‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 140 sur 156 · HAS · texte numérisé non relu

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charrettes. Une femme mal vêtueet ooîfiïc romme une harangère, s'en approcha et (lit à cette piiiicesse : « Vraiment, madame, pour une femme comme vous, \ous n'en agissez guère bien. — Que veux-tii, ma bonne femme? dit la princesse. — Quoi! madame , est-ce l)ieu en agir que votre fils fasse mourir tout le monde de faim ? Que diable veut-il qu'on fasse de ses maudits billets (1)? .Te ne mangeons pas de papier. Il n'est pas où il pense; qu'il prenne garde à lui, on saura bien à la fin lui faire sentir ce qu'il mérite. Ainsi , madame , vous ferez bien delui faire faire autrement qu'il fait. » Los domestiques étaient dans le carrosse de la princesse et les gardes qui en étaient proches ne purent s'empèobor de rire de la hardiesse et du dialogue de cette femme, qui se retira au départ du carrosse.

(Buvat, Journal de la régence.)

Hardiesse «l'amant.

Le comte de Villa-Mediana revint d'exil après la mort de Philippe 111 , et , toujours fou en amoiir, se mit à galantiser une dame que le jeune roi aimait ; il était bien mieux avec elle que le roi même. Un jour qu'elle avait été saignée, le roi lui envoya une écliarpe violette avec des aiguillettes en diamants qui pouvaient bien valoir quatre mille écus : c'est la galanterie d'Espagne. Le comte connut aussitôt, à la richesse de l'écharpe, qu'elle ne pouvait venir que du roi, et en ayant témoigné de la jalousie , la dame lui dit qu'elle la lui donnait de tout son canir : <i .le la prends, répondit le comte, et je la porterai pour l'amour devons. » En effet, il se la met et va chez le roi en cet équipage. Le roi conclut par là que le comte avait les dernières faveurs de cette belle, et afin de s'en éclaircir, il alla travesti j)our l'y surprendre. Le comte y était effectivement, qui le reconnut et qui le frotta , quoiqu'il fût vêtu en personne de condition; même, pour se pouvoir vanter d'avoir eudu sangd'Autrirhe, il lui donna un coup de poignard, mais ce ne futcpi'en effleurant la peau vers les reins. Le roi , le lendemain , sans se vanter d'avoir été blessé, lui envoya ordre de se retirer. Au lieu de suivre l'ordre du roi , le comte va au palais avec une enseigneà son chapeau,

(t) Les billets de la banque de Law.

OÙ il y avait un diable dans les flammes avec ce mot , qui se rapportait à lui : « Mas penado , menos arrepentido (1), »

Le roi, irrité de cela , le fit tuer dans le Prado d'un coup de mousquet qu'on lui tira dans son carrosse , et puis, ou cria : « Es por niandamiénto del Rey (2).

( Tallemant des Réaux.)

Harem.

Félicien David arrivant au Caire fut chargé par le vice-roi d'Egypte d'enseigner le piano aux dames de son harem.

Le harem était situé dans l'intérieur de la citadelle du Caire, assez éloignée de la ville.

Pécuniairement parlant , les conditions n'étaient pas fort brillantes. On refusait même au jeune professeur un cheval pour le trajet. N'importe, pénétrer dans le bîirem de SaHautesse, cela valait bien ipielques sacrifices...

I Félicien David se rend à sa première ! leçon, le cœur ému, palpitant, l'imagination toute pleine de choses féeriques.

Le chef des eunuques le reçoit — un véritable eunuque d'opéra-comique , avec son menton glabre ci sa voix en fausset.

'< Commençons tout de suite, dit-il au père futur de Lalla-Roiich.

— Très-volontiers ; prévenez ces dames que je les attends.

— Comment!... les voir!... leur parler!...

— Sans doute !... Et même leur prendre le bout des doigts pour les promener sur les touches.

— Jamais! jamais!... c'est moi le truchement ! Apprends-moi ce qu'il y a à faire. Je transmettrai, ii

(A. Azevedo, Étude sur F. David.)

Hasard effrayant.

M"ie de Durfort était sœur du maréchal de Duras, qui était gouverneur de Besançon , et chez son frère il y avait un jardin décoré de statues, parmi lesquelles il y en avait une représentant Jupiter, qui était si belle que le roi l'a achetée, et elle est maintenant à Versailles. M""" Durfort , se trouvant seule un jour dans le jardin de son frère, s'arrêta un moment devant cette statue , et lui dit : <> Or çà ,

(i) Plus il est tourmenté, moins il se ro|iPnt. (j) C'est par ordre du roi.

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