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Ton édlt est fait pour là-Iiaut et ne peut se publier sous terre. Je suis ilérol)é à ton pouvoir, en me dérobant au sol sur lequel tu commandes. » Amurat rit de cette saillie, et pardonna au cou[)al)le. (Miiady Moutague, Lettres.)
L'n gentilhomme qui avait étudié sous Boxhora , en Hollande, m'a dit autrefois (|ue ce professeur avait une passion extraordinaire pour le tabac et pour la lecture. Pour n'interrompre point ce double plaisir, et pour jouir tout à la fois de l'un et de l'autre, il avait fait un trou au milieu du fond de son chapeau où il mettait la pipe allumée, et fumait ainsi quand il voulait lire ou composer. Lorsqu'elle était vide il la remplissait, la repassait par le même trou, la fumait sans avoir besoin d'y mettre la main ; et , hors les heures de son emploi , il les donnait toutes à cet exercice.
[Clievrxana.)
En 1837 , je faisais mes premières armes au l)arreau de Bellev. J'avais élu domicile chez un chanoine, hagiographe, archéologue et fumeur distingué. M. D... ne me traitait pas en locataire, mais en ami. Il m'avait accordé la jouissance de son jai'din et de sa bibliothèque, double avantage dont j'appréciais bien la valeur.
Sur la cheminée du chanoine D... il y avait en permanence un vaste pot à tabac et un pyrogène chimique. Il fumait dans une longue pipe de racine d'Ulm ; je rivalisais d'ardeur avec lui en bourrant, du matin au soir, une pipe de Kummer, moins profonde , mais plus jolie que la sienne.
Un jour, M. D... prit sa parole grave, et me dit :
(1 Le tabac est un poison qui détruit les facultés. Dans votre intérêt et dans le mien, je serais d'avis de renoncer à notre pernicieuse habitude de fumer. Si vous êtes capable d'un pareil sacrifice, je suis décidé à le faire; autrement, — non, car je connais la contagion de l'exemple, et si vous allume/ votre pij)e eu ma présence, il me sera impossible de ne pas allumer la mienne.
— Qu'à cela ne tienne , répondis-je , je me priverais sans regret de l'usage du tabac; mais je veux prendre un paili
définitif! pas de demi-mesure , rien qui ressemble au serment d'ivrogne!... Vous savez le proverbe : Qui a lui boira ! Je vote donc pour un expédient radical, qui coupe court à une habitude invétérée. Je propose de creuser dans votre jardin une fosse profonde , et d'y enterrer nos pipes, qui se retrouveront un jour à l'état fossile et antédiluvien ! »
La motion est adoptée. Dans un grand trou nous enfouîmes , avec une douleur contenue , les deux pipes condamnées.
Elles étaient montées sur argent et d'une valeur vénale de 100 fr. environ.
Je me rappelle que la soirée fut triste, presque ennuyeuse. Le moyen âge avait perdu pour nous ses charmes. La conversation languissait, la gène était sensible. Le chanoine se retira de bonne heure dans son appartement, et je fis de même.
A minuit , je m'éveillai dans un état de malaise indescriptible :
» Mon Dieu , dis-je in petto , je crois que je fumerais bien une pipe. Ma conscience me crie que j'ai pris un engagement téméraire et non obligatoire. D'ailleurs la pipe ne m'incommode pas, tant pis pour le chanoine s'il en souffre! » etc.
Après ce plaidoyer, je pris des conclusions, et statuai qu'il y avait lieu d'aller clandestinement déterrer ma pipe. Je me levai; chaussé de pantoufles en lisièie de drap, armé d'une pioche, je me dirigeai à pas de loup , au clair de la lune , vers le tombeau des pipes. Je touchais au but, lorsque je reculai sérieusement effrayé. — Devant moi je vis se dresser un fantôme blanc qui semblait sortir de terre m brandissant une arme. De son côté , le spectre paraissait fort ému; je le menaçai de ma pioche ; au même instant il se mit à rire et je reconnus dans cette apparition le chanoine, sous le plus simple appareil de toilette nocturne. Mû par une pensée ideutiqu;' à la mienne, il travaillait silencieusement depuis une heure à récupérer sa pipe.
{Journal de Trévoux.)
Furia franccse.
J'ai ouï dire d'un officier de l'armée, qu'après la bataille de Fleurus, considérant avec attention les soldats tués de part et d'autre , il n'avait remarqué sur
YVR