommé Termes. Il vint, et dès que le maître de la fête le vit, il se leva de table, et lui tendant la main : « Touche/, là, notre ami, lui dit-il, vous voyez que j'ai bien conservé le justaucorps que vous aviez tarit de peine à me vendre, et (jue je n'en fais pas un mauvais usage. )>
Termes s'ètant fait un front d'airain, fit semblant de ne le pas connaître, et se mit à le repousser assez brutalement. » Oh! parbleu, lui dit l'autre, puisqu'il m'a fallu l)oire avec vous pour conclure le marché, vous me ferez raison de la santé de mailame la mariée. » Le chevalier de Grammont, qui le vit tout déconcerté, malgré son effronterie, lui dit en le regardant civilement : « Allons, monsieur le marchand de Londres, mettez-vous là, puisqu'on vous eu prie de si bonne grâce; nous ne sommes pas tant à table qu'il n'y ait encore |>laee pour im aussi houuèle honnne (|ue vous. » L'audacieux Termes nv.inl bu la
première honte de cet événement, s'y prenait d'une manière à boire tout le vin de la noce, si son maître ne se fût levé de table comme on ôtait vingt-quatre potages pour servir autant d'entrées...
Il'y avait déjà quelque temps qu'ils étaient sortis d'Abbeville, et qu'ils couraient dans un profond silence. Termes, qui s'attendait bien à le voir rompre dans peu de temps, n'était en peine que de la manière. Mais voyant qu'on s'obstinait à ne lui rien dire, il crut qu'il valait mieux prévenir la harangue qu'on méditait', et s'armant de toute sou effronterie ; «■ Vous voilà bien eu colère, monsieur, lui dit-il, et vous croyez avoir raison : mais je me donne au diable si vous n'avez tort dans le fond. — Comment, traître! dans le fond? dit le chevalier de Grammont , c'est donc parce que je ne te fais pas rouer, comme tu l'as depuis longtemps mérité ? — Voilà t-il pas, dit Termes, toujours de l'emportement, au lieu d'entendre raison ! Oui, monsieur, je vous soutiens que ce que j'en ni fait était pour votre bien. Je ne sais comment diable ce nigaud de marié s'est lencontré chez les gens de la douane quand on visita ma valise à Calais : mais ces c. .us-là se fourrent partout. Dès qu'il vit votre justaucorps, il en devint amoureux. Je vis bien des là que c'était un sot, car il était à deux genoux devant moi pour l'acheter. Outre qu'il était tout froissé de la valise, la sueur du cheval l'avait tout taché par devant, et je ne sais comment tliable il a fait pour raccommoder tout cela ; mais tenez-moi pour un excommunié si vous l'eussiez jamais voulu mettre. Conclusion, il vous revenait à cent quarante louis; et voyant qu'on m'en offrait cent cinquante, mon maître, dis-je, n'a pas besoin de cette oriflamme pour se distinguer au bal ; et quoiqu'il eût beaucoup d'argent quand je l'ai quitté, que sais-je s'il en aura quand je le reverrai? Cela dépend du jeu. Bref, monsieur, je vous eu fais donner dix de plus qu'il ne vous (oùte : c'est un profit tout clair. Je vous eu tiendrai compte, et vous savez que j(! suis bon pour cette somme. Dites, à présent, en auriez-vous eu la jambe mieux faite au bal, d'être jiaré de ce diable de justaucorps <[ui vous aurait donné la même mine (pi'à ce marié de village à qui nous l'avons vendu ? »
Que ié|>ondre à tant d'impudence?
.S'il écoulait l'indigualion , le rouer de
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