‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 151 sur 156 · ING · texte numérisé non relu

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bontés du prince. Elle avait une cour : elle ne rendait pas les visites aux femmes de condition ; elle voulut faire ouvrir une porte sur un escalier dérobé, par où elle serait descendue dans l'appartement du roi : l'ambassadeur de France l'empêcha. De petites choses peuvent avoir de grandes suites, et Louis XIV y donna toute son attention. Cette femme avait obtenu du roi, pendant qu'il jouait au billard, l'entretien d'un attelage de huit chevaux, et l'on remarquera que, pour soulager les finances d'Espagne, on venait de réduire à six les gentilshommes de la chambre, qui étaient au nombre de quarante-deux.

(Galerie de l'ancienne cour.)

Une femme avait un procès au parlement de Dijon. Elle vint à Paris, sollicita M. le garde des sceaux (1784) de vouloir bien écrire, en sa faveur, un mot qui lui ferait gagner un procès très-juste ; le garde des sceaux la refusa. La comtesse de Talleyrand prenait intérêt à cette femme ; elle en parla au garde des sceaux : nouveau refus. Madame de Talleyrand se souvint que le garde des sceaux caressait beaucoup l'abbé de Périgord, son lils; elle fit écrire par lui : refus très-bien tourné. Cette femme, désespérée, résolut de faire une tentative, et d'aller à Versailles. Le lendemain, elle part ; l'incommodité de la voiture publique l'engage à descendre à Sèvres, et à faire le reste de la route à pied. Un homme lui offre de la mener par \m chemin plus agréable et qui abrège; elle accepte, et lui conte son histoire. Cet homme lui dit : « Vous aurez demain ce que vous demandez. » Elle le regarde, et reste confondue. Elle va chez le garde des sceaux, est refusée encore, veut partir. L'homme l'engage à coucher h Versailles, et le lendemain matin lui apporte le papier qu'elle demandait. C'était im commis d'un commis, nommé M. Etienne.

(Chrmfort.)

Informations minutieuses.

Henri VII, roi d'Angleterre, déjà vieux, ayant envie d'épouser la jeune reine de Naples, y avaitenvoyé troisambassadeurs, chargés d'instructions, et entre autres celles-ci :

1° Ils o])serveront exactement l'air, la stature de la jeune reine, et surtout la forme de son corps,

2° Si son visage est petit ou non, gras ou maigre, long ou rond. Si son air est aimable et gai, ou triste et refrogné. Si elle est constante ou légère. Si elle rougit quelquefois dans la conversation.

3" Ils remarqueront quelle est la finesse de sa peau , et la couleur de ses cheveux. Ils feront grande attention à ses yeux, à ses sourcils , à ses dents, et à ses lèvres ; à la forme de son nez, à la hauteur, surtout à la largeur de sou front, et à son teint.

4" Ils tâcheront de voir ses mains nues, d'observer leur forme; si elles sont grasses ou maigres, longues ou courtes, si la peau en est fine ou épaisse.

5° Ils tâcheront de voir si sa gorge est belle, ses seins gros ou petits, et si elle n'a point de poil autour des lèvres.

6° Ils tâcheront de parler directement à la jeune reine, et d'aussi près que l'honnêteté le permet, pour qu'ils puissent s'assurer si son haleine est douce ou non ; si elle n'exhale aucune odeur d'épiceries, d'eau-rose, ou de musc, lorsqu'elle ouvre la bouche.

7° Ils remarqueront la hauteur de sa taille, et de combien elle peut être relevée par les talons ; et observeront, s'ils le peuvent, la forme de son pied.

8° Ils s'informeront secrètement si elle n'a pas quelque maladie, ou de naissance ou cachée, quelques taches de difformité sur son corps, etc., etc.

Les autres articles, qui sont assez nombreux , ne regardent que les biens et possessions sur lesquels la jeune reine peut compter, soit dès ce moment-là, soit après la mort de son oncle le roi d'Aragon .

(Lord Bacon, Histoire te Henri J II.)

Ingéuue.

On voit depuis quelque temps (1778) dans l'atelier de M. Houdon plusieiu-s bustes intéressants.

La tête la plus curieuse de l'atelier, par sa nouveauté et la singularité de l'anecdote, c'est le buste de M"'' Lise. Il faut se rappeler qu'en 17 74 la ville, au lieu de donner des fêtes vaines en l'honneur du mariage de M. le comte d'Artois, imagina de marier des filles ; de

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