‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 18 sur 156 · ANC · texte numérisé non relu

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respondance en demeura là. Madame de Coislin dit à madame de Cliâteaubriand : « Ah ! mon cœur, dans quel temps nous vivons! C'est pourtant cette fille de Panckoucke, la femme de ce membre de l'académie , vous savez ! »

(Chateaubriand, Mém. d'Oiitrc-tomhe.)

Anerîes.

Le subtil Gaulard, ornement de la Bourf^ogue salée, et qui est l'auteur de cette belle masime, que « pour ne pas se soucierdu lendeniriin , il nefaut qu'avoir sa cave pleine dès aujourd'hui, » étant un jour averti par quelqu'un que le doyen de Besançon était mort : « Ne le croyez pas, dit-il, car il m'écrit de tout, et s'il était mort, il n'aurait pas manqué de m'en donner des nouvelles. »

( Facétieux Rc^'eille-matln . )

Un jour, le sieur Gaulard vovaut nu fond de sa cour un grand tas d'ordures, il se fâcha contre son maître d'iiotel qui ne les faisait pas ôler. Celui-ci, pour excuse, dit qu'on ne trouvait pas des charretiers à point nommé. «■ Des charretiers, dit Gaulai'd, hé, que ne faites-vous faire une fosse au milieu de la cour, on l'on enterrerait ces oidnres. — Mais, répondit le maître d'hôtel , où mettra-t-on la terre qu'on tirera de cette fosse? — Parbleu ! répliqua Gaulard en colère , votis voilà bien empêché; faites faire la fosse si grande que tout y puisse entrer. »

(Ménage, d'après Tabourot.)

Le poète Dniot , qui mit les bouts rimes à la mode au dix-se|îlième siècle , poussait la bénignité jusqu'à souffrir des croquignoles pour un sou pièce ; mais il avait des alternatives de fureur : « Comment, monsieur, dit-il un jour avec indignation à l'abbé de Bclz, vos laquaissonl assez insolents pour me battre, — en ma présence! »

(V. Fournel, Du rôle des coups de bdton.)

M. de V", qui passe la soixantaine, alla l'autre jour à la vallée pour acheter un corbeau, et dit à M. de C" , qui lui demandait ce qu'il en voulait faire :

« C'est afin de voir si cet animal vit trois cents ans, comme on le dit. »

(Furetière.)

La marquise de Richelieu se plaignait fort du bruit des cloches devant le comte de Roncy (ou Roussv). Le comte, sérieusement et pour la garantir, lui proposa de faire mettre du fumier dans sa cour et devant sa maison (1).

(Saint-Simon , Mémoires.)

Le comt& de Roussv, étant à l'armée, un jeudi au soir, son cuisinier vint lui direqu'il n'avait qu'un agneau à lui donner pour son souper, mais que c'était dommage de le tuer, parce que le comte étant seul et ne le pouvant manger tout entier, le reste ne se pourrait garder jusqu'au dimanche.

» Eh bien ! répondit le comte , le voilà bien embarrassé ! il n'en faut tuer que la moitié. »

Voyant son muletier fort en peine d'apaiser les mulets qui voulaient se battre :

■i Qu'on en tue un, dit-il, pour servir d'exemple aux autres ! »

(Bouhier, Souvenirs.)

Plusieurs traits de simplicilé analogues, et même tout à fait semblables , entre autres celui du mouton dont il ne fallait tuer que la moitié, ont été attribués à M. de Matignon. On adit aussi qu'il avait fait paver son pré pour empêcher les taupes d'y fouiller, et qu'il avait fait reculer sa cheminée, parce que, de l'endroit où il se plaçait, le feu lui brûlait les jambes.

Une dame de fort peu de sens , mais femme d'un homme qui était dans le haut emploi , et dont on faisait état à cause de son mari , avait reçu un présent d'une belle paire à' Heures ; elle, ci oyant que tout ce qui était dansées heures fussent des prières, se met à genoux dans l'i'glise, et ouvrant lesheures droit où était la permission de l'imprimeur, elle fait un

(i) Dans V.^siniana, les lit-ros de rbistnirc snnt à tort, la (liichesse de Mazarin tl le comte de G.

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graiiJ signe de croix , et avec une grande déxolion commence à dire : « Il est permis d'imprimer et faire imprimer le présent li- VI e, intitulé les //f7/rf5 de Kolre-Datiu', à Jean Petit, marcliand libraire, demeurant à Paris ; et défenses sont faites à tous autres imprimeurs de vendre et distribuer le présent livre, etc., etc. » Puis tourmnt le feuillet où est le calendrier en refaisant le signe de la croix, elle dit : <c Janvier a trente un jours, et la lune n'en a que trente. » Puis croyant que les fêtes de tous les jours des mois fussent des litanies, elle dit: « La Circoncision, Ora j)io nohis, » et les autres saints après ; puis eu février, dit : « Février a vingl-liuit jours et la lune vingt-neuf, et quand il est bissextile , il a v ingt-neuf jours et la Unie en a trente. Le jour a neuf heures et la nuit quinze; » et ainsi des autres, jusqu'à la lin de décembre. Ces oraisons n'étaient-clies pas bien dévotes.^

(D'0uville,Co«/c5.)

Un ignorant soutenait dans une com- Jiagnie que le soleil ne faisait pas le tour du monde : « Mais comment, lui objectait-on, se fait-il qu'étant parvenu à l'Occident , où il se couche , on le voit se lever à l'Orient , s'il ne passe point pardessous le globe? — Vous voilà bien embarrassé, répondit cet ignorant entêté, il reprend le même chemin ; et si on ne s'en aperçoit point, c'est qu'il revient de Duit. »

(Bibliotlièque de société.)

Cette anecdote plus ou moins histori- (jue, qui rappelle un trait du début de I'/Z/afoire comi<iuc,àc Cyrano, où l'on voit que la lune n'est autre que le soleil regardant par un trou ce qu'on fait sur la terre pendant qu'il n'y est pas, a été racontée bien des fois. D'Ouville en a fait le sujet d'un de ses contes les plus joliment tournés : u Comme un jour, dit-il, on discourait des peuples qui habitent sous nos pieds , qu'on appelle antipodes, un certain badin qui était présent et (jui croyait être fort habile homme, dit : « Mais est-il encore de ces niais qui croient aux antipodes, vu que saint Augustin est d'opinion contraire! — Comment peut-on le nier.' dit un de la compagnie ; ne voyez-vous pas aux jours équino.xiaux , que, levé à six heures dans

un endroit du ciel, le soleil se couche à six à l'autre bout du ciel, et que le lendemain, il se lève encore à six heures de l'autre côté. 11 faut donc nécessairement qu'en se couchant d'un côté et eu se levant de l'autre , il passe par-dessous terre pour aller éclairer l'hémisphère de dessous nous. — Dieu, quelle folie! lépondit cet autre. U est bien certain que le soleil se couche en un endroit et se lève en l'autie, mais il ne va pas par-dessous terre comme vous dites. — Et par où irait-il.' — Par le même chemin ([u'il est allé, répondit-il. — Mais, répliquat-on , s'il retournait par le même chemin nous le vei rions bien ! — Comment le verrait-on.' reparlit-il, on n'a garde, car il revient la nuit. » Cet homme était aussi savant dans la carte que dans l'astrologie, quoiqu'il se vantât d'y être fort entendu ; car comme il en discourait un jour, on lui vint à parler du Pont- Euxin; il s'enquit s'il était de pierre ou de bois, et comme on lui dit : i-- Je vois bien, Monsieur, que vous êtes un excellent géographe. — Morbleu ! dit-il , je ne suis point géographe , je suis homme de bien et d'honneur. »

Le prince de Simmeren , de la maison Palatine , était à Sedan lorsque M. le comte de Soissons s'y retira. Étant retourné en son pays, ([uand la bataille de Sedan fut donnée, il écrivit naïvement cette lettre à M. le comte de Soissons : (c Le bruit court ici que vous avez gagné « la bataille, mais que vous y avez été « tué. Mandez-moi ce qui en est , car je « serais très-iàché de votre mort. »

(Tallemant des Réaux, Historiettes .)

On venait de donner pour petite pièce, à la suite à'Andromaqite , la comédie des Plaideurs. Un vieiLx financier qui croyait que ces deux pièces n'en faisaient qu'une , voulut témoigner à Racine le plaisir qu'il avait eu à leur représentation : » Je suis, Monsieur, lui disait-il, on ne peut pas plus content de votre Aiidromaque ; c'est une jolie pièce; seulement je m'étonne qu'elle finisse si gaiement. J'avais d'abord eu envie de pleuier, mais la vue des petits chiens m'a fait beaucoup rire. »

(Mémoires anccdot. des règnes de Louis XI F et Louis XV.)

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Mademoiselle Cliampmèlé demandait un jour à Racine d'où il avait tiré le sujet à'Atlialie. — De l'Ancien Testament. — De l'Ancien Testament ? Eh !

mais je croyais qu'on eu avait fait un nouveau.

{Cour, des spect. an XI T'. )

Madame Denis était fort laide. Étant

au lit avec M. Duv , qu'elle avait

épousé après la mort de Voltaire, on introduisit dans sa chambre un paysan qui lui apportait de l'argent. A la vue de ces deux têtes, il ne sut à qui s'adresser : « Messieurs, leur dit-il, lequel de vous deux est Madame? )>

[Impruvisaleur français.)

Florian venait de publier son Numa PompUius, L'on demande à une dame si elle avait lu cette nouvelle production. i< Sans doute. — Et comment l'avezvous trouvée.' — Comme tous les livres de ce genre , et j'en avais prévu le dénoùment dès la première page. — Quel dénoùmeut .■" — Le mariage des amants.

— Quels amants .' — Eh ! mon Dieu !

Pompilius, qui finit par épouser Niuna. » (Encjclopédiana) .

Un courtisan regardait au Louvre une statue de Descartes. Il demanda à son voisin : « Mais quel est doue ce Descartes ? — C'est un grand philosophe. — Voilàdu marbre l)ien employé ! >> repril-il, en haussant les épaules.

Un noble provincial , revenant de la cour de Louis XIV, disait : « Je l'ai vu, ce grand roi, il se promenait lui-même. » (Clioix d'anecdotes.)

Un élégant marquis était allé chercher des dames pour les mener à l'Observatoire de Paris, oii devait se faire l'observation d'une éclipse de soleil par le célèbre Cassini. La toilette ayant retardé l'arrivée de la compagnie, l'éclipse était passée lors([ue le petit-maître se présente à la porte ; on lui annonce qu'il est ven\i trop lard, et que tout est

fini. « Montez toujours , mesdames , ditil ; 5L de Cassini est un de mes amis, et il aura la complaisance de recommencer pour moi. » (École des mœurs.)

Soit malice, soit inattention, un homme qui prêtait ses livres au mari de madame Geoffrin , lui redonna plusieurs fois de suite le premier volume des voyages du Père Labbat. M. Geoffrin, de la meilleure foi du monde, le i élisait toujours sans s'apercevoir de la méprise.

— « Comment trouvez-vous ces voyages, Monsieur? — ^ Fort intéressants... mais il me semble que l'auteur se répète un peu. )i

Il lisait avec beaucoup d'attention le dictionnaire de Bayle en suivant la ligne des deux colonnes. » Quel excellent ouvrage s'il était un peu moins abstrait ! »

« Vous avez été ce soir à la comédie, M. Geoffrin , que donnait-on ? — Je ne vous le dirai pas; je me suis empressé d'entrer, et je n'ai pas eu le temps de regarder l'affiche. »

(Grimm , Correspondance.)

Gressct, retiré à Amiens, fréquentait une maison où l'un des plus brillants amusements consistait à proposer à deviner des énigmes. Gresset, qui voulait anéantir ce genre de plaisir provincial, par le ridicule , proposa un jour l'énigme suivante :

Je suis un ornement qu'on porte sur la tète ; Je m'appelle chapeau ; devine, grosse bète.

On se mit généralement à rire; mais quelqu'un qui ne riait pas , après avoir rêvé très-sérieusement, se leva en criant : « Oh! j'y suis; c'est une perruque. »

(Improiis . français.)

C'était dans je ne sais plus quel musée de curiosités. Un bon boui geois voit deux langues sous verre, une grande, l'autre petite , et il demande au cicérone de l'eudroit :

« A qui donc ont appartenu ces deux langues, s'il vous plait?

— La plus grande est la langue de l'empereur Charlomngne, répondit le cicérone.

— Et la plus petite?

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— Du même Charlcmagne , quand il était enfant. »

Un jeune étudiant, qui montrait le muséum d'Oxford à une compagnie de dames, leur fit voir, entre autres curiosités, une épée d'acier, fort rouillée. .1 Mesdames, s'érria-t-il , voici l'épée a\ec laquelle Balaam menaça de tuer son âne. — Je n'ai jamais entendu dire, observa quelqu'un de la société , que Balaam eût une épée ; j'ai seulement \u dans l'histoire qu'il en désirait une. — Vous avez raison, reprit l'étudiant, et cette épée est positivement celle qu'il avait désirée. »

( Encyclopêdiana. )

Un gentilhomme avait un petit laquais fort simple ; et comme il avait dessein le lendemain de se lever de fort grand malin , il commanda à son laquais de l'éveiller à cinq heures. Le lendemain le laquais, dès quatre heures, se trouva à la chambre |de son maître , et le laissa dormir jusqu'à ce qu'il se réveillât de luimême , qui fut sur les sept heures du matin. Etant éveillé, il demanda à sou laquais quelle heure il était. 11 lui dit qu'il était sept heures. « Comment! dit le maître, maraud, l'avais-je pas commandé d'être ici dès cinq heures? — Monsieur, dit-il , j'y étais dès quatre heures. — Pourquoi donc , lui dit-il , ne m'as-tu pas éveillé ? )' 11 lui répondit : « Je n'osais, monsieur, car vous dormiez. »

(D'Ouville, Contes.)

Après une bataille, un fossoyeur enterrait les morts.

« mais, malheureux, lui dit un des officiers qui surveillaient cette sinistre besogne, tu viens de pousser dans la fosse un homme qui respirait encore!

— Ah ! monsieur, répliqua le fossoyeur, on voit bien que vous n'avez pas, comme moi, l'habitude... Si on les écoutait, il n'y en aurait jamais un de mort. »

(A. Villemot.)

le tableau du maître-autel de leur église. Le sujet devait être le martyre de saint Sébastien. Le peintre à qui ils s'adressèrent leur demanda si l'intention des habitants était qu'on leur représentât le saint vivant ou mort. Cette question les embarrassa quelque temps; enfin un d'eux dit au peintre : « Le plus sûr est de le représenter en vie; si on le veut mort, on pourra toujours bien le tuer. »

(^Asiniana.')

Le père d'un paysan se mourait. Le paysan fut la nuit trouver le curé, et demeura bien trois heures à sa porte, à heurter tout doucement. Le curé lui dit : n Que ne heurtiez-vous plus fort .* — J'avais peur, dit-il, de vous réveiller. — Qu'y a-t-il.' — Mon père se mourait quand je suis parti. — Il sera donc mort à présent, je n'y ai plus que faire. — Oh!

non, monsieur. Pierrot, mon voisin, m'a promis qu'il l'amuserait. » (Idem.)

Deux paysans furent députés par leur village pour aller dans une grande ville choisir un peintre habile qui entreprit

Madame Dufour et sa femme de chambre furent arrêtées à Dijon, comme suspectes ; elles furent conduites au comité révolutionnaire par deux ou trois membres de cette exécrable autorité, qui, en posant les scellés, avaient eu la précaution, selon l'usage, de s'emparer de ce qui leur parut bon , comme argent , bijoux, vins, etc. Le président, après avoir fait plusieurs questions à madame Dufour, sur son émigration, sa non-émigration, sa correspondance, ses allées et venues, ses moyens d'existence, ses certificats de civisme, etc., etc., etc., s'avisa de lui montrer l'étiquette d'une bouteille : <c Comment y a-t-il là-dessus? — Il y a vin d'Espagne. — Ah! soutiens encore que tu n'es pas en relation avec les Espagnols ! ■» [Aller les révolutionnaires, )

Dans une visite faite chez le médecin Duplanil , les commissaires, en fouillant les rayons de la bibliothèque , trouvèrent, parmi des liasses de papiers, quelques lettres de Louis XIV, de Tureiuie, de Bossuet, etc. : « Ah ! s'êcrièreut-ils , tu pré-» tends que tu n'es pas aristocrate, et tu entretiens des correspondances avec ce tyran et ces suspects. »

{Idem.)

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Un homme très-crédule disait qu'il n'avait pas de confiance dans la vaccine.

« A quoi sert-elle? ajoute-t-il; je connais un enfant beau comme le jour, que sa famille avait fait vacciner. . . eh bien ! il est mort deux jours après... — Comment!

deux jours après .'... — Oui... il est tombé du haut d'un arbre, et s'est tué roide. .. Faites donc vacciner vos enfants, après cela. »

{Encyclopédiana.)

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Un paysan est venu consulter un avocat au sujet d'un procès qu'il brûle d'intenter.

'< Vous perdrez votre temps et voire argent, dit l'avocat. Vous avez cent fois tort. Un article du Code vous condamne formellement. »

Le paysan saute sur sa chaise.

« Il y a^ un article.' et où est-il le gueusard .'

— Tenez, le voici. »

Prolitant d'un moment où l'avocat tourne la tète , le paysan déchire la page indiquée, la roule en boule et la foune dans son gousset.

« Eh bien ! reprend l'avocat ; êtes-voiis convaincu à présent .'

— Dame ! puisque vous le dites , il faut bien que je vous croie, mon digue monsieur. ))

Il salue, et s'en va chez un autre avocat, lequel accepte la cause, la plaide et la perd.

Conune il traversait la salle des Pas- Perdus, au sortir de l'audience, il rencontra l'avocat n" 1, qui lui dit :

« Vous n'avez pas voulu vous en raporter à moi, et voyez ce que vous y avez gagné.

— J'ai perdu, c'est vrai, c'est bitMi étonnant.

— Ce n'est pas étonnant du tout ; ne vous avais-je pas averti qu'un article vous condamnait ?

— Eh ! c'est là précisément ce qui me confond. J'ai allumé ma pipe avec la page qui contenait ce sacré article. Comment les juges ont-ils fait pour le connaître .^ »

Les Mart'igaus sont, au dire des gens d'Aix et de Marseille, les Btotiens de la l'rovence. Le recueil complet des faits,

gestes et paroles du célèbre Calino n'est, auprès des légendes qui courent là-bas sur les Martigaus , qu'un amas de calembredaines insipides.

Or, un Martigau vit un jour à Aix une pompe qui fonctionnait et fournissait un volume d'eau fort considérable. 11 contempla longuement cet instrument nouveau pour lui , et soudain se frappa le front. Les Martigues, situées au bord de l'étang de Berre , dans une plaine de jioussiere et de craie, manquent souvent d'eau potable. Notre homme goûta celle qui jaillissait à profusion devant lui , et la trouva délicieuse.

Fraîche ! limpide ! douce ! quel bonheur d'en boire toujours de pareille et d'en donner libéralement à ses bons voisins ! Le Martigau s'achemine vers le logis d'un fondeur, et on lui montre là des pompes superbes. 11 en achète une au prix de six cents francs, et le fondeur s'engagea la reprendre si elle ne fournit pas cent litres d'eau par minute. Le marché est conclu, et, au jour indiqué, le fondeur s'achemine avec sa pompe vers les Martigues. Toute la ville l'attendait. On le conduit sur une place balayée et bien propre, et on lui dit : n Placez là votre pompe.

— Oui, mais où est le puits?

— Un puits ? mais si j'avais un puits , je ne vous achèterais pas votre pompe.

Un puits ! mais pourquoi faire ?

— Mais pour fournir de l'eau à ma pompe.

— Quoi ! s'écrie le Martigau , je vous acbète une pompe pour avoir de l'eau, et il faut que je fournisse de l'eau à votre pompe ! C'est trop fort ! vous êtes un fripon et je vais vous faire un procès ! «

Et il fit le procès, et le tribunal d'Aix jugea la cause, et je connais l'avocat qui a plaidé. .. pour le Martigau.

( D. Guibert, Figaro.)

Un municipal interrogeait un prévenu, sous la Révolution : Tou prénom ! — Syniphorien. — Il n'y a plus de .sa/'w/, repiend brusquement le savant, fonctionnaire, tu t'appelles PUorien. — Ah! reprend le pétitionnaire, c'est gtilier, çà ! »

A la porte d'un musée, un invalide, mis de planton, reçoit pour consigne de

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