‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 143 sur 156 · HUI · texte numérisé non relu

HUI

Hospitalité sans façon.

L'empereur Auguste allait volontiers manger chez tous ceux qui l'invii aient. Un citoyen le pria nu jour à souper, et ne lui donna qu'un repas mcdiocre et sans aucun apprêt. Il fallut que le maître du monde se contentât de la fortune du pot. Seulement il dit à son hôte, en s'en allant : « Je ne croyais pas que nous fassions tant amis. »

(Suétone, lie d'Auguste.)

Hôte facétieux.

Souvent l'empereur Héliogabale enfermait ses amis dans des chambres à coucher, avec des Ethiopiennes décrépites; et il les y retenait jusqu'au jour, leur di saut que c'étaient de rares beautés.

Quelquefois aussi , après avoir enivré ses amis, il les enfermait dans une chambre où il lâchait soudain, pendant la nuit, des lions, des léopards et des ours apprivoisés, afin qu'à leur réveil et au retour de la lumière ils vissent autour d'eux tous ces animaux, ou , ce qui était encore plus effrayant, pour qu'ils les sentissent la nuit ; et plusieurs en moururent.

(Lampride.)

Hôte importun.

Un homme de beaucoup d'esprit, mais un peu indiscret, fit chez Voltaire, à Feriicy, une visite de quelques mois. 11 disait à cette occasion ; « La différence qu'il y a entre monsieur un tel et Don Quichotte, c'est que Don Quichotte prenait toutes les auberges pour des châteaux, et que celuici prend les châteaux pour des aul)erges. » (Marquis de Luchei , Mémoires sur Foltaire.)

Le comédien Armand, étant à Lyon à se divertir avec des amis, survint un fâcheux, qui, après avoir soupe à leurs dépens, leur demanda encore à coucher pour cette nuit; chacun s'en défendit en faisant retraite. Armand, resté seul, connaissant l'humeur du personnage et voulant éviter une affaire, promit de lui faire partager son lit. C'était une belle nuit d'été ; Armand conduit le fâcheux à la promenade , met son épée eu bandoulière, ses souliers dans sa poche, grimpe au haut d'un arbre, et s'y établit aussi

tranquillement que dans l'appartement le plus commode. « Que faites-vous donc?

dit l'importun, que ce manège commençait à impatienter. — Je loge ici répondit Armand, je vous invite à faire de même. >.

(Panckoucke.)

Hôte tenace.

Voltaire avait dit en parlant de Stanislas roi de Pologne : « J'ai trouvé le vrai sage, qui se prépare la gloire des saints en faisant le bonheur des hommes , » Mais le vrai sage n'en congédia pas moins le poète philosophe, et ce ne fut pas une petite affaire que d'obliger Voltaire à sortir du château de Lunéville. En vain le roi lui marqua-t-il toute la froideur qui annonce une disgrâce, le philosophe feiguit de ne point entendre ce langage. Le prince demanda à l'intendant de son palais, M. Alliot, s'il ne pourrait pas lui suggérer quelque expédient qui le débarrassât d'un hôte si tenace: « Sire, répondit l'officier, hoc gentis dœmouiorttm non Cjicilur n'tsi in oralione et jejnnio. » Ce qui signifiait, dans le sens de M. Alliot, que, pour se débarrasser dépareilles gens, il fallait encore , après qu'on les avait priés de se retirer, les faire jeûner. Le roi goûta ce conseil , et chargea l'intendant de l'exécuter. Les ordres furent donnés en conséquence avec tant de précision, que Voltaire, à qui l'on avait absolument coupé les vivres dans le château, écrivit ce billet au pourvoyeur : « Quand Virgile était à la cour d'Auguste, Aliottus se faisait un |)laisir de ne le laisser manquer de rien. » Mais le nouveau Mécène s'étant montré insensible à la flagornerie du moderne Virgile, celui-ci se vit forcé d'abandonner enfin la cour d'Auguste.

{J\lémoires anecdotes.)

Hug^uenots.

On prétend que, quand Louis XIV résolut d'abolir eu France le calvinisme , il dit : « Mon grand-père aimait les huguenots, et ne les craignait pas; mon père ne les aimait point, et les craignait : moi je ne les aime ni ne les crains. «

(Voltaire, Siècle de Louis XIF.)

Huissiers.

Le président Le Coigneux dit à l'huis-

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