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sier Maillard de faire faire silence. Cet huissier à tout moment , d'imc voix fort haute, criait : « Taisez-vous donc, taisezvous. » Lui seid troublait l'audience. Le juésident lui dit à la fin : « Huissier, faites taire .Maillard. »
{CurioslfJs anecd.)
Quelqu'un demandait à Alexandre Dumas 25 fr. pour faire enterrer un huissier mort dans la misère. Dumas alla à sou secrétaire, y prit quinze louis, et les remit à la personne en lui disant : " Ah! c'est pour enterrer un huissier!... Voici cent écus... je n'ai que cela : enterrez-en douze ! »
[Mosaïcjue.)
Ilanianîté.
On reprochait à Aristote d'avoir donné l'aumône à un coquin : « C'est l'homme, dit-il, et non le caractère qui m'a fait compassion. »
(Diogène de Laërte.)
« Un sujet, disait Titus, ne doit jamais sortir mécontent de la piésencc de son prince. »
Un jour qu'il n'avait rencontré aucune occasion d'oi)liger quelqu'un : « .Mes amis, dit-il à ceux qui soupaient avec lui, j'ai perdu ma journée. »
Un soldat de l'armée américaine fut condamné à être fusillé. Cet infortuné, par ses épargnes, avait été, depuis plusieurs années, le soutien d'un père et d'une mère très-àgés. Le général Washington, instruit de la piété filiale de ce coupable, commua la peine, et le fit seulement chasser du régiment : « Si nous le faisions mourir, dit-il, nous courrions lisque de tuer tiois personnes au lieu d'une. »
(Pauckoucke.)
Le soir de la bataille de Friediand, — dans la foule de cadavres sur lesquels il fallait marcher pour suivre Napoléon, le pied d'un ciieval rencontra nu blessé et lui arracha un dernier signe de vie ou de douleur. L'empereur, juscjue là muet, et
que l'aspect de iaut de victimes oppressait, éclata; il se soulagea par des cris d'indignation , et par une multitude de soins qu'il fit prodiguer à ce malheuieux. Quelqu'un, poin- l'apaiser, remarqua que ce n'était qu'un Russe; il reprit vivement « qu'il n'y avait plus d'ennemis après la victoire, mais seulement des hommes! »
Puis il dispersa les officiers qui le suivaient, pour qu'ils secourussent ceux qu'on ■entendait crier de toutes parts.
(Comte de Ségur, Histoire de Napoléon et de la grande armée.)
. Humanité et scepticisme.
Un homme, accusé d'avoir eu un commerce criminel avec sa fille, fut condamné à raoït. Quand ou présenta la sentence au roi Frédéric II pour la signer, il écrivit au bas : « Il faut prouver anparaAant qu'elle est sa fille. » L'accusé fut simplement condamné par lui à quelques mois de prison.
(Frédériciana.)
Hnineur calme.
Le seigneur de Mardey , se débattant au-dessus de certains degrés avec sa femme, laquelle était fort mauvaise , fut poussé: par icelle si rudement, qu'il chut et roula en bas sans les compter. Quoi voyant son voisin, lui dit : <( Je crois que vous êtes tombé; êtes-vous point blessé? — C'est tout un, dit-il ; aussi bien voulais-je descendre (I). »
(Tabourot.)
Un Picanl se vantant d'avoir été (pielques années à la guerre sans dégainer son épée et étant interrogé pourquoi : « Parce que, dit-il, jen'entiais mie en colère. »
(H. Etienne, apologie pour Hérodote.)
Humeur ST^isconne.
M. Daguerre, Gascon, était capitaine de vaisseau, brave jusqu'à être intrépide, et d'une réputation si bien établie, qu'il n'y avait point de personne de qualité qui n'eut entendu parler de son cœur et de
(il C'est le mot du mntomorc de Cvrano, dans le Péilaiil joue, qiKiiid suii rival La Treniblaje lijette à terre d'un coii|) de pied . « Aussi hien me voulais-je couclier. »
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SI manière brusque de dire les choses.
5|uaiid Al. le comte d'Harcourtserésoliitde jnendre les îles sur les cotes de Piovence, roisédées alors par les Espagnols, comme les |)rûvisious étaient consommées et qu'il n'y avait pas de temps à perdre, il dit à Uagucrre : «Je ne sais comment nous chasserons les Espagnols de ces îles, car nous n'avons que des pommes cuites pour leur tirer. » Daguerre lui demanda sérieusement : « Monsieur, le sould y entre-t-il.^ — Oui , répondit le comle eu riant. — Nous y entrerons, » reprit Daguerre, et il fut devin.
Comme M. le prince de Condé, qui n'était en ce temps-là que duc d'Enghien, avait étonné tonte l'Europe par ses actions extraori inaires, Daguerre eut la curiosité de le voir, et qui hpies-nns de ses amis le conduisirent où le duc avait pris une maison particulière pour y être libre. Qiiand ils furent dans la salle, ils trouvèrent que ce jeune prince était à table, où l'on disputait si les grands hommes avaient accoutumé de vivre longtemps, et tous conclurent que la vie des héros était ordinairement de courte durée. Daguerre, qui était là pour les voir dîner, s'avança, et regardant fixement le duc s'écria : « Eh bien ! si je ne suis pas mort, qu'en puis-je mais.' " A celte parole, M. le duc d'Enghien, sans le reconnaître, parce qu'il ne l'avait jamais vu : « Je gage, dit-il, que c'est Daguerre. » Il répartit : < C'est mon nom. 1) Et le prince se leva de table pour l'embrasser et pour lui faire des honnêtetés.
{Chevrœana.)
Humeur indépendante.
On vint unjourdire à Michel-.\nge que Paul IV trouvait les figures de son Jugement dernier trop nues, et qu'il désirait qu'on y retouchât. « Au lieu de s'occuper de quelques indécences de mes peintures, répondit-il, le pape ferait bien mieux de songer à détruire les désordres qui régnent en ce monde. »
(Anecdotes des heaujc-arts.)
qu'il avait et lui porta trois ou quatre mille écns dont il avait fort grand besoin. Ce M. Mulot n'avait rien tant à contrecœur que d'être appelé aumônier de Son Eminence. Une fois le cardinal, pour se divertir, fit semblant d'avoir reçu une lettre où il y avait : A Monsieur, Monsieur Blidot, aumônier de Son Eminence, et la lui donna. Cela le mit en colère ; ': il dit tout haut que c'étaient des sots qui ] avaient fait cela. « Ouais ! dit le cardinal , \ et si c'était moi? — Quand ce serait vous, répondit Mulot, ce ne serait pas la première sottise que vous auriez faite. » Une autre fois il lui reprocha qu'il ne croyait point en Dieu, et qu'il s'en était confessé à lui. Le cardinal fit mettre une fois des épines sous la selle de sou cheval : le pauvre Mulot ne fut pas plutôt dessus, que, la selle pressant les épines, le cheval se sentit piqué et se mit à regimber d'une telle force, que le bon chanoine se pensa rompre le cou. Le cardinal riait comme un fou ; Mulot trouve moyen de descendre, et s'en va à lui tout bouillant de colère : « Vous êtes un méchant homme ! — Taisez-vous, taisez-vous, lui dit l'Émineiice je vous ferai pendre; vous révélez ma confession. »
(Tallemant des Réaux.)
Un M. Mulot, chanoine de la Sainte- Chapelle, parlait hardiment à Richelieu.
Il est vrai que le cardinal avait bien de l'obligation à cet homme ; car lorsqu'il fut relégué à Avignon, Mulot vendit tout ce
Le duc de Brissac, voulant alliT passer quelque temps dans ses terres, fit si bien qu'il engagea Chapelle à l'y suivre. Le quatrième jour de leur voyage, ils arrivèrent à Angers, sur le midi. Chapelle alla, chez un chanoine de ses amis, faire un long et agréable dîner. Le lendemain, comme le duc était prêt à monter en voiture pour continuer son voyage. Chapelle lui signifia qu'il ne pouvait le suivre, parce qu'ayant trouvé la veille un vieux Plutarque chez son ami, il y avait lu, à l'ouverture du livre : Qui les grands suit, serf devient. En vain le duc lui représenta qu'il le regardait comme son ami , qu'il serait absolument le maître chez lui, toute la répousede Chapelle fut : « Qui les grands suit, serf défient , Plutarque l'a dit. » Il quitta le duc, et s'en revint à Paris.
(Ann. Ht ter., 1771.)
Le duc de Coislin était un homme de beaucoup d'esprit, extraordinaire au der-
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nier point, et qui se divertissait à le paraître eiieore plus qu'il ne l'était en eftct, plaisant en sérieux et sans chercher à l'être, toujours salé, fort amusant, méchant aussi et dangereux, qui ne se refusait rien, qui méprisait la guerre, qu'il avait quittée il y avait longtemps, et la cour, où il n'allait presque jamais , par conséquent mal avec le roi, dont il ne se mettait guère en peine , foit du grand monde, qu'il cherchait moins qu'il n'en était recherché, et de la meilleure compagnie. 11 se piquait de ne saluer jamais personne le premier, et le disait si plaisamment qu'on ne pouvait qu'en rire.
Quand le roi eut achevé Trianon comme il est aujourd'hui, tout le monde s'empressa de l'aller voir. Roqnelaure demanda an duc deCoislin ce qu'il lui en semblait ; il lui dit qu'il ne lui en semblait rien parce qu'il ne l'avait pas vu : « Je sais bien pourquoi, lui répondit Roqnelaure, c'est que Trianon ne t'est pas venu voir le premier. »
(Saint-Simon^ Mémoires.)
Un nouveau soldat , venu du village , et faisant le Rodomont, l'un de ses compagnons , vieux routier, voulant sonder s'il avait du courage, lui chercha ime querelle d'allemand, et lui dit : « Mets l'épée à la main. — Je n'en ferai rien, dit notre brave, tu n'es pas mon capitaine, »
(Le Bouffon delà cour.)
Mably vivait avec une simplicité austère, et il avait les com-tisans en horreur. Un jour on voulait l'entraîner chez un ministre : » Je le verrai volontiers quand il ne sera plus en place, » répondit-il.
Jean-Jacqncs Rousseau, ayant pris en dégoût le métier d'auteur, annonça qu'il vivrait à l'avenir eu copiant de la musique. M'"^ de Pompadour, entie autres, ne put croire que le célèbre écrivain eut le dessein qu'il annonçait ; elle pensa que l'enseigne du copiste signifiait : « Coii'science à vendre. » Celte erreur donna lieu à l'envoi du billet ci-dessous :
« Madame,
Il J'ai cru un moment que c'était par
erreur que votre commissionnaire voulait me remettre cent louis pour des copies qui sont payées avec douze francs. Il m'a détrompé : souffrez que je vous détrompe à mon tour. Mes épargnes m'ont mis en état de me faire un revenu, non viager, de 640 liv., toute déduction faite. Mon travail me procure annuellement une somme à peu près égale : j'ai donc un superflu considérable; je l'emploie de mon mieux, quoique je ne fasse guère d'aumônes. Si , contre toute apparence, l'âge ou les infirmités rendaient un jour mes forces insuffisantes, j'ai un ami.
« J.-J. Rousseau. « Paris, le 18 août 1162. »
Mercier, l'auteur du Tableau de Paris, fut appelé un jour chez le duc de Rmigo. << Vous vous donnez bien des libertés à l'égard de l'empereur, dit Savary. — Oh ! seulement comme confrère de l'Institut : entre académiciens on se passe l'épigrammc. — Est-cepour attaquer l'académicien que vous appelez Sa Majesté impériale V homme-sabre? — On vous a trompé : j'ai nommé Sa Majesté impériale sabre organisé. C'est bien différent ! sabre organisé!.. C'est la force et l'intelligence. — Nous ne sommes pas ici pour ])laisantcr, monsieur Mercier ! — J'aime assez cela cependant, mais je dois vous avouer que ce n'est pas non plus mon heure. — 11 paraît que c'était votre heure, quand vous avez nommé MM. les sénateurs les génuflejcibles. — Eh, mon Dieu ! suite du même système : devant la force et l'intelligence il ne reste qu'à adorer. Les Israélites étaient les génullexibles du Sinaï. «Monsieur, monsicui-, vous cassez les vitres, s'écria M. de Rovigo, cette fois devenu furieux. — Monsieur ! monsieur ! répondit Mercier en se levant et eu prenant le diapason donné, pourquoi diable avez-vous des vitres ? »
A ce mot, et surtout à la façon de le dire, le duc ne se contient plus; il court de long en large dans son bureau. Mercier, à qui ce mouvement agaçait les nerfs , en fait autant : tous deux vont , viennent, se croisent, se regardent, l'un avec courroux, l'autre avec bravade. Mais ce n'était encore qu'une manière de tendre les ressorts ; enfin il faut éclater : de gros mots arrivent, et chez M. Savary les habitudes du camp l'emportant alois
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sur le ministre, il crie des phrases sans
suite, liées entre elles par les h et les
f. ... les plus ronflants. 11 s'avance vers Mercier qui, attendant son lourde parler, continuait ses allées et ses venues, saisit l'auteurpar une basque de l'habit, l'arrête au milieu d'une évolution, et lui crie : « .Te vous ferai f... à Bicètre! »
A cette menace, réciprocité de fureur du côté de Mercier : il accroche à son tour le duc |)ar un pan de son frac, et à coups de langue bien appliqués, lui en donne du long et du large. 11 termine enfin sa philippique improvisée par cette apostrophe, en enflant le son sur le mot Mercier :
« Mercier à Bicêtre!!... Vous? Apprenez que je porte un nom européen et qu'on ne m'escamote pas incognito. Me f... à Bicètre! je vous en délie!! i>
Après cela, il s'éloigne jusqu'à la porte, place fièrement, et nu peu sur l'oreille gauche, son superbe chapeau à trois cornes, revient avec dignité, mesuranthéroiquement ses pas, et cambrant sa taille :
— u Et je vous en défie!!! »
Le ministre resta pétrifié ; il laissa sortir l'audacieux auteur, et il n'en fut que cela,
(Mémoires de Fleury.)
Un jour le poète Leniercier assistait à une représentation de Talma au Théàtre- Fiançais, assis sur un tabouret dans le petit couloir de la première galerie. Arrive un grand jeune homme, en uniforme, à moustaches , la tète haute, et qui se pose carrément devant lui. « Pardon , monsieur, lui dit M. Lemercier de sa voix douce , vous m'empêchez de voir. ■» Pas de réponse. " Monsieur, reprend M. Lemercier avec plus d'animation, j'ai eu rhonneur de vous dire que vous m'empêchiez de voir. »
L'officier se retourne, voit ce petit homme sur son petit tabouret, sourit et ne répond ])as. « Otez-vous de devant moi, lui dit alors brusquement M. Lemercier, en lui prenant le bras , vous mVmpêchez de voir! )) L'officier le regarde avec dédain et répond : « Savez-vous à (pii vous parlez, monsieur ?... à l'homme ((ui rapporte les drapeaux de l'armée d'Italie ! — ('.'est bien possible , monsieur, un âne a l)ion porté Jésus-Christ. ><
C'est encore lui qui , lié d'affection
avec le vainqueur de Marengo, hôte habituel de La Malmaison, rompit fièrement cette illustre amitié , le lendemain de la proclamation de l'Empire, par celte belle lettre : « Bonaparte, car le nom que vous vous êtes fait est plus mémorable que tous les titres que l'on vous a faits..., etc. ■»
Un autre jour, à une réception des Tuileries, où M. Lemercier dut paraître comme membre de l'Institut, l'Empereur, l'apercevant de loin, va droit à lui, et d'un ton bienveillant, lui dit :
" Eh bien ! Lemercier, quand nous ferez-vous encore une belle tragédie.'
— Sire, j'attends ! «
On était eu 1812, et l'on parlait vaguement de la guerre de Russie !
(E. Legouvé, Journal des Débats.)
Chargé de peindre la prise de Valencieniies, H. Vernetayant consulté l'histoire, apprit qu'au moment de l'entrée dans la ville, Louis XIV s'en trouvait à une grande distance. 11 ne pouvaitdonc |)as^figurerdansla composition, et cependant le directeur du musée insistait jiour qu'il y fiU. Sur la remarque persévérante de Vernet, M. Cailleux eut le malheur de lui répondre :
<i Quand le roi commande un tableau, il n'y a pas de réflexions à faire. — Pardonnez-moi , répliqua Horace , et la mienne est que je ne ferai pas ce tableau. » Il quitta son interlocuteur, et partit sur-le-champ pour la capitale de la Russie.
(Charles Maurice, Histoire anecdot.
de la Littérature et du Théâtre. )
Hiimeiii' processive.
Les Normands sont les plus subtils pour plaider que l'on puisse voir : ils tèroiit iHi jiioccs sur la pointe d'une aiguille, témoin un procès entre deux Normands qui dura vingt-quatre ans, pour un nid de pie, qui éiait sur la branche d'un arbre qui pendait sur l'héritage de son voisin, charnu prétendant que le nid lui appartenait ; l'un disant que l'arbre était planté sur sou fonds, et l'autre, que la branche où était le dit nid pendait sur son héritage, et que l'ombre faisait tort à son herbe, et que par conséquent il devait avoir le profit.
(D'Ouville, Contes.)
TIUM
ITUM
Hnmenr rébarbative.
Jamais il n'y eut un surintendant plii^ rébarbatif que Sully. Cinq ou six seigneurs des plus qualifiés de la cour, et de ceux que le roi voyait du meilleur cpil, l'allèrent une apres-dinée visiter à l'Arsenal. Ils lui déclarèrent, en entrant, qu'ils ne venaient que pour le voir. 11 leur répondit que cela était bien aisé ; et s'étant tourné devant et derrière pour se faire voir, il entra dans son cabinet et ferma la porte sur lui.
(Tallemaut des Rénux.)
Humeur variable.
Louis XI ne se piquait pas de propreté. 11 arriva qu'un de ses gardes , voyant un pou sur l'habit de ce prince, s'approcha, prit le pou et le jeta sans qu'on pût voilée que c'était. Le roi le lui demanda, il fit quelques difficultés ; mais, pressé par l'ordre du maître, il dit que c'était un pou. « C'est une marque que je suis homme, » dit le roi, et il fit donner quarante écus à ce serviteur honnête et discret. Quelque temps après, un de ses officiers, alléché par l'espoir de la récompense, aliorde le roi, fait semblant d'ô'er (|uelqiie chose de dessus son ha!)it, et de le jeter avec la mcmeattention. « Qu'est-ce que c'est? « dit Louis XI. Après se létre fait répéter, le prétendu officieux, déclare que c'est une puce. « Misérable ! me prends-tu pour un chien ? » Et au lien de quarante écus , le prince ordonne de lui donner quar'Nnte coups de bâton.
{Diclionn. des mœurs de France.)
Humiliation.
Un jour d'anniversaire de la mort de Ch rbs l*''',roi d'Aiio;l(terre, miss Hnssell, peti -(iUe d-- Ciomwell , attachée à la pnn esse Am lie, était occupée à préparer quel |ues aju.ieinîuls de sa maîtresse. Le prin e de Galles entra dans l'apparlement, et s idressa en riant à la descendante du pro ecteiir : « Quelle honte pour vous, lui lit-il,miss Uus-iell I Pourpioi n'ètesvo is pas à l église dans l'Iiumiiiation du deuil et des larmes, pour l'assassinat commis à pareil jour par votre aïeul? >> miss Russell répondit : » C'est une humiliation suffisante pour la pelite-fiUe de Ciomwell, d'être employée, comme je le
suis, à porter la queue de votre smir. » {Alinanach littér. 1703.)
Humiliation royale.
Pendant la dernière maladie de Louis XV, qui dès les premiers jours se présenta comme mortelle , Lorry , qui fut mandé avec Bordeu, employa, dans le détail des conseils qu'il donnait, le mot : // faut. Le roi, choqué de ce mot, répétait tout bas, et d'une voix mourante : // faut ! il faut !
(Cbamfovt.)
Humilité.
Saint Philippe-de-Néri, ayant ouï dire qu'une certaine nonne s'attribuait le pouvoir de faire des miracles, voulut savoir si elle avait pour cela les vertus requises, notamment l'humilité. 11 l'alla donc trouver avec des souliers très-sales, qu'il se hâta, dès qu'il l'aperçut, de lui jeter à la tète en lui ordonnant de les nettoyer. Grande fureur de la part de la sainte; sur quoi saint Philippe-de-Néri, sans perdre de temps , informa le j>ape qu'il n'avait pas à compter sur une sainte de celte espèce.
Telle est l'histoire que le Spectator rappelle, à propos de cette mémorable séance du 17 avril 18G7 dans laquelle on a vu M. de Bismark jeter ses souliers sales à la tète de la Chambre prussienne, qui, malheureusement, s'est montrée plus digne que la nonne dont il s'agit des honneurs de la canonisation.
(L. Blanc, Lettres polltiq.)
Madame de Mailly , première maîtresse de Louis XV, fut d'aussi bonne foi dans sa confession qu'elle l'avait été dans son désordre. Elle aima Dieu comme elle avait aimé le roi, et ne s'occupa plus que d'œuvres de charité et de la prière. Un jour qu'elle était arrivée au sermon du Père Renind (le l'Oratoire, sou confesseur, après que le discmir^ était commencé, elle causa <|n Iqup dérangement pour prendre place à l'œuvre, où elle se mettait d'ordinaire. Un homme de mauvaise humeur dit : « Voilà bien du tapage |)Our une catin ! — Puisque vous la connaissez, répondit madame de Mailly, priez Dieu pour elle. » (Fastes de Louis XV.)
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Humilité et humiliation.
La Motte se crut humble , parce que les sifflets du parterre l'avaient humilié. En conséquence, il alla se jeter dans le couvent de la Trappe. Mais dès qu'il crut que le temps avait effacé les traces de son humiliation, son humilité cessa , et il essaya de nouveau de briller dans le monde.
Humilité orsTueilleuse.
On s'extasiait singulièrement dans une société où se trouvait Diderot , sur la modestie de Jean-Jacques Rousseau , qui, ne voulait d'autre titre que celui de citoyen , et priait ses amis de ne le désigner sous aucun autre dans leur discours et dans leurs lettres : « Vous êtes bien bons, s'écria Diderot avec humeur, Rousseau veut qu'on le nomme citoyen parce qu'il ne peut pas se faire appeler Monseigneur. »
{Omniana.)
Humilité royale.
Le jeudi saint, Louis IX lavait les pieds à treize pauvres , qu'on recueillait de tons côtés. Un jour, un de ces hommes, ne sachant à qui il s'adressait et prenant cet acte de piété dans le sens positif, se plaignit d'avoir les pieds fort mal lavés, et demanda au laveur de recommencer, en ayant soin surtout de bien nettoyer entre les doigts de pieds. Le roi se remit à genoux, et remplit le désir du mendiant. (F. Faure, Hist. de saint Louis.)
Humilité singulière.
M. Picoté était un bon prêtre de Saint- Sulpice, très-disgracié de la nature. Une fois qu'il rendait visite à la duchesse d'Aiguillon , pour lui proposer quelque bonne œuvre, il trouva à la porte un nouveau suisse qui , ne le connaissant pas, le rebuta et ne voulut pas l'annoncer : « Allez, mou enfant, lui dit M. Picoté, dites à votre maîtresse que c'est un pauvre petit prêtre, puant, laid et vilain, qui la demande; elle saura bien qui c'est. » Le suisse, étonné, va porter ce message ; mais il fut bien plus surpris encore quand il vit les honneurs extraordinaires dont le pauvre petit prêtre était
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l'objet : il le prit pour un grand seigneur.
(Ch. Clair, Etudes religieuses.)
Hyg'iène in extremis (1).
Un malheureux, condamné à la mort, demande, sur l'échafaud, de quoi se rafraîchir. On lui présente un verre de bière, qu'il refuse, en disant : « La bière engendre la gravelle (2).»
{Improvisateur français.)
Hyperboles poétiques.
Pope, dans une de ses épitres, fait la satire des femmes, et leur impute bien des défauts. Une dame de la cour d'Angleterre en fit des reproches au poëte. Cette dame dans sa jeunesse avait été une des plus belles personnes de la cour et des plus vertueuses. Elle menait dans sa vieillesse une vie fort retirée . « Pope, lui dit-elle un jour, vous écrivez que toutes les femmes sont vicieuses au fond du cœur; puis-je croire que vous pensez cela de moi et de plusieurs femmes qui me ressemblent? — Quand j'ai nommé toutes les femmes, répondit galamment le poëte, je n'ai pu parler de vous, madame, vous qui étiez un ange dans votre jeunesse, et qui êtes une sainte à présent. — Ah ! vous antres, beaux esprits, repartit aussitôt cette dame, voilà comme vous êtes! Vous divinisez les objets, ou vous les foulez aux pieds. »
(Panckoucke.) Hypocrisie.
Tout Paris fut instruit du désespoir de Grimm après la mort du comte de Frièse. Il s'agissait de soutenir la réputation qu'il s'était donnée après les rigueurs de mademoiselle Fel, et dont j'.iurais vu la forfanterie mieux que personne, si j'eusse alors été moins aveuglé (3). Il fallut l'entraîner à l'hôtel de Castries , où il joua dignement son rôle, livré à la plus mortelle affliction. Là, tous les matins, il allait dans le jardin pleurer à son aise ,
(i) Voir Intenention chariiahle.
(^yCe traita été recueilli dans la légende de Jean Hiioux, celui qui s'écrie sur l'échafaud, en jetant les jeux sur le panier où sa tête va rouler ■ u C'est de la sciure. Le gouvernemenl me doit du son. Je ne veux pas de sciure . ça donne des boutons. »
(3) Voir Désespoir amoureux.
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tenant sur ses yeux son mouchoir baigné de larmes, tant qu'il était en vue de riiôlel ; mais, au détour d'une certaine allée, des gens auxquels il ne songeait pas le virent mettre à l'instant le mouchoir dans sa poche , et tirer un livre. Cette observation , qu'on répéta , fut bientôt publique dans tout Paris, et presque aussitôt oubliée. Je l'avais oubliée moi-même ;
un fait qui me regardait servit à me la rappeler. J'étais à l'extrémité dans mou lit, rue de Grenelle : il était à la campagne ; il vint un matin me voir tout essoufflé, disant qu'il venait d'arriver à l'instant même ; je sus un moment après ([u'il était arrivé de la veille, et qu'on l'avait vu au spectacle le même jour.
(Rousseau, Confessions.) -
Ici et là.
De Florence, où il s'était retiré du temps (lu cardinal de Richelieu, M. de Guise écrivait à Bassompicrre, entériné dans un cacliot de la Bastille : <i Je suis ici pour n'être pas là. ■»
(Tallemant des Réaiix.)
Idéal.
Extrêmement curieux de connaître le modèle dont le Guide se servait pour ses têtes de femmes, le Guerchiu pria un ami commun d'engager cet artiste à satisfaire sa curiosité. L'ami s'étant acquitté delà commission, aussitôt le Guide fit asseoir son broyeur de couleurs, qui était la laideur même, et peignit la plus l>elletêtedefemmequ'oupûtvoir. « Allez, dit-il à l'ami du Guerchin , rapportez à celui qui vous envoie que, lorsqu'on a l'esprit rempli de belles idées, l'on n'a pas besoin d'autre modèle que celui dont je viens de me servir en votre présence. »
Idée riante.
Au milieu d'un repas splendide, Galigula se mit tout à coup à rire aux éclats; les consuls , assis à côté de lui , lui demandèrent, d'un ton flatteur, ce qu'il avait à rire : « C'est que je songe, répondit-il, que je puis, d'un signe, vous faire étrangler tous les deux. »
(Suétone. )
Ignorance artistique.
A|)rés la prise et le pillage de Coriuthe, où les trésors d'ait, acciunulés depuis des siècles, devinrent la proie de conquérants barbares (1), Mummius vendit au
(i) « .l'ni ifu, rarnnie l'olybo, (tans son Histoire générale, des. lable.iux jetés à terre et des
roi de Pergame les chefs-d'œuvre échappés à la destruction; mais, en les embarquant pour leur destination, il etit soin d'avertir les patrons des vaisseaux que , s'ils les perdaient ou les dégradaient en route, ils seraient tenus de les remplacer par des équivalents.
(M""' de Graffigny, Vandalisme.)
Madame de Graffigny, auteur des Lettres Péruviennes et de Cénie, racontait quelquefois avec chagrin que sa mère, ennuyée d'avoir chez elle une grande quantité de ])lanches gravées par le célèbre Callot, son grand-oncle, fit venir un jour iMi chaudronnier, et les livra toutes pour qu'il lui en fît de la batterie de cuisine.
{Galerie de V ancienne cour.)
On écrit de Marseille (janvier 1778) qu'un homme qui avait passé sa vie et dépensé une bonne partie de sa fortune à rassembler une riche collection de médailles, vient délaisser sa succession à un frère, apothicaire fort ignare. Celui-ci, regardant comme fort mal employé le métal qui formait cette collection, a imaginé d'en tirer un parti pins avantageux, il l'a fait fondre, et il en est résulté un superbe mortier qui décore sa boutique d'une manière très-agréable.
(Métra, Correspondance secrète.)
lo^iiorance de l'aTenir.
Xantus avait envoyé Ésope en certain endroit : iliencontraen chemin le magis-
soUlnls romains jouant aux d/s sur le tableau <lfi Bacclius par Aristide, chef-d'œuvre qui avait donné lieu à ce proverbe . " Ce n'est rien auprès de Kaccbus. 11